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Procession en Alsace. - Monseigneur l'évêque de Strasbourg est allé le jer mai à Geipolsheim pour y administrer la confirmation; le clergé et les habitans du village d'Holtzheim avaient formé le projet de s'y rendre en procession pour assister à la cérémonie ; mais comme leur chemin les conduisait par Ensheim, où ne demeurent que

des

protestans, le curé d'Holtzheim écrivit au pasteur d'Ensheim, pour lui demander si le maire du village et lui ne trouvaient pas d'inconvénient à ce que la procession le traversât. Tous deux répondirent qu'ils n'en voyaient aucun; nous nous réjouissons de ces égards réciproques entre les ministres des deux religions et de cet attachement au principe de la liberté des cultes, qui engage le pasteur protestant à ne porter aucun obstacle , dans sa paroisse, à l'exercice de cérémonies qu'il rejette ; mais M. le pasteur d'Ensheim nous paraît avoir été trop loin si, comme on l'assure, il a fait sonner les cloches de son église depuis le moment où la procession a touché le ban du village jusqu'à ce qu'elle l'ait quitté, et surtout si, comme on l'ajoute, au retour de la procession, il s'est placé, en costume , sous le portail de l'église devant laquelle

le cortége, et l'a salué à son passage. Autre chose est de laisser faire, autre chose de faire soi-même, et il nous semble que

les ministres de la religion protestante et même les simples fidèles ne doivent jamais prendre part, en aucune manière, à des actes que leur

croyance réprouve, et qui ne sont propres qu'à nourrir cette disposition des esprits , de regarder les cérémonies et les pompes comme l'essentiel de la religion.

devait passer

ANNONCES.

LA SCIENCE DU CHRÉTIEN; sermon sur I. Corinthiens, II, 2 : « Je ne

me suis proposé de savoir autre chose parmi vous que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié », par JACQUES ABBADIE. Paris, 1829, chez H. Servier. Prix : 60c.

On ne prêche plus maintenant comme l'on prêchait aux jours de Claude , de Dubosc, d'Abbadie. La prédication évangélique, daps la bouche même des vrais pasteurs de l'Église de Jésus-Christ, nous semble avoir perdu quelque chose de ce nerf, de cette profondeur, qui la caractérisaient dans les temps dont nous parlons. La principale raison de cet abâtardissement est bien , sans doute, que les ministres de la Parole ne font pas des Saintes-Écritures une étude assez suivie et assez consciencieuse. On la lit, on en apprend un certain nombre de passages, on la cite plus ou moins à propos pour appuyer telle ou telle vérité capitale; mais la plupart des prédicateurs ne se pénètrent pas assez intimement de sou esprit; ils ne la ruminent pas, ils n'en sucent pas

la moelle; et de lå l'instruction superficielle et le peu de nourriture et d'onction que l'on trouve dans beaucoup de leurs discours. Les sermons de nos Pères de l'Église réformée étaient bien différens sous ce rapport. Si on leur fait grâce de quelques traces de mauvais goût, d'explications souvent longues et froides sur le texte qui en fait le sujet, et d'une tendance à la polémique , défauts qui appartiennent en grande partie au siècle où ils vivaient, quelle connaissance des Écritures, quelle solidité de doctrine, quelle onction, quelle vie, ils respirent d'un bout à l'autre ! On voit que leurs auteurs faisaient converger toutes leurs études à l'intelligence du grand mystère de la piété, et que la science si variée , d'ailleurs, qu'ils possédaient de l'histoire et de la littérature ancienne, était tellement sanctifiées par leur foi, qu'ils ne songeaient pas à la faire servir à un autre but qu'à assurer le plein triomphe du glorieux Évangile de Jésus-Christ.

Le sermon d'Abbadie, dont nous annonçons la réimpression, est une preuve

de ce que nous avançons. Il a toutes les qualités, sans aucun des défauts, de l'époque dont nous parlons. C'est un sermon tout spirituel, non-seulement en ce sens qu'il est profondément évangélique , mais dans celui-ci encore qu'il est plein d'esprit, d'imagination et de pensées sublimes, qui exposent dans tout son jour, et avec une dignité assortie à la majesté du sujet, la grande doctrine de la Rédemption par le sang

de Jésus-Christ. Le sermon est divisé en deux parties : la première est destinée à montrer l'insuffisance de la science humaine ; la seconde expose la plénitude de la science divine renfermée tout entière dans l'intelligence du mystère de la croix. L'une et l'autre partie sont traitées de main de maître , et, outre la richesse et la sublimité des pensées, elles renferment des morceaux de la plus haute éloquence. Nous

renonçons à faire des citations, mais nous exhortons instamment les fidèles , et en particulier les pasteurs, à se procurer et à méditer cet excellent sermon , qui nous semble si propre å inspirer le goût de la bonne prédication, et à donner à l'esprit et au coeur le besoin des méditations solides et approfondies. Puissions-nous voir renaître ces beaux temps de l'éloquence évangélique, de cette éloquence qui , sans apprêt et sans effort , est plus puissante que tous les artifices d'un art humain, et qui seule a le secret d'amener les âmes captives à l'obéissance de la croix ! I. LA CONFESSION DE POI FAITE D’UN COMMUN ACCORD PAR LES ÉGLISES

RÉFORMÉES DU ROYAUME DE France, précédée de Réflexions générales sur la nature, le légitime usage et la nécessité des Confessions de foi, par MM. CELLÉRIER père, et Gaussen, et d'une Note historique sur celle des Églises réformées de France. - Édition stéréotype.

Paris, 1829, chez H. Servier. Prix : 50 cent. II. LA CONFESSION DE FOI FAITE D’UN COMMUN ACCORD PAR LES ÉGLISES RÉFORMÉES DU · ROYAUME DE FRANCE. Edition stéréotype. 1829, chez H. Servier. Prix: 25 cent.

Paris,

Notre intention n'est pas de nous livrer, à l'occasion de ces deux annonces , à l'examen des diverses questions qui se rattachent aux confessions de foi; mais, sous quelque point de vue qu'on les considère , nous pensons qu'on s'accordera à trouver utile la réimpression de celle des Eglises réformées de France. Précieux monument de la piété de nos pères , elle est la première expression publique de la foi des protestans français, et elle a été , jusqu'à la révocation de l'Édit de Nantes, le lien qui a uni nos Eglises entre elles : ces titres la recommandent à notre attention et à notre respect. Aujourd'hui que l'on discute sur l'autorité que cette confession de foi possède encore ou qu'il convient de lui rendre, il est bon qu'elle soit accessible à tout le monde. L'éditeur de ces deux éditions stéréotypes nous apprend qu'il les a imprimées sur une édition de 1580, la plus ancienne qu'il ait pu se procurer; il a conservé en note l'indication des passages de l'EcritureSainte qui en confirment les divers articles; il ne s'est permis d'autres changemens que ceux que l'usage a introduits dans l'orthographe. Les deux éditions ne se distinguent l'une de l'autre qu'en ce que la première est précédée de deux morceaux qui ne se trouvent pas dans la seconde. Ce sont, 1° des Réflexions générales sur la nature et l'usage des Con

fessions de foi , extraites d'une préface plus longue, que MM. Cellerier père et Gaussen, membres de la Vénérable Compagnie des Pasteurs de Genève, ont mise en tête de leur édition de la Confession de foi Helvétique ; et 2° une Note historique sur la Confession de foi de nos Eglises , qui est due à l'éditeur. Il s'est livré à de laborieuses recherches sur son origine et sur son histoire, et a recueilli un grand nombre de faits pleins d'intérêt et peu connus. Nous avons surtout remarqué la résistance énergique que le Synode tenu à Charenton opposa à Louis XIV, qui demandait que des modifications fussent faites à la Confession de foi. Nous croyons rendre service à l'éditeur et au public en ajoutant que les personnes qui feront, par correspondance , des demandes de l'une de ces éditions feront bien d'indiquer quelle est celle qu'ils désirent, en les distinguant par le prix.

Les BOSCHEMEN; ou les HOTTENTOTS A LONDRES; précédé de quelques

details sur la mission commencée chez cette peuplade africaine, par le rév. M. KICHERER. Brochure in-8°. Chez Henry Servier. Prix: 50 c.

Au moment du départ des premiers missionnaires de la Société des Missions évangéliques de Paris pour l'Afrique méridionale, ce petit ouvrage, intéressant en lui-même, aura un intérêt particulier pour nos lecteurs. En le lisant, ils se familiariseront avec les lieux et les peuples parmi lesquels nos missionnaires seront appelés à travailler. - Imprimé dans le même format que Pacaltsdorp ou le Village Hottentot (30 cent.) et qu'Africaner, chef Namacqua (40 cent.), il leur sert de pendant, et tous les trois doivent être possédés par ceux qui désirent connaître l'histoire de ces missions évangéliques dont nos frères vont, nous l'espérons, continuer et étendre l'heureuse influence parmi les tribus africaines. — Ces petits écrits peuvent aussi être très utiles comme livres de récompense dans nos écoles du dimanche.

ANTOINE , OU LA VEILLE DE NOEL. Traduit de l'allemand. 1 vol. in-12,

avec figure. Genève, chez Ab. CHERBULIEZ; Paris, chez BALLIMORE, rue de Seine , n°48, et chez H. Servier, rue de l'Oratoire, n° 6. Prix : 1 fr. 5o cent. Nous recommandons à nos lecteurs ce petit volume; il est empreint d'une morale douce et religieuse, et offre à la jeunesse, avec l'attrait d'une histoire pleine de vie et d'intérêt, une suite de leçons utiles et édifiantes , présentées de manière à produire une bonne et salutaire impression. Nous l'avons lu nous-même avec un vrai plaisir, et par momens avec une douce émotion.

VINGT-ET-UNE LETTRES A UNE JEUNE PERSONNE, par J. Newton. I vol.

in-32. Paris, 1829, chez H. Servier. Prix : 50 cent. Ces Lettres ont été écrites par Newton à sa fille adoptive pendant le temps qu'elle fut en pension. Il est intéressant de voir comment cet excellent chrétien, dont la correspondance, recueillie en deux volumes intitulés Cardiphonia et Omikron, a produit tant de bien, savait s'entretenir avec un enfant. Les lettres qu'il lui adresse, et qui furent écrites dans l'espace de plusieurs années, deviennent plus sérieuses à mesure que sa fille devient elle-même plus raisonnable; mais toutes sont remarquables par la grande simplicité qui y règne, et par l'art que l'auteur possède de se mettre toujours à la portée de sa jeune correspondante, même en traitant quelquefois les sujets les plus importans de la religion. Nous ne doutons pas que beaucoup de mères ne s'empressent, de meltre, à l'aide de ce petit volume, leurs filles en correspondance avec Newton.

Jessy Allan, Nouvelle anglaise ; par l'auteur d’Anna Ross, du Bon

Choix, des Deux Amis, etc. I vol. in-18. Paris, 1829, chez H. SerVIER. Prix: 75 cent.

Jessy Allan est le huitième des ouvrages de miss Kennedy, qui ait été traduit en français; il n'y en a plus que deux qui ne l'aient pas été, et ils ne nous paraissent pas susceptibles de l'être. L'un est un petit écrit de controverse intitale : « La Parole de Dieu ou la Parole de l'Homme », qui est tout particulièrement destiné aux catholiques d'Irlande, et qu'on ne pourrait, qu'à l'aide d'assez nombreuses modifications, approprier aux besoins des catholiques de France; l'autre ouvrage, Philippe Colville, n'est pas achevé: on en a publié les fragmens trouvés parmi les papiers de l'auteur après sa mort. Miss Kennedy a voulu retracer dans cet ouvrage les malheurs de l'Eglise presbytérienne sous le règne des deux derniers Stuart. - Quant à Jessy Allan, c'est l'histoire d'une jeune fille dont l'éducation a d'abord été très négligée, mais qui reçoit ensuite de salutaires directions dans une école du dimanche. Jessy devient chrétienne; la foi , qui est dans son cour, lui fait supporter avec résignation et courage de cruelles épreuves, et la soutient admirablement à l'heure de la mort. Ce qui ajoute beaucoup à l'intérêt de cet écrit , déjà si touchant en lui-même, c'est qu'il est vrai. L'auteur n'a rien eu à inventer; elle s'est bornée à raconter des faits. Ce petit ouvrage peut être mis utilement entre les mains des enfans, et il est très propre à être donné en prix dans les écoles du dimanche.

II RAPPORT surl École d'Enseignement mutuel de Châtillon-sur-Loire. -Nos lecteurs n'auront pas oublié ce que nous avons dit , il y a quelque temps, (Voy. Arch., 1827, 10° ann., pag. 465 ) sur la manière dont cette École a été fondée. M. Rosseloty, pasteur á Châtillon-sur-Loire, a acheté à ses frais une maison propre à la tenir, et a offert à l'Eglise de lui en faire don, et de se faire lui-même maitre d'école, et Mme Rosseloty maitresse d’école , sans aucune rétribution, jusqu'à ce qu’un capital, formé à l'aide de souscriptions et de diverses autres manières, se soit suffisamment grossi pour produire une rente qui, réunie à la subvention que l'Église peut annuellement payer, permette d'assurer le sort d’un. instituteur et d'une institutrice. Ce plan généreux, mis à exécution depuis deux ans, promet les plus heureux résultats. Nous voyons, par un rapport que M. Rosseloty vient de publier, que les fonds en caisse s'élèvent déjà à 2,563 fr. 11 C., et, grâce au zèle désintéressé de ce digne pasteur et de son épouse, il n'y a eu dans l'année, relativement à l'Ecole, d'autres frais que 68 fr. 40 c. pour impressions, ports de lettres, etc. C'est ainsi que, si les dons en faveur de cette utile institution se continuent, le but sera dans quelques années atteint. M. Rosseloty annonce, dans son rapport, qu'il s'occupe d'un autre projet d'utilité publique ; nous nous faisons un devoir de citer ce qu'il en dit : « Il est des orphe« lins, des enfans pauvres qui excitent notre sollicitude; les recueillir « serait un grand bienfait. Nous pourrions même parvenir à former des

régens parmi ceux qui montreraient d'heureuses dispositions. Par lå « nous satisferions à l'un des voeux de nos Églises en concourant à leur

prospérité; nous assurerions les succès et la stabilité de notre Ecole,

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