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ik en lui donnant plus d'importance : nos frais l'estant à peu près les « mêmes, nos ressources s'accroîtraient de la rétribution des élèves que « nous enverraient sans aucun doute plusieurs consistoires, et des a offrandes de lous les amis de l'instruction primaire qui porteraient à « notre Ecole un intérêt d'autant plus vif qu'elle serait devenue un éta« blissement d'utilité générale. Ainsi, dès l'année prochaine, nous pourrions avoir un directeur qui, seconde par

de bons moniteurs pour « faire aller l'École, consacrerait une grande portion de son temps à « l'instruction des jeunes gens destinés à devenir régens. » Nous désirons vivement que ce projet se réalise. Le besoin de bons régens se fait toujours plus sentir, et nous sommes convaincus qu'il est nécessaire que sur différens points de la France s'organisent des établissemens pour en former. L'Institut de M. le pasteur Jacquet, à Glay, a déjà été bien utile; celui de M. Rosseloty, s'il peut être établi, ne le sera pas moins. Nous invitons les amis de la religion et de l'instruction à y contribuer, en envoyant leurs offrandes, soit pour l'Ecole, soit pour l'Institut projeté, à M. Rosseloty, pasteur de Châtillon, à Briare; à M. Servier, libraire, rue de l'Oratoire, n° 6; ou à M. Burnier, pasteur à Rolle, en Suisse. Ces deux établissemens se seconderont mutuellement : les régens, instruits de la théorie de l'enseignement dans l'Institut, s'exerceront, dans l'Ecole, à la pratique; et l'Ecole sera par là soumise à une direction mieux entendue, le directeur de l'Institut devant toujours veiller à ce que les futurs régens n'adoptent pas de méthode vicieuse.

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Histoire de Lucie CLARE, rapportée par un ecclésiastique, et publiée

pour l'usage des jeunes personnes, par Mmo Sherwood, auteur de Suzanne Gray, du Petit Henri, etc. Ouvrage traduit de l'anglais sur la 7e édition. 1829. A Valence, chez Marc AUREL; à Paris, chez H. Servier. Br. in-12 de 99 pages.

Cette Histoire est la peinture intéressante et édifiante d'une vie d'épreuve et de renoncement où la foi au Sauveur triomphe et produit ses fruits les plus doux et les plus salutaires. Lucie Clare çst navrée de douleur à la vue des infidélités dans lesquelles tombe l'objet de son attachement, et des malheurs qui en sont la cause. Une religion vivante la soutient, l'inspire et la console. Elle devient la véritable mère des enfans de celui qui devait être son époux, et que le malheur et le repentir ramènent auprès d'elle , malade et délaissé. Il meurt bientôt après, et lui lègue deux petites filles qu'elle élève dans la connaissance et l'amour du Sauveur. Quand sa tâche volontaire est achevée, elle est à son tour retirée de ce monde, ne se reposant point sur ses quýres imparfaites, mais se glorifiant uniquement en la croix de Jésus-Christ. Lucie Clare est une chrétienne qui trouve le bonheur et la gloire dans des épreuves et des peines qui eussent désolé et abattu sans retour un coeur irrégénéré et voué au' monde. Sa vie est racontée avec la plus grande simplicité et la sensibilité la plus délicate , ce qui , joint à un sentiment religieux vrai et profond, explique le succès que cette petite Histoire a obtenu en Angleterre, et fait présager celui qu'elle mérite d'obtenir également parmi nous, où se fait sentir de plus en plus le besoin des bonnes lectures et des lectures diversifiées. - La traduction, due à la plume d'un de nos pasteurs ,

ne mérite

que

des éloges.

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MÉDAILLE D'HOWARD. - Aucun homme n'a préparé avec plus de zèle et de courage que Howard, l'amélioration du régime des prisons : douze ans consacrés à visiter toutes celles de l'Europe, de noinbreuses relations publiées pour intéresser la pitié publique sur leur état intérieur, des plans proposés à la Chambre des Communes d'Angleterre, et discutés avec un Monarque du Nord, les secours qu'il prodigua toute sa vie aux prisonniers, la protection constante dont il les entoura pendant l'exercice d'une magistrature confiée à ses lunnières, tels sont les titres qui lient intimement le nom d'Howard à la cause des prisons. Howard ne fut pas entièrement étranger à la France; et, par une circonstance singulière, il paraît que ce fut dans nos cachots qu'il résolut de se vouer à l'amélioration des prisons. Désirant de voir Lisbonne, après le terrible bouleversement que cette ville venait d'éprouver, il s'était embarqué, en 1756, sur la frégate l'Hanovre; mais cette frégate ayant été capturée par un bâtiment français, il fut mis en prison, et y demeura quelque temps; ce furent les désagrémens qu'il souffrit pendant cette détention qui éveillèrent sa pitié en faveur des prisonniers. Les fonctions de shérif, qu'il exerça en 1773, donnèrent encore plus d'activité à sa compassion pour les malheureux de cette classe. Il s'occupait autant de leurs besoins spirituels et de leurs moeurs que de leur santé corporelle. Il fut examiné, en 1774, devant la Chambre des Communes, relativement aux plans qu'il avait conçus à leur sujet, et en reçut des remercimens pour ses efforts. Howard visita successivement, non-seulement les prisons de l'Angleterre, mais aussi celles des pays étrangers. Il fit de 1775 à 1787 trois voyages en France, quatre en Allemagne, cinq en Hollande, deux en Italie, un en Espagne et un en Portugal, dans les contrées septentriopales et en Turquie. On raconte que , pendant son séjour à Vienne, il parla à Joseph II contre les donjons pratiqués dans les prisons de cette ville. L'empereur lui dit: « Quoi! vous vous plaignez de mes donjons ? «et en Angleterre, ne pendez-vous pas vos m alfaiteurs par douzaines ? » - «Sire, » répondit Howard, « j'aimerais mieux être pendu en Angle« terre que de vivre dans un de vos donjons. » — · La dépravation des hommes au bien-être desquels il s'était consacré, au lieu de lui faire sentir davantage ses perfections morales, ne servait qu'à l'humilier. Souvent, en visitant les prisonniers les plus avilis, il disait à ceux qui

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l'accompagnaient : Sans la grâce de Dieu, peut-être serions-nous comme « ces hommes-làl » Nous ne pouvons, dans cette annonce , raconter louțe la vie d'Howard; peut-être fera-t-elle un jour le sujet d'une de nos notices biographiques. Il paraît que, de son vivant, ses travaux avaient tellement attiré l'attention publique que, pendant un voyage qui l'éloigua d'Angleterre, une souscription fut levée à son insu, dans le dessein de lui ériger une statue. Lorsqu'il eut connaissance du projet, il écrivit aux souscripteurs pour les en détourner. « N'ai-je donc pas un ami en « Angleterre, » y disait-il, « qui s'oppose à une pareille entreprise ? » Mais cet honneur ne fut qu'ajourné, et lui fut rendu après sa mort, survenue le 20 janvier 1790, et causée par une fièvre maligne qu'il avait prise à Cherson, en visitant un malade. Le monument qui lui fut érigé dans l'église de Saint-Paul est l'ouvrage du sculpteur Bacon. - Le Comité des prisons de la Société de la morale chrétienne vient de faire frapper la médaille d’Howard. Elle a été confiée à M. Barre , artiste connu par des travaux distingués. Les personnes qui désireraient s'en procurer des exemplaires en bronze fondu, du module de dix-huit lignes, en trouveront, au prix de 5 fr., à l'agence de la Société, rue Taranne, n° 12, et chez H. Servier, rue de l'Oratoire,

no 6.

DÉBORDEMENT DE LA VISTULE.

SOUSCRIPTION POUR CINQUANTE VILLAGES INONDÉS.

L'hiver a été très rigoureux dans le nord de l'Allemagne. A Dantzick, le thermomètre n'a jamais marqué moins de dix dégrés audessous de zéro, et il est plusieurs fois descendu jusqu'à vingt-cinq degrés. Il est tombé dans les divers pays que traverse la Vistule une si prodigieuse quantité de neige que, dans beaucoup d'endroits, elle a atteint douze pieds d'élévation. Au moment du dégel, la crue des eaux a été extraordinaire et la débâcle terrible. Le fleuve a entraîné d'énormes morceaux de glace, de deux à trois pieds d'épaisseur, et, malgré les précautions prises pour prévenir des événemens sinistres, les digues ont été rompues en plusieurs endroits; bientôt mêine le fleuve s'est élevé de cinq pieds au-dessus d'elles, et les eaux débordant avec violence, ont inondé, en vingt-quatre heures, une étendue de seize lieues carrées, contenant cinquante villages, un grand nombre de hameaux et de maisons isolées, dont la population réunie est d'environ seize mille âmes. L'eau a atteint le faîte de la plupart des habitations, et dans plusieurs endroits on n'a pu se soustraire à la mort qu'en se réfugiant dans les clochers. des églises, où ceux qui y avaient cherché un asile ont couru risque

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de mourir de faim. Un grand nombre de malheureux ont péri. Dix mille vaches, cinq mille chevaux, un nombre infini de porcs et de bêtes à laine formaient la richesse du pays; on n'a pu en sauver que la dixième partie. Les glaçons, précipités avec violence sur les vilTages, ont entraîné des granges, des étables, des maisons, avec tout ce qu'elles contenaient. La population presque entière s'est réfugiée à Dantzick, ou l'on voit aujourd'hui de dix à douze mille personnes réduites à la misère. Dantzick même a été inondée dans ses parties basses, et a beaucoup souffert; au delà de la ville, douze maisons ont été entraînées dans la mer par la fureur des eaux. On a pensé que beaucoup de personnes en France éprouveraient le besoin de secourir cette grande infortune. Une souscription a été ouverte dans ce but chez M. Henri Lutteroth, rue de la Paix, no 14; MM. Étienne Morin et compagnie, rue Saint-Georges, no 26; et M. Henri Servier, libraire , rue de l'Oratoire, n° 6.

Avis. Nos lecteurs trouveront à la page 2 de la couverture la liste des nouveaux traités français et allemands que vient de

publier la Société des Traités Religieux de Paris. MM. les dépositaires qui souhaitent de les recevoir, voudront bien les demander au Secrétaire de la Société, rue de l'Oratoire, n° 6, en ayant soin d'indiquer le nombre d'exemplaires de chacun d'eux qu'ils désirent, et en demandant en même temps les anciens traités dont leur dépôt pourrait être dégarni.

Le Rapport de la Société est sous presse, et sera envoyé à MM. les souscripteurs dans le courant de juin.

Les mesures sont prises pour que les Rapports des autres Sociétés paraissent aussi sans retard.

L'abondance des matières et le désir de rendre compte à nos tecteurs des assemblées générales de nos Sociétés Religieuses, et de leur communiquer les nouvelles que nous avons reçues du Canton de Vaud, nous ont engagés à composer cette livraison de cinq feuilles, au lieu de trois; ne pouvant en conséquence disposer que d'une seule feuille pour la livraison de juin, nous avons pensé qu'il valait mieux la réunir à la livraison de juillet, qui paraîtra le 15 juin, pour qu'il y ait moins d'intervalle entre la publication de ces deux numéros. Les neuf feuilles de mai , juin et juillet , seront ainsi réparties en deux livraisons, au lieu de trois.

(JUIN ET JUILLET. )

MÉLANGES RELIGIEUX ET MORAUX.

Du MINISTÈRE ÉVANGÉLIQUE.

L'année dernière, il a paru dans un des principaux journaux religieux de l'Angleterre, le Christian Observer, un morceau sur les causes d'inefficacité du ministère évangélique, dans l'Église de ce pays. C'est le fruit d'une grande expérience et d'une piété éclairée qui, en reconnaissant que, dans l'établissement du règne de Dieu, tout vient de lui, reconnaît aussi qu'il agit par des moyens humains et que par conséquent la négligence de ces moyens nuit à l'avancement de ce règne.

Sans doute, dit l'auteur de ce morceau, la première cause du mal il faut la chercher dans l'opposition naturelle du caur de l'homme contre la vérité de l'Évangile. Qui à cru à notre prédication? voilà ce qu'ont dit, après le Seigneur lui-même, ses ministres dans tous les siècles. Le Saint-Esprit seul peut vaincre cette opposition; mais son assistance est promise aux ministres fidèles qui la cherchent. Si donc elle manque, n'estce pas que nous ne l'avons pas demandée avec ferveur? que nous avons été faibles dans la foi? que la vie de Dieu n'a pas produit assez d'amour dans nos caurs? »

Les réflexions que ces questions ont suggérées à l'auteur de l'article, qui se les est adressées à lui-même, se rapportentplus directement à l'Église d'Angleterre. Hélas ! ce qu'elle appelle disette, la nôtre l'appellerait abondance. Mais ces réflexions ne lui en sont que plus applicables. Nous avons pensé qu'on nous sauraitgré d'en avoir extrait celles qui nous ont paru les plus utiles à notre position.

La première question que doit se faire un pasteur qui voit son ministère sans fruit, est celle-ci : Suis-je appelé d'en-haut à cette vocation? Si nous courons sans avoir été envoyés, si notre premier but n'est pas le salut des âmes , si nous n'avons Saint-Esprit et les dons indispensables pour annoncer l'Évan1829 -12° annie.

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