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elles, vous ne risquerez pas de vous tromper en regardant cet homme comme un hypocrite , c'est-à-dire comme ayant plus de foi dans les doctrines de l'Évangile qu'il n'en veut avouer. Pour un homme accoutumé à observer et à réfléchir, son irritation est un aveu involontaire, qu'il croit à moitié, et plus qu'à moitié à ces doctrines; il laisse échapper son secret par les efforts mêmes qu'il fait pour le garder.

vous

Pouvoir de la vérité. - Parmi le petit nombre de prédicateurs évangéliques que comptait l'Église anglicane au commencement du siècle dernier était le rev. T. Jones. Il avait un camarade de collége qui avait été consacré en même temps que lui , mais qui était un homme du monde, et qui préchait toute autre chose que l'Évangile. Comme il causait un jour avec M. Jones , il lui dit : « Comment se fait-il

que avez tant d'auditeurs et que moi j'en ai si peu; car vous pouvez vous souvenir, que lorsque nous étions ensemble au collége je l'emportais toujours sur vous ? - La seule raison de cette différence répondit M. Jones, c'est que je prêche l'Évangile , et que vous ne le prêchez pas.

Vous dites que je ne prêche pas l'Évangile ! et je prends presque toujours mon texte dans un des quatre Évangiles. Malgré cela, il est très possible que vous ne prêchiez jamais Jésus-Christ.

Eh bien , prêtez-moi un de vos sermons', et nous verrons quel effet il produira. M. Jones lui prêta un sermon où l'Évangile était clairement exposé, et après qu'il l'eut prononcé, il fut accosté à la porte du temple par un homme que ce sermon avait convaincu de péché, et qui était en grande anxiété pour le salut de son ame. Lorsque le prédicateur eut compris de quoi il s'agissait, il engagea ce pauvre homme à attendre que tout le monde fût sorti; et comme il voulut ensuite expliquer ce qui se passait en lui , le ministre l'interrompit , en lui disant. « Mais qu'est-ce que vous avezdonc , mon ami, je ne comprends rien à ce que vous me dites. » « Ma pauvre ame! » reprit l'autre ; « votre sermon m'a montré que je suis un misérable pécheur, et je crains qu'il n'y ait point de miséricorde pour moi. » « Réellement! »

dit le ministre, « je suis très fâché de vous avoir causé de semblables inquiétudes ; je n'en avais certainement pas l'intention; mais puisque vous voilà si troublé , je vous conseille d'aller voir M. Jones. »

Folie de la sagesse de ce monde. - M. le professeur Schultess, de Zurich, vient de publier sur les sectes religieuses un livre qui est une nouvelle confirmation de la vérité des paroles de saint Paul que nous avons placées en tête de cette note. M. Schultess cherche à établir le droit, le devoir même et la nécessité

les

gouvernemens de se faire juges des doctrines, c'est-à-dire de persécuter tous ceux dont la conscience répugne aux doctrines légales. Aussi cet illustre ami des lumières du siècle prend-il la défense des persécutions du canton de Vaud et de l'inquisition de Berne; il est conséquent avec ses principes. Il est curieux du reste de voir un des néologues du jour, un des hommes qui ont soutenu avec le plus de persévérance la souveraine liberté et le souverain empire de la raison humaine, un des hommes qui s'indigneraient le plus vivement si on leur contestait le droit de saper par leur fondement les vérités du salut et l'Évangile où elles sont révélées, refuser à ceux qui veulent les maintenir le droit de suivre leur conscience et leurs lumières ; c'est du libéralisme à la mode. Nous sommes d'accord avec M. Schultess sur un seul point; il voudrait qu'on établit entre les chrétiens et les néologues des discussions publiques, pareilles à celles qui aidèrent si puissamment, il y a trois siècles, aux triomphes de la réforme. Nous appelons ces discussions de tous nos veux ; les chrétiens dissidens de Vaud et de Genève les ont ouvertement demandées, mais on s'est gardé de se rendre à leur désir. La vérité n'a rien à craindre de pareilles discussions ; l'erreur a seule à les redouter. Nous devons ajouter que nous n'avons pas lu nousmêmes l'ouvrage de M. Schultess, et que ce que nous venons d'en dire est fondé sur le compte qui en a été rendu dans la Gazette de Lausanne , qui en partage les principes et en admet les conséquences.

pour

Châtcau de Villedieu, près Châteauroux (indre),

ce 22 juin 1829.

1

A Messieurs les Rédacteurs des Archives du Christianisme.

MESSIEURS,

En rendant compte du discours que j'ai prononcé dans l'assemblée générale de la Société Biblique protestante de Paris , le 30 avril dernier (voyez Archives , mois de mai, pag. 232 et 233), il s'est glissé quelques erreurs que je vous prie de rectifier dans le prochain numéro de votre estimable journal. La première est relative à la position topographique

du

pays basque qui est situé, me faites-vous dire, entre Bagnères , Orthez et Pau. J'ai dit, entre les églises protestantes de Baïonne, d'Orthez et d'Osse, sur le versant nord et à l'extrémité occidentale de la chaîne des Pyrénées.

Le pays basque faisait partie de l'ancienne province du Béarn , dans laquelle , ai-je dit, il y avait, avant la révocation de l'édit de Nantes, de nombreuses et florissantes églises protestantes. Quant au pays basque, il est plus que douteux qu'il ait jamais renfermé des églises réformées ; et l'assertion qu'il existe encore de nos jours dans ces vallées des familles qui professent la Foi au pur Évangile de Jésus-Christ est malheureusement inexacte , contraire même à la vérité.

Enfin la Société Biblique britannique et étrangère qui, conformément au but de son institution, a fait imprimer à ses frais la nouvelle édition du Nouveau-Testament basque qui vient de paraître à Baïonne, ne m'a point transmis la copie entière du Nouveau-Testament basque conservé dans la bibliothèque publique d'Oxford , mais seulement la copie des Évangiles selon saint Matthieu et saint Marc. Les traducteurs qui ont travaillé à la nouvelle édition du Nouveau-Testament basque ont traduit sur le texte grec; ils se sont aidés de la version française de la Bible faite par Martin , généralement répandue et estimée à cause de sa fidélité.

Agréez, Messieurs, l'assurance de toute mon estime et de mon attachement fraternel.

F. MARTIN fils,
Ministre du saint Évangile.

L'évêque Blomfield. A l'occasion de ce que nous avons dit dans notre livraison de juin et juillet dernier de M. le D'. Blomfield , évêque de Londres, p. 323, nous avons reçu d'uri de nos ainis de Londres la lettre suivante : ...« Je m'estime heureux de pouvoir vous apprendre que les « mesures qu'avait prises l'évêque Blomfield ne sont déjà plus « en vigueur. Elles ont trouvé ici une telle opposition qu'il a « été nécessaire de les abandonner. »

NOUVELLES RELIGIEUSES. GUATIMALA. Etat religieux des Indiens. M. Henry Dunn vient de publier à Londres un ouvrage remarquable sur un séjour d'un an qu'il a fait, de 1827 à 1828, dans la république de Guatinala. Il donne sur l'état religieux des Indiens de ce pays des détails intéressans, que nous nous faisons un devoir de reproduire en partie. Les Indiens sont encore,

comme après la conquête par les Espagnols, un peuple doux, crédule, moitié païen, moitié catholique, privé d'instruction et de liberté. Nous laissons parler le savant voyageur :

« La plupart des Indiens , dit-il, sont sous la domination spirituelle de l'Eglise de Rome, quoique plusieurs des tribus qui habitent le long des côtés n'y soient pas encore soumises. Dans l'intérieur du pays,

il se trouve aussi des peuplades qui n'ont pas embrassé le christianisme. Aussitôt qu'ils sont visités daus un endroit, afin d'éviter d'autres importunités, ils partent avec leurs femmes, leurs enfans et leurs canots, et se fixent ailleurs jusqu'à ce qu'on vienne de nouveau les assaillir de nouvelles sollicitations. Mais ceux-là mêmes qui se disent catholiques cachent souvent leurs idoles et les adorent en secret, et tous les efforts du clergé ont été-vains pour en détacher leurs affections. N'en sogons pas surpris; pour eux les mots liberté et idolâtrie sont synonymes, tandis qu'ils allient l'idée de christianisme à celle d'esclavage et de despotisme. Il n'est pas nécessaire pour se convertir à la foi romaine que

cæur soit changé, il suffit de consentir à échanger d'anciennes cérémonies contre de nouvelles, et à mettre une image de la Vierge à la place de quelque autre également inanimée. Voilà tout ce que l'on exige; et pourvu que l'on sache réciter quelques prières, le clergé consent à ne pas troubler la superstition du coeur et à laisser debout le Irône de Satan. Mais, d'après l'aveu des évêques du pays, ces faibles résultats sont eux-mêmes difficiles à obtenir. L'un d'eux disait que les néophites étaient peu avancés dans la connaissance de la Foi chrétienne, qu'ils savaient à peine réciter leurs prières intelligiblement, Leur latin, ainsi qu'on pouvait s'y attendre, est difficile à comprendre. Les mariages et les funérailles se célèbrent d'après les rites de l'Eglise Romaine; mais les indigènes y ajoutent beaucoup de cérémonies de leur invention. Les mariages donnent lieu à des danses sauvages exécutées au son d'une musique discordante; et les funérailles offrent une scène nocturne de débauche et d'ivresse qui ne ressemble pas mal à une veillée d'Irlandais de la dernière classe. Ils ont le goût des processions quel qu'en soit l'objet. Quand on porte l'huile sainte dans les villages, les prêtres sont précédés d'un tambour et escortés d'une troupe d'Indiens. Les fêtes de l'Eglise se distinguent surtout par les danses auxquelles on se livre, les pétards et les feux d'artifice que l'on tire. Les Indiens sont passionnés pour ce dernier amusement; et comme la fabrication de la poudre est un monopole du Gouvernement, il ne s'oppose pas à ce qu'on la consomme. La superstition et l'intolérance de cette population ignorante produisent, surtout parmi les dernières classes, les effets les plus affligeans. Quand l'archevêque passe en voiture dans les rues, on voit les pauvres s'agenouiller dévotement de chaque côté ; et telle est leur ignorance de l'objet auquel ils rendent hommage, qu'ils répètent la même cérémonie, non-seulement lorsque la voiture de l'archevêque passe vide , mais très souvent encore quand ils voient passer l'un des lourds équipages dont se servent les gens riches, et qui sont fort rares dans la ville. Nous en avons fait une expérience assez plaisante, ou pour mieux dire, assez triste; nous les avons vus un jour s'agenouiller devant une voiture remplie d'hérétiques obstimés, avec la même dévotion qu'ils l'auraient fait devant un des prélendus successeurs de saint Pierre. Iconiup abskisso esta

La soumission des Indiens à leurs instituteurs spirituels ne connaît pas de bornes. Ceux que nous rencontrions s'agenouillaient devant le prêtre qui nous accompagnait pour recevoir sa bénédiction, et s'humiliaient profondément pendant qu'il posait la main sur leur tête. Les parens d'une pauvre femme malade qu'il allait visiter jonchaient de fleurs et de branchages le sentier qui conduisait à la cabane, en imitation, nous dit-il, de l'entrée de Jésus-Christ dans Jérusalem. De qui ont-ils reçu ces leçons impies , si ce n'est de leurs pasteurs ? Cet homme grossier et d'une ignorance stupide était enchanté de recevoir ces hommages; et ces pauvres gens, également ignorans, élaient enchantés de les lui rendre. » sguien sullare Beslisvisor sb scos 2014

Ces détails afligeans feront voir à nos lecteurs à quoi se réduisent les succès des prêtres catholiques pour la conversion des païens dans les pays où ils veulent introduire le christianisme. Les cérémonies ne changeront jamais les coeurs, ils ne peuvent être changés que par la prédication de l'Évangile. Partout où il est prêché, la promesse du Seigneur s'accomplit; sa parole ne retourne pas à lui sans avoir produit l'effet pour lequel il l'avait envoyée. Sairy fi ipsi

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