Page images
PDF
EPUB

par un

trou

est portée avec empressement. Les dames du comité des missions , et quelques autres qui avaient bien voulu se joindre à elles, recevaient l'argent de ces objets , dont le prix était fixé. Dans ce inagasin d'un nouveau genre, on se sentait uni intérêt commun , et par le sentiment d'une pieuse fraternité ; l'on retrouvait là ses amis, ses parens, les personnes qu'on est accoutumé de voir dans nos temples et dans nos assemblées de sociétés pieuses. Les Anglais, presque aussi nombreux que les Français , y apportaient le même esprit, car eux aussi у vaient les ouvrages de leurs femmes et de leurs filles, et jamais sûrement on n'avait entendu demander si souvent, et avec une semblable expression : «Comment va la vente? Avez-vous déjà beaucoup d'argent ? »

On a vendu un grand nombre d'exemplaires d'un cantique intitulé: Les Missionnaires chrétiens recommandés à Dieu, paroles de M. le pasteur Juillerat, musique de M. Lemire; plusieurs ouvrages sérieux que leurs éditeurs avaient envoyés dans ce but, et une grande quantité d'Almanachs des bons conseils. Quelques dames avaient eu l'heureuse pensée de faire de leur ouvrage un double acte de charité, en préparant des layettes à l'usage des enfans des pauvres ; elles ont été comprises, etl'empressement qu'on a mis à les acheter est un encouragement pour toutes à s'occuper plus encore de choses utiles que d'agréables futilités. L'année prochaine, on nese contentera sûrement pas de songer à l'enfance, et il sera doux de penser qu'un argent versé dans la caisse des missions servira en même temps à procurer des vêtemens chauds et commodes aux malades et aux vieillards. Nous trouvons aussi fort heureuse l'idée qu'ont eue quelques jeunes gens de faire de petites maisons en liége, ayant la cheminée pour ouverture, destinées à recueillir des dons nouveaux; elles remplaceront avec avantage les simples boîtes ou troncs des missions dont on se sert dans beaucoup de maisons. A côté des offrandes de quelques artistes distingués, on voyait avec satisfaction les ouvrages d'humbles ouvrières et les essais de jeunes enfans. Ce n'est pas à Paris seulement qu'avaient été préparés tous ces jolis objets ; les dames de Honfleur et celles de Versailles en avaient envoyé un grand nombre, et nous avons appris avec bien de la joie que les dames de Nîmes ont fait aussi des ouvrages qu'elles vendent au profit de la même Société. Puisse l'exemple que Paris a eu le bonheur de donner trouver partout des imitateurs , et puissent les femmes pieuses répondre à l'honorable confiance qu'on leur a montrée à la dernière assemblée générale, en fournissant, avec le travail de leurs mains , à la dépense des premiers missionnaires qui s'éloigneront des rives de la France pour aller porter le flambeau de l'Évangile aux nations qui sont encore assises dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort!

Il reste encore des objets à vendre ; le tout s'élèvera à environ 2,400 francs. On fera tous les ans une vente semblable, du 1er au 15 décembre.

NOUVELLES RELIGIEUSES.

ÉTATS-Unis. - Société Biblique américaine. - Cette Société possède et occupe dans ce moment 20 presses ordinaires et 8 presses à vapeur, équivalant à 20 presses ordinaires. 50 hommes et 15 femmes sont conslamment employés dans son imprimerie, et 40 hommes et 65 femmes sont occupés à la reliure; en tout, 170 personnes. Elle imprime 1600 rames de papier environ par mois. Les dépenses sont en moyenne par mois comme suit : Papier, 3,600 dolars (18,000 francs environ). Impressions, 1,800 dolars (9,000 fr.). Reliure, 4,400 dolars (22,000 fr.). Total: 8,800 dolars, et en y ajoutant les frais d'administration, plus de 10,000 dolais ou 50,000 fr. par mois. Aussitôt que le nouveau bâtiment (1) auquel on travaille, et qui aura qualre étages d'élévation sur 40 pieds: carrés de surface sur terre , sera terminé, les dépenses seront portées : par l'addition de nouvelles dépenses, à 12,500 dolars, soit 62,500 fr. par mois. — Il est nécessaire de donner une telle extension aux travaux,. pour pouvoir répondre aux demandes pressantes et réitérées de Bibles faia. tes pas les sociétés auxiliaires. Cette étonnante activité est due en grande partie à la résolution prise par un grand nombre d'auxiliaires, de s'assumrer, par des visites domiciliaires, du nombre de

personnes manquant de Bibles dans leur ressort, et de subvenir à ces besoins dans un temps.

(1) Cet édifice ne se construit pas aux frais de la Société biblique, mais à l'aide d'une souscription spéciale ouverte pour cel objet. (Red.)

donne; les unes se sont prescrit d'achever cette tâche excellente dans l'espace d'un an, d'autres en six mois, quelques-unes en quatre mois. Plusieurs ont déjà accompli leur noble mission, et la population totale des districts ainsi visités et que l'on travaille à pourvoir de Bibles, s'élève à 5,977,554 âmes. Le résultat a été dans les États-Unis ce qu'il a été partout où l'on s'est enquis sérieusement des besoins de bibles , ce qu'il sera partout où l'on fera les mêmes recherches, c'est

que soins dépassent de beaucoup toutes les prévisions(1).

ces be

Société américaine des Traités religieux. — Cette Société possède , comme la Société biblique, un bâtiment en propre.

Cet édifice a 80 pieds de long, sur 40 de large, et a quatre étages d’élévation. Elle possède dix presses ordinaires , et cinq presses mécaniques mises en mouvedes mulets , et égales à dix

presses cominunes. Elle

occupe 29 hommes et 14 jeunes filles, et emploie environ 800 rames de papier par mois. Le brochage et la reliure exigent 6 hommes, 1 garçon et 51 jeunes filles; le stéréotypage occupe 3 personnes, et diverses autres fonctions en nécessitent 6: elle a ainsi, dans son service actif, 110 personnes

ment par

en tout.

Réveil religieux à Paris. On lit l'article suivant dans l'Observaleur de New-York du 1er mars 1828 :

« Une lettre d'un habitant de Paris marque ce qui suit :

« Cette ville a été le théâtre, pendant les deux ou trois derniers mois, du plus étonnant réveil religieux qu'on ait jamais vu dans ce pays. Plus de 100 personnes ont été converties dans l'Église réformée ou presbytérienne, autant et plus dans l'Église baptiste, et plusieurs, mais je ne sais pas leur nombre, dans l'église épiscopale. A***, ville voisine, il peut y avoir près de 1,000 âmes vraiment converties, et il s'en trouve ungrand nombre dans tout le pays. Paris, qui était autrefois une ville de beaucoup de débauche et de licence, est entièrement changé. Il ne s'y trouve plus de danses, plus de jeux de cartes, plus de juremens profanes, plus d'ivrognerie, etc., et toussemblent s'être engagés aveczèle au service de leur Seigneur et Maître. J'espère que cette belle oeuvre continuera et prospèrera! »

Paris est la capitale du comté Bourbon dans l'État de Kentucky (États-Unis d'Amérique), à 16 lieues environ de l'Ohio, non loin de Versailles, Francfort, Vevay, etc. Le comté de Bourbon avait, en 1822, 12,369 habitans, dont 5,165 esclaves. La population a sans doute beaucoup augmenté. Paris est la seule ville du comté.

(1) Quelle activité prendrait l'oeuvre biblique en France, et de quels bienfaits elle serait la source, si vous savions suivre le noble exemple que nous donnent nos frères d'outre-mer!

(Red.)

France. -Oratoire de Libourne.' - Leculte évangélique se continue à Libourne à la satisfaction de tous ses amis : aussi les protestans de cette ville, voulant donner à leur oratoire une existence légale, ont remis dernièrement à M. le préfet de la Gironde une pétition adressée à son excellence le Ministre de l'Intérieur, pour obtenir, qu'en conformité du décret du 10 brumaire an XIV, leur oratoire soit compris dans un arrondissement consistorial. Cette petite église, heureuse de partager avec les autres églises voisines l'affection toute chrétienne de MM. leurs pasteurs, continue à jouir du précieux avantage de leurs prédications, dont les époques ont été fixées à des intervalles assez rapprochés. On ya successivement entendu, dans le courant de 1828, MM. F. Martin fils, de Bordeaux, trois fois; J. B. Pascaul, de la Roche-Chalais, deux fois; Dumas fils, de Gensac, deux fois; Drilholle , de Sainte-Foy; Jousse, de la MotheMont-Ravel; Biot , de Castillon; Marche , de Sainte-Foy; Vermeil , de Bordeaux; Bourgade , de Sainte-Foy; Maillard , de Bordeaux ; Reclus, du Fleix , chacun une fois.

Consécration de M. Dupont au Saint Ministère.- Examen préalable. - MM. les pasteurs du département de la Drôme se sont réunis à Crest, dans le courant du mois de décembre dernier, pour s'occuper des moyeus de faire avancer l'auvre biblique dans leurs églises. M. Dupont qui , depuis quelque temps déjà , avait terminé ses études dans la faculté de Strasbourg, a saisi cette occasion pour demander sa consécration au saint ministère. Cette demande lui a été accordée surle vu des témoignagés académiques exigibles en pareil cas, et après que MM. les pasteurs présens se furent assurés de la doctrine du récipiendaire par une série de questions qui lui furent adressées. Le discours de consécration fut prononcé par M. le pasteur Charras , de Pontaix, devant un auditoire nombreux , composé de catholiques et de protestans. Onze ministres du Saint Évangile imposèrent les mains à ce nouveau serviteur de leur Maître. Le consistoire de Crest a donné, dans cette occasion, un bon et utile exemple qui ne sera pas, nous l'espérons, perdu pour d'autres églises. Si un certificat d'aptitude suffit devant la loi pour accorder l'imposition des mains à un candidat, il ne suffit point à la conscience de ceux qui sont appelés à prendre part à cette sainte action, pour peu qu'ils se fassent des idées justes de son importance et de ses conséquences.

Liberté de l'enseignement. La Société de la Morale chrétienne, la Société de l'Instruction élémentaire et la Société des Méthodes se sont réunies

pour offrir en commun un prix de 1,500 francs au meilleur ouvrage sur la question de la liberté de l'enseignement. Elles ont nommé chacune trois de leurs membres pour faire partie d'une commission chargée de rédiger le programme qui se distribue rue Taranne, n° 12 , et de juger les’inanuscrits qui seront envoyés au concours , ouvert jusqu'au 1er janvier 1830.

- M. le grand-maître de l'Uviversité, sur la demande du consistoire

[ocr errors][merged small][ocr errors]

de l'Église réformée de Nîmes, vient de décider qu'un ministre sera attaché au collége royal de Nîmes, pour y exercer les fonctions d'aumônier protestant.

La ville de Nîmes a fait, le 19 novembre dernier, une perte douloureuse dans la personne de M. le baron Boileau de Castelnau , chef de l'une des plus anciennes familles du Languedoc, membre du conseil du département du Gard, du consistoire de l'Eglise réformée de Nîmes, président honoraire de la Société biblique de cette ville. Ses obsèques ont eu lieu le lendemain en présence des principales notabilités de la ville, des membres du consistoire, et d'une grande multitude de

personnes. Un discours funèbre a été, à cette occasion, prononcé par M. le pass teur S. Vincent.

[ocr errors][ocr errors][ocr errors]

ANNONCES.

[ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors]

LES MISSIONNAIRES CHRÉTIENS RECOMMANDÉS A Dieu, cantique à deux

et à qicatre voix, destiné à être chanté dans les assemblées mensuelles de prière des Sociétés des Missions évangéliques de France ; paroles de M. le pasteur JUILLERAT-CHASSEUR, mises en musique par M. Désiré LEMIRE.-Se vend au profit de la Société des Missions éyangéliques de Paris.-Chez H. SERVIER, libraire, rue de l'Oratoire, n°6, et chez Paccini, éditeur de musique, boulevard des Italiens, no 11. Prix marqué : 3 fr. ; prix réel : 2 fr.

C'est sans doute parce qu'il doit y avoir de la joie et de la paix dans l'âme des croyans , que

l'Écriture sainte nous parle si souvent de leurs chants et de leurs cantiques ; ce n'est toutefois pas seulement lorsqu'ils ont des actions de grâce à rendre au Seigneur qu'ils choisissent ce moyen

d'élever leurs coeurs à lui; c'est aussi pour le glorifier dans leurs afflictions, comme Paul et Silas le firent dans la prison. Saint Paul parle du chant comme essentiel au culte : « Entretenez-vous

par
des

psaumos, par des hymnes et

par des cantiques, chantant et psalmodiant de votre coeur au Seigneur. ( Ephésiens, v. 19.) »

La musique, ainsi que la parole, ne s'emploie le plus souvent qu'à exprimer des sentimens naturels à l'homme, mais sans rapport avec Dieu. Nous croyons que, plus encore que la parole, elle a le pouvoir d'ouvrir le coeur aux émotions du siècle présent, et de nous exciter à nous conformer à lui. L'usage mal entendu de la musique ne sert qu'à réjouir ou à attrister l'imagination, et les hommes oublient qu'elle ne leur a été accordée que pour servir aussi au but général, donner du charme à la vérité, et faire ressortir la beauté de ce que l'âme a déjà trouvé bon. Les chrétiens chantent pour donner à leurs prières une

[ocr errors][merged small][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][merged small][ocr errors]
« PreviousContinue »