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chacun peut faire part à ses frères de ses expériences', des lumières et des grâces qu'il a reçues du Seigneur; en un mot, où chacun donne et reçoit, enseigne et apprend tour à tour. Ce sont là les seules assemblées qu'on puisse vraiment appeler mutuelles : c'est là qu'est l'entretien des frères où l'Éternel a ordonné pour toujours la bénédiction et la vie. ( Ps. cxxxi. )

« Je vous le répète donc, ô mes chers amis, ayez soin d'entretenir au milieu de vous de pareilles réunions : qu'il y en ait, s'il le faut, pour chaque âge, pour chaque sexe, afin qu'on y soit plus libre, plus simple et plus confiant. Celui qui court à l'assemblée avec empressement, quand il y a quelque frère étranger ou quelqu'un qui parle avec éloquence, et qui néglige de s'y rendre quand il n'y a que des simples et des petits, n'est point un homme spirituel. Ne fussiez-vous que quelques bergers ou quelques servantes réunies dans une pauvre étable, si chacun de vous y apporte un esprit de prière et de recueillement, le Seigneur sera au milieu de vous; et votre assemblée pourra être bénie aussi abondamment

que

celles des premiers disciples assemblés dans une chambre haute, le jour de l'effusion du Saint-Esprit, et cet autre jour où les Apôtres revinrent joyeux d'avoir souffert quelque chose pour le nom de Christ. (Act. iv ).

« Mais pourrais-je vous recommander vos devoirs envers vos frères, sans vous parler de ceux que vous avez à remplir envers cette multitude qui vit dans les ténèbres d'où le Seigneur vous a tirés par sa grâce ? L'Eglise de Jésus-Christ doit-elle se contenter, comme la garnison d'une ville assiégée, de se garder elle-même et de conserver

propre terrain ? Ne doit-elle pas au contraire faire de continuelles sorties, et avancer comme une armée victorieuse sur le terrain de l'ennemi? Dès qu’un arbre cesse de croître, il commence à dépérir: dès qu'une Église cesse de faire des progrès, elle s'endort et commence à décheoir. Ah! si vous sentez le prix infini de votre céleste vocation; si vous connaissez cet amour de Christ qui surpasse toute intelligence, et les richesses de la gloire de son héritage dans les Saints, et quelle est l'excellente grandeur de sa puissance envers nous qui croyons; si vous avez goûté combien le Seigneur est bon, et combien est précieuse la part qui nous est échue; si en même temps vous connaissez le prix des âmes immortelles, et combien est affreux le sort de celles qui ne connaissent point Jésus, pourrez-vous jamais oublier le prix de ce titre glorieux d'enfant de Dieu que vous portez? Pourrez-vous être autre chose que chrétiens, si vous sentez

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quel bonheur immense c'est d'être chrétien ? Vous le serez en tout et partout; vous voudrez que tout le monde le devienne : chacun de vous sera un témoin de la grâce, un missionnaire, un prédicateur, un ministre de Christ. Votre cour brûlera de zèle pour le salut des âmes, et il s'en élèvera sans cesse, comme d'un autel ardent, des soupirs et des prières en leur faveur (Rom. x, 1). Travaillez donc au règne de Dieu : portez - vous courageusement dans cette bonne guerre: ne vous donnez point de repos à vous-mêmes, et n'en donnez point à l'Éternel jusqu'à ce qu'il rétablisse Jérusalem en un état florissant sur la terre.

« Quant à moi, j'ai tout lieu de croire que ma tâche est finie : j'attends qu'au moyen des épreuves et des afflictions le Seigneur accomplisse en moi cette oeuvre de patience qui doit être parfaite , et qu'il me retire ensuite quand et comme il lui plaira , dans son éternel repos. N'ayant donc plus guère l'espoir de vous revoir dans ce monde, et ne pensant pas même que je puisse plus vous écrire davantage , je crois devoir prendre congé de vous, et vous recommander dès à présent à Dieu et à la Parole de sa grâce.

«O chers amis ! combien de choses il me resterait à vous dire ! combien de choses je voudrais encore vous recommander; mais le Seigneur y suppléera. Relisez quelquefois les derniers conseils que je viens de vous donner, et priez le Seigneur qu'il vous donne de les mettre en pratique ; lisez surtout la Bible : allez constamment à cet arbre de vie qui porte du fruit toute l'année; vous y trouverez toujours quelques fruits mûrs pour vous, quelque parole qui fera du bien à vos âmes. Si vous faites quelques autres lectures, qu'elles soient choisies selon Dieu : je désirerais, par exemple, que chacun de vous possédât le Voyage du Chrétien et la Vie de Bunian, de ce chrétien si consciencieux et si rempli d'expérience. Tâchez de lire aussi dans le Journal des missions de Paris (deuxième année, n°3), la Vie du missionnaire Brainerd. J'espère qu'on publiera bientôt d'excellentes Lettres du ministre Charles Rieu, décédé en Danemarck. Un autre ouvrage qui, je l'espère, paraîtra bientôt, et que je ne saurais trop vous recommander d'avance, est l'Histoire ancienne et moderne des Frères de Bohême et de Moravie. C'est là que vous verrez ce que doit être le chrétien, et ce que peut être une véritable Église de Jésus-Christ. Cet ouvrage sera trop cher pour que chacun de vous puisse l'acquérir pour lui-même; mais vous pourrez vous réunir quelques-uns pour l'avoir en commun. Enfin je vous recommanderai comme livre de prière et d'édification, aussi bien que

comme recueil de cantiques, le recueil publié à Genève , sous le titre de : Psaumes, Hymnes et Cantiques spirituels, etc.

a Je voudrais, mes bien chers amis, chers frères et chères scurs, pouvoir dans mes salutations désigner chacun de vous par son propre nom; mais, grâces à Dieu, il y aurait trop à faire, et je désire

que chacun de vous lise ces lettres, comme si elles lui étaient adressées à lui seul en particulier; car vous savez quelle affection j'ai pour vous tous , et combien ardemment je souhaite vous retrouver tous dans ce royaume, ou Dieu essuiera toutes larines de nos yeux, ou il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni travail, et ou la mort ne sera plus. Ayez dono bon courage, chers amis ! Bientôt nous nous retrouverons, et ce sera pour toujours : pour toujours, chers ainis!.

Quelle lettre! comme on y retrouve l'amour des âmes qui était le trait dominant du caractère de Neff! que ces exhorta tions sont sérieuses pour les Églises auxquelles elles s'adressent, et pour tous les chrétiens qui peuvent se les appliquer!

VARIÉTÉS.

SOCIÉTÉ

pour

L'ENCOURAGEMENT DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE PARMI LES PROTESTANS DE FRANCE, formée le 2 mai 1829, et autorisée par ordonnance du Roi , du 16 juillet 1829.

Les besoins de la France protestante, relativement à l'instruction primaire sont généralement sentis; tout le monde les reconnait, nul ne les nie ; de tous les côtés nos Églises appellent depuis long-temps de leurs voeux les moyens d'y satisfaire ; il serait donc superflu d'insister sur ce projet, puisqu'il n'est certes pas un de nos lecteurs, parmi nos compatriotes, qui ne se réjouisse et ne bénisse Dieu avec nous de la formation de la Société sur laquelle nous appelons aujourd'hui leur attention. Il n'en est pas, nous osons l'espérer, qui ne s'empresse de se joindre à elle, et qui ne comprenne que c'est un devoir pour tous les protestans de France de la soutenir par leurs efforts et par leurs sacrifices. Nous regrettons de ne pouvoir pas réimprimer dans cette feuille l'excellent prospectus que cette Société vient de publier pour faire connaitre son existence; ce prospectus du reste a été répandu dans tout le royaume, et ceux qui désireront en prendre connaissance pourront facilement se le procurer. Nous nous bornerons à insérer ici le réglement de la Société, la liste des membres du Comité d'administration et le texte de l'ordonnance du Roi, contresignée H. de Vatimesnil, qui reconnaît la Société comme établissement d'utilité publique :

BÉGLENENT.

Art. 1°r. Le but de la Société est de seconder les progrès de l'instruction primaire parmi les Protestans de France.

Art. 2. La Société emploiera les fonds qui seront mis à sa disposition de la manière qui paraîtra la plus utile pour aider à l'amélioration des écoles existantes, à l'établissement de nouvelles écoles, et pour concourir, avec les institutions publiques ou particulières, à tout ce qui peut propager l'instruction primaire dans la population protestante.

Art. 3. Seront membres de la Société , les personnes qui souscriront pour la somme annuelle de dix francs au moins , et qui auront été agréées par le Comité, sur la présentation de deux 80ciétaires. Toute offrande, quelque faible qu'elle soit, sera reçue avec reconnaissance, et le nom de celui qui l'aura faite sera inscrit sur la liste des bienfaiteurs de la Société.

Art. 4. La direction des travaux de la Société est confiée à un Comité composé d'un président, de quatre vice-présidens au moins, un trésorier, deux secrétaires et vingt assesseurs, dont douze résidant à Paris et huit dans les départemens.

Art. 5. Il est établi près de ce Comité deux censeurs par la Société; ils assistent aux séances du Comité, ils veillent au maintien des réglemens, ils vérifient et arrêtent les comptes du trésorier.

Art. 6. Le Comité se réunit ordinairement une fois par mois, et extraordinairement sur la demande de trois membres, toutes les fois que les travaux de la Société l'exigent,

Dans les réunions ordinaires, cinq membres du Comité peuvent délibérer, et en cas d'absence du président ou des vice-présidens , le membre le plus âgé préside la séance.

Art. 7. Il y aura tous les ans une assemblée générale de la Société pour entendre le rapport sur les travaux du Comité, et recevoir les comptes du trésorier. Ces rapports et ces comptes seront rendus publics par la voie de l'impression.

Art. 8. A l'époque de l'assemblée générale , le Comité d'admipistration sera renouvelé par moitié. Les menıbres sortans pourront être réélus.

Art. 9. Nul changement au présent réglement ne peut avoir lieu que dans une assemblée générale de la Société, et sur la demande du Comité d'administration.

Art. 10. Toutes les fonctions du Comité sont gratuites.

Articles transitoires.

1° Sont nommés membres du comité pour l'année 1829. (Voir la liste ci-jointe. )

2° Les membres sus-nommés sont autorisés à pourvoir aux places vacantes dans le Comité, soit par non-acceptation , soit par démission volontaire. .

Comité d'administration de la Société pendant l'année 1829.

Président. — M. le marquis de Jaucourt, Pair de France. Vice-Présidens.-MM. le comte de Verhuell, Pair de France; le comte Boissy-d'Anglas, id.; le baron Pelet de la Lozère, Députė; le baron Benjamin Delessert, Député. Trésorier. - M. Francois Delessert. Censeurs. - M. Laffon de Ladebat pere; Bartholdi père.

Secrétaires. - MM. Edouard Laffon de Ladebat; Martin fils, Ministre du saint Évangile.

Assesseurs résidant à Paris. –MM. Frédéric Cuvier; Monod père, Pasteur; Guizot (Prof.); Lutteroth fils; Oberkampf, Député ; Denfert; Kieffer (Prof.); Boissard, Pasteur; Edouard Odier; le baron James Mallet; Chabaud-Latour, ancien Véputé.

Assesseurs non résidant à Paris, — MM. D'Oūnous, Député ; le baron Daunant, id.; le baron Turckeim , id.; Fleuriau de Bellevue, id.; Gautier, id.; Preissac, id.; Couderc, id.; Balguerie aîné, il.

L'agence de la Société est rue de l'Oratoire-St.-Honoré, no 3.

? Boh 10 ORDONNANCE DU Roi:

33-CHARLES, par: la grâce de Dieu , Roi de France et de Navarre, 29 A tous ceux qui ces présentes verront, salut:....

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