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(7) Des notes assez étendues sur les principaux missionnaires dont il est question dans le journal de Martyn, entre autres sur Carey, Schwartz , Van der Kemp et Ziegenbalg, terminent cet excellent volume, dont on nous assure que l'édition est déjà presque entièrement épuisée.

ABRÉGÉ HISTORIQUE DES LIVRES DE L'ANCIEN-TESTAMENT, par Jéré

MIE RISLER, traduit de l'allemand par J.-J. Duvernor. Trois parties en 1 volume de 793 pages. Nouvelle édition. Toulouse, 1828. A Paris, chez H. SERVIER, rue de l'Oratoire, n° 6.

Notre littérature religieuse , pauvre à presque tous les égards , l'est tout particulièrement en bonnes histoires de la Bible, et surtout de l'Ancien-Testament. Nous en possédons quelques-unes, mais toutes sont très défectueuses, les unes pour le fonds, les autres pour la forme. Nous exceptons de ce jugement, qu'il serait facile de justifier au besoin, l'ouvrage excellent que nous annonçons. Il est peu connu, parce que

depuis long-temps il était devenu rare. Grâce aux lumières et au zèle d'un de nos plus respectables pasteurs, cette fâcheuse pénurie va cesser, et la réimpression de l'Histoire de l'AncienTestament, par Risler , servira, avec la bénédiction de Dieu , à répandre dans nos églises la connaissance vraie et chrétienne de l'Ancien-Testament. L'homme livré aux seules lumières de la raison et aux déceptions de son cour, ne comprend pas les choses qui sont de l'Esprit de Dieu, car elles lui sont une folie (1 Cor., Il, 14). Cette assertion est vraie du Nouveau comme de l'AncienTestament; mais si de ces deux grandes divisions qui composent la Bible, il en est une plus inintelligible que l'autre pour les hommes non éclairés par l'Esprit de Dieu , c'est sans doute l'Ancien-Testament; et c'est sous ce point de vue principalement, comme jetant une vive lumière sur l'histoire de cette portion de nos livres saints, que l'ouvrage de Risler nous paraît utile et précieux. Les faits sont les mêmes dans toutes les histoires; mais la manière de les présenter, de les coordonner, de les expliquer, varie beaucoup. Or, il est une seule clef qui ouvre le sanctuaire de l'Ancien-Testament, une seule lumière

18) qui en dissipe l'obscurité eten donne l'intelligence : cette clef, c'est Christ, cette lumière, c'est Christ, et c'est à nous faire voir Christ dans l'Ancien-Testament que Risler s'est surtout appliqué. C'est par là queson histoire se distingue siavantageusement de toutes les autres histoires de la Bible à nous connues dans notre langue. « Tout l'Ancien-Testament est rempli de Jésus-, Christ, dit M. le pasteur Gaussen, dès le début de son excellent sermon intitulé le Serpent d'airain, et le seul secret de le comprendre, c'est d'y savoir chercher toujours celui que

les

prophètes annonçaient à la terre, et qui, d'âge en âge, fut pour toute âme d'homme le chemin , la vérité et la vie éternelle. » Nous pensons remplir utilement quelques-unes de nos pages et quelques minutes du temps de nos lecteurs, en cherchant à prouver cette importante vérité. Nous devons avertir toutefois

que nous ne ferons qu'effleurer le sujet , et que ce que nous dirons n'est qu'une très petite partie de ce qui peut être dit sur cette vaste question.

Jésus-Christ est l'alpha et l’oméga , le commencement et la fin de l'Ancien-Testament comme du Nouveau.

Dès la chute d'Adam, Jésus-Christ fut annoncé comme Sauveur dans cette prophétie si claire et si consolante pour ceux qui reçoivent la parole de Dieu avec foi, si inintelligible pour ceux qui se travaillent pour représenter toute l'histoire de la chute d'Adam comme une vaine allégorie : Je mettrai inimitié entre toi et la femme, et entre ta postérité et la postérité de la femme; cette postérité t’écrasera la tête et te blessera au talon (Genèse, III, 15); prophétie répétée en partie par

Ésaïe lorsqu'il annonça que le Christ naîtrait d'une vierge(Esaïe, VII,14), et si merveilleusement accomplie dans l'inimitié dont JésusChrist fut l'objet pendant les jours de sa chair, dans le triomphe éclatant de la puissance du Christ sur celle de Satan (1. Jean , HI, 8), appelé par le Saint-Esprit le Serpent ancien (Apoc., XII, 9), et dans la mort ignominieuse du Sauveur du monde.-Le même Sauveur fut annoncé aux patriarches Abraham, Isaac et Jacob, dans les mêmes termes : Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité (Genèse, XXII, XXVI, 4, et XXVIII, 14), et saint Paul ne laisse aucun doute

18;

(9) sur le sens de cette promesse lorsqu'il dit que par elle la bonne nouvelle de la justification des Gentils par la foi a été annoncée à Abraham , et que Christ est la postérité dont il était question dans la promesse (Galates, III, 8, 16; Voyez aussi Actes III, 25). Aussi voyons-nous que cette ineffable promesse fut l'objet de la foi d'Abraham (et sans aucun doute aussi des deux autres patriarches ), et qu'il y puisa sa joie et sa consolation. Abraham, dit Jésus-Christ, a tressailli de joie de voir cette mienne journée , et il l'a vue el s'en est réjoui; car avant qu'Abraham fút, je suis (Jean , VIII, 56, 58).

Non-seulement le même Messie fut annoncé à Moïse, lorsque l'Eternel lui dit : Je leur susciterai un prophète comme toi d'entre leurs frères , et je mettrai mes paroles en sa bouche; et quiconque n'écoutera pas ses paroles , je lui en demanderai compte (Deutéronome, XVIII, 15, 17-19. Voyez l'application à Christ de cette prophétie, Actes, III, 22, 23; Jean, 1, 45); mais encore Moïse estima que l'opprobre de Christ était un plus grand trésor que les richesses de l'Egypte (Héb., XI, 26). Job savait que son Rédempleur était vivant (Job, XIX, 25). Saint Paul nous déclare qu'Abel, Enoch, Noé et tous les autres fidèles de l'Ancien-Testament sont morts dans la foi, sans avoir • reçu

les choses qui leur avaient été promises , mais qu'ils les ont vues de loin, vues et saluées (Hébreux , XI, 13). Au verset 39, il répète qu'ils n'avaient pourtant pas reçu l'effet de la promesse : de quelle promesse, si ce n'est de cette grande promesse d'un Sauveur, faite à la race déchue d'Adam, et accomplie en Jésus qui est appelé, trois versets plus bas, le chef et le consommateur de la foi (XII, 2)?

Si des promesses nous en venons à considérer les prophéties, quel champ nouveau et immense s'ouvre à notre méditation, et quelle éloquente confirmation de la vérité de la thèse que nous soutenons ! Ces prophéties sont si nombreuses et si detaillées, que nous ne craignons pas d'affirmer, avec Thomas Scott , qu'il serait possible et peut-être même assez facile de composer une relation neuve des principaux faits du Nouveau-Testament, en n'employant que les paroles mêmes de l'Ancien :

« La personne du Rédemptuer, comme Emmanuel (Dieu avec nous), dit-il, sa descendance selon la chair de Juda et de David, son apparition dans le monde à une époque où la famille du roi-prophète était tombée dans la pauvreté et dans l'obscurité, sa conception miraculeuse, sa naissance à Bethlehem, son caractère, ses miracles, sa doctrine, l'accueil que lui firent ses compatriotes, le mépris et l'animosité dont il fut l'objet, les circonstances de sa mort et de sa sépulture, presque dans leurs détails les plus minutieux, les conséquences et le but de ses souffrances et de sa mort, sa résurrection et son ascension, l'effusion du Saint-Esprit, la conversion d'une immense multitude de personnes,

l'incrédulité et la résistance obstinée de la nation juive, les jugemens terribles de Dieu sur elle, l'abrogation de la loi cérémonielle, la destruction de Jérusalem et de son temple, la vocation des Gentils, le triomphe du christianisme, l'état même de l'Église pendant toute la suite des siècles et jusqu'à la consommation des temps; toutes ces choses pourraient être rapportées avec les paroles mêmes des prophètes, en n'y faisant d'autre changement que de substituer quelquefois le temps passéa u futur, tant est admirable l'accord qui règne entre l'AncienTestament et le Nouveau, tant est surprenante la clarté que ces deux portions de la Révélation répandent l'une sur l'autre. (Introduction au Nouveau-Testament, 1 te livraison de la Bible de Scott, page VI.) » Nous ne nous

pas ici à exposer en détail ces prophéties ; nul, qui fait profession de recevoir la Bible comme la Parole de Dieu, ne nie la plupart d'entre elles. Il est généralement reconnu que le lieu de la naissance du Sauveur a été prédit par Michée (V. 12), les circonstances qui l'ont accompagnée, par Esaïe (VII, 14), l'époque où elle a eu lieu, par Jacob (Genèse, XLIX, 10), et par Daniel (IX, 24, 26), les circonstances de sa vie et de sa mort, entre autres par Zacharie (XI, 12, 13), par David (Psaumes, XXII), par Ésaïe (LIII), etc., etc. Tous ceux qui connaissent le Nouveau-Testament savent que Pierre a déclaré que tous les prophètes depuis Samuel et ceux qui l'ont suivi , tout autant qu'il y en a eu , ont parlé de Christ, et ont prédit sa venue et les circonstances de sa vie et de sa mort (Actes, III, 24); que Philippe annonca Jésus à l'eunuque éthiopien, en commençant par un passage du 53e chapitre

arrêterons

(1) d'Esaïe (Actes, VIII, 32-35 ); que Jésus taxa ses disciples d'incrédulité parce qu'ils n'avaient pas cru toutes les choses que les prophètes avaient prononcées , et que, commençant par Moïse , et continuant par tous les prophètes, il expliqua aux deux disciples qui allaient à Emmaüs les choses qui le regardaient dans toutes les Ecritures,c'est-à-dire dans tout l'Ancien-Testament qu'il désigne un peu plus bas sous le nom de la loi de Moise, les prophètes et les Psaumes (Luc XXIV, 25-27, 44) (1). L'ange de l'apocalypse dit

que le témoignage de Jésus est l'Esprit de prophélie (XIX, 10); la loi est appelée un pédagogue pour nous amener à Christ, afin que nous soyons justifiés par la foi (Galates, III, 24), et JésusChrist déclare que la loi a prophétisé ( Matth. XI, 13). L'esprit de prophétie est appelé l'Esprit de Christ (1 Pierre 1, 10, 11).

Remarquons enfin, car à moins de couper court, il n'y a pas moyen de se circonscrire dans l'immense étendue du sujet qui nous occupe, remarquons enfin que les prophéties de l'AncienTestament ne se rapportent pas seulement à la venue du Christ il dix-huit siècles, mais encore à son second avénement, à cette époque de gloire et de bonheur si clairement annoncée, la terre sera remplie de la connaissance de la gloire de l'Éternel comme les eaux comblent la mer (Habacuc, II, 14), où tous les bouts de la terre verront le salut de notre Dieu (Psaume XLVIII, 3; Esaïe, XLV, 22; LII, 10), où les hommes forgeront de leurs épées des hoyaux , et de leurs halebardes des serpes ; où une nation ne lèvera plus lépée contre l'autre, et ils ne s'adonneront plus à la guerre ( Esaïe , II, 4), où, selon les paroles du Nouveau Testament, il n'y aura plus qu'un seul troupeau et un seul berger (Jean, X, 16), où tout genou, tant dans le ciel que sur la terre, se ploiera au nom de Jésus , et toute langue confessera que Jésus-Christ est le Seigneur à la gloire de Dieu le Père (Philippiens, II, 10, Esaïe, XLV, 23; Romains, XIV, 11), et où Satan sera lié pendant mille ans et Jésus - Christ règnera sur la terre pendant le

de

temps ( Apocalypse , XX, 2,4).

11;

même espace

(1) Remarquons en passant que pour que les Apôtres comprissent ces choses, il fallut que Christ leur ouvrit l'esprit pour entendre les Écritures (Luc, XXIV. 45).

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