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Mais ces transformations exigent une sage lenteur. La persuasion, les mœurs et la vue d'un intérêt certain plutôt que la promulgation d'une loi réaliseront ce progrès social. Car, bien que Proudhon ait dit, comme nous l'avons rappelé, qu'il y avait entre l'homme et la femme la même différence qu'entre 3 et 2, cependant peu à peu on se rend compte que le féminisme est dans une large mesure favorable à la civilisation; en même temps peu à peu tombe le préjugé qui considère comme disqualifiée la femme qui étudie ou travaille. Ainsi toutes les facultés françaises et suédoises décernent les titres universitaires aux femmes. Les postes françaises occupent beaucoup d'employées et de directrices de bureau. Aux Etats-Unis et en Suède on trouve la femme professeur, la femme médecin, la femme avocat et même dans la grande république américaine du Nord, la femme peut être pasteur dans certains états.

Aux Etats-Unis, en Angleterre et en Russie la séparation de biens dans le mariage est le régime légalement admis. La femme y dispose librement de son salaire, de ses épargnes et surtout de sa fortune personnelle, qu'elle administre elle-même.

En France au contraire le principe général, dans le nord du moins, est que le mari soit le maître de la fortune de sa femme le régime dotal est fort peu pratiqué en dehors du midi.

Par l'influence de Condorcet un mouvement féministe très accentué apparut en France, de 1788 à 1793 jusqu'au 9 brumaire. La turbulence des femmes avait été si gênante que le comité de sûreté

générale demanda à la Convention d'exclure les femmes des clubs. Cette proposition fut votée sur les instances des députés Amar et Bazire. Elle avait été combattue par Charlier. Vint ensuite le code civil de Napoléon qui consacra l'infériorité de la femme. Mais dès 1830 sous l'influence des doctrines Saint-Simoniennes et surtout après 1871 la propagande féministe a vigoureusement repris; le gouvernement la favorise plus qu'il ne l'entrave; il multiplie les emplois de femmes. Pour elles il crée des collèges, des lycées et des écoles normales. Il leur confie plusieurs milliers d'emplois dans l'enseignement. On peut donc attendre en toute confiance que les mœurs amènent franchement mais avec sagesse l'émancipation progressive de la femme.

RAPPORTS

SUR LES PRIX DE 1899

PRÉSENTÉS A L'ACADÉMIE

Dans sa séance du 25 avril 19CO
par MM. Picard, Collot, d'Arbaumont et Véray.

Les conseils municipaux qui se sont succédé depuis seize ans à l'Hôtel de ville ont toujours tenu à honneur de maintenir au budget municipal l'allocation grâce à laquelle l'Académie a pu reprendre la tradition longtemps interrompue de ses prix annuels. Pour la sixième fois, l'année 1899 ramenait le tour des sciences par lequel s'était ouverte la nouvelle série, en 1884, mais suivant des traditions éprouvées, il n'a été ouvert aucun concours et l'Académie a donné à sa commission le mandat de choisir en toute liberté, parmi les savants, ou Bourguignons d’origine, ou ayant traité des matières intéressant la Bourgogne, les plus dignes de recevoir des récompenses dont la haute valeur est de plus en plus appréciée ; on rappellera que les médailles sont frappées avec le coin du siècle dernier, dont le dessin avait été donné par le sculpteur Bouchardon.

PRIX

Lacommission des prix était composée de MNL Chabeuf, président, Mcquery, vice-prési tent, Dumay,

secrétaire, Drouët, secrétaire-adjoint (1), Metman, bibliothécaire-archiviste, Cornereau, trésorier, formant le bureau de l'Académie et de MM. Bazin, Dr Marchant, Jobert, colonel Marchand, Méray, Collot, Galliot, membres pour la section des sciences, d'Arbaumont, de Fontenay, Picard, pour la section des lettres. Les rapports distribués entre les membres de la commission ont été lus, discutés et adoptés dans la séance de celle-ci qui a eu lieu le 4 avril 1900.

Selon l'usage constant de l'Académie et pour affirmer nettement l'égalité entre les médailles de même métal, la présentation des rapports en séance générale a lieu selon l'ordre alphabétique des noms des lauréats proposés ; en conséquence, M. le président lit le rapport suivant de M. Picard, empêché pour cause de maladie d'assister à la séance.

MESSIEURS,

La Société forestière de Franche-Comté et Belfort a obtenu, dans ses concours de 1898 et de 1899, des résultats brillants et exceptionnels qui montrent que cette association contribue efficacement, selon les termes inscrits dans ses statuts, à l'avancement des connaissances théoriques et pratiques se rapportant à l'économie forestière.

Au concours de 1898, M. Alphonse Mathey, inspecteur adjoint des forêts, à Dijon, a remporté le

(4) M. Drouet, secrétaire-adjoint, etant décédé le 16 mars, a été remplacé dans ses fonctions, le 25 avril, par M. Louis Collot.

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