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DES

ÉVÉNEMENS MILITAIRES,

ESSAIS HISTORIQUES
SUR LES CAMPAGNES DE 1799 à 1814,

Avec Cartes et Plans;

OU

PAR M. LE COMTE MATHIEU DUMAS,
LIEUTENANT-GÉNÉRAL DES ARMÉES DU ROI.

CAMPAGNE DE 1802.

TOME SECOND.

A PARIS,

Chez TREUTTEL et WÜRTZ, Libraires, rue de Bourbon, no 17;
A Strasbourg, et à Londres, même Maison de Commerce.

A HAMBOURG,

Chez PERTHÈS et BESSER, Libraires.

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PRÉCIS

DES

ÉVÉNEMENS MILITAIRES.

CAMPAGNE DE 1802.

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CHAPITRE VI.

Conséquences des préliminaires de paix. Le premier Consul affermit sa politique et découvre ses vues Ses traités avec diverses puissances. Son influence Nouvelles formes de gouverne

Suisse.

ment en Hollande et en Italie.

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+

La guerre de dix ans terminée par les préliminaires, signés à Londres, le 1er octobre 1801, avait embrasé l'Europe; les relations des divers États successivement enveloppés dans cette immense calamité, en avaient

:

étendu le fléau à toutes les parties du monde 'civilisé. Les bases de la société partout ébranlées ne pouvaient se rasseoir que dans l'état de paix. La fortune des armes eût-elle été aussi contraire à la France qu'elle lui fut prospère, ses défaites, loin d'étouffer les principes de la liberté, comme l'ont toujours pensé les partisans de la monarchie absolue, leur auraient donné plus de force et d'intensité dans la cause nationale, on ne se sent point humilié par les revers; l'indé-. pendance morale ne saurait être atteinte, le caractère se retrempe, et l'esprit public se relève sous le joug dų vainqueur; aussi malgré l'envie qu'excitaient les succès des armes françaises, et pa glorieuse dont elles étaient couronnées, les gouvernemens ne songèrent d'abord qu'a recueillir, chacun dans sa sphère et selon sa position, les divers avantages qu'ils pouvaient s'en promettre. On ne doit point croire sur la foi de quelques publicistes, dont les prédictions se trouvèrent démenties par cet événement, que les grandes puissances belligérantes, l'Au

triche et l'Angleterre, n'eussent fait que céder à la nécessité, et colorer une trève dans l'intention de reprendre les armes. On ne trouve ni dans les documens publics, ni dans les correspondances particulières, rien qui puisse autoriser cette supposition injurieuse pour les hommes d'état qui dirigeaient les affaires, à cette époque, dans les cabinets å de Vienne et de Londres. Il arrive trop souvent que les écrivains contemporains veulent enchaîner l'un à l'autre les divers événemens de la période qu'ils ont embrassée, et que dans la recherche des causes qui les ont amenés, ils considèrent comme des preuves historiques leurs propres conjectures; nous tâcherons d'éviter cet écueil; nous dirons que la paix générale dont les préliminaires de Londres donnaient assurance, eut l'assentiment commun des souverains et des peuples, et que cet assentiment fut aussi sincère que les témoignages de reconnaissance justement adressés au premier Consul là, sa gloire était pure, et jamais, sans doute, l'ambition n'eût atteint un plus noble but

;

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