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grand-maître, entre les mains du célèbre Amyot, connaistray, honoreray et serviray, comme souévêque d'Auxerre, grand - aumônier de France, verain de l'ordre des commandeurs du St.-Esprit, qui lui remit le collier de l'ordre. Immédiate- duquel il vous plaist présentement m'honorer; ment après, le roi fit prêter serment à tous les garderay et observeray les loix, statuts et ordonchevaliers qu'il venait de nommer.

nances dudit ordre, sans en rien y contrevenir; III. L'ordre est composé de cent commandeurs, en porteray les marques, et en diray tous les jours non compris le roi, grand-maître; et l'art. 39 des le service, autant qu'un homme ecclésiastique de statuts, qui fixe ce nombre, porte que jamais il ma qualité peut et doit faire : que je comparoisne pourra être augmenté, pour quelque cause tray personnellement aux jours des solemnitez, que ce soit. Dans ce nombre sont, aux termes de s'il n'y a empeschement légitime qui m'en garde, l'art.9, quatre cardinaux et quatre archevêques ou dont je donneray avis à vostre majesté ; et ne réévêques. Outre ces prélats, le grand-aumônier de véleray jamais chose qui soit traitée ni conclue France est, de droit, commandeur de l'ordre du aux chapitres d'iceluy: que je feray, conseilleray St.-Esprit; c'est la disposition formelle de l'ar- et procureray tout ce qui me semblera , en ma ticle 10.

conscience , appartenir à la manutention, granLes qualités requises pour être reçu comman- deur ct augmentation dudit ordre : prieray toudeur sont réglées par les articles 14 et 15. Il faut jours Dieu pour le salut, tant de vostre majesté, 1° faire notoirement profession de la religion que des commandeurs et supposts d'iceluy, vicatholique , apostolique et romaine, et avoir pro- vanis.et trépassez. Ainsi me soit Dieu en aide, et testé de vouloir y vivre et mourir; 2° être gentil- ses saints évangiles. homme de nom et d'arnies, de trois races pater Le serment des commandeurs est prescrit, en nelles au moins, sans estre remarqué d'aucuns cas ces termes, par l'article 36 : reprochables, ni prévenu en justice ; 3o avoir l'âge Je jure et voue à Dieu, en la face de son église, de trente-cinq ans, à l'exception des princes aux- et vous promets, sire, sur ma foi et honneur, que quels il suffit d'avoir accompli leur vingt-cinquième je vivray et mourray en la foi et la religion catlioannée.

Tique; sans jamais m'en départir, ni de l'union de Suivant l'article 37, il faut encore être Français, nostre mère sainte église, apostolique et romaine ; car les étrangers ne peuvent être admis dans que je vous porteray entière et parfaite obéissance, l'ordre qu'autant qu'ils sont régnicoles et natura- sans jamais y manquer, comme un bon ei loyal lisés en France.

sujet doit faire. Je garderay, défendray et sous Le même article veut encore qu'on ne soit tiendray, de tout mon pouvoir, l'honneur, les d'aucun autre ordre, excepté celui de St.-Michel. querelles et droits de vostre majesté royale, envers Cette condition toutefois ne s'applique point aux tous et contre tous; qu'en temps de guerre, je me cardinaux du Saint-Siège, aux archevêques et rendray à voire suite, en l'équipage tel qu'il apévêques, et en général à tous les Français qui, partient à personne de ma qualité; et en paix, avec la permission du roi, ont été décorés des quand il se présentera quelqu'occasion d'imporordres de la Toison-d'or et de la Jarretière.

tance, toutes et quantes fois qu'il vous plaira me Nous devons remarquer ici que l'art. 6 de l'édit mander pour vous servir contre quelque personne de 1693 déclare l'ordre du St.-Esprit compatible qui puisse vivre et mourir, sans nul excepter, et avec la croix de St.-Louis.

ce jusqu'à la mort; qu'en telles occasions je n'aQuoique l'on réunisse ces conditions, il ne s'en- bandoneray jamais vostre personne, ou le lieu suit pas qu'on soit autorisé à solliciter l'honneur où vous m'aurez ordonné servir, sans vostre exd'être créé commandeur du St.-Esprit. L'art. 16 près congé et commandement signé de vostre des statuts s'exprime à cet égard d'une manière propre main, ou de celuy auprès duquel vous fort remarquable

. « Nous seulement, et après nous n'aurez ordonné d'estre, sinon quand je lui auray les rois nos successeurs, grands - maistres dudit fait apparoir d'une juste et légitime occasion; que ordre, choisirons et proposerous ceux que bon je ne sortiray jamais de vostre royaume, spécianous semblera, pour enirer andit ordre : et ne lement pour aller au service d'aucun prince étransera loisible à personne quelconque de le requérir ger, sans vostre dit commandement; et ne prenet poursuivre pour soy ou pour autruy; déclarant dray pension, gages ou estat d'autre roy, prince, dès à présent indignes à jamais d'y parvenir ceux potentat et seigneur que ce soit, ni m'obligeray qui le deinanderont ou feront demander pour eux, au service d'autre personne vivante que de vostre afin que ce grade d'honneur, que nous entendons majesté seule, sans vostre expresse permission; estre distribué par grace et mérite, ne soit sujet que je vous revéleray fidellenient tout ce que je à brigues et monopoles.

sçauray ci-après importer à vostre service, à l'esIV. A leur réception, les cardinaux et prélats tat, et conservation du présent ordre du St.-Esnommés commandeurs prêtent, entre les mains prit dont il vous plaist m'honorer; et ne consentiray du roi, le serment écrit dans l'art. 12:

ni permettray jamais, en tant qu'à moy sera, qu'il • Je jure Dieu , et vous promets, sire, que je soit rien innové ou attenté contre le service de vous seray loyal et fidelle toute ma vie , vous re. Dieu, ni contre vostre authorité royale, et aii

préjudice dudit ordre, lequel je mettray peine 1 « ment vostre majesté, de l'honneur et bien qu'il d'entretenir ct augmenter de tout mon pouvoir. « vous a plû me faire. Et en achevant, nous baiseJe garderay et observeray très-religieusement tous « ra la main. les statuts et ordonnances d'iceluy. Je porteray à

V. Le collier de l'ordre du St.-Esprit est comjamais la croix cousuë, et celle d'or au col, comme posé de fleurs de lis et de trophées d'armes en or, il m'est ordonné par lesdits statuts; et me trou- d'où naissent des flammes et des bouillons de feu, veray à toutes les assemblées des chapitres géné- et de la lettre H couronnée. raax, toutes les fois qu'il vous plaira me le com La décoration consiste dans une croix d'or, à mander, ou bien vous feray présenter mes excuses huit pointes pommetées d'or, émaillées de blanc lesquelles je ne tiendray pour bonnes, si elles ne sur les huit pointes, ayant une fleur de lis aux soni approuvées et autorisées de vostre majesté, quatre angles; au milieu , est figurée une colombe avec l'avis de la plus grande part des commandeurs les ailes déployées, en émail, d'un côté; et de qui seront près d'elle, signé de vostre main, et l'autre, l'image de saint Michel, en or et en émail. scellé diu scel de l'ordre, dont je seray tenu reti- La cruix des cardinaux et des prélats représente rer acte. »

une colombe des deux côtés. Quant aux formes de la réception des cheva Les cheraliers portent cette croix attachée à un liers du St.-Esprit, le chancelier de l'ordre pré- large rubau bleu-céleste moiré, passé sur l'épaule sente et tient l'évangile sur lequel le récipiendaire de droite à gauche en forme de baudrier. fait son veu et son serment. « Puis après, porte Les ecclésiastiques la portent en forme de col. !'article 32, le greffier baillera audit gentilhomme, lier. la forme des væux et serment qu'il devra faire, Les officiers non commandeurs qui sont, acécrits en parchemin; lesquels il lira lui-même à tuellement, le héraut, l'huissier, le garde des arhaute voix, puis en signera la cédule de sa main, chives et le secrétaire de la chancellerie, la portent et nous la présentera. Laquelle cédule sera après len sautoir. enregistrée par ledit greffier, au registre de l'ordre, Les chevaliers portent aussi cette croix brodée pour servir de témoignage du jour de sa récep- en argent sur le côté gauche de leur habit, avec tion. Et l'original d'icelle par lui mis au trésor des une colombe au milieu, et les angles garnis de chartres dudit ordre, pour y estre soigneusement fleurs de lis. gardé. »

La devise de l'ordre est : Duce et auspice. Les articles 33, 34 et 35 ajoutent ensuite : Lorsque Henri III établit l'ordre du St.-Esprit,

« Art. 33. Le prévost et maistre des cérémonies il voulut, comme on le voit par l'article 37 des nous présentera le manteau et mantelet duditordre, statuts, pour relever celui de St.-Michel, que tous dont nous le (le récipiendaire) vestirons, en disant: les commandeurs, à l'exception des prélats, fus« l'ordre vous revest et couvre du manteau de son sent reçus chevaliers de ce dernier ordre, avant • amiable compagnie et union fraternelle, à l'exal- d'être admis dans celui du St.-Esprit. C'est ce qui • tation de nostre foy et religion catholique : au fait que l'image de saint Michel se trouve dans la e nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, en décoration du St.-Esprit, et c'est par cette raison • faisant le signe de la croix. »

aussi que les chevaliers du St.-Esprit portent le • 34. Et après, le grand-trésorier dudit ordre titre de chevaliers commandeurs des ordres du roi. nous présentera le collier d'iceluy, lequel nous Quant au titre de commandeur, il vient des mettrons au col dudit commandeur, disant: « re- commandes ou commanderies que le roi, fondateut • çevez de nostre main le collier de nostre ordre de l'ordre, se proposait d'ériger en faveur de « du benoist St.-Esprit, auquel nous, comme sou- chaque chevalier. verain grand-maistre, vous recevons : et ayez VI. Les chevaliers peuvent être dépouillés de « en perpétuelle souvenance la mort et passion de l'ordre du St.-Esprit. L'article 80 des statuts le « nostre seigneur et rédempteur Jésus-Christ. En porte textuellement. « Et s'il est sçu, y est-il dit, signe de quoy, nous vous ordonnons de porter qu'aucuns desdits commandeurs ayent forfait en a jamais cousuë en vos habits extérieurs, la croix leur honneur, ou commis acte indigne de leur d'iceluy, et la croix d'or au col, avec un ruban profession et de leur devoir : comme s'ils estoient . de couleur bleue-céleste : et Dieu vous fasse la atteints et convaincus de crime d'hérésie, trahison, "grace de ne contrevenir jamais aux veux et ser- fuite de bataille, sacrilége, volerie, détention de «ment que vous venez de faire, lesquels ayez per- biens ecclésiastiques, et autres actes indignes de *pétuellement en vostre cœur; estant certain que gentilshommes faisant profession d'honneur et de • si vous y contrevenez en aucune sorte, vous vertu, et ce, par bonnes et suffisantes preuves; • serez privé de cette compagnie, et encourrez les en ce cas, nous voulons qu'ils soient privez et peines portées par les statuts de l'ordre : au nom dégradez dudit ordre, et qu'il soit avisé audit « du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. chapitre, à la correction et punition d'iceux, se

e 35. A quoi ledit commandeur répondra : « Sire, lon que le cas le requerra.”. • Dieu m'en donne la grace, et plutost la mort

VII. L'ordre du St.-Esprit compte de grands que jamais y faillir; remerciant très-humble et de petits officiers.

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Les grands-officiers sont le chancelier garde- | Ce chapitre est composé de tous les commandeurs, des-sceaux, le grand-prévôt maître des cérémo- et le roi y propose et nomme les personnes qu'il nies, le grand-trésorier et le secrétaire ou greffier. veut faire entrer dans l'ordre. Il délibère sur les Ils sont tous quatre chevaliers commandeurs de intérêts de l'ordre; et les divers objets dont il doit l'ordre du St.-Esprit.

s'occuper,
sont déterminés

par

les statuts. Aux Le chancelier est le grand-officier le plus émi- termes de l'article 68, les délibérations ne sont nent en dignité. Il préside les assemblées de l'ordre; valables qu'autant qu'elles sont approuvées par les il scelle les expéditions émanées du rei; il expose deux tiers des commandeurs assemblés, en compan roi les voeux de l'ordre et fait connaître au tant pour deux voix celle du souverain, grandchevaliers les intentions de S. M. ; il veille à l'ob- maître; et il faut, pour tenir chapitre, qu'il y ait servation des statuts ; il a larsurintendance et le quatre cardinaux ou autres prélats, et dix-huit maniement des finances de l'ordre, etc.

commandeurs, non compris les grands-officiers Le prévot, maître des cérémonies, porte le qui doivent aussi у

assister. Hâton de commandement. C'est lui qui dirige les IX. L'ordre du St.-Esprit a, comme tous les préparatifs des fêtes, et loutes les cérémonies de autres, été aboli, pendant la révolution, par l'effet l'ordre.

des lois dont nous parlerons dans le paragraphe Les fonctions du grand-trésorier de l'ordre sont suivant, no ix. de faire toutes les recettes et dépenses concernant Mais il a reparu avec la légitimité, et il brille l'ordre ; d'en rendre compte aux chapitres; de aujourd'hui de tout son éclat. garder les colliers, les manteaux, cordons, les Le roi Louis XVIII nomme des chevaliers comcroix des ordres, ainsi que les ornements qui mandeurs de ses ordres ; mais comme il n'a pas servent aux fêtes de l'ordre du St.-Esprit, et gé- été sacré, et que, par conséquent, il n'a point néralement tout le trésor de l'ordre. Il a pareil- prêté le serment qui lui est imposé comme grandlement sous sa garde toutes chartres, priviléges, inaître de l'ordre, leur réception est nécessairelettres, registres appartenant à l'ordre.

ment ajournée. En attendant, les ordonnances Dans les cérémonies, il marche à la droite du de nomination les autorisent à porter la décoraprévôt. Lorsqu'il s'agit de recevoir un chevalier , lion jusqu'à réception. Ils devront alors dépouiller c'est lui qui, comme on l'a vu, a l'honneur de tous les insignes de l'ordre, pour les recevoir présenter au roi le collier que S. M. remet au solennellement dans la cérémonie qui aura lieu récipiendaire, et il a l'insigne prérogative de à cet effet. donner le cordon bleu aux tils de France, à leur naissance.

SIII. Le secrétaire ou greffier enregistre les pièces

De l'ordre de St.-Louis. qui concernent l'ordre. Il signe toutes commissions, lettres, mandements et expéditions. Il tient I. Louis XIV est le fondateur de l'ordre miliaussi registre et dresse procès-verbal de tout ce taire de St.-Louis, destiné à récompenser d'une qui se fait dans les assemblées de l'ordre.

manière éclatante la valeur de ses armées. Il le D'après l'article 74 des statuts, le chancelier créa par son mémorable édit du mois d'avril était le seul des grands-officiers qui eût le privi- 1693. a Les officiers de nos troupes, est-il dit lége de dîner à la table du roi, le jour de la cé- dans le préambule, se sont signalés par tant d'acrémonie de l'ordre. Mais par une déclaration du tious considérables de valeur et de courage dans 26 août 1603, Henri IV fit cesser cette distinc- les victoires et les conquêtes dont il a plu à Dieu tion, et conféra le inême droit au grand-prévôt, de bénir la justice de nos armes, que les récomau grand-trésorier et au secrétaire ou greffier. penses ordinaires ne suffisant pas à notre affection

Les petits officiers sont le hérault roi d'armes, et à la reconnaissance que nous avons de leurs l'huissier, l'intendant, le généalogiste, le garde services, nous avons cru devoir chercher de noudes archives et secrétaire du greffe, le garde des veaux moyens pour récompenser leur zèle et leur rôles et secrétaire de la chancellerie, le trésorier, fidélité : c'est dans cette vue que nous nous sommes payeur et receveur particulier. Ils prêtent serment proposé d'élablir un nouvel ordre purement mientre les mains du chancelier, et en reçoivent le litaire...... Nous avons résolu qu'il ne sera reçu cordon et la croix qu'ils portent en sautoir; mais dans cet ordre, que des officiers, encore de nos ils ne sont point commandeurs.

troupes, et que

la vertu, le mérite et les services Comme on l'a vu tout à l'heure, no v, il n'y a rendus avec distinction dans nos armées, seront que les offices du héraut, de l'huissier, du garde les seuls titres pour y entrer. » des archives, et du garde des rôles qui soient II. Par le premier article de l'édit, le roi se remplis en ce moment (1824); ceux d'intendant, déclare chef, souverain, grand-maître et fondade généalogiste et de trésorier ne sont point octeur de l'ordre. « Voulons, ajoute-t-il, que ladite cupés.

grande-maîtrise soit unie et incorporée, comme de VIII. Les statuts prescrivent, art. 17, la tenue fait nous l'unissons et incorporons par ces présentes, d'un chapitre, le 31 décembre de chaque année.' à notre couronne, sans qu'elle en puisse jamais être

séparée par nous, ni par les rois nos successeurs, 30 Au corps du génie, une seule dignité de pour queique cause et occasion que ce puisse grand’croix et deux de commandeurs. être.

III. L'ordre de St.-Louis fut doté par Louis XIV L'ordre se composait, suivant l'article 2, du de 300,000 liv. de rente annuelle à distribuer en roi, grand-maître, du dauphin, et sous les rois pensions de 6,000 liv. à chacun des grand'croix; ses successeurs, du dauphin, ou de l'héritier pré- de 4,000 liv., ou de 3,000 liv., à chacun des comsomptif de la couronne, de 8 grand'croix, de 24 mandeurs, et ensuite de 2,000 liv., 1,500 liv., commandeurs, d'un nombre de chevaliers illimité, 1,000 liv. et 800 liv. à un certain nombre de et de 3 officiers, savoir: un trésorier, un greffier simples chevaliers et aux officiers de l'ordre, ou et un huissier.

par rang d'ancienneté, ou à titre de mérite et Mais cette composition a été modifiée succes sous le bon plaisir du roi. sivement par l'édit du mois d'avril 1719, par

l'ar Cette dotation a éprouvé divers changements rêt du conseil du 30 décembre suivant, par les dans son affectation, ainsi que les pensions dans ordonnances des 27 mars 1761,9 décembre

1771,

leur quotité. Au mois de janvier 1779, elle était et par l'édit du mois de janvier 1779, qni fixa á de 450,000 liv., et les pensions avaient été réperpétuité le nombre des dignités de l'ordre, sa- duites, pour les grand'croix, à 4,000 liv., et pour voir : les grand'croix à 40, les commandeurs à les soixante plus anciens commandeurs a 3,000 1. 80; le nombre des chevaliers resta indéterminé. Les vingt derniers commandeurs ne devaient Le mème édit de 1779 supprima le chancelier et jouir de cette pension qu'à mesure de l'extinction garde-des-sceaux de l'ordre; le grand-prévôt er de celles des soixante anciens, suivant l'ordre de maître des cérémonies, le secrétaire-greffier, l'in- leur réception, et sans nouvelles lettres ou brevets; tendant de l'ordre, les trois trésoriers-généraux, ils l'obtinrent le 12 décembre 1781. Quant aux les trois contrôleurs desdits trésoriers, l'aumônier, pensions des chevaliers, elles devaient être accorle receveur particulier et agent d'affaires de l'ordre, dées de préférence à ceux dont l'état de fortune les gardes des archives et les deux hérauts d'armes, l'exigeait le plus particulièrement, et elles ne poutous officiers de l'ordre institués par l'édit d'avril vaient jamais excéder 800 liv., ni être au-dessous 1719.

de 200 liv. Par ordonnance du 12 décembre 1981, Les maréchaux el l'amiral de France sont che le roi rétablit une pension d'ancienneté de 1000 l. valiers nés de l'ordre, comme principaux officiers les troupes de terre, qui ne serait pas d'ailleurs des armées de terre et de mer.

chevalier des ordres du roi, pour en jouir en sus D'après l'article 7 de l'édit de création, au roi de toute autre qui lui aurait été déja accordée seul appartient la domination des grand'croix , sur les fonds dudit ordre. Ces pensions ne poucommandeurs et chevaliers, admis à l'avenir en vaient être saisies pour quelque cause que ce fût, chacun de ces rangs ; en sorte néanmoins que

les

aux terines de l'art. 29 de l'édit de 1693. grand'croix ne pourront être tirés que du nom

IV. Dans les cérémonies et assemblées de l'ordre, bre des commandeurs, ni les commandeurs que les principaux officiers de terre et de mer décorés du nombre des chevaliers, le tout par choix , et tenaient leur rang après le roi, ses successeurs, ainsi que le roi et ses successeurs le jugeront les dauphins ou présomptifs héritiers de la conà propos, sans être obligés d'observer l'ordre d'an-ronne, et les princes du sang admis dans l'ordre; cienneté.

les grand croix précédaient les commandeurs, et Les grand'croix, commandeurs et chevaliers ceux-ci les simples chevaliers; et entre eux, ils devaient toujours être, et à perpétuité, tirés du gardaient, chacun dans leur rang, savoir : les prenombre des officiers servant dans les troupes de miers, l'ordre dans lequel le roi les avait nommés, terre et de mer; en sorte néanmoins qu'il y eût et ceux pourvus ensuite, l'ordre de la date de leurs toujours 6 grand'croix, 15 commandeurs, et le provisions. Et néanmoins, ceux qui avaient aussi buitième du nombre des chevaliers employés dans l'ordre du Sl.-Esprit, comme étant honorés des les états des revenus et pensions de l'ordre, qui deux ordres, précédaient les grand'croix, seraient tirés du nombre des officiers de la ma- mandeurs et chevaliers qui n'avaient que

l'ordre rine; c'est la disposition de l'article 8 du même de St.-Louis. édit.

L'art. 23 de l'édit de Louis XIV ordonne que Des dignités de grand'croix et de commandeurs tous les ans il y aura une assemblée générale de destinées aux officiers des troupes de terre, il en l'ordre, qui se tiendra le jour de la fête de saint était affecté à toujours, 1° aux officiers des troupes Louis ; que le roi y assistera autant qu'il le pourra, de la maison militaire du roi, douze dignités sa- et qu'on s'y occupera des intérêts de l'ordre, de roir : quatre de grand'croix, et huit de comman. la manière prescrite par d'autres dispositions de deurs, sans que, par la suite, le nombre en pût l'édit. être augmenté, sous quelqne prétexte que ce fût; Ce jour-là tous les grand'croix et commandeurs

2° Au corps royal de l'artillerie, une seule qui se trouveni auprès du roi, sout tenus de l'acde grand'croix et quatre de commandeurs; compagner, tant en allant à la messe qu'en revenant,

coin

et d'y assister religieusement, pour demander à Les art. 15, 16 et 17 déterminent ensuite les Dieu qu'il lui plaise de répandre ses bénédictions formalités imposées aux membres de l'ordre. sur le roi, la maison royale et l'état; ils avaient « Art. 15. Après que le chevalier pourvu aura l'habit uniforme de leur grade , et portaient à l'ex- prêté serment en cette forme, nous lui donnerons térieur les rubans larges ou cordons qui les dis- l'accolade et la croix; desquels serment et accolade tinguaient des chevaliers.

il sera expédié et signé, par le même secrétaireV. Suivant l'article 11 du même édit, nul ne d'état, un acte sur le repli des provisions. pouvait être pourvu d'une place de chevalier de « 16. Ceux qui auront été par nous pourvus des St.-Louis, s'il ne faisait profession de la religion places de chevaliers dudit ordre de St.- Louis, catholique, apostolique et romaine, et s'il n'avait seront tenus, après qu'ils auront prêté le serment servi sur terre ou sur mer, en qualité d'officier, et reçu l'accolade, de présenter, ou en cas d'abpendant dix années; et il ne pouvait être admis sence pour notre service, ou autre légitime empêdans l'ordre, s'il n'était encore actuellement au chement, de faire présenter à l'assemblée qui sera service.

tenue le jour de saint Louis, ainsi qu'il sera dit Indépendamment du temps de service, la croix ci-après, leurs provisions, pour y en être fait de St. Louis était accordée aux officiers de terre lecture, ensemble des pièces y attachées, après et de mer qui, par des actions de bravoure, s'é- quoi elles seront enregistrées dans les registres taient distingués dans des occasions périlleuses et de l'ordre, et rendues ensuite aux chevaliers, par éclatantes, quel que fût leur âge, et quelque temps le greffier, qui fera mention de ladite lecture et de service qu'ils eussent. Cette action devait être enregistrement, sur les provisions, sans frais. constatée par un procès-verbal, ainsi que l'art. 10 a 17. Les chevaliers et commandeurs qui auront de l'édit de 1779 l'exige en ces termes : « L'action obtenu nos lettres, pour monter aux places de de bravoure, pour laquelle la croix leur sera ac- commandeur et grand'croix, les présenteront ou cordée, sera constatée par un procès-verbal dressé feront présenter pareillement à la même assemsur le lieu, ou dans le jour où l'action se sera blée, pour y en être seulement fait semblables passée , par les officiers-généraux qui seront pré- lecture et enregistrement, sans frais, et sans qu'ils sents, autant que faire se pourra , et, en leur soient tenus de prêter un nouveau serment. » absence, par les officiers supérieurs des corps qui VII. La forme de la décoration est tracée par en auront été témoins, pour les troupes de terre, l'art. 3 de l'édit, conçu en ces termes : « Voulons ou du vaisseau sur lequel sera l'officier, pour les que tous ceux qui composeront ledit ordre de troupes de mer ; ou, lorsqu'il n'y aura pas d'of- St. Louis, portent une croix d'or, sur laquelle il ficiers supérieurs, par les officiers qui se trouveront y aura l'image de saint Louis, avec cette différence présents à l'action, ou par des notables de tous que les grand’croix la porteront aitachée à un états et conditions, lesquels la certifieront par un ruban large, couleur de feu, qu'ils mettront en acte qui sera dressé dans la meilleure forme et avec écharpe , et auront encore une croix en broderie, le plus d'authenticité

que

le

temps et les lieux le sur le justaucorps et sur le manteau; les commancomporteront. »

deurs porteront seulemest le ruban en écharpe , VI. Les chevaliers prêtent serment dans les avec la croix qui y sera attachée , sans qu'ils puistermes prescrits par l'art. 14 de l'édit de 1693, sent porter la croix en broderie d'or sur le justauoù il est dit: « Le chevalier pourvu ( de lettres ou corps, ni sur le manteru ; et les simples chevaprovisions) se présentera devant nous, pour préter liers ne pourront porter le ruban en écharpe , le serment'; auquel effet il se mettra à genoux, mais seulement la croix d or attachée sur l'estomac, jurera et promettra de vivre et mourir dans la avec un petit ruban couleur de fen. » religion catholique, apostoligne et romaine ; de Le roi ordonne ensuite que lui, ses successeurs, nous être fidèle, et de ne se départir jamais de les dauphins ou héritiers présomptifs de la coul'obéissance qui nous est due, et à ceux qui com ronne, porteront la croix de St.- Louis avec celle mandent sous nos ordres ; de garder, défendre et du St.-Esprit, et il déclare, art. 6, que les orsoutenir de tout son pouvoir, notre honneur, dres de St.-Michel, du St.-Esprit et de St.-Louis notre autorité, nos droits et ceux de notre con- seront toujours compatibles dans la même perronne, envers et contre tous; de ne quitter jamais sonne. notre service, ni aller à celui d'aucun prince étran Un édit du mois de mars 1694 a ajouté cette ger, sans notre permission et agrément par écrit; disposition : « Permettons et octroyons par ces de nous révéler tout ce qui vieudra à sa connais présentes signées de notre main, à tous ceux qui sance contre notre personne et notre état : de seront admis audit ordre, de faire peindre ou garder exactement les statuts et réglements dudit graver dans leurs armoiries, avec leurs timbres et ordre, et de se comporter en tout comme un bon, couronnes qu'ils ont droit de porter, les ornesage, vertueux et vaillant chevalier doit faire; le ments ci-après exprimés, savoir : les grand'eroix , tout selon la formule dont il sera fait lecture par i l'écusson accolé sur une croix d'or, à huit pointes le secrétaire- d'état qui aura expédié les provi- boutonnées par les bouts, et un ruban large de sions.

couleur de feu, autour dudit écusson, avec ces

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