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mots : Bellicæ virtutis præmium, écrits sur ledit valiers, qui auront contrevenu à quelqu'une des ruban, auquel sera attachée la croix dudit ordre; obligations de leur serment, ou autrement forfait les commandeurs de même, à la réserve de la en leur honneur, et commis actes indignes de leur croix sous l'écusson : et quant aux simples cheva- devoir, ou crime emportant peine afflictive ou in. liers, nous leur permettons de faire peindre cu famie, seront privés et dégradés dudit ordre. graver, au bas de leur écusson, une croix dudit IX. Tels étaient, avant la révolution, les réordre , attachée à un petit ruban noué, aussi cou-glements qui régissaient l'ordre militaire de St.leur de feu ; desquels ornements ci-dessus spéci- Louis. fiés, les modèles sont ci-joints sous le contre-scel Un décret de l'Assemblée nationale du 1er jan. de notre chancellerie. »

vier 1791, sanctionné le 7, portait : « A l'avenir, Le feu roi Louis XVI ajouta , par son édit de la décoration militaire sera accordée aux officiers 1779, quelques dispositions touchant la décora- de toutes les armes et de tous les grades, à 24 tion. Il établit une différence à l'égard des croix années de service révolues, et les années seront accordées par suite d'action de bravoure; il voulut comptées ainsi : chaque campagne de guerre, ou qu'elles fussent suspendues à un ruban couleur chaque année de service ou de garnison hors de de feu, bordé et liseré, de la forme, est-il dit ar- l'Europe, pour deux ans; chaque année d'embarticle 12, et ainsi que nous l'aurons réglé par l'or- quement, en temps de paix, pour dix-huit mois. donnance que nous nous proposons

de rendre à cet

Les années de service, comme soldat et comme effet.

sous-officier, compteront comme celles d'officier. « Les chevaliers, dit l'art. 13, qui auront obtenu Les officiers qui auraient pris leur retraite, et ceux la croix, avec la distinction réglée dans l'article qui auraient été réformés sans avoir obtenu la précédent, et qui parviendront aux dignités de décoration militaire, pourront en former la decommandeurs et de grand'croix, porteront le mande, et sont déclarés susceptibles de l'obtenir, cordon de grand'croix ou de commandeur, avec s'ils ont servi le temps déterminé par les articles les mêmes bordé et liséré que nous aurons réglés précédents. par ladite ordonnance.»

Le 5 février suivant, l'Assemblée décréta que S. M. statue, par l'art. 14, que les chevaliers la décoration militaire serait donnée à tous les

officiers de la marine ou attachés à la inarine, commandeurs de- l'ordre du St.-Esprit, qui sont chevaliers de St.- Louis , porteront la croix de ainsi qu'anx officiers militaires des corps des coSt.-Louis à la boutonnière, comme les chevaliers. lonies, dépendants de ce département, qui auElle dit encore, art. i5, que les grand'croix et raient 24 ans de service; en quelque qualité et , les commandeurs de l'ordre de St.-Louis recevront dans quelque grade qu'ils eussent servi , dans un des mains du roi les marques de leur dignité.

corps militaire ou sur les vaisseaux de l'état; que Les de

les officiers qui auraient pris leur retraite ou qui pas prévu le cas où des personnes porteraient la auraient été réformés sans avoir obtenu la décocroix de St.-Louis sans en avoir le droit, Louis XV ration militaire, pouvaient en former la demande, remplit celte lacune, par une ordonnance du ni

et étaient déclarés susceptibles de l'obtenir, s'ils juillet 1749, portant :

avaient servi le temps déterminé par la loi. « Art. rer. Tout officier ou gentilhomme qui abolit tout ordre de chevalerie ou autre , toute

Bientôt elle alla plus loin. Le 30 juillet , elle osera porter la croix de St. - Louis , sans l'avoir corporation, toute décoration ; tout signe extéreçue en conséquence des ordres de S: M., sera rieur qui supposait des distinctions de naissance, mis au conseil de guerre et condamné à être dé- fut supprimé en France ; et il fut déclaré qu'il ne gradé des armes et noblesse, et à subir 20 ans de prison, après lesquels il ne pourra exercer. Elle se réservait de statuer s'il y aurait une dé

pourrait en être établi de semblables à l'avenir. aucun emploi militaire.

coration nationale unique, qui pourrait être ac• 2. Toute autre personne qui, n'étant ni noble, cordée aux vertus, aux talents et aux services ni revêtue du grade d'officier, ton,bera dans le rendus à l'état; et néanmoins, en attendant qu'elle même cas, sera pareillement jugée au conseil de eût statué sur cet objet, les militaires pouvaient guerre, et condamné aux galères à perpétuité. continuer de porter et de recevoir la décoration

3. Enjoint S. M. à tous chevaliers de St. Louis, militaire alors existante. Ce décret fut sanctionné de porter exactement la croix, conformément par le roi, le 6 août. La constitution de 1791 aux statuts de l'ordre, leur faisant très-expresses renouvela la même disposition; et par un décret inhibitions et défenses de se contenter d'attacher

du 16 octobre suivant, il fut interdit à tout un simple ruban à leur boutonnière, ni de mettre Français de continuer de porter les marques disla croix en dedans et dessous leur habit, à peine tinctives des ordres supprimés, à l'exception du de désobéissance."

roi et du prince royal, qui, seuls, pouvaient conVIII

. L'art. 18 de l'édit de 1693 prévoit les cas server, comme distinction personnelle, les décod'exclusion des membres de l'ordre de St.-Louis. rations dont ils étaient revêtus. Toutefois, les

porte que les grand'croix, commandeurs et che- décorations militaires réservées par la loi du 30

juillet précédent, n'étaient point comprises dans | au secrétaire-général du ministère de la marine cette prohibition.

pour les officiers de l'armée navale, qui doivent Un autre décret, sanctionné le 16 oclobre, leur en donner des récépissés. déclara qu'il ne serait plus exigé de serment de Il est enjoint aux officiers-généraux commanceux qui obtiendraient la décoration militaire, et dant les divisions militaires, aux commandants que les formes usitées pour la conférer aux offi- d'armes et des corps, aux amiraux, vice-amiraux, ciers à qui elle était due, aux termes de la loi, gouverneurs des colonies, préfets maritimes et étaient abolies; que la décoration militaire et les commandants des ports et arsenaux, de tenir la lettres, en vertu desquelles un militaire serait au- main à l'exécution de cette disposition, et de retorisé à la porter, seraient les mêmes pour tous tirer eux-mêmes, lors du décès des titulaires, les les officiers, quelle que fût leur religion; que les décorations qu'ils doivent faire passer, soit au lettres seraient conçues dans la forme de celles ministère de la guerre, soit au ministère de la annexées au décret; que les officiers qui ne feraient marine. pas profession de la religion catholique, aposto XI. Le roi voulant remettre en vigueur les stalique et romaine, et qui auraient quitté le service, tuts de l'ordre de St.-Louis, et du Mérite miliseraient particulièrement susceptibles de la déco- taire, et prononcer sur des questions relatives à ration militaire, pourvu qu'ils eussent servi le l'exécution de l'ordonnance du 26 mars 1816, nombre d'années fixé

par
la loi.

concernant la Légion-d'Honneur, rendit, le 22 Le 15 octobre 1792, le port de la croix de St.- mai suivant, une ordonnance contenant diverses Louis fut supprimé par la Convention comme dé- dispositions. Il y est dit que le chancelier et gardecoration militaire; elle renvoya au comité de la des-sceaux de France, remplirait les fonctions guerre pour présenter un mode d'exécution de la de chancelier garde-des-sceaux de l'ordre royal et suppression, et au comité de constitution, la militaire de Saint-Louis et du Mérite militaire, question de savoir s'il convenait que, dans une conformément à l'art. 13 de l'édit du mois d'avril république, on conservât quelque marque distinc- 1693 et à l'art. 28 de l'édit du nois de janvier tive. Le 15 novembre, elle ordonna que le 1779 et qu'à cet effet le sceau de l'ordre sera régrand sceau d'argent de l'ordre de Saint-Louis, tabli tel qu'il existait et demeurera entre les mains trouvé aux Tuileries, serait brisé et envoyé à la du chancelier de France; Monnaie; et, le 28 juillet 1793, que ceux qui Que les brevets que le roi accordera aux offiposséderaient encore des croix de St.-Louis et de ciers de ses armées qu'il aura choisis pour être tout autre ordre, fussent tenus de les déposer à chevaliers dudit ordre, ou qu'il jugera conve. leur municipalité, ainsi que leurs brevets, avant nable d'élever aux dignités de commandeurs ou le 10 août, à peine d'être regardés comme sus- grand'croix , seront signés, pour les officiers des pects et traités comme tels.

troupes de terre, par le ministre secrétaire-d'état X. La restauration a rétabli les anciens ordres de la guerre, et pour les officiers du service de supprimés, et, avec eux, celui de St.-Louis. Ce mer, par le ministre secrétaire d'état de la masont des titres de noblesse auxquels s'applique cette rine, et qu'ils seront tous scellés du sceau dudit disposition de la Charte : La noblesse ancienne re- ordre de St.-Louis; prend ses titres.

Que l'administration de l'ordre sera confiée Une ordonnance du 3 mai 1814 porta provi- au ministre secrétaire-d'état de la guerre; qu'il soirement à 120 le nombre des commandeurs de en dirigera et surveillera toutes les parties, la l'ordre royal militaire de St. Louis, fixé à 80 par perception des revenus, les paiements et les dél'édit de 1779. Une autre ordonnance, du 28 sep- penses, en se conformant d'ailleurs aux dispositembre de la même année, rapporiée dans le tions de l'édit du mois de janvier 1779, relatif à paragraphe suivant, prescrivit à ceux qui deman- la suppression des officiers d'administration. deraient à être admis dans l'ordre de St.-Louis, Par une disposition de cette même ordonnance, de faire une déclaration de leur religion. Une les grand'croix de l'ordre royal de St.-Louis et du troisième, en date du 12 décembre suivant, sta- | Mérite militaire, prennent rang dans les cérélua qu'il serait pourvu à la dotation spéciale de monies publiques, avec les grand'croix de la l'hôtel des Invalides , des écoles militaires et de Légion-d'Honneur par ancienneté de nomination. l'ordre de St.-Louis, par la formation d'une caisse Les grands-officiers de la Légion-d'Honneur des Invalides de la guerre.

avec les commandeurs de St. Louis, également Aux termes d'une ordonnance du 16 janvier par ancienneté de nomination. 1815, les veuves, enfants, héritiers ou créanciers Les commandeurs de la Légion, après les prédes officiers, auxquels le roi accorde des déco- cédents; rations dans l'ordre de St.-Louis, ou dans l'insti Les officiers de la Légion avec les chevaliers de tution du Mérite militaire, sont tenus de renvoyer St.-Louis, par ancienneté de nomination, et avant ces décorations aussitôt après le décès des titu- les chevaliers de la Légion-d'Honneur, laires, au secrétaire-général du ministère de la Ici se présentent naturellement plusieurs quesguerre pour les officiers de l'armée de terre, et'tions de préséance qui ont été élevées. Lorsqu'un

2

2

ou plusieurs grands-officiers des ordres civils ou

Guerre. 34 militaires se irouvent momentanément dans une

Marine. 6 ville ou se célèbre une cérémonie, peuvent-ils ou doivent-ils précéder les chefs des autorités

Les trente-quatre grand'croix affectées au dé. locales ?

partement de la guerre ont été réparties savoir: Tous les membres des ordres de St.-Louis et de

Maison militaire. 4 la Légion-('Honneur, qui n'ont pas de fonctions

Artillerie. qui leur assignent un rang supérieur, doivent-ils

34

Génie. faire corps dans les cérémonies publiques ou re

Armée.

26 ligieuses, ou dans les fêtes ?

En cas qu'ils dussent faire corps, quelle place Des cent vingt croix de commandeurs du même devraient-ils occuper?

ordre, cent six sont dévolues au département de S'il n'y a point de grand'croix ou de grands of- la guerre et quatorze à celui de la marine. ficiers dans le lieu de cérémonie et que les deux Les cent six croix de commandeurs affectées au ordres soient réunis, est-ce le chevalier le plus département de la guerre sont reparties entre : élevé en grade des deux ordres, qui, d'après son

Maison militaire. 8 rang d'ancienneté de nomination, doit le repré

Artillerie.

6 senier ou occuper sa place?

106

Génie. Aux termes du décret du 24 messidor an xit;

4 Armée.

88 ceux des grands-officiers de la Légion, qui, d'après les ordres du roi , doivent assister aux céré XIII. Enfin, les règles d'admission des officiers monies publiques, y prennent rang et séance, des armées de terre et de mer, dans l'ordre royal lorsqu'ils n'ont point de fonctions publiques qui et militaire de St.-Louis, ont été déterminées d'une leur assignent un rang supérieur, après les con- manière uniforme et invariable par une ordonseillers-d'état en mission et avant les généraux de nance du 9 août 1820, dont voici les termes : division commandant une division territoriale dans Voulant déterminer d'une manière uniforme l'arrondissement de leurs commandements. et invariable les règles de l'admission des officiers

Lorsqu'il y a dans le lieu de la résidence du de nos armées de terre er de mer dans l'ordre fonctionnaire, auquel les ordres du roi ont été royal et militaire de St.-Louis. adressés, une ou plusieurs personnes désignées « Sur le rapport de nos ministres secrétaires-d'état avant lui dans l'ordre des préséances, celui qui a de la guerre et de la marine. reçu lesdits ordres , doit se rendre chez le fonc « Avons ordonné et ordonnons ce qui suit : tionnaire auquel la préséance est due, pour convenir du jour et de l'heure de la cérémonie. Or,

TITRE 1€T. - Dispositions générales communes aux

armées de terre et de mer. les grands-officiers de la Légion d'Honneur ayant le pas sur toutes les autorités locales, civiles ou Art. rer. Les officiers de terre et de mer sont militaires, il s'ensuit que lorsqu'ils se trouvent susceptibles de recevoir la croix de l'ordre royal momentanément dans une ville où se célébre une et militaire de St. Louis, à titre de récompense, cérémonie publique, ils doivent précéder les chefs soit pour des actions d'éclat, soit pour la durée des autorités locales.

et la distinction de leurs services. Pour les chevaliers de la Légion-d'Honneur « 2. Lorsque la croix de St. Louis n'est pas acou de St.-Louis qui n'ont pas de fonctions qui cordée pour des actions d'éclat, elle ne peut être leur assignent un rang supérieur, rien dans le donnée, aux officiers de tous grades, qu'après décret du 24 messidor an Xir, ni dans l'ordon- vingt-quatre années de services calculées d'après nance du 26 mars 1816, ne dit qu'ils doivent les règles prescrites par la présente ordonnance. faire corps dans les cérémoeies publiques. Or, les Pour être susceptible d'être nommé commandeur, dispositions qui règlent les préséances s'appliquant il est indispensable qu'un chevalier réunisse six seulement aux membres des ordres , qui sont con- années d'ancienneté dans ce dernier grade, et voqués, il semble que tous ceux non convoqués pour être nommé grand'croix, qu'un commanne peuvent prétendre a aucun droit de préséance; deur soit pourvu de ce titre depuis quatre ans au d'ailleurs, il leur est assigné une place par le dé- moins. cret du 11 avril 1807.

« 3. Les services militaires, rendus dans un Quant à la quatrième question, elle est évidem- grade inférieur à celui d'officier, sont calculés ment résolue par la disposition de l'ordonnance d'après les mêmes règles que ceux des officiers; du 22 mai 1816, qui vient d'être rappelée. mais ils ne comptent que pour moitié.

XII. Les quarante grand'croix de l'ordre royal et 4. Sont comptes doubles aux officiers de terre militaire de St.-Louis, ont été réparties par une et de mer, ordonnance du 30 avril 1817, entre le départe,

« 1° Les services pendant les campagnes de ment de la guerre et celui de la marine ainsi qu'il guerre;

2° Pour les officiers de l'armée de terre, les

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suit :

services dans les colonies soit en temps de paix « 3o Les ingénieurs constructeurs depuis le
ou en temps de guerre, à dater du jonr de l'em-grade d'inspecteur-général jusqu'à celui d'ingé-
barquement jusqu'à celui de lenr débarquement nieur;
en Europe;

« 4° Les officiers d'administration depuis le
« 3o Pour les officiers de marine, le service soit grade d'intendant jusqu'à celui de commissaire
à bord des bâtiments soit dans les colonies, sera inclusivement, ainsi que les contrôleurs de pre-
compté double en temps de guerre, et en temps mière et seconde classe ;
de paix pour moitié en sus de la durée, à dater « 5o Les sous-ingénieurs constructeurs; les sous-
du jour de l'embarquement, jusqu'à celui du dé- contrôleurs et les sous-commissaires de marine qui,
barquement.

après dix ans d'activité dans l'un de ces grades, 5. Lorsque pendant une campagne, un offi- obtiendront, à titre de récompense, le grade hocier est forcé de quitter l'armée ou son vaisseau, norifique d'ingénieur ou de commissaire, au mopar suite de blessures, les services sont comptés ment de leur admission à ia retraite. comme si la campagne d'une année était ter 14. Dans l'armée de mer les services sont minée.

comptés depuis l'âge de seize ans. Ceux des élèves « 6. Le temps passé en réforme ne peut être de la marine sont admis par exception, à dater admis pour la croix de St.-Louis; sont exceptés de leur nomination d'élèves de seconde classe. les officiers auxquels le temps de réforme sera « Dans le cas de blessures reçues en combattant compté pour l'avancement ou l'admission à la re- avant l'âge de seize ans, les services sont comptés traite.

aux officiers de tous grades, depuis le jour de la « 7. Les services rendus dans les administrations blessure. civiles et autres, dont il n'est pas fait mention « 15. Sont comptés comme services d'officier dans la présente ordonnance, ne sont pas comptés dans la marine, pour la croix de St.-Louis.

« 1° Aux ingénieurs constructeurs, ceux à dater « 8. Les officiers qui seront admis à la retraite, de leur admission comme élèves du génie, à dater de la présente ordonnance, ne seront plus « 2° Aux officiers d'administration ceux depuis susceptibles d'obtenir la croix de St.-Louis, lors- leur al mission comme entretenus d'après une qu'ils n'auront pas été proposés pour cette récom- commission de notre ministre de la marine. pense dans le courant de l'année qui suivra leur « 16. Les services rendus par les officiers auxi. admission à la pension de retraite.

liaires sont comptés pour le temps de leurs durée 9. Les services des officiers de l'armée de comme ceux des officiers entretenus. terre mis provisoirement à la disposition du ini « 17. Lorsque les officiers d'administration de nistère de la marine, et réciproquement sont la marine auront été embarqués sur les båtiments comptés suivant les règles prescrites pour les of- avant d'être entretenus, leurs sexvices, s'ils ont ficiers de l'armée dans laquelle les services sont fait partie de l'état-major du bâtiment, seront rendus.

comptés pour le temps de leur durée comme ceux

des entretenus.
Dispositions particulières aux officiers
de l'armée de terre.

« 18. Nos ministres secrétaires - d'état aux dé.

partement de la guerre et de la marine, sont « 10. Sont susceptibles d'obtenir la croix de chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exéSt.-Louis, dans l'armée de terre, les officiers de cution de la présente ordonnance. » tous grades et de toutes armes et ceux du corps de l'intendance militaire. « 11. Est considéré comme service de cam

De l'institution du Mérite militaire. pagne, le temps pendant lequel les officiers font partie d'un

corps

d'armée sur le pied de guerre. I. Il fallait être catholique romain , pour être « 12. Les services dans l'armée de terre ne sont admis dans les ordres de St.-Michel, du St.-Esprit, comptés qu'à partir de l'âge déterminé par la loi ; et de St.-Louis; ainsi il n'y avait aucune récomtoutefois en cas de blessures reçues en combattant pense d'honneur pour les of Sciers d'un culte difavant cet âge, les services sont admis à dater du férent, qui rendaient de grands services à l'état, jour de la blessure.

et qui versaient leur sang pour la défense du Dispositions particulières à l'armée royaume. Cette lacune fut remplie par Louis XV,

qui,

, par son ordonnance du 10 mars 1759, fonda

l'institution du Mérite militaire, en faveur des offi" 13. Sont susceptibles d'obtenir la croix de ciers de la religion protestante employés dans les St. Louis dans les armées de mer,

régiments étrangers au service de France. « 1° Les officiers de vaisseaux de tous grades L'institution du Mérite militaire fut créée à l'instar entretenus;

de celle de St.-Louis ; mais le roi ne s'en déclara 2° Les officiers d'artillerie et des troupes de pas le grand-maître, à cause de la disparité des la marine;

cultes.

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TITRE II.

S IV.

TITRE III.

de mer.

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II. Il se composait de trois classes : deux | d’être citée que les grand'croix, les commangrand’croix, quatre commandeurs, et les cheva- deurs et les chevaliers du Mérite militaire , qui liers dont le nombre était indéterminé.

iraient résider en pays étrangers sans sa permission Les simples chevaliers portaient une croix d'or expresse et par écrit, cesseraient de jouir de leurs émaillée, à huit pointes, cantonnée de fleurs de pensions. lis, sur un des côtés de laquelle il y avait pour V. L'institution du Mérite militaire subsista devise, une épée en pal, avec ces mots pour lé ainsi jusques à la révolution, époque où elle suivit gende : Pro virtutc bellica ; et sur le revers, pour le sort des autres institutions monarchiques ; mais devise, une couronne de laurier avec cette lé- elle a été rétablie avec la légitimité. Elle a même gende : Ludovicus XV instituit. Cette décoration, reçu une grande extension par l'ordonnance du 28 suspendue à un petit ruban bleu foncé, uni, était septembre 1814, qui dispose ainsi : attachée à la boutonnière.

Art. 1ot. Les dispositions de l'édit du 10 mars Les commandeurs portaient la croix suspendue 1759, portant création de l'institution du Mérite à un large ruban de même étoffe, en écharpe, et militaire, seront appliquées à tous les officiers de les grand'croix avaient, ontre cette décoration, nos troupes de terre et de mer qui ne professent une grande et large croix en broderie d'or, sur pas la religion catholique, apostolique et roleur habit.

maine. III. Les qualités nécessaires pour être honoré . 2. Le ruban de l'institution du Mérite milide cette distinction, étaient, quant à la nature aire sera le même que celui de l'ordre de St.et à la durée des services militrires, les mêmes

que

Louis. celles exigées pour la croix de St.-Louis.

3. Le nombre des grand'croix ne pourra exLes chevaliers du Mérite militaire s'engagent, céder quatre ; celui des commandeurs huit; le par leur serment, à être fideles au roi, à ne point nombre des chevaliers n'est pas limité. se départir de l'obéissance qui lui est due, et à ceux 4. Tous les officiers qui demanderont à être qui commandent sous ses ordres ; à garder et défen- admis dans l'ordre royal et militaire de St.-Louis, dre de tout leur pouvoir, son honneur, son autorité, ou dans l'institution du Mérite militaire, devront ses droits et ceux de sa couronne; à ne point quitter joindre à l'appui de leur demande une déclarason service pour celui des princes étrangers, sans son tion de la religion qu'ils professent. agrément par écrit; à lui révéler tout ce qui vien Voyez d'ailleurs l'ordonnance du 22 mai 1816, drait à leur connaissance, contre sa personne et son analysée dans le paragraphe précédent no 10. état; et à se comporter en tout, comme le doivent de Quant à la décoration actuelle, elle diffère de vertueux et vaillants chevaliers.

l'ancienne par la couleur du ruban; dans la Le roi recevait les chevaliers, et leur donnait forme de la croix, elle est à très-peu de chose près l'accolade, ou bien sa majesté commettait pour la même. Au surplus, elle consiste en une croix pette réception un des grand'croix, ou un des d'or émaillée, à huit pointes pommeiées et anglées commandeurs, ou, à leur défaut, le plus ancien de fleurs de lis d'or, au centre de gueule charge des chevaliers de l'ordre.

d'une épée en pal, entouré de cette légende : Pro Les chevaliers qui étaient promus au grade de virtute bellica. Au revers, une couronne de laucommandeur, et les commandeurs que le roi rier avec cette légende : Ludovicus instituit 1759. élevait à la dignité de grand'croix, étaient dis Les grand'croix et les commandeurs portent pensés d'un nouveau serment.

cette croix suspendue à un large ruban couleur de Les officiers décorés de la croix du Mérite mi- feu, placé en écharpe. Les grand'croix portent, litaire, qui s'oublieraient jusqu'à commettre des de plus cette croix brodée en or sur l'habit et sur actions déshonorantes, ou à contrevenir à quel le manteau. Les chevaliers la portent à la bouques-unes des obligations de leur serment, de- tonnière de l'habit, attachée aussi à un ruban vaient en être privés et dégradés.

couleur de feu, C'est à ces seules dispositions que se réduisaient les statuts de cette insätution, qui, comme on

SV. voit, avait beaucoup de similitude avec l'ordre de

De la Légion-d'Honneur. St.-Louis.

IV. Conime ce dernier ordre avait été doté à sa I. La révolution avait renversé toutes les insti. création, Louis XVI voulut que l'institution du tutions monarchiques, et nous avons vu, s 11, Mérite militaire eût aussi une dotation , qui fut no ix, qu'elle n'avait laissé subsister aucune des érigée en effet par une décision du 13 août 1784, décorations créées par les rois de France. Son teret par une ordonnance du 1er janvier 1785. rible nivellement avait passé partout, et nos dis

Toutefois, le roi entendait que les pensions, tinctions sociales avaient entièrement disparu. Plus prises sur cette dotation, ne fussent accordées tard un homme ambitieux, un capitaine heureux qu'aux officiers qui s'attacheraient invariablen.entet habile conçut le projet de relever l'édifice de la a son service. Il déclara, en conséquence, par monarchie, et de monter, par degrés, à la suune des dispositions de l'ordonnance qui vient 'prême puissance. Il préludait à ses grands desseins

Tome IV.

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