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dre royal de la Légion-d'Honneur, devenus étran- 1 200 étaient aux frais des familles qui payaient une gers par les traites précités, ne sont recevables à pension fixée à 1000 fr. par an ; 300 à demi-pendeniander le traitement accordé aux membres sion, et 100 entièrenient gratuites pour lesquelles Français par les lois et réglements dudit ordre, la Légion payait une pension annuelle de 800 fr. qu'autant pu'ils produisent des lettres déclaratives Les élèves à places gratuites ou à demi-pension de naturalité, obtenues dans les délais fixés par la devaient être filles ou sąurs de membres de la loi du 14 octobre 1814, ou par les ordonnances Légion-d'Honneur, et les élèves aux frais des farendues pour son éxécution, et conçues dans les milles devaient être filles, seurs, nièces ou couterines riécessaires pour constater que les impé-sines germaines de membres de la Legion. trans ont, sans aucune interruption, conservé la Par un décret du 15 juillet 1810, six maisons qualité de citoyen Français.

ou couvents furent destinés à recuellir et à éleXV. L'art. 69 n° 7 de l'ordonnance du 26 mars ver les orphelines dont les pères étaient morts 1816, attribue au grand-chancelier la direction et officiers on chevaliers de la Légion-d'Honneur, la surveillance de toutes les parties de l'adminis- au service de l'état , dans quelque grade que ce fut. tration de l'ordre, de la perception des revenus, II. Ces institutions respectables, loin d'être abodes paiements et des dépenses. Mais les règles lies par le roi, ont été au contraire l'objet tout tracées par le décret du 23 messidor an x, rap- particulier de sa paternelle sollicitude. porté plus haut noil, ne sont point abrogées, Par une ordonnance du 19 juillet 1814, la et elles continuent d'être obligatoires.

maison d'Écouen fut réunie à celle de Saint-DeXVI. Nous avons parlé niv, des fonctions nis, et une seconde ordonnance du 27 septembre électorales conférées aux membres de la Légion- suivant statua que les établissements formes aux d'Honneur par les senatus-consultes des 28 flo- barbeaux et aux loges , pour l'éducation des orréol an x!, et 22 février 1806, et par le décret phelines de la Legion-d'Honneur, demeureraient du 13 mai de la même année. Les dispositions de affectés à cette destination. Le nombre d'élèves ces sénatus-consultes et de ce décret sont abro- qui existait au 19 juiliet fut maintenu, et réparti gées quant à cette attribution extraordinaire. Ce dans chacun de ces établissements. Néanmoins les privilege créé, moins pour honorer les officiers et parents qui désiraient faire élever leurs enfants chevaliers de l'ordre, que pour donner au gou-sous leurs yeux furent autorisés à les retirer; et vernement un moyen d'influence sur les élections, il leur était alloué pour cet objet une pension en y introduisant des hommes dévoués au pou- annuelle de 250 fr. payable par semestre jusqu'à voir, serait inconciliable avec les principes du la majorité des élèves. L'ordonnance laissait ces étagouvernement représentatif. Il a été anéanti par blissements placés sous la direction de la congréla Charte constitutionnelle et par les lois subse- gation des dames de la mère de dieu, et sous la quentes qui ont déterminé les conditions essen- surveillance spirituelle du grand aumonier de tielles pour constituer la capacité électorale. France ou de son délégué.

III. Le roi voulant donner à la maison de Saint

Denis une organisation définitive, et procurer Des maisons d'éducation qui dépendent des ordres indistinctement à tous les membres de ses ordres royaux.

royaux qui ont rendu des services à l'état, le .

moyen de faire élever leur famille dans les senI Lorsque le roi a honoré d'un ou de plusieurs timents d'attachement à sa personne, ordres , des sujets qui les ont mérités par leurs une ordonnance du 3 mars 1816, le nombre des services, leur mérite ou leur dévouement, c'est élèves et les conditions de leur admission ; il déune grande et noble pensée que d'étendre une termina le mode d'éducation et le degré d'inbienveillance protectrice sur leur famille, et d'of- struction des élèves ; il institua des dames de la frir l'inappréciable bienfait de l'éducation à des maison dont il précisa les fonctions et les obligaenfunts appelés à recueillir un héritage plein tions ; posa des régles pour le régime intérieur, d'honneur, mais dépouillé de richesses. Tel fut mit la chapelle sous la juridiction du grand aule motif qui dicta le décret du 24 frimaire an xiv, monier; créa un conseil d'administration et régla relatif à l'établissement de maisons destinées à les traiments et les dépenses. l'éducation des filles des membres de la légion Voici au surplus l'analyse de cette ordonnance. d'honneur.

Le nombre des élèves est fixé à 500. Sur ce Le 6 mai 1806, la caisse d'amortissement fut nombre 400 places sont gratuites, et les 100 autres autorisée à céder à la Légion-d'Honneur le château sont aux frais des familles. Le prix de la pension d'Écouen et ses dépendances pour y fonder une d'une élève gratuite, à la charge de la Légionde ces maisons. Un décret du 25 mars 1809 en d'Honneur, est fixé á 800 francs. Le prix de la établit une autre dans l'ancienne abbaye de Saint- pension d'une élève, aux frais des familles, est Denis. Elles furent organisées par un autre décret parté à 1000 fr. du 29 du même nois qui créa 300 places délèves Les places gratuites sont accordées aux filles des à Écouen et 300 à Saini-Denis. Sur ces 600 places, I membres des ordres royaux qui se trouvent hors

S VI.

fixa, par

neur.

d'état de pourvoir à leur éducation. Les places ainsi que les novices, sont prises parmi les élèves d'élères pensionnaires sont données aux filles, sortant de la maison. On prend les novices parmi sæurs, nièces ou cousines des membres des or- les élèves qui ont atteint l'âge de dix-huit ans, dres royaux ayant de la fortune.

sous le consentement des

parents;

les élèves nomLes élèves sont nommées par le roi, sur la pré- mées font un noviciat de deux ans avant de pou· sentation du grand chancelier de la Légion-d'Hon voir parvenir au rang de dame de deuxième classe.

On choisit les dames de deuxième classe parmi les Toute demoiselle, pour être admise dans la mai- novices qui réunissent les qualités requises, sous le son, doit 1° être âgée de 5 à 12 ans, au plus ; consentement des parents. Les dames de première 2° avoir eu la petite vérole, ou avoir été inoculée classe sont choisies parmi les dames de deuxième ou vaccinée ; 30 produire un certificat de médecin classe. Les dignitaires sont prises parmi les dames constatant qu'elle n'est point affectée de maladies de première classe. A cet effet, les dignitaires réuchroniques ou contagieuses; remettre, pour les nies en conseil présentent, pour chaque place vademandes de places gratuites, un acte de notoriété cante, trois élèves ou trois novices, ou trois dames portant que la demoiselle appartient à des parents de deuxiènie classe ou de première classe; la surqui sont dans l'impossibilité de snbvenir à son intendante transmet cette présentation, avec son éducation.

opinion personnelle sur les candidats, au grand A leur entrée dans la pension , l'élève gratuite chancelier qui nomme, à l'exception des digniet l'élève pensionnaire payent la somme de 400 fr., taires, dont la nomination doit être soumise à représentant la valeur du trousseau qui leur est l'approbation du roi. fourni. La pension de l'élève pensionnaire, fixée Les novices, en devenant dames de deuxième à 1000 francs, se paye par trimestre et d'avance. classe, contractent l'obligation de remplir les deLes parents de l'élève gratuite et pensionnaire voirs de cette classe pendant cinq années consé. doiven: indiquer une personne ayant domicile à cutives, et peuvent renouveller de semblables enParis, qui s'engage à recevoir l'élève, a sa sortie gagements; les dames de deuxième classe qui de la maison; cette personne s'engage également, passent au grade de dames de première, contracpour l'élève pensionnaire, à payer la pension an- tent l'obligation d'un service de six années en cette puelle de 1000 fr.

nouvelle qualité; elles peuvent aussi renouveler La sortie de l'élève est fixée à 18 ans; néan- de pareils engagements. Enfin, les dames de premoins les parents peuvent la retirer avant cet âge, mière classe qui deviennent dignitaires, contracsi son éducation est terminée, ou si d'autres rai- tent l'engagement de rester leur vie entière dans sons l'exigent.

la maison. Le roi s'est réservé de dispenser les Aucune élève ne peut sortir de la maison, dames de deuxième et première classe, ainsi que même pour le temps le plus court, à moins qu'il les dignitaires, de l'obligation qui leur est impon'yait des raisons de santé ou des affaires de famille sée à chacune d'elles. très-pressantes; dans l'un ou dans l'autre de ces La surintendante prête le serment suivant : « Je cas, la sorlie doit être autorisée par le grand jure devant Dieu d'être fidèle au roi, de remplir chancelier, sur la demande motivée de la surin. les obligations qui me sont prescrites, et de ne tendante. Les élèves peuvent, avec la permission me servir de l'autorité qui m'est confiée que pour de la surirtendante, ètre conduites dans les par- former des élèves attachées à la religion, à S. M. ties extérieures du parloir, lorsque leur père ou et à leurs parents ; d'être pour chaque élève une leur mère vient les voir. Cette dernière permis- seconde mère, et de les préparer par l'exemple sion ne leur est jamais accordée, lorsque les élèves des bonnes mours et du travail, aux devoirs d'éreçoivent des visites de leurs autres parents. Si pouses vertueuses et de bonnes mères de famille une élève est atteinte, pendant son séjour dans qu'elles seront un jour appelées à remplir. » la maison, de maladies contagieuses ou incurables, Les dignitaires, les dames de première et deueile est repdue à sa famille.

xième classe classe, prêtent le serment suivant : Lorsqu'une élève a commis des fautes graves, «Je jure devant Dieu d'être fidèle au roi, de remle grand chancelier ordonne sa sortie définitive de plir les obligations qui me sont prescrites, de la maison.

concourir de tous les moyens à former des élèves La maison est régie par une surintendante que attachées à la religion, à S. M. et à leurs parents, le roi nomme, et qui peut être prise en dehors de et d'obéir à madame la surintendante en tout ce la maison.

qu'elle me commandera pour le service de S. M. Il y a sept dignitaires, dix dames de première et le bien de la maison. » classe , trente de deuxième , et vingt novices. La surintendaute assigne aux dames de pre

Les dames de première et de deuxième classe, mière et deuxième classe, ainsi qu'aux novices, ainsi que les novices, remplissent les fonctions de les fonctions qu'elles doivent exercer. surveillantes, d'institutrices, de maîtresses, tou La surintendante, les dignitaires, les dames et rières, iufirmières et pharmacienne. Les digni- les novices portent une distinction honorifique. taires, les dames de première et deuxième classe, Les dames de première classe et celles de deu.

1

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mes :

xième classe jouissent, après un temps déterminé, point, à l'avenir, d'élèves pensionnaires dans ces
d'une pension dont le maximum pour la première, maisons.
ne peut jamais excéder 1,200 francs, et pour la « 5. Les places gratuites seront accordées aux
deuxième, 800 francs.

Gilles des membres de nos ordres royaux qui se
Le grand chancelier inspecte la maison, fait trouveraient hors d'état de pourvoir à leur édu-
tenir le conseil d'administration en sa présence cation.
lorsqu'il le juge convenable, il entre dans les dé 6. Les élèves seront nommées par nous, sur
tails, reçoit les plaintes, reconnaît les abus, et la présentation de notre grand-chancelier de l'or-
en rend compte au roi, s'il y a lieu.

dre royal de la Légion-d'Honneur. IV. Les maisons royales d'orphelines de la Lé 7. Toute demoiselle, pour être admise dans gion - d'Honneur ont pris le titre de Succursales les succursales, devra, de la maison royale de St.-Denis, en vertu d'une a 1° Etre âgée de quatre à douze ans exclusiveordonnance du 16 mai 1816, dont voici les ter- | ment;

« 2o Avoir eu la petite vérole, ou avoir été ino« Nous étant fait rendre compte des divers dé- culée ou vaccinée; crets et ordonnances relatifs aux maisons royales « 3° Produire un certificat de médecins constad'orphelines de la Légion-d'Honneur, notamment tant qu'elle n'est point aftectée de maladies chrodu décret d'institution du 15 juillet 1810, et des noniques ou contagieuses ; ordonnances des 19 juillet et 27 sertembre 1814; * 4o Remettre, pour les demandes de places ,

a Ayant reconnu que le maintien de ces éta un acte de notoriété portant que la demoiselle apblissements consacrés uniquement à des orphelines partient à des parents qui se trouvent hors d'état de la Légion-d'Honneur, n'avait plus d'objet dans de pourvoir à son éducation. les circonstances actuelles;

8. Les parents de l'élève indiqueront une per« Notre grand chancelier nous ayant d'ailleurs sonne connue, ayant domicile à Paris, qui s'enfait observer que le nombre des demandes d'ad- gagera à recevoir l'élève à sa sortie des maisons , mission dans ces maisons diminuait sensiblement, pour quelque motif que ce soit. à raison de la qualité d'orpheline que l'on doit «9. La sortie d'une élève est fixée à dix-huit ans : présenter comme une condition indispensable, et néanmoins les parents pourront la retirer avant notre desir étant de faciliter le plus possible à cet âge, si son éducation est terminée, ou si des tous les membres de nos ordres royaux les moyens raisons de santé l'exigent. de faire élever leurs filles;

Sur le rapport de notre cousin le maréchal TITRE III. De l'éducation et de l'instruction des duc de Tarente, ministre-d'état, grand-chancelier

éleves. de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur, « Nous avons ordonné et ordonnons ce qui

Succursale de Paris. suit :

» 10. L'éducation sera uniforme pour les élèves; TITRE 1€. — De la congrégation religieuse par la la religion en sera la base. quelle les maisons sont desservies.

« 11. Les élèves recevront des leçons de lecture,

d'écriture, de calcul, de grammaire, d'histoire et « Art. rer. Les maisons royales d'orphelines de de géographie. la Légion-d'Honneur prendront le titre de succur. « 12. Elles recevront également les leçons de sales de la maison royale de Saint-Denis ; elles danse qui pourront être nécessaires à leur santé continueront d'être desservies par la congrégation et à leur maintien. religieuse existante sous le nom de Congregation 13. Le linge de la maison, les robes et les de la mère de Dieu, qui se conformera , pour son articles du trousseau , seront faits par les élèves ; régime, à ses statuts particuliers.

on leur apprendra tous les ouvrages de broderie. 2. La maison royale de Saint-Denis, déja or * 14. On enseignera aux élèves tout ce qui peut ganisée par le statut du 3 mars dernier, tiendra être nécessaire à une mère de famille pour la conle premier rangi

duite de l'intérieur de sa maison, la préparation La succursale de Paris aura le deuxième rang; du pain et des autre aliments, ainsi que pour les « La succursale des Loges, le troisième rang. travaux de buanderie.

a 3. Jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné, la succursale des Barbeaux ne sera pas rétablie.

Succursale des Loges.
Du nombre des éleves et des conditions « 15.-L'éducation sera uniforme pour les élèves;
de leur admission.

la religion en sera la base : elles apprendront à

lire, écrire, compter , et à travailler de manière « 4. Le nombre des places est fixé à quatre à pouvoir gagner leur vie en sortant de la maison. ents : elles seront toutes gratuites; on ne recevra 16. Les élèves feront leurs robes, leur linge

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TITRE II.

TITRE IV.

TITRE VI.

pour l'en.

et celui de la maison ; on leur apprendra tous les nérale, être conduites dans les parties extérieures ouvrages de broderie.

du parloir, lorsque leur père ou leur mère vien-, « 17. On enseignera aux élèves tout ce qui peut dront les voir. étre nécessaire pour la préparation du pain et des « Cette permission ne leur sera jamais accordée, autres aliments, pour les travaux de buanderie , , lorsque les élèves recevront des visites de leurs et on les instruira daus ce qui est relatif aux soins autres parents. d'une garde-malade attentive et éclairée.

« 28. Si une élève est atteinte, pendant son séjour

dans les maisons, de maladies contagieuses ou inDes pensions, trousseaux et autres curables, elle sera rendue à sa famille. dépenses des maisons.

« 29. Lorsqu'une élève aura commis des fautes

graves, notre grand-chancelier ordonnera sa sortie « 18. Le prix de la pension d'une élève de la définitive de la maison. succursale de Paris est fixé à 500 francs par an, « 30. Aucun homme ne pourra entrer dans l'inet celui de la pension d'une élève de la succursale térieur des maisons : auront seuls ce droit, les des Loges est porté à 400 francs par an.

princes de notre sang, notre grand-aumônier, « Le montant de ces pensions sera payé sur les notre grand-chancelier de l'ordre royal de la Léfonds de la Légion-d'Honneur.

gion-d'Honneur, et le secrétaire-général de la • 19. La Légion-d'Ilonneur paiera aux maisons grande chancellerie, qui, en cas d'absence ou de 200 fr., pour la valeur du trousseau qui sera fourni maladie du grand-chancelier, le représente et a la à une élève lors de son entrée.

signature. < 20. Il sera alloué annuellement 4,000 fr., pour les dépenses de la congrégation.

Dispositions générales. « Il sera également accordé des fonds tretien des bâtiments.

« 31. Notre grand-chancelier inspectera les mai« 21. Les fonds relatifs à la congregation et à sons, entrera dans les détails, recevra les plaintes, l'entretien des bâtiments, ainsi que le montant reconnaîtra les abus, et nous en rendra compte, s'il des pensions, seront versés par douzième, par la y a lieu. grande chancellerie de la Légion-d'Honneur, dans « 32. Les divers détails de l'instruction, de la la caisse des maisons.

discipline et de chaque service, seront déterminés * 22. Le nombre des élèves sera constaté tous par des réglements particuliers, rédigés par la sules ans par des revues établies par la supérieure périeure générale, et approuvés par notre grandgénérale des maisons, et visées par notre grand-chancelier. chancelier.

« 33. Notre grand - aumônier et notre grand• 23. Sur le montant des pensions et sur les chancelier de l'ordre royal de la Légion-d'Honfonds de la congregation, de trousseaux et d'en-neur sont chargés, chacun en ce qui le concerne, tretien des bâtiments, seront prélevées toutes les de l'exécution de la présente ordonnance. dépenses des maisons.

« Donné au château des Tuileries, le seizième * 24. Dans le courant du dernier trimestre de jour du mois de mai de l'an de grace 1816, et chaque année, la supérieure générale des maisons de notre règne le vingt-unième. soumettra à notre grand-chancelier des états de

Signé Louis. sommes qu'il conviendra d'affecter à chaque partie de dépenses.

V. D'après une ordonnance du 20 mars 1820, « Ces états devront être approuvés par lui, et il les places gratuites à St.-Denis et dans les deux ne pourra y être apporté de changement qu'avec succursales, sont exclusivement réservées aux son approbation.

filles des membres de la Légion•d'Honneur. • 25. Les comptes des recettes et dépenses seront

Les filles des niembres des autres ordres royaux arrêtés chaque mois, et adressés à notre grand peuvent obtenir, à St.-Denis, des places d'élèves chancelier pour être par lui examinés.

pensionnaires payant 1,000 fr. par an.

Enfin, une dernière ordonnance du 23 avril De la discipline.

1821, porte que les places gratuites seront don

nées, savoir : 26. Aucune élève ne pourra sortir de la mai « À St.-Denis, aux filles des membres de la Léson, même pour le temps le plus court, à moins gion-d'Honneur, sans fortune, qui auront le grade qu'il n'y ait des raisons de santé ou des affaires de d'officiers supérieurs et au-dessus, ou une fonction famille très-pressantes : dans l'un et l'autre de ces civile correspondante à ce grade; cas, la sortie devra être autorisée par notre grand a Dans les succursales, également aux filles des chancelier, sur la demande motivée de la superieure membres de la Légion-d'Honneur, sans fortune, générale.

ayant le grade de capitaine et au-dessous, jus• 27. Il y aura un parloir pour les élèves ; elles qu'à celui de soldat exclusivement, ou une foncpourront, avec la permission de la supérieure gé- tion civile correspondante à un grade inférieur.

TITRE v.

que

« A St.-Denis et dans les deux succursales, il la conquête de l'île de Rhodes, s'y etablirent vers n'est donné qu'une place gratuite par famille. A l'an 1310, et s'intitulèrent chevaliers de Rhodes. St.-Denis seulement, des places d'élèves pension- Soliman II leur ayant arraché cette possession, ils naires payant 1,000 fr. par an, sont accordées auxerrèrent d'établissements en établissements, jusfilles, sæurs, nièces ou cousines de membres des qu'en 1530, époque où ils se fixèrent dans l'ile ordres royaux, ayant de la fortune.

de Malte qui leur fut donnée par Charles-Quint. Tels sont les principes par lesquels sont régis Ces ordres ont été abolis par diverses lois de les établissements consacrés à l'éducation des filles, la révolution. sæurs, nièces et cousines des membres des ordres Une loi du 28 mars 1792, ordonna que les doroyaux. Leur analyse complète ce que nous avionsmaines qui faisaient partie de la dotation des ordres à dire sur cette matière importante.

religieux et militaires de St.-Lazare et de Notre

Dame du mont Carmel et autres y-réunis, seraient ORDRES SUPPRIMÉS. Parmi les anciens orj aliénés suivant les formes décrétées pour les audres de chevalerie qui ne subsistent plus, il en tres biens nationaux, et leurs revenus administrés est qui n'ont en qu'une existence éphémère; tels de même ; qu'à compter de sa publication, il ne sont ceux de la Geneste, institué par Charles- serait fait aucun paiement sur lesdits revenus aux Martel, du Navire et du Croissant, fondé par membres de ces ordres. saint Louis, en 1269, de l'Etoile, créé par le roi L'ordre de Malte lui-même n'a point survécu à Jean, en 1350, de la Ceinture de l'espérance, cette abolition de toutes les distinctions sociales. établi par Charles VI, en 1389.

Un decret de l'Assemblée constituante, du 4 août Il en est d'autres qui ont eu une longue durée. 1789, supprima toutes les dimes qu'il possédait. Ce sont l'ordre de St.-Lazare dont l'institution Il fut dépouillé de ses propriétés par un autre déremonte aux premières croisades; l'ordre de No-cret du 2 novembre suivant, qui mit à la dispo. tre-Dame du mont Carmel, créé par Henri IV en sition de la nation tous les biens ecclésiastiques. 1607, et réuni à celui de St.-Lazare par lettres-pa Enfin le 19 septembre 1792, il fut décrété que tentes du mois d'avril 1608; l'ordre du St.-Sépulcre, les biens de l'ordre de Malte seraient administrés aussi ancien celui de St.-Lazare; enfin l'ordre et vendus comme les autres domaines nationaux. de Malte, dont l'abbé Vertot a publié l'histoire, Dès cette époque, l'ordre de Malte ne fut plus et dont il dit : « Cet ordre d'abord hospitalier, de- considéré que comme une puissance étrangère. I venu militaire, et depuis souverain, que la cha- ful même traité en ennemi : assiégé et vaincu par rité fit naître, que le zèle de défendre les lieux le général en chef de l'armée d'Orient, il signa , saints arma ensuite contre les Infidèles, et qui , le 24 prairial an vi, une capitulation par laquelle dans le tumulte des armes et au milieu d'une il renonça, en faveur de la France, à tout droit

continuelle, sul allier les vertus paisibles de souveraineté tant sur l'ile de Malte que sur de la religion avec la plus haute valeur dans les celles de Gozo et de Comino. combats, fut institué vers la fin du douzième Deux ans après, les chances de la guerre firent siècle. Il avait commencé lorsque la ville de Jéru- passer ces trois îles sous la puissance de l'Anglesalem était encore sous la puissance des Infidèles. terre, qui les a gardées malgré cette disposition Les religieux y desservaient un hôpital dédié à du traité d'Amiens, du 6 germinal an x : « Les saint Jean l'aumônier, d'où ils furent appelés les îles de Malte, de Gozo et de Comino seront renhospitaliers de St.-Jean de Jérusalem. Les chrétiens dues à l'ordre de St.-Jean de Jérusalem, pour être ayant fait la conquête de cette ville, ces hospita- par lui tenues aux mêmes conditions auxquelles liers crurent devoir seconder de si heureuses en- il les possédait avant la guerre. treprises, et joindre la valeur à l'humanité. Ils

Le dernier gouvernement avait institué l'ordre prirent donc les armes pour défendre les chemins des Trois Toisons d'or, spécialement destiné à contre les incursions des Infidèles. Cette nouvelle récompenser les services militaires, et dont le fonction leur attira un grand nombre de nobles de comte Andréossy fut nommé grand chancelier, par toute la chrétienté; alors le titre de chevaliers fut décret du 14 octobre 1810. Un décret du 18 ocjoint à celui d'hospitaliers, et l'ordre fut composé tobre 1811 avait également créé l'ordre de la Réde trois sortes de religieux : de frères chevaliers, union destiné à récompenser les services rendus de clercs et de frères servants. Les papes leur ac dans l'exercice des fonctions judiciaires ou admicordèrent les plus grands priviléges , et ajoutèrent nistratives, et dans la carrière des armes. aux trois væux ordinaires, celui de secourir les Mais ces ordres nouveaux ont été abolis par nélerins et de combattre les Infidèles. »

une ordonnance du roi du 19 juillet 1814, porAprès la prise de Jérusalem par Soliman, en tant suppression des ordres dits d'Espagne et de 1187, les chevaliers hospitaliers se retirèrent dans Westphalie; et par une autre ordonnance du 28 la forteresse de Margat, et quelques années après juillet 1815, portant suppression de l'ordre de la dans celle de St.-Jean-d'Acre où l'ordre subsista Réunion. Une troisième ordonnance du même près de cent ans. Chassés par les Sarrasins, ils jour a pareillement annulé l'ancienne décoration trouvèrent un asile dans l'ile de Chypre, firent | dite des Deux-Siciles.

guerre

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