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gnages réitérés d'affection qu'il recevait de toutes parts , le roi prit place sur son trône et lut son discours d'une voix nette et ferme, où la dignité dominait la sensibilité, qui s'échappa pourtant à plusieurs reprises.

S. M. commençait par se féliciter de la prospérité intérieure de la France, de ses relations pacifiques avec les puissances étrangères et de la conclusion des différends qui avaient existé avec la Suisse.

Quant aux affaires de la Péninsule, le roi regrettait qu'elle fût encore troublée par de fatales dissensions.

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« Des événemens graves ont ébranlé les institutions à Madrid et å Lis. bonne, disait S. M., et la guerre civile n'a point cessé de désoler l'Espagne. Toujours intimement uni avec le roi de la Grande-Bretagne, je continue à faire exécuter le traité de la quadruple alliance avec une fidélité religicuse, et conformément à l'esprit qui l'a dicté. Je fais les veux les plus sincères pour l'affermissement da trône de la reine Isabelle II , et j'espère que la monarchie constitutionnelle triomphera des périls qui la menacent; mais je m'applaudis d'avoir préservé la France de sacrifices dont on ne saurait mesurer l'étendue, et des sacrifices incalculables de loute intervention armée dans les affaires de la Péninsule. La France garde le sang de scs enfans pour sa propre cause, et lorsqu'elle est réduite à la douloureuse nécessité de les appeler à le verser pour sa défense, ce n'est que sous son gloricux drapeau que tes soldats français marchent au combat. ,

Sur le désastre de Constantine, le roi, en déplorant les pertes de l'armée, en rappelant que le second de ses fils avait partagé les souffrances et les dangers des soldats, ajoutait que si le succès n'avait pas répondu à leurs efforts, du moins leur valeur, leur persévérance et leur admirable résignation avaient dignement soutenu l'honneur de nos drapeaux, et il ne doutait pas que les Chambres ne voulussent assurer, en Afrique, à nos armes la prépondérance qui doit leur appartenir et à nos possessions une complète sécurité.

« Un attentat (allusion au crime d'Alibaud) a menacé ma pie, disait ensuite le roi. La Providence a détourné le coup dirigé contre moi ; les témoi. gnages d'affection dont m'a entouré la France, et que vous venez de renouveler (ces paroles , que S. M. ajoutait d'une voix émue au texte du discours écrit, produisirent une sensation impossible à décrire, et furent suivies de nouveaux cris de vive le roi !) sont la plus précieuse récompensc de mes trayaux et de mon dévouement. »

Ici le discours du trône rappelant l'affaire de Strasbourg comme une tentative d'insurrection aussi insensée que criminelle, observait qu'elle n'avait servi qu'à faire éclater la fidélité de notre brave arméo et le bon esprit des populalions.

« L'impuissance de lant de coupables efforts , ajoutait l'auguslc orateur, commence à lasser les passions et à décourager leur audace Déjà le temps a calmé bien des haincs, et chaque jour il adoucit les devoirs slances ont imposés à mon gouvernement. J'ai pu suivre'le væu de mon cœur en pardonnant à des hommes frappés par les lois, »

que les circon

Après cette allusion aux grâces accordées, sous le ministère da 6 septembre, à plusieurs condamnés politiques qui les avaient sollicitées, le roi annonçait que le corps législatif aurait à s'occuper de plusieurs projets, les uns concernant la famille royale, les autres ayant pour objet le perfectionnement de la législation. Il ajoutait que des mesures conformes au væu manifesté dans la dernière session seraient proposées aussitôt que le retour de l'abondance des capitaux le permettrait à son gouvernement, et que, dans le cours de celle-ci, les lacunes des routes, la navigation des fleuves , les canaux, les ponts , les chemins de fer seraient l'objet de propositions importantes.

a Continuons, disait en terminant S. M., à marcher dans la même voie; c'est ainsi que nous parviendrons à fonder solidement le bonbeut do notre patrie. Soutenu par votre loyal concours, j'ai pu la présentaissons de plus en

revolutions nouvelles, et sauver le dépot sacré de nos institutions. plas nos efforts , nous verrons s'étendre et s'affermir chaque jour l'ordre, la confiance, la prospérité, et nous obtiendrons tous les biens qu'a droit de prétendre un pays libre qui vit sous l'égide d'un gouvernement national. »

16 Des acclamations unanimes suivirent ce discours dont l'intérêt politique était nécessairement affaibli par les émotions qu'avaient excitées le nouvel attentat contre la vie du roi. Aussi le reste de la séance royale, consacré à la prestation du serment des membres nouvellement élus, se passa-t-il avec quelque confusion après la sortie du roi et de la famille royale, qui furent salués, dans leur retour aux Tuileries, par les acclamations d'une foule innombrable empressée de leur témoigner la joic de voir le monarque encore une fois sauvé de la fureur des assassins. Les députés, réunis dans la salle des conférences, résolurent d'un accord unanime de se transporter sur-le-champ aux Tuileries pour y présenter leurs félicitations à la famille royale; félicitations auxquelles la Chambre des pairs, le corps diplomatique, toutes les autorités et la garde nationale de Paris et des départemens s'empressèrent de s'associer.

Dès ce soir même, une ordonnance royale traduisait l'assassin devant la Cour des pairs, qui se constitua dès le lendemain (28 décembre), pour ordonner qu'il scrait immédiatement procédé à l'instruction du procès par M. le président de la Cour, qui s'adjoignit pour l'assister et le remplacer, en cas d'empêchement, MM. Séguier, Barthe et Fréteau de Pény.

Nous reviendrons sur ce procès (voyez chap. VI), qui ne s'ouvrit qu'au milieu de la session, dont le public attendait impatiemment les premiers débats.

La composition du bureau de la Chambre des pairs et même de ses bureaux particuliers est de peu d'intérêt politique; aussi pous suffit-il de citer les noms des secrétaires choisis pour la session , qui furent MM. les comtes de Caux et de Castres, M. le duc de Castries et M. Barthe, et de remarquer que

MM. les ducs d'Orléans et de Nemours furent nommés présidens des fer et 2e bureaux.

Un intérêt plus vif s'attachait à la composition du bureau de la Chambre des députés, comme au premier essai que les partis allaient y faire de leurs forces.,

28 septembre. Suivant des bruits répandus avant l'ouverture de la session, il avait été dans l'intention du ministère du 6 septembre d'écarter du fauteuil le président des cinq dernières sessions ; mais le scrutin ouvert sous la présidence du doyen d'âge (M. Bedoch) vint y donner un éclatant démenti.

Sur 307 votans, dont la Chambre se composait ce jour-là, M. Dupin obtint au premier tour 184 suffrages, majorité de 34 voix qu'on est tenté de trouver faible, mais dont on ne peut guère accuser le ministère , si l'on veut observer que 36 suffrages avaient été donnés à M. Humapn, et 24 à M. Laffitte, qui ne venaient pas sans doute de ses amis. - .... D'ailleurs; les Pairs se dessinèrent plas nettement dans le scrutin pour la nomination des vice-présidens, dont le premier tour donna 219 voix à M. Calmon, et 167 à M. Benjamin Delessert; le second, 167 à M. le général Jacqueminot, et le troisième 168 suffrages à M. Cunin-Gridaine; choix où le centre gauche s'attribuait le premier et le dernier, mais où les amis du miDistère pouvaient réclamer le deuxième et le troisième, comme le résultat de son influence assez bien signalée par l'identité de nombre des suffrages.

Enfin, la lutte qui continua, plus vive qu'on ne l'avait en core vue dans l'élection des secrétaires, finit par en donner trois à l'opposition : MM. Boissy-d'Anglas, Félix Réal et Piscatory. Un seul du parti qu'on appelait doctrinaire, M. Jaubert, sortit du second scrutin avec 172 voix. En résultat, ces choix annonçaient une majorité encore incertaine, et la session prouvera que le ministère ne devait pas trop y compter.

Le nouveau président fit, en reprenant le fauteuil, une allocation où respiraient le plus sincère dévouement à la dynastie de juillet, la douleur et l'indignation qu'avait excitées le nouvel attentat contre la vie du roi ; discours terminé par une profession de foi remarquable sur sa résolution de défendre les prérogatives constitutionnelles de la couronne et de la Chambre.

Cette allocution avait róuni à peu près tous les suffrages. Il n'en fut pas de même du discours de félicitations que l'usage lui prescrivait de porter au roi, à l'occasion du renouvellement de l'année. L'honorable président, sortant du protocole ordinaire , au milieu des Yeux adressés au roi, y avait laissé échapper quelques allusions qui semblaient mettre en doute la bonne foi politique du nouveau ministère... Ses écrivains les relevèrent avec quelque aigreur, et, comme il arrive ordinairement, le commentaire en aggrava l'injure.

La session qui s'ouvrait en fera mieux juger.
Soit que le ministère voulât faire preuve d'activité ou ab+

sorber l'attention publique sur les importans objets qu'il se proposait de soumeltre à la délibération des Chambres, ou bien plutôt prévenir les difficultés ou les reproches qu'on pouvait lui faire, daos la discussion de l'adresse en réponse au discours de la couronne, en ouvrant à la publicité les renseignemens qu'il avail à donner sur l'état prospère de la France, il sc hâta de porter aux deux Chambres les projets de lois qu'il avait préparés dans les trois premiers mois de son existencc.

4 janvier. Ainsi le ministre des finances (M. Duchâtel) présenla d'abord à la Chambre des députés un projet sur les supplémens de crédit à demander pour l'exercice de 1836, lesquels, déduction faite des annulations, n'imposaient à cet csercice qu'une charge nouvelle imprévue de 6,122,103 fr., où l'accroissement de l'effectif, en Afrique, maintenu pendant toute l'année 1836 sur le pied de 30 à 52,000 hommes , au licu de 25,000, volés par le budget et les dépenses de diverses expéditions, entrait pour 3,640,000 fr.

Puis le budget de 1838,
Où les dépenses étaient évaluées à la
somme de.

1,037,288,000 Et les recettes à celle de

1,033,340,078 Ce qui promettait un excédant en receltes de.

16,032,078 Le ministro, en présentant ce budget, faisait observer les progrès qu'avaient fails, depuis la révolution de 1830, le commerce et les revenus de l'Etat. Malgré les nombreuses réductions accordées depois cinq ans sur les contributions indirectes et sur les douanes, on avait dépassé les recettes les plus élevées des plus beaux temps de la Restauration.

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« Il n'y a pas d'illusion , disait-il, à prétendre que la France n'est pas parvenue au terme de cette carrière de prospérité. Nous ne sommes encore qu'au début. Que faut-il å une nation yiyc, intelligente, laborieuse comme la nôtre, pour voir s'ouvrir devant elle une perspective presque indéfinie de richesse et de puissance ? des institutions libérales, de l'ordre, de la paix , un gouvernement qui comprenne les besoins du pays, qui se mette à la tête de toutes les améliorations , qui accomplisse ou seconde toutes les grandes entreprises. Ces conditions, la France les réunit depuis 1830,

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