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DIVISION GÉNÉRALE DE L'OUVRAGE.

INTRODUCTION. Précis de l'Histoire des Français, depuis

leur origine jusqu'à la Révolution. RÉVOLUTION. Depuis 1789 jusqu'à 1845.

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OBSERVATION

SUR

LE PRÉCIS DE L'HISTOIRE DES FRANÇAIS

Depuis leur origine jusqu'à la Révolution.

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Les savants, les bourgeois, quelques ouvriers qui ont plus de loisir et plus d'instruction que les autres, peuvent lire avec fruit une Histoire de France détaillée et volumineuse : mais pour la masse des travailleurs, qui n'ont pas le temps de lire beaucoup et d'étudier, une longue histoire de France est inutile et même nuisible, parce qu'elle ne peut que jeter de la confusion dans leur esprit, et les empêcher d'apprendre et de connaître l'histoire vraiment nécessaire et indispensable , celle de la Révolution française depuis 1789 jusqu'aujourd'hui. C'est sur celle-ci que doit se concentrer toute leur attention, toute leur étude; et pour la bien comprendre, un Précis de l'histoire antérieure est parfaitement suffisant.

Une HISTOIRE détaillée de la Révolution française précédée d'un PRÉCIS de l'histoire antérieure des Français, est donc incontestablement, suivant nous, la combinaison la plus utile et la plus convenable pour le Peuple en général.

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Que les premiers habitants de la Gaule soient nés dans le pays ou qu'ils soient venus d'Asie; qu'ils soient descendants de Gomer, l'un des petits-fils de Noé, comme le prétendent des moines qui veulent tout expliquer par la Bible, ou qu'ils aient toute autre origine ; le fait est complétement obscur et nous importe peu.

On sait cependant que les Phéniciens, les Grecs et les Galls ou Celtes, y sont venus de l'Orient.

Nous ne dirons pas que les prêtres païens appellent PluTon roi de la Gaule, probablement parce que quelque négociant Phénicien aura possédé quelque terre sur le littoral Gaulois. Mais il parait certain que les Tyriens ou Phéniciens, qui parcourent les premiers toute la Méditerranée et tous ses rivages, viennent de bonne heure dans le midi de la Gaule, pour y acheter du corail et des métaux qu'on trouve alors à fleur de terre. Il paraît aussi qu'un Hercule, de Tyr , y fonde plusieurs établissements commerciaux; que deux fils d'un Neptune (Albion et Ligur) viennent l'attaquer ; qu'un Jupiter vient le défendre et le délivrer ; qu'il fonde Nimes , remonte le Rhône et la Saône, tue un brigand fameux (TauT. I.

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risk), fonde Alesia dans le pays d'Autun , et commence une route de la Gaule en Espagne.

Il parait encore que les Grecs de Rhodes, navigateurs et commerçants comme les Phéniciens, viennent supplanter ceux-ci dans leurs colonies Gauloises, pour être supplantés eux-mêmes par les Phocéens.

Quoi qu'il en soit, les Grecs républicains de Phocée, fuyant la domination étrangère, viennent fonder Marseille 600 ans avant J.-C.

Ils colonisent tout le littoral de la Gaule au midi, et sont bientôt en communication avec tous les Peuples, notamment avec les Carthaginois et les Romains : leurs vaisseaux parcourent même tous les bords de l'Espagne, de la Gaule occidentale et septentrionale, et pénètrent dans la Baltique, notamment sous la conduite de Pythéas. Cependant, toujours en guerre avec les Gaulois, ils n'avancent pas dans l'intérieur de la Gaule.

Mais avant ces Phéniciens, ces Rhodiens et ces PhocéensGrecs, les Galls ou Gaels ou Celtes arrivent du centre de l'Asie. s'établissent dans le pays, et lui donnent leur nom Gaule et Gaulois, tandis qu'une de leurs tribus, les Ibères, passent en Espagne et l'appellent Ibérie.

Une nouvelle tribu Celtique, celle des Kimry, plus civilisée que les autres, arrive des bords du Bosphore Kimérien ou Cimérien, s'établit sur la Seine et la Loire, plusieurs siècles avant J.-C.

Nous verrons tout-à-l'heure une troisième arrivée de Celtes ou Cimbres.

On ne sait si c'est en arrivant d'Orient ou en partant de Gaule plus ou moins longtemps après son premier établissement dans ce pays, mais il paraît indubitable que cette race des Galls ou des Celtes se répand partout dans l'Occident, en Espagne, dans la Grande-Bretagne, en Germanie, et surtout en Italie.

Les Gaulois colonisent même toute l'Italie septentrionale jusqu'au Pô, de telle sorte que les Romains appellent cette partie de l'Italie Gaule Cisalpine (en-decà des Alpes par rapport à Rome), tandis que la Grande-Gaule est pour eux la Gaule TRANSALPINE (au-delà des Alpes).

Peu après l'arrivée des Kimry, vers 389 avant J.-C., les Gaulois, refoulés peut-être par ceux-ci, passent en Etrurie et en Germanie, formant deux grandes armées, l'une sous la conduite de Brennus ou Bellovése, l'autre sous celle de Ségovèse, tous deux neveux du roi Ambigat.

La première armée prend Rome, la pille et la brûle, et reste dix-sept ans dans le Latium et dans l'Etrurie.

Mais les Romains les forcent enfin à rentrer dans leur pays. Ils envahissent même à leur tour la Gaule Cisalpine, y exterminent une tribu Gauloise tout entière pour se venger de la prise de Rome, et y fondent une colonie romaine sur la rive gauche du Pô.

Jusque-là, les Gaulois n'ont que de grands villages ouverts : mais ils viennent de voir les villes fermées de l'Étrurie, et ils vont commencer d'en construire.

L'autre armée descend la vallée du Danube (an 381 avant J.-C.), arrive en Macédoine, en Grèce, et jusqu'à Delphes, massacrant tout et pillant tout sur son passage : mais un orage éclate pendant que les conquérants sont plongés dans l'ivresse; ils croient que le Dieu Pan va les foudroyer tous, une terreur panique s'empare de la foule; ils brûlent leurs chariots, égorgent leurs blessés (dix mille), suient en désordre, et n'échappent qu'en petit nombre, presque tous étant exterminés.

Une troisième troupe, composée des débris de la seconde et de nouveaux arrivants, appelée par un Prince asiatique contre un autre Prince ennemi, passe la mer à Bysance, envahit l'Asie-Mineure, pille, massacre, et s'établit, sous le nom de Galathes , dans un pays qu'ils appellent Galathic ou Gallo-Grèce..

D'autres Gaulois vendent ou louent leurs services comme

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