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Les evenements dont l'Orient est le théâtre sont propres à amener une communion de plus en plus intime entre cette contrée, berceau de la civilisation, et ses puînés, l'Occident et le Nouveau-Monde. Les regards commencent à se tourner de nouveau vers ce Sphinx antique, qui a prononcé aux diverses époques les grands oracles infuant sur la marche progressive de l'humanité, pour y trouver encore la solution des problèmes qui, de nos jours, jettent la confusion dans les esprits.

En effet toutes les révélations, qui ont enfanté les grandes sociétés religieuses, sont sorties de l'Orient. L'Orient est l'immense laboratoire des doctrines ontologiques, théogoniques, cosmogoniques et métaphysiques. Tous les dogmes sur Dieu , sur l'union de Dieu avec l'homme et avec les créatures, ou sur l'union de l'homme el des créatures avec Dieu , sur la destinée ultérieure de l'homme, comme sur son origine et sur celle du monde, sont issus de l'Orient. L'Occident et le Nouveau-Monde n'ont fait que le copier avec plus ou moins d'exactitude et de bonheur. Toutes les théories métaphysiques, dont la hardiesse et la nouveauté nous étonnent aujourd'hui, lorsqu'elles sont revêtues d'une livrée européenne, sont d'origine judaïque, persane, indienne ou chinoise. Si l'on examine les doctrines de la Judée, de l'Arie, de l'Inde et de la Chine, l'on y retrouve, presqu'avec les mêmes formules , non seulement les systèmes des philosophes de la Grèce et de Rome, mais encore ceux des philosophes modernes, Descartes , Spinosa, Kant, Hegel, Schelling, Feuerbach; et l'on est embarrassé de dire si ces derniers sont des plagiaires ou si l'esprit humain est destiné à décrire , au bout d'un certain temps, le même cercle d'idées. En tout cas, l'Orient a pour lui le mérite de la priorité, de la continuité et même, sous bien des rapports, de la clarté des formules.

C'est pour répondre à ce besoin de curiosité de notre époque, besoin sous lequel se cache un intérêt d'un ordre plus élevé, que nous allons présenter une série d'éiudes comparatives sur les religions de l'Orient. Ce travail est un fragment d'un ouvrage inédit, qui aura pour litre: l'Orient, l'Occident et le Nouveau-Monde ou histoire du développement civil, industriel et religieux de l'humanité.

Et qu'on ne croie pas que nous allons ici évoquer les ombres des morts. Nous allons, au contraire, passer en revue des religions vivantes et très-vivaces, malgré leur haute antiquité, des religions qui sont professées avec autant, sinon'avec plus, de ferveur que chez nous les religions officielles, et par des millions d'êtres humains, raisonnables comme nous et dont la plupart vivent dans un état de civilisation assez avancé.

Lorsqu'on jelte un coup-d'oeil attentif sur la situation des croyances religieuses en Orient, depuis l'avortement des synthèses grecque et mahometane, l'on est frappé d'un fait, dont il est impossible de ne pas tenir compte dans l'histoire des développements de l'Eglise universelle. Ce fait, c'est le suivant.

Non seulement la plupart des éléments religieux, que les Eglises grecque et mahomélane ont tenté d'absorber dans leur sein ou du moins de rallier à leur unité, se sont maintenus dans leur intégrité, dans leur indépendance, dans la pureté de leur foi et de leur organisation confessionnelle, foi passive, il est vrai, et organisation immobile, ayant perdu le sel qui donne la saveur et n'ayant plus guère d'expansion : telles sont les religions nestorienne, monophysite, monothélite, hébraïque, mazdéenne; mais encore, à côté de ces éléments, se sont maintenus avec énergie et même développés avec une certaine vitalité d'autres éléments religieux, auxquels la synthèse grecque n'a pas même touché, malgré leur importance et leur haute antiquité, et que la synthèse mahométane n'est jamais parvenue à rallier, au plus fort de son expansion et de sa puissance: telles sont les religions brahmanique, bouddhiste et de la Chine. C'est surlout ce dernier

fait , qui jusqu'ici a passé presqu'inaperçu ou bien a été peu observé dans l'histoire de l'Eglise universelle , qui mérite la plus grande altention de la part de l'historien.

A voir la plupart des histoires religieuses de l'Orient, l'on dirait que loule la vie religieuse de ses peuples et de ses races nombreuses s'est concentrée aux bords de la Méditerranée et de la mer Noire et lout au plus du golfe persique ; tandis que l'Inde, la Tartarie, la Chine et le Japon, qui contiennent les deux tiers de la population asiatique, qui renferment les civilisations les plus antiques et les plus persistantes, ainsi que les monuments les plus remarquables de la pensée religieuse, ne seraient que des accidents passagers de la vie religieuse et sociale de l'Orient, sans influeace sur le reste el destinés à disparaître au premier souffle!

Mais voici, qui trouble lant soit peu le rayon visuel de nos historiens (qui ont pourtant été considérés jusqu'à nos jours comme des historiens classiques). Une communication incessante avec les peuples de l'Orient, amenée à la suite de la civilisation moderne, a révélé au monde une mine de doctrines, jusques-là cachée pour nous el dont la richesse ne le cède pas à celle des doctrines occidentales, si elle de la surpasse. Elle a , de plus, mis en évidence cet autre fait ,

qui n'est pas moins important à connaitre : à savoir l'existence de nombreuses sectes, dont les unes se sont maintenues et ont même conservé une organisation confessionnelle, au milieu des circonstances les plus défavorables, comme les Juifs, les Guébres ou Parsis , les Chrétiens de St Jean et de St Thomas , les Nestoriens, les Arméniens, les Jacobites, les Copbles, et dont les autres se sont développées et sont devenues les grandes Eglises générales , aspirant à jouer un rôle prépondérant dans les contrées orientales, comme l'Eglise grécorusse, l'Eglise romaine, les Eglises de la Réforme, l'Eglise mahomélane, l'Eglise brahmaniste, l'Eglise boudd'histe, les Eglises chinoises de Koung-iseu et de Laô-lseu et enfin les célèbres sociétés des Trois-Unis et des sectateurs de Taï-ping-weng. · Beaucoup de ces sectes orientales sont plus ou moins exactement Jes types religieux de certaines races ou de certains agrégals de races ou de nationalités. Toutes les croyances religieuses, en Orient, ont été abritées par l'esprit de nationalité, transmises par lui et défendues comme son héritage. Ce qui a rendu les divers sectaires constants dans leur foi, c'est que les croyances religieuses sont leur patrimoine

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