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G715

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Imprimé par J. M'Creery,
Black-Horse-Court, Fleet Street, Londres.

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L'EMPEREUR NAPOLEON ayant daigné me faire connaître son opinion sur les principales opérations de la Campagne de 1815; je profitai de cette circonstance favorable, et des souvenirs de la grande catastrophe dont j'avais été témoin, pour écrire cette relation.

Depuis mon retour en Europe, j'ai lu beaucoup d'écrits sur le même sujet.

La plupart des auteurs, m'ont paru n'avoir été guidés que par la passion ou la haine; d'autres, ont été aveuglés par un excessif amour-propre national :

bien peu ont cherché à donner une idée juste des évène

mens.

L'erreur, à force d'être répétée, finit souvent pas être prise pour la réalité: j'ai pensé que pouvant la détruire, un silence plus prolongé de ma part serait blamable. Cette raison seule a pu vaincre ma répugnance à m'exposer à la critique littéraire.

Militaire, je ne parle des évènemens politiques que pour expliquer comment une seule bataille a suffi pour soumettre la nation française, gouvernée par le premier capitaine des tems modernes. Ce n'est pas à moi, d'essayer de traiter cette grande question: la bataille de Waterloo a-t-elle affermi ou ébranlé tous les trônes; a-t-elle assuré la tranquilité de l'Europe, ou en a-t-elle sapé toutes les bases ? L'avenir

y répondra.

Le public trouvera dans cet ouvrage un récit simple mais fidèle; les militaires, les renseignemens indispensables pour apprécier les fautes qui ont été commises et les talens qui ont été déployés ; les Français, une nouvelle preuve que malgré leurs malheurs, leur réputation guerrière n'a pas été ternie : dans les champs de Waterloo.

Peut-être les ministres des puissances ennemies de la France, frémiront-ils en voyant le danger qu'ils ont couru; et combien leurs plans, leurs projets, ont été près d'échouer. Tout à dépendu du sort d'une bataille ; et quel général peut être

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sûr du succès? César, après vingt années de victoires est, à Munda commé à son premier combat, forcé de courir toutes les chances de la fortune.

Le hazard exerce bien moins d'influence sur les opérations qui précédent et conduisent à une bataille ; c'est: par elles qu’un général établit toute sa supériorité. Aussi, dans cette funeste campagne, voiton Napoléon, quoiqu'avec une armée d'une infériorité effrayante, rencontrer ses ennemis presque à forces égales, sur tous les champs de bataille. Son habilité seule rétablit partout l'équilibre: l'ennemi surpris dans ses cantonnemens, troupes disséminées à vingt lieues à la ronde, est forcé de se battre isolément, et réduit enfin à recevoir le dernier combat dans une position telle, que s'il est battu, il est perdu sans ressources. La grande lutte n'est plus qu'une bataille ordinaire; c'est là que la question doit se décider.

Toutes les probabilités de la victoire sont pour les Français. Tout est bien combiné, tout paraît prévu ; mais que peut le plus grand génie contre le destin? Napoléon est vaincu.

avec ses

Triste exemple des vicissitudes, humaines! - Autant dans d'autres tems la fortune s'était plu à le favoriser, autant à présent elle semble prendre plaisir à l'accabler. Trahi par les hommes sur lesquels il était le plus en droit de compter, abandonné par ceux qu'il a comblé de bienfaits, il quitte la France. Il croit que son ennemi le plus grand doit être le plus généreux,

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* Ah! Napoléon, que n’as-tu trouvé la mort à Waterloo !

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