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fans difficulté, lorsqu'il ne se trouve d'ailleurs autre empêchement. Si l'Evêque laissoit passer quatre mois sans donner le concours, on pouroit impétrer la Cure en Cour de Rome pour en arrêter une plus longue vacance.

Il faut observer ici que la régle de Chancellerie Romaine sur l'expression de la véritable valeur des revenus des Bénéfices , eft exactement obser. vée pour les trois Evéchés de Metz, Toul & Verdun. Le but de cette loi bursale est d'assujettir les impétrans à lever des provifions en forme de Bulles pour tous les Bénéfices dont la valeur du revenu excéde la fomme de vingt-quatre ducats d'or de la chambre. Quiconque impétre même one Cure fituée dans les trois Evéchés, à quelque titre qu'il l'impétre, est tenu d'exprimer dans sa supplique la véritable valeur de ce Bénéfice : & fi le revenu se trouve excéder la somme de vingt-quatre ducats d'or de la chambre, on oblige l'impétrant de prendre des Bulles au lieu d'une simple fignature.

Dans les pays de concordat François on ne prend des Bulles que pour les Bénéfices confiftoriaux, les pres mieres dignités des Chapîtres , & quelques autres , qui se trouvent taxés dans les livres de la Chambre apoftolique au-delà de vingt-quatre ducats. On évite de prendre des Bulles pour tous les autres en exprimant dans la supplique que la valeur du revenu n'excéde pas la somme de vingt-quatre ducats d'or de la chambre. Cette expression ne passe point parmi nous pour une obreption, quand d'ailleurs le revenu du Bénéfice seroit quatre fois plus considérable.

Le concours pour les Cures eft encore reçu dans la Breffe, dans les pays de Gex, Bugey & Valromey pour la partie qui dépend de l'Evéché. de Géneve transféré à Annecy. Cet usage a été autorisé par une Décla. ration du Roi du 11 Août 1664, enre. gistrée au Parlement du Bourgogne le 19 Décembre suivant. Mais il faut observer que c'est sans préjudice du droit des patrons dont les présentés sont toujours préférés à tous les concurrens, pourvu qu'ils soient jugés capables.

Le concours a lieu pareillement dans le Roussillon.

CHAPITRE IX.

Los Vicairies perpétuelles doivent-elles

étre exceptées du concours ?

discipline du Concile de Trente forme le droit commun, comme en Espagne & en Italie , on excepte de la loi du concours les Vicairies perpétuelles. Cette exception est établie par la disposition précise d'une Bulle du Pape Pie V du i Novembre 1567.Cette Bulle est rapportée dans le Bullaire de Cherabin; Volumus infuper , y est-il dit, & ita mandamus quod diđi Vicarii perpetui non ad liberam ordinariorum electionem fed ad nominationem illorum in quorum Ecclefiis unitis ponentur, cum ipforum ordinariorum prævio examine & approbatione deputentur.

Les Canoniftes examinent quel a pu être le motif de cette exception. On le chercheroit en vain dans le réglement du Concile de Trente : car plus on lira attentivement ce réglement plus on réfléchira sur les raisons qui l'ont fait établir; plus on se convaincra

que les Vicairies perpétuelles n'y font pas moins comprises que les autres Cures.

En effet, pourquoi le Concile de Trente veut-il que les Cures soient remplies par la voye du concours ? C'est incontestablement afin qu'elles soient mieux défservies. Le Concile a supposé qu'étant données au concours, les sujets les plus capables & les plus dignes en seroient pourvus ; ou du moins que les indignes & les incapa. bles en seroient sûrement exclus. C'est donc la vûe du bien de l'Eglise & l'intérêt du salut des ames qui a fait introduire le concours. Or ce motif est général, il comprend toutes les Paroisses sans aucune exception ; il a son application à toutes,

Que le Pasteur qui est chargé de la conduite d'une Paroisse ait la qualité de Recteur, de Curé , ou celle de Vicaire perpétuel , cela est fort indifférent relativement à la fin que le Concile s'est proposée dans l'établisse. ment du concours. Le salut des fidéles qui composent une Paroisse dont le Pasteur n'a que le nom de Vicaire perpétuel , n'est pas moins précieux à l'Eglise que celui des fidéles des Pa. roisses dont les Pasteurs ont la qualité de Curé.

Les Paroisses qu'on qualifie de Vicai. ries perpétuelles ne sont pas moins difficiles à gouverner que celles qui ont le titre de Cures. Souvent même il faut plus de science, plus de capa. cité, plus de talens pour bien admi, pistrer une Vicairie perpétuelle , que pour bien gouverner une Cure. Car le mérite & les talens ne doivent pas être proportionnés à l'éminence du titre, mais à l'étendue & à l'importance des obligations , & à l'éminence des fonctions , qui y sont attachées. Or les obligations qu'impose la qualité de Vicaire perpétuel ne sont pas moins étendues que celles qu'impose la qua. lité de Curé; les fonations attachées à la Vicairie perpétuelle ne sont pas d'un ordre inférieur à celles qui sont attachées à une Cure. Il y a à cet égard entre la Cure & la Vicairie perpétuelle une parfaite égalité. S'il y a quelque différence entre l'une & l'autre , elle ne procéde que

de l'étendue & de la situation de la Paroiffe. Or les Vicai, ries perpétuelles ne sont pas moins

que les Cures; fouvent même elles le sont davantage; & la raison en eft sensible ; ce ne font pas de petites Cures , mais presque toujours les plus considérables

que

l'on a unies à des

étendues

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