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QUADRAGÉSIME, du latin quadragesimus , quarantième. Dans les livres d'Eglise , ce nom désigne le carême, qui est en effet un espace de quarante jours,

QUADRI-SACRAMENTAUX : héréliques, ainsi nommés, parce qu'ils n'admettoient que quatre sacremens, qui étoient le Baptême, l'Eucharistie, la Pénitence, et l'Ordre de prêtrise,

QUAKERS, ou TREMBLEURS. C'est le nom d'une secte de fanatiques qui s'est élevée en Angleterre, dont l'origine, les, progrès, les dogmes méritent d'être exposés en détail, à cause de leur singularite...'

Il y avoit, dans le comté de Leicester, en Angles terre, vers le milieu du dix-septième siecle, un cordonnier, nommé. George Fox, qui se distinguoit de ses pareils par un genre de vie tout particulier, Cet homme, naturellement sérieux et atrabilaise, ne goûtoit aucun des amusemens qui étoient en usage parmi ses camarades, ei même il les condamnoitavecaigreur; tout son temps étoit partagé entre le travail de sa profession et la lecture de l'Ecriture sainte. Ce n'étoit pas qu'il eût reçu une éducation au-dessus de son état; il étoit ignorant et grossier, autant qu'aucun de ses pareils: à peine savoit-il lire; mais il avoit une mémoire fort heureuse, et, à force d'application et

IY.

de peine, il parvint à apprendre par coeur presque toute l'Ecriture. Les grandes et terribles vérités contenues dans cet auguste livre, étoient le sujet continuel de ses profondes méditations ; sans cesse il avoit devant les yeux l'appareil du jugement dernier, les feux de l'enfer, l'abîme effrayant de l'éternité. Il s'enfonçoit avec plaisir dans ces idées si conformes à son humeur noire et mélancolique, s'éloignoit avecaffectation de tout commerce avec les hommes, et vivoit dans une entière solitude. Bientôt son cerveau, échauffé par une application continue, ne lui offrit plus que des chimères et des fantômes : il s'imagina voir autour de lui une troupe de diables occupés à le tenter. Pour triompher de leurs attaques, il redoubla ses prières, ses mé. ditations, ses jeûnes : il ne fit qu'affoiblir de plus en plus son cerveau, et acheva de perdre la raison. Il lui sembla qu'il entendoit une voix céleste qui consoloit et fortifioit son ame, et lui promettoit du secours. Bientôt ce ne furent qu'extases, que visions, que ravissemens. Il érigea en révélations tous les écarts de son imagination blessée. Dans le cours de ce commerce intime qu'il croyoit entretenir avec le ciel, il demanda à Dieu qu'il lui fit connoître le véritable esprit du christianisme; et il ne douta point que sa demande n'eût été exaucée.

Il commença' dès lors à quitter sa profession de cordonnier, qui lui sembloit trop vile pour un homme inspiré du ciel ; il voulut jouer le rôle d'apôtre et de prophète, et prétendit que Dieu l'avoit choisi pour réformer la religion chrétienne, défigurée par les foiblesses et par les passions des homines. En consé. quence,

il se mit à dogmatiser dans les places publiques, avec une chaleur et un enthousiasme qui lui tenoient lieu d'éloquence. « Quel est, disoit ce nouvel v apôtre, le culte que les Chrétiens doivent rendre à » Dieu? C'est un culte spirituel et intérieur, fondé sur

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» la pratique des vertus, et non sur de vaines cérémo»» nies. Quel est le véritable esprit du christianisme? » C'est de réprimer ses passions, d'aimer ses frères, et » de préférer la mort au péché. Or, je vous le demande, » dans quelle société trouverons-nous cette religion » pure et intérieure ? Sera-ce dans l'Eglise romaine ? » sera-ce dans les Eglises réformées.? Elles ont toutes » renouvelé le judaïsme : leurs liturgies, leurs sacre» mens, leurs rits sont des restes des cérémonies ju. » daiques, expressément abolies par Jésus-Christ. C'est » de ces formalités extérieures qu'elles font dépendre » la justice et le salut. Elles chassent de leur sein ceux » qui n'observent point ces rits, sans examiner si d'ail. v leurs ils sont vertueux; mais elles y reçoivent avec » honneur les plus grands scélérats, pourvu qu'ils » soient fidèles à ces pratiques extérieures. Les minis» tres du Seigneur, faits pour éclairer les autres, sont » les premiers à prêcher la nécessité de ces cérémo» nies, qui sont la source de leurs revenus. Aucune » de ces sociétés n'est donc la véritable Eglise de Jé» sus-Christ ; et ceux qui désirent sincèrement leur » salut, doivent s'en séparer, pour former entr'eux, » une nouvelle société d'hommes sobres, patiens, cha» ritables, mortifiés, chastes, désintéressés. Une pa» reille association sera la seule véritable Eglise de » Jésus-Christ. » Fox accompagnoit ce discours de pleurs, de gémissemens, et de toutes les grimaces capa. bles de faire impression sur la multitude : les places publiques, les cabarets, les temples, les maisons particulières, retentissoient de ses exhortations pathétiques. Un grand nombre de personnes se laissèrent séduire par cet imposteur, qui, de chétif cordonnier, se vit tout-à-coup chef de secte. Sa réputation se répaddit dans toute l'Angleterre, où les simples le regardèrent comme un homme rare et extraordinaire, envoyé du ciel pour leur apprendre le véritable de peine, il parvint à apprendre par ceur presque toute l'Ecriture. Les grandes et terribles vérités contenues dans cet auguste livre, étoient le sujet continuel de ses profondes méditations ; sans cesse il avoit devant les yeux l'appareil du jugement dernier, les feux de l'enfer, l'abîme effrayant de l'éternité. Il s'enfonçoit avec plaisir dans ces idées si conformes à son humeur noire et mélancolique, s'éloignoit avecaffectation de tout commerce avec les hommes, et vivoit dans une entière solitude. Bientôt son cerveau, échauffé par une application continue, ne lui offrit plus que des chimères et des fantômes : il s'imagina voir autour de lui une troupe de diables occupés à le tenter. Pour triompher de leurs attaques, il redoubla ses prières, ses méditations, ses jeûnes : il ne fit qu'affoiblir de plus en plus son cerveau, et acheva de perdre la raison. Il lui sembla qu'il entendoit une voix céleste qui consoloit et fortifioit son ame, et lui promettoit du secours. Bientôt ce ne furent qu'extases, que visions, que ravissemens. Il érigea en révélations tous les écarts de son imagination blessée. Dans le cours de ce commerce intime qu'il croyoit entretenir avec le ciel, il demanda à Dieu qu'il lui fit connoître le véritable esprit du christianisme; et il ne douta point que sa demande n'eût été exaucée.

Il commença dès-lors à quitter sa profession de core donnier, qui lui sembloit trop vile pour un homme inspiré du ciel ; il voulut jouer le rôle d'apôtre et de prophète, et prétendit que Dieu l'avoit choisi pour réformer la religion chrétienne, défigurée par les foiblesses et par les passions des homines. En conséquence, il se mit à dogmatiser dans les places publiques, avec une chaleur et un enthousiasme qui lui tenoient lieu d'éloquence. « Quel est, disoit ce nouvel v apôtre, le culte que les Chrétiens doivent rendre à » Dieu? C'est un culte spirituel et intérieur, fondé sur

»

la pratique des vertus, et non sur de vaines cérémo» nies. Quel est le véritable esprit du christianisme? » C'est de réprimer ses passions, d'aimer ses frères, et » de préférer la mort au péché. Or, je vous le demande, » dans quelle société trouverons-nous cette religion » pure et intérieure ? Sera-ce dans l'Eglise romaine? » sera-ce dans les Eglises réformées? Elles ont toutes » renouvelé le judaïsme : leurs liturgies, leurs sacre» mens, leurs rits sont des restes des cérémonies ju

daïques, expressément abolies par Jésus-Christ. C'est » de ces formalités extérieures qu'elles font dépendre » la justice et le salut. Elles chassent de leur sein ceux » qui n'observent point ces rits, sans examiner si d'ail» leurs ils sont vertueux; mais elles y reçoivent avec » honneur les plus grands scélérats, pourvu qu'ils » soient fidèles à ces pratiques extérieures. Les minis» tres du Seigneur, faits pour éclairer les autres, sont » les premiers à prêcher la nécessité de ces cérémo» nies, qui sont la source de leurs revenus. Aucune » de ces sociétés n'est donc la véritable Eglise de Jé» sus-Christ; et ceux qui désirent sincèrement leur » salut, doivent s'en séparer, pour former entr'eux » une nouvelle société d'hommes sobres, patiens, cha» ritables, mortifiés, chastes, désintéressés. Une pa» reille association sera la seule véritable Eglise de » Jésus-Christ. » Fox accompagnoit ce discours de pleurs, de gémissemens, et de toutes les grimaces capables de faire impression sur la multitude : les places publiques, les cabarets, les temples, les maisons

particulières, retentissoient de ses exhortations pathétiques. Un grand nombre de personnes se laissèrent séduire par cet imposteur, qui, de chétif cordonnier, se vit tout-à-coup chef de secte. Sa réputation se répandit dans toute l'Angleterre, où les simples le regardèrent comme un homme rare et extraordinaire, envoyé du ciel pour leur apprendre le véritable

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