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Les mêmes peuples, au rapport du P. Hennequin, portent toujours avec eux un corbeau décharné, ou bien un hibou, une coquille de mer, un os, ou quelqu'autre chose de cette nature, qu'ils appellent leur esprit familier, et à qui ils attribuent tout pouvoir sur leur vie

48. Lorsque les Iroquois et les peuples du Mississipi se disposent à aller chasser les taureaux sauvages, ils dépêchent cinq ou six d'entr'eux pour reconnoître les lieux où se doit faire la chasse. Les députés, étant arrivés, dansent la danse du calumet, et reviennent ensuite rendre compte de leur course. Alors on étale en public des chaudières parées de plumes, et pendant trois jours, que dure cet étalage, il se fait une procession singulière. On voit d'abord marcher un vieillard, qui porte un morceau de toile aussi

gravement que si c'étoit un magnifique drapeau : il est suivi d'une vieille, considérable dans le pays, qui porte sur le dos une chaudière. Après elle, viennent les chasseurs en très grand nombre. « Le vieillard (co

ryphée), dit le P. Hennequin, témoin oculaire de » cette procession, fait faire trois ou quatre fois » halte aux chasseurs ou guerriers, pour pleurer » amèrement la mort des taureaux qu'ils espèrent de » tuer. A la dernière pause , les anciens de la troupe » envoient deux des plus habiles chasseurs à la dé» couverte des taureaux sauvages. » Ceux-ci, étant de retour, font leur rapport secrètement aux anciens, qui leur présentent le calumet, avec du feu nouveau allumé avec de la fiente de taureau séchée au soleil. Après que les cliasseurs ont fumé, tout se dispose

pour la chasse.

49. Les sauvages de la baie de Hudson sont persuadés que lorsqu'ils meurent dans un âge extrêmement avancé, ils jouissent dans l'autre vie d'une jeunesse éternelle : au contraire, que s'ils meurent jeunes,

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ils sont accablés dans l'autre monde des incommodités de la vieillesse. On peut rapporter à cette idée une coutume barbare qui est en usage chez ces peuples. Lorsqu'un vieillard décrépit commence à se lasser de la vie, impatient de jouir des avantages de la jeunesse, qu'il se promet dans l'autre monde, il invite tous ses parens à un festin, qui doit être pour lui le dernier, après lequel il se passe une corde au cou, et charge un de ses enfans de l'étrangler : service que le jeune homme lui rend pieusement, et dans la vue de délivrer plus tôt son père des incommodités de la vieillesse.

50. Vers les cascades de la rivière James, dans la Virginie, il y a un rocher où paroissent distinctement plusieurs marques qui ressemblent aux traces d'un géant, et qui sont éloignées autour de cinq pieds l'une de l'autre. Les Virginiens croient qu'un de leurs dieux, ayant marché sur ce roc, y laissa l'empreinte de ses pieds.

51. Les prêtres de la Caribane ont imaginé une cérémonie superstitieuse, mais très utile, pour animer la valeur des guerriers de ce pays. Lorsque les Caraïbes sont prêts à marcher contre l'ennemi, ils s'assemblent dans une plaine, et, se tenant par la main, ils forment un grand cercle, au milieu duquel les prêtres de la nation font mille contorsions effroyables, accompagnées d'affreux hurlemens : c'est le préliminaire de la cérémonie. Tous ceux qui composent le cercle commencent ensuite à danser, tandis que les prêtres, armés d'un long roseau plein de tabac allumé, soufflent sur les danseurs des torrens de fumée, en criant : « Recevez l'esprit de force et de courage, qui » vous rendra invincibles et vous fera triompher de » tous vos ennemis. » Les Caraïbes, après avoir ainsi reçu l'esprit de courage, marchent au combat avec beaucoup plus d'ardeur et d'assurance , persuadés que cette cérémonie est pour eux un sûr garant de la victoire.

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52. Les Péruviens regardoient le tonnerre comme l'instrument de la vengeance du soleil. « (1) S'il arri» voit qu'un logis ou quelqu'autre lieu fût frappé » de la foudre, ils l'avoient en si grande abomination,

qu'ils en muroient aussitôt la porte avec des pierres » et de la boue, afin qu'il n'y entrật jamais personne. » Que si la foudre étoit tombée à la campagne, » en marquoient l'endroit avec des bornes, afin qu'au» cun n'y mit le pied. En un mot, ils appeloient ces » lieux, infortunés et maudits, et ils ajoutoient que » le soleil leur avoit envoyé cette malédiction par

le w moyen de la foudre, qui étoit comme son valet et » le ministre de sa justice, » Voyez PRÉSAGES. SURSUTTI : non

: nom de la déesse des sciences, des arts et de l'éloquence, suivant les Gentous. On célèbre une fête en son honneur le cinquième jour de la nouvelle lune de janvier, et il est défendu à tous ceux qui sont de la tribu des écrivains de se servir de plumes ni d'encre ce jour-là. Ils consacrent l'un et l'autre à la déesse, et toutes affaires cessent.

SUSPENSE. Voyez ce mot au Supplément, et l'article CENSURE.

SYMBOLE. C'est le sommaire des principales vérités que les Chrétiens doivent croire de coeur et confesser de bouche. Ce mot est grec, et veut dire signc. On s'en servoit autrefois pour signifier la marque par laquelle les soldats reconnoissoient de quel corps ils étoient : l'Eglise l'a appliqué au formulaire des articles de la foi, parce qu'il est comme un signe par le moyen duquel on distingue ses véritables enfans. On compte ordinairement trois symboles. Le premier est celui des Apôtres : ils le composèrent avant de se séparer, selon le témoignage unanime des Pères. Ce symbole est composé de douze articles, et il fait partie des prières que les Chrétiens récitent journel

(1) Garcilasso de la Vega, Hist. des lucas.

et l'on y observoit le même ordre de séance

que

dans le sanhédrin. Il y avoit un président, appelé en grec archisynagogos, chef de la synagogue, que les Juifs nomment aujourd'hui le chef d'un kahal, c'est-à-dire, d'une assemblée. Ceux qui étoient assis aux côtés de ce président, en forme de demi-cercle, prenoient tous le titre de zékéniens , anciens. Plus bas, sur d'autres siéges, étoient assis les disciples qui étudioient la loi. Il y avoit au bas de la synagogue un lieu qui répondoit à la nef de nos églises, où le peuple étoit assis à terre, sur des nates ou des tapisseries. Le président et les anciens de la synagogue étoient placés de manière qu'ils tournoient le dos au peuple.

Les Juifs établis à la Chine ont une synagogue qu’on prétend être divisée en trois parties qui forment comme trois nefs, et l'on ajoute que c'est sur le modèle des trois parties du temple de Salomon. Si ce qu'on rapporte est vrai, cette synagogue est presque l'unique dans le monde qui ait une pareille forme. Elle est située dans la ville de Kai-fongfu, dans la province de Ho-nan. La loi des Juifs ne leur permettant pas d'y placer les armes de l'Empereur, ils y ont mis un tableau sur lequel est tracé le nom du prince.

Cette synagogue des Juifs de la Chine, qui sont presqu'en tout différens des autres Juifs, demande une description particulière. Le Jésuite Gozzani pous la fournira. La synagogue est tournée vers l'occident, parce que Jérusalem est à l'occident de la Chine. Sa forme a quelque ressemblance avec nos églises d'Eul'ope. Elle a trois parties, qui forment comme trois ness. Dans la première, qui est la plus sainte et la plus respectable, ils enferment les livres de la loi : il n'y a que le chef de la synagogue qui ait droit d'entrer dans cette enceinte sacrée, qui répond au Saint des Saints de l'ancien Testament. Le P. Gozzani rapporte qu'il y remarqua douze tabernacles, construits

en manière d'arche, pour les douze tribus des Juifs, et un treizième pour Moyse. Ces tabernacles étoient placés sur des tables; chacun d'eux étoit environné d'un petit rideau, et renfermoit les cinq livres du Pentateuque, qu'ils nomment le Kim. Ces livres étoient écrits sur de longs parchemins pliés sur des rouleaux. Le Jésuite vit dans la seconde enceinte de la synagogue une chaire fort élevée, et dans la troisième, un grand nombre de cassolettes dont ces Juifs se servoient pour faire brûler des parfums à l'honneur de leurs patriarches. Cette dernière nef ressemble beaucoup au vestibule de l'ancien temple.

La plus belle synagogue qu'il y ait dans le monde, est celle des Juifs portugais d'Amsterdam. Ce superbe édifice est situé à l'orient de la ville. Sa longueur est de cent cinquante pieds sur cent de largeur, sans y comprendre la cour et les murailles extérieures : sa hauteur jusqu'à la voûte est de soixante-dix pieds. Des deux côtés de la synagogue, il y a deux galeries destinées pour les femmes, et qui règnent d'un bout à l'autre. Pendant la solennité du sabbat, on y voit cinq rangs de lampes allumées. L'armoire ou l'arche, que l'on nomme Aaron, et le pupitre, sont faits d'un bois précieux qui vient des Indes, et qu'on appelle racharanda. La dédicace de cette synagogue se fit le 2 d'août 1675, avec la plus grande solennité.

SYNODE. C'est l'assemblée des Eglises particulières, soit d'une nation, soit d'une province, soit d'un diocèse ; d'où vient la distinction de synode national ; synode provincial, et synode diocésain. Dans le premier, sont assemblés les archevêques, évêques et abbés de tout le royaume, à la tête desquels est le primat; dans le second, les évêques suffragans d'une province, ayant à leur tête l'archevêque; dans le dernier, les curés du diocèse, ayant pour président leur évêque. Pour donner une idée du cérémonial de

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