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AVANT-PROPOS

Si l'humanité était parfaite, les règles internationales ne subiraient aucun changement notable. Les principes, une fois établis, seraient un guide à l'aide duquel chaque communauté politique dirigerait ses actions. Dès lors, il n'y aurait plus ni revendications ni complications. Il s'établirait naturellement une espèce de solidarité entre les États. L'intérêt

particulier céderait devant l'intérêt général et, au lieu de se contredire et de se combattre, les nations se prêteraient un mutuel appui, c'est-à-dire un concours efficace et loyal. Les conflits internationaux disparaîtraient des graves préoccupations de nos hommes d'État.

Tel est le desideratum dont la réalisation serait un bien pour toutes les communautés politiques. Mais, dans cet ordre d'idées, ce but, facile à concevoir et à exposer, est, dans la pratique, difficile à atteindre. C'est une des causes pour lesquelles les puissances, d'un commun accord, admettent l'utilité de certaines règles. Il faut donc les étudier pour en faire un bon usage et en tirer un bon parti. Mais, sommes-nous bien préparés à cet effet ? Notre éducation internationale est-elle ce qu'elle devrait être ? C'est douteux. Les Allemands, gens pratiques et méthodiques à la fois, ont cent fois raison d'initier de bonne heure aux affaires spéciales d'outre-mer leurs jeunes officiers de marine. Depuis longtemps, ils ont doté l'Académie impériale de la marine, à Kiel, d'un cours spécial de droit maritime international. Ils pensent, justement, selon nous, que ces derniers doivent connaître les règles qu'ils auront l'occasion d'appliquer dans le cours de leur carrière. A défaut des guerres de conquêtes, il existe, dans les pays intertropicaux, des rivalités d'influence au sujet desquelles une intervention est soulvent nécessaire. Des litiges y sont fréquents, et, dans l'un comme dans l'autre cas, il faut du flair, du tact, du bon sens et surtout savoir jusqu'où l'on peut aller.

Mais pourquoi, en ce qu'ils ont de bon, n'imiterionsnous pas nos voisins d'outre-Rhin ? N'y a-t-il pas, dans le programme déjà si chargé de l'École navale, une matière moins utile à connaître que certains éléments de droit maritime international ?

Par ailleurs, le mouvement universel d'expansion vers des contrées lointaines est un avertissement dont il faudrait tenir compte. Bientôt l'action et les intérêts de toutes les puissances se trouveront en contact et en lutte sur tous les points du globe à la fois. Dans ces conditions, la prudence la plus élémentaire nous conseille de préparer des collaborateurs vigilants : une politique extérieure n'est productive qu'à cette condition. Le chiffre total du commerce de nos possessions d'outre-mer (Algérie et Tunisie exceptées), tant importations qu'exportations, atteint 474 millions, près d'un demi-milliard de francs, et leur population s'élève à plus de onze millions d'habitants. Ces éléments de statistique semblent justifier l'utilité d'une collaboration internationale, si cette expression est permise, en rapport avec les exigences de la situation nouvelle.

Entretenir des relations un peu partout pour chercher de nouveaux débouchés à nos produits, c'est préparer un avenir meilleur et accroître la richesse nationale. L'Angleterre, notre voisine et rivale, en est profondément convaincue; mieux que toute autre puissance, elle connaît admirablement les secrets de cette politique pratique, appelée aussi politique des résultats. En ce qui nous concerne particulièrement, notre rôle au loin ne manque pas d'intérêt: ne devonsnous pas empêcher qu'on ne mette la main sur nos intérêts légitimes; éviter les conflits dans nos rapports internationaux ; améliorer la situation de nos possessions dans la mesure de ce qui est possible et permis ; protéger nos nationaux et défendre leurs droits; exercer une influence sur la solution des problèmes divers qui ont pour objet d'accroître notre prestige ; respecter, en temps de guerre, les intérêts des neutres, etc. etc..... ? Comme on le voit sans peine, le sujet est assez vaste. Nous en examinerons tous les côtés. Ces questions exposées méthodiquement pour être ensuite étudiées, exercent la sagacité à mesurer les obstacles et à prévoir les difficultés, surtout lorsqu'elles sont appuyées d'exemples, de citations, de règles.

Certes, les ouvrages que nous trouvons dans nos bibliothèques de bord (Ortolan et Hautefeuille), ont encore quelque attrait; mais, dans quelques-unes de

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