Page images
PDF
EPUB

mée de Lyon en effet fut bientôt réduite à peu près aux troupes de ligne.

Le 17 mars, l'ennemi commença les opérations qui allaient décider du sort d'une grande partie de la France. Il présenta sur Belleville, en avant de Villefranche, une ligne qui s'étendait jusqu'à la Saône, laissant toutefois à deviner son plan. Le Maréchal ne jugeant pas la position de Belleville propre à recevoir une bataille, avait choisi celle de St-George, et s'était retiré sur ce point. Les armées restèrent ainsi en présence. La situation du général Bardet, qui n'avait que 3000 hommes, ne laissait pas d'ètre inquiétante: le général Remond fut retiré de Lyon pour le renforcer. La troupe de cet officier, tout difficile qu'il était d'en tirer parti, d'après sa composition, devait faire nombre et garnir les hauteurs de Caluire, pour en imposer à l'ennemi sur les véritables forces de la division.

Enfin, le 18 l'attaque commença. Les alliés se portèrent avec une division nombreuse par la route de Mâcon, sur la position de St-George, défendue par le général Pannetier. Trois autres divisions dont le mouvement de la veille avait préparé la marche, filèrent par la route de Beaujeu pour venir tourner Villefranche, en cotoyant les montagnes. Une brigade de la division Musnier, avec le 12.o de hussards, étaient placés sur ce point. L'autre brigade de cette division, avec le

13. de cuirassiers, étaient en réserve à l'embranchement des deux routes. La division Pannetier, placée en avant de St-George, dut céder au nombre et à une artillerie formidable. Elle se replia sur le village. Mais ensuite elle reprit l'offensive, enfonça l'ennemi, le chassa de sa position. Un régiment ennemi tout entier fut taillé en pièces.

Pendant que les trois divisions autrichiennes qui avaient pris la route de Beaujeu, sur la gauche de l'armée du Maréchal, étaient tenues en échec par la brigade du général Ordonneau, l'ennemi fort de sa nombreuse cavalerie, fit plusieurs charges que l'infanterie repoussa avec intrépidité, en lui faisant essuyer une grande perte. Déjà le champ de bataille qu'il occupait était jonché de ses morts; mais renouvelant sans cesse les attaques avec des troupes fraîches, avec une artillerie six fois plus nombreuse , et s'apprêtant à déborder aux portes de Villefranche la gauche des Français, il força le Maréchal, qui se vit près d'être tourné, de prendre une position en arrière et plus centrale, en attendant de nouvelles troupes d'Espagne qui lui étaient annoncées, et qui devaient arriver de jour en jour. La retraite se fit dans le meilleur ordre, jusqu'à la montagne de Limonest où le Maréchal prit une belle et forte position. Cette journée fut une des plus brillantes pour les armes françaises. Un corps de moins de 10,000

hommes fut tout le jour engagé avec 35,000 combattans, les battit, leur mit 3000 hommes hors de combat. Le 13. des cuirassiers et le 7.* de ligne soutinrent, avec une valeur héroïque, l'effort de l'infanterie et de la cavalerie ennemies et leur reprirent une petite réserve d'artillerie qu'elles avaient un moment enveloppée.

L'armée du Maréchal se trouva ainsi aux portes de Lyon.

La journée du 19 se passa à s'observer. Toutefois les mouvemens de l'ennemi annonçaient une nouvelle attaque: informé des renforts que l'armée française attendait d'Espagne à chaque instant, et de leur marche rapide dans le département de la Drôme, il avait un grand intérêt d'agir avant que la jonction pût s'opérer. Le Maréchal, au contraire, dont tous les efforts tendaient à sauver Lyon, et à se maintenir lui-même, trouvait ses convenances à se tenir sur la défensive le plus long-temps qu'il le pourrait.

Dans cette double vue, il donna ordre aux généraux Musnier et Pannetier, de tenir avec opiniâtreté la position de Limonest, où ils se trouvaient avec leurs divisions, le 4. de hussards, le 13.o de cuirassiers et 12 bouches à feu. Il plaça sur Grange-Blanche, le général Digeon, avec six pièces d'artillerie, le 12.o de hussards, et 1500 hommes dont se composait une tête de colonne arrivée d'Espagne dans la nuit du 19 au 20, pour

tenir en échec tout ce qui déboucherait par la Tour de Salvagny. La brigade Estève, de la division Pannetier, prit position à Dardilly, entre les deux routes de Salvagny et de Limonest, pour lier la position de Grange-Blanche à celle de Limonest. Le général Bardet, placé près de Miribel, était chargé de contenir l'ennemi qui débouchait sur lui par la Bresse, et il étendait sa ligne par Caluire jusqu'à la Saône, pour défendre la route de Trévoux à Lyon, où l'ennemi paraissait vouloir filer. L'ennemi ayant achevé ses dispositions, s'ébranla le 20 vers midi.

Il ne fit qu'une fausse attaque contre les positions du général Bardet, à qui il présenta 10,000 hommes qui furent contenus. Son plan, de ce côté, paraissait être de jeter une colonne sur la rive gauche du Rhône, pour couper au Maréchal ses communications avec Vienne et Chambéry, et pour le harceler en cas de retraite. Déjà même 400 hommes avaient traversé le fleuve dès le matin, et avaient été poursuivis par le 12.o de hussards.

Sur tous les autres points, les attaques furent extrêmement animées : il en fit deux de front, l'une entre Limonest et la rive droite de la Saône, sur l'extrême droite du général Pannetier; l'autre vers Tassin, sur l'extrême gauche du général Digeon.

Le corps placé à Limonest, craignant peut

être de se voir tourner par la rive droite de la Saône, ne défendit pas long-temps ses positions, et se repliant sur Vaize, en bon ordre, laissa à l'ennemi des avantages dont celui-ci ne manqua pas de profiter. Pendant que ses nombreuses colonnes se répandaient, comme un torrent, sur toutes les collines du Mont-d'Or, à droite et à gauche de Limonest, il couvrit de ses bataillons toute cette partie de la montagne qui s'étend de Salvagny à Tassin, d'un côté, à Dardilly, de l'autre. Alors, un combat terrible s'engagea au village de Dardilly qui fut pris et repris plusieurs fois, et où le général Estève se couvrit de gloire. Le combat se prolongea jusqu'au château de la Duchère, qui devint le théâtre d'une vive et longue fusillade. Enfin, le général Estève, accablé par le nombre, chassé de Dardilly et de la Duchère, se replia sur la position du général Digeon, qui eut bientôt à soutenir tous les efforts de l'ennemi. Le Maréchal le renforça de suite du 13.o de cuirassiers et de deux autres bataillons de la 2. division. C'est là que le combat recommença avec une nouvelle fureur, l'ennemi se réparant, se mulipliant sans cesse comme au combat de St-George, par des troupes fraîches. Le général Digeon opposa une résistance inébranlable à toutes les charges, et fit des prodiges de valeur. Son artillerie servie avec une admirable intelligence, fit taire plusieurs fois les batteries ennemies. Le 13.e de cui

e

« PreviousContinue »