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DÉCRET ET BULLE

Pour la nouvelle circonscription des

Diocèses.

Nous, Jean-Baptiste CAPRARA, CardinalPrêtre de la sainte Église Romaine , du titre de Saint-Onuphre , Archevêque , Évêque d'Iesi , Légat à Latere de notre saint Pere le Pape Pie vii, et du Saint Siege apostolique, auprès du premier Consul de la République française,

A tous les Français , Salut en notre Seigneur.

Pie VII, par la divine Providence , souverain Pontife, voulant concourir au rétablissement du culte public de la Religion catholique, et conserver l'unité de l'église en France, a solennellement confirmé par ses Lettres apostoliques scellées en plomb, commençant par ces mots : Ecclesia Christi, et données à Rome, à SainteMarie-Majeure, le 18 des calendes de septembre, l'an de l'Incarnation 1801, le second de son pontificat, la Convention conclue entre les plénipotentiaires de Sa Sainteté et ceux du Gouvernement français; et comme dans ces mêmes lettres , Sa Sainteté a ordonné qu'il seroit fait une nouvelle circonscription des diocèses français, critas Sua ad eamdem circumscriptionem peragendam devenit per Apostolicas sub Plumbo Litteras tenoris sequentis videlicet :

« Pius Episcopus, servus servorum Dei , ad perpetuam rei memoriam.

Oui Christi Domini vices in terris gerere , atque Ecclesiam Dei regere constitutus est , omnes occasiones arripere, omnique opportunitate, quæ ei offeratur, utidebet, quâ possit et Fideles ad Écclesiæ sinum adducere , et omnia

quæcumque timenlur pericula evitare , ne , occasione amissâ, spes amittatur etiam ea bona ampliùs assequendi, quibus Catholica Religio juvari possit. Hæ fuerunt causæ quæ nos superioribus mensibus ad Conventionem inter hanc Apostolicam Sedem , et Primum Consuleni Reipublicæ Gallicanæ ineundam impulerunt, et eædem cogunt nunc ad cætera illa progredi , quæ

, quæ si differrentur , et gravissimis damnis Catholicam Religionem affectam videre et dilapsam spem

illam omnem,

haud temerè ingressi sumus, Catholicam unitatem in Galliâ retinendi, dolere deberemus. In tanto hoc bono Ecclesiæ comparando cum statuissemus et novam circumscriptionem Dioecesium in Gal liâ faciendam , et in totis quàm latè eæ patent, Regionibus , quæ nunc temporali Dominationi Reipublicæ Gallicanæ subjacent, decem Ecclesias Metropolitanas, et quinquaginta Episcopales esse erigendas, quarum singulis possent à Primo ejusdem Reipublicæ Consule tribus mensibus , qui proximi promulgationem Litterarum Nostrarum consequerentur , idonei Viri Ecclesiastici nominari , ac digni quos consuetis, ut anteà ,

in quam

formis,

elle a enfin voulu procéder à cette nouvelle cire conscription par les Lettres apostoliques scellées en plomb, dont la teneur suit :

PIE, ÉVÊQUE, serviteur des serviteurs de Dieu, Pour en conserver le perpétuel souvenir. Le pontife qui remplit sur la terre les fonctions de représentant de Jésus-Christ, et qui est établi pour gouverner l'église de Dieu, doit saisir avidement toutes les occasions qui se présentent, et tout ce qu'elles offrent d’utile et de favorable pour ramener les fidèles dans le sein de l'église, et prévenir les dangers qui pourroient s'élever, afin que l'occasion perdue ne détruise pas la juste espérance de procurer à la religion les avantages qui peuvent contribuer à son triomphe.

Tels sont les motifs qui, dans les derniers mois, nous ont engagés à conclure et signer une convention solennelle entre le Saint Siege et le premier Consul de la République française. Ce sont encore ces mêmes motifs qui nous obligent à prendre maintenant une délibération ultérieure sur ce même objet , qui, si elle étoit plus longtemps différée, entraîneroit après elle de trèsgrands malheurs pour la religion catholique, et nous feroit perdre cet espoir flatteur , que nous n'avons pas témérairement conçu, de conserver l'unité catholique au milieu des Français.

Pour procurer un aussi grand bien avons, dis-je, résolu de faire une nouvelle circonscription des diocèses français , et d'établir dans les vastes Etats qui sont aujourd'hui soumis à la République française , dix métropoles et

D

nous

formis, Nos canonicè Archiepiscopos, sive Episcopos earum Ecclesiarum institueremus; minimè putabamus futurum , ut Nos cogi deberemus derogare assensibus legitimorum Pastorum , qui pridem Ecclesias illas ac Dioeceses obtinebant , quæ nunc omnes juxta novam circumscriptionem immutatæ , novis Pastoribus à Nobis donandæ sunt. Quinimò sperabamus veteres omnes legitimos Antistites, tanto præsertim à Nobis studio atque amore, ad vetera ipsorum merita magna atque præclara novo hoc sacrificio augenda , excitatos Litteris amantissimis Nostris quod maximè flagitabamus statim responsuros, et spontè ac liberè Ecclesias suas in manibus Nostris resignaturos. Sed quoniam nunc magnâ cum animi Nostri ægritudine in eo sumus, ut ex una parte etsi libera dimissiones multorum Episcoporuń ad Nos venerint , multorum tamen aut nondum allatæ sint , aut Litteræ allatæ , quæ raliones quærunt, quibus differri hoc sacrificium possit; ex aliâ verò cum maximum periculum sit, ne , si tantá res longiùs differatur, spoliatâ diutiùs suis Pastoribus Galliâ, non solùn Religionis restitutio differatur , sed omnia , quod maximè timendum est, in deteriùs convertantur, atque spes omnes Nostræ ad nihilum recidant; postulat Apostolici Ministerii Nostri ratio, ut Nos, in tanto Rei Christianæ discrimine , cæteris rationibus omnibus, quamvis gravibus, unitatis, ac Religionis causâ, quæ omnium potissima est judicanda , postpositis, ad ea deveniamus , quæ ad opus tam laudabile, tamque Ecclesiæ salutare conficiendum omnino necessaria sunt. Nos, itacinquante évêchés. Le Premier Consul doit nonmer à ces siéges, dans les trois mois qui suivront la publication de nos lettres apostoliques, des hommes capables et dignes de les occuper , et nous avons promis de leur donner l'institution canonique dans les formes usitées

pour

la France, avant cette époque. Mais nous étions bien éloignés de penser que nous fussions pour cela obligés de déroger au consentement des légitimes évêques qui occupoient précédemment ces siéges, vu que leurs diocèses devoient être totalement changés par la nouvelle circonscription, et recevoir de notre part de nouveaux pasteurs. Nous les avions invités d'une manière si pressante, par nos lettres remplies d'affection et de tendresse , à mettre, par ce dernier sacrifice, le comble à leurs mérites précédemment acquis, que nous espérions recevoir de leur

part la réponse la plus prompte et la plus satisfaisante. Nous ne doutions pas qu'ils ne remissent librement et de plein gré leurs titres et leurs églises entre nos mains.

Cependant nous voyons avec la plus vive amertume, que si, d'un côté, les libres démissions d'un grand nombre d'évêques nous sont parvenues, d'un autre côté, celles de plusieurs autres évêques ont éprouvé du retard , ou leurs lettres n'ont eu pour objet que de développer les motifs qui tendent à retarder leur sacrifice. Vouloir adopter ces délais, ce seroit exposer la France dépouillée de ses pasteurs à de nouveaux périls; non-seulement le rétablissement de la Religion catholique seroit retardé, mais, ce qui est surtout

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