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un traité sur les bases du contre-projet français, les puissances eussent déposé les armes entre les mains de l'ennemi commun ; elles eussent trompé l'espérance des nations et la confiance de leurs alliés.

C'est dans un moment aussi décisif pour le salut du monde, que les souverains alliés renouvellent l'engagement solennel qu'ils ne poseront pas les armes avant d'avoir atteint le grand objet de leur alliance. La France ne peut s'en prendre qu'à son gouvernement des maux qu'elle souffre.* La paix seule peut fermer les plaies qu'un esprit de domination universelle et sans exemple dans les annales du monde lui a portées. Il est enfin temps que les princes puissent, sans influence étrangère, veiller au bonheur de leurs sujets ; que les nations respectent leur indépendance réciproque ; que les institutions sociales soient à l'abri des bouleversemens journaliers, les propriétés assurées, et le commerce libre.

L'Europe entière ne forme qu'un væu, celui de faire participer à ces bienfaits de la paix la France, dont les puissances alliées elles-mêmes ne désirent, ne veulent, ne souffriront pas le démembrement. La foi de leurs promesses est dans les principes pour lesquels elles combattent. Mais par ou les souverains pourront-ils juger que la France reut les partager ces principes, qui doivent fonder le bonheur du monde, aussi long-temps qu'ils verront que la même ambition qui a répandu tant de maux sur l'Europe est encore le seul mobile du gouvernement; que, prodigue du sang français et le versant à Rots, l'intérêt public est toujours immolé à l'intérêt personnel? Sous de tels rapports, ou serait la garantie de l'avcner, si un système aussi destructeur ne trouvait pas un térme dans la volonté générale de la nation ? Dès-lors, la paix de l'Europe est assurée, et rien ne saurait la troubler à l'avenir.t

Proclamation de Schwarzemberg.

HABITANS DE Paris.--Les armées alliées se trouvent devant Paris ; le but de leur inarche vers la capitale de la France est fondé sur l'espoir

* Les publications allemandes de cette pièce portent : “ La France ne peut attribuer qu'à elle-même, etc.”

† Les éditions allemandes ne portent pas cet appel à la révolte, elles se terminent ainsi : “L'Europe entière ne forme qu'un veu, et ce vau est l'expression du besoin universel des peuples. Tous se sont réunis pour le soutien d'une seule et même cause ; cette cause triomphera du seul obstacle qu'elle ait encore à vaincre.” TOME IV.-lère Partic.

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d'une réconciliation sincère et durable avec elle. Depuis vingt-ans, l'Europe est inondée de sang et de larmes ; les tentatives faites pour mettre un terme à tous ses malheurs ont été inutiles, parce qu'il existe, dans le pouvoir même du gouvernement qui vous opprime, un obstacle insurmontable à la paix. Quel Français ne serait convaincu de cette vérité ? Les souverains alliés cherchent de bonne foi une autorité salutaire, en France, qui puisse cimenter l'union de toutes les nations et de tous les gouvernemens avec elle.

C'est à la ville de Paris qu'il appartient, dans les circonstances actuelles, d'accélérer la paix du monde ; son væu est attendu avec l'intérêt que doit inspirer un si immense résultat ; qu'elle se prononce, et, dès ce moment, l'armée qui est devant ses murs devient le soutien de ses décisions.

Parisiens, vous connaissez la situation de votre patrie, la conduite de Bordeaux, l'occupation amicale de Lyon, les maux attirés sur la France, et les dispositions véritables de vos concitoyens.

Vous trouverez dans ces exemples le terme de la guerre étrangère, et celui de la discorde civile ; vous ne sauriez plus le chercher ailleurs. La conservation et la tranquillité de votre ville seront l'objet des soins et des mesures que les alliés s'offrent de prendre avec les autorités et les notables qui jouissent le plus de l'estime publique.

Aucun logement militaire ne pèsera sur la capitale.
C'est dans ces sentimens que l'Europe, en armes devar

vos murs, s'adresse à vous. Håtez-vous de répondre à la confiance qu'elle met dans votre amour pour la patrie et dans votre sagesse.

Quartier-général de Bondy, le 29 mars 1814.

Capitulation de Paris.

Art. ler. Les corps des maréchaux ducs de Trévise et de Raguse évacueront la ville de Paris, le 31 mars, à sept heures du matin.

Art. 2. Ils emmèneront le matériel de leur armée.

Art. 3. Les hostilités ne pourront recommencer que deux heures après l'évacuation de Paris, c'est-à-dire, le 31 mars, à neuf heures du matin.

Art. 4. Tous les arsenaux, ateliers, édifices militaires et magasins resteront dans l'état où ils se trouvaient avant la présente capitulation.

Art. 5. La garde nationale ou garde urbaine est entièrement séparée des troupes de ligne; elle sera conservée, désarmée ou licenciée, selon que les souverains alliés le jugeront nécessaire.

Art. 6. Le corps de la gendarmerie municipale partagera en tout le sort de la garde nationale.

Art. 7. Les blessés et maraudeurs qui, après sept heures, seront encore à Paris, seront prisonniers de guerre.

Art. 8. La ville de Paris est recommandée à la générosité des hautes puissances alliées.

Signe, le colonel Fabvier, le colonel Denys, le colonel ORLOFF,

le comte Paar.

Fait à Paris, le 31 marz, à deux heures du matin.

FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE.

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