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c'était autant contre l'empereur que contre la maison de Bourbon qu'il travaillait.

Fouché ne cherchait qu'à se donner une attitude capable . de se rendre nécessaire au gouvernement qui succéderait à l'empereur, quel qu'il fat. Pour cela, il suggéra l'idée des fédérations par département, ainsi que cela avait été pratiqué aux premières époques de la révolution. Ces fédérations réussirent sur quelques points; mais une suite d'incidens qui survinrent ralentirent l'ardeur qu'elles manifestaient, et ne tardèrent pas même à les disperser.

L'empereur, voyant qu'il fallait de nouveau songer à la guerre, fit assembler en Flandre toutes les troupes dont il pouvait disposer. Il ne laissa que quelques régimens dans le midi. Il forma un corps à Lyon sous les ordres du maréchal Suchet; il en fit assembler un autre sous les ordres du général Lecourbe dans les environs de Béfort, un troisième à Strasbourg, sous ceux du général Rapp. Le général Gérard en réunit un quatrième à Metz, et le reste de l'armée, qui en formait la masse principale, s'assembla à Lille et à Valenciennes.

Ces premières dispositions des forces qui restaient à la France, après tant d'années de triomphes, avaient obligé l'empereur à retirer des départemens de l'Ouest quelques régimens qui les occupaient. A peine se furent-ils éloignés, que l'insurrection éclata et vint paralyser une partie des ressources sur lesquelles on comptait le plus, c'est-à-dire les levées d'hommes, qui devinrent nulles dans toute cette contrée; ce fut pis encore, il fallut y envoyer de nouvelles troupes pour arrêter les progrès de la révolte. Ce contretemps arriva fort mal à propos, pendant que l'on s'occupait des élections au corps législatif; il ne changea pas l'opinion, mais il augmenta les embarras.

L'empereur fut fort sensible à cette nouvelle guerre civile, Il recommanda qu’on la menât vivement du côté des opérations militaires, et en même temps il fit négocier près des principaux chefs vendéens, qui ne furent pas inaccessibles aux propositions qu'on leur fit, surtout lorsque Larochejaquelein, qui commandait l'insurrection sur la rive gauche de la Loire, eut succombé.

C'était lui qui avait donné le signal des troubles civils dans la Vendée. Il était allé en Angleterre solliciter des armes et la poudre; il avait obtenu l'un et l'autre. Les hommes de son parti, en le voyant arriver avec ces moyens, reprirent courage, mais lui-même ne tarda pas à périr. Il fut atteint, comme il venait recevoir à la côte une seconde livraison d'armes, d'un coup de feu qui l'étendit sans vie sur la plage où il se trouvait. Son successeur se montra moins sauvage. Il accepta les propositions du ministre de la police, et l'on commençait à pacifier ces contrées, lorsque

d'autres événemens vinrent encore une fois fixer les destinées de la France.

Le roi de Naples, après avoir abandonné l'alliance de la France, s'était aperçu, quoiqu'un peu tard, qu'il avait été dupe des promesses auxquelles il avait ajouté foi. On ne lui laissa pas ignorer qu'au congrès de Vienne, on négociait sa perte aussi bien que celle de l'empereur*. Il avait dèslors songé à se défendre, et n'avait rien négligé pour se créer une nombreuse armée. Elle était prête lorsqu'il apprit le départ de l'île d'Elbe; il considéra ce moment comme favorable à l'exécution de son projet. Il voyait alors qu'il

* J'ai appris d'une manière positive, depuis que j'ai écrit ces Mémoires, que Murat avait engagé M. de Talleyrand à défendre ses intérêts au congrès de Vienne, afin d'obtenir d'être rangé dans la même catégorie que Bernadotte. Comme ce n'était pas la première fois qu'il négociait avec Talleyrand, il commença par lui envoyer trois cent mille ducats qui furent acceptés.

Il en avait reçu autant du compétiteur de Múrat. Il se décida pour Ferdinand, et celui-ci, en reconnaissance, lui conserva la principauté de Bénévent, à laquelle il ajouta même le duché de Dino pour le neveu du diplomate.

n'avait de salut que dans l'alliance de la France, et que, s'il avait fait un an plus tôt les efforts qu'il déployait alors, il aurait pu, avec l'armée du vice-roi, faire une diversion dont il aurait ressenti les heureux effets; mais à l'époque où il entreprit de faire la conquête de l'Italie, il n'y avait pas plus de probabilité de succès pour lui qu'il n'y en avait eu pour le vice-roi, lorsqu'il avait été obligé de faire tête aux armées autrichiennes et napolitaines réunies.

En voyant l'empereur arriver à Paris, le roi de Naples crut le moment favorable pour attaquer l'Italie, où il savait qu'il régnait du mécontentement. Il comptait sur un soulèvement qu'il espérait que sa présence ferait éclater, et croyait par là donner assez d'occupation à l'armée autrichienne, pour laisser à l'empereur le temps de faire de nouveau sentir son poids dans les affaires. La portée de son esprit était assez courte pour ne pas s'apercevoir qu'en attaquant l'Autriche, il dtait à l'empereur les moyens de se rapprocher d'elle, si celle-ci y avait été disposée, chose qu'il ne pouvait pas savoir*.

Le roi de Naples, plein de ces idées, s'avança en Italie. L'empereur vit avec déplaisir cette imprudente levée de boucliers, et, comme il connaissait l'inconstance du caractère de ce prince, il lui envoya en toute hâte le général Béliard pour le diriger.

Béliard s'embarqua à Toulon sur une frégate qui le conduisit à Naples; mais tout était déjà perdu lorsqu'il arriva.

Le roi de Naples, à la tête de son armée, se dirigea comme

Cette conduite du roi de Naples était bien faite pour rendre suspectes toutes les propositions que l'empereur aurait pu faire à l'Autriche.

L'année précédente, il fut la principale cause de la perte de l'Italie, en abandonnant l'empereur et en ouvrant les Alpes aux ennemis par sa séparation d'avec les troupes du prince Eugène. Cette fois-ci, il empêcha l'empereur de contracter la seule alliance qui lui était possible, si toutefois l'Autriche y avait été disposée.

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Alte disqu'au Pô et s'y éteignit. Il

urmee ennemie avec laquelle il eut vapeos esavantageux qui le mirent dans la

Les Autrichiens le poursuivirent venerent si bien, que toutes ses troupes se

dade. La chose en fut au point que le en 3éliard le joignit, il éprouva une désertion Corelle ne lommes.

erat prononcé. Il vint à Naples pour s'em-
agree - "Wener la France. La reine resta avec ses enfans
se presta sa etraite ainsi que celle de sa famille, qui eut

bort i ine frégate anglaise.
cars, ainsi abandonné, rerut les vainqueurs, ainsi que
piisage, et avec eux le gouvernement qu'il leur
berenait l'établir.

'e zenéral Béliard fut même tris heureux de pouvoir se
carduer et de revenir à Paris nu i andorta ces tristes
muureiles.

L'empereur n'était pas encore parti pour se "teatre à la tête de l'armée oui devait onerer en Flandre.

s le roi de Naples T'avait commence sa campagne que As semaines plus tardà, il aurait ni ATE Joint sur le Po par es troupes que le marecha. Surner organisait à Lyon. La présence de ce corps eût sans nu. a niti entrainé la défection des troupes piémontaises. Des position du roi de Naples devenait bonne ei "Italie « por monçait. Si l'on n'avait pas pu pa renir i madh arek ''Autriche, il et: remis sa destinée au hasart, des batailtes, pi alors la solutie du problème pouvait lire di meriti di e ac elle a été.

La destruction de carma (h. Tre Naples mit l'empereu: dans l'obligation de laisse k marinha: Suchet en Savons pour garder les dit die sinn. I. était trop faible: i ne put les détent, iar acumation de Napies is moupes autrichia: semalai men: sur ces montagnes.

Le roi de Nar! ATY. SE ON entretaites à Fretus,

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vint de là se placer dans une petite ville maritime de la côte de Provence, où il attendit les événemens.

La personne que Fouché avait envoyée à Vienne pour se mettre en rapport avec M. de Talleyrand et M. Dalberg, était de retour. Elle fixa ses idées sur la conduite qu'il devait tenir, en lui détaillant les résolutions dans lesquelles étaient les souverains alliés. Dès-lors, ce ministre s'occupa plus de servir leurs projets que ceux de l'empereur.

Je suis persuadé que l'on n'avait offert à Fouché n'importe quelle forme de gouvernement l'on voudrait, hormis l'empereur, que pour le déterminer à le trahir. Ce ministre, dont on vante tant l'habileté, donna dans le piége. Sa vanité fut si flattée de l'importance qu'on lui accordait, qu'elle l’empêcha d'en apercevoir le motif. Il crut de bonne foi qu'il allait mener les souverains alliés, qui le rebutèrent dès qu'ils n'en eurent plus besoin.

M. de Talleyrand avait soin de renvoyer de temps à autre à Paris des employés aux relations extérieures, qui venaient entretenir Fouché dans ces idées. Je crois même avoir aperçu chez lui un de ces employés, que je vis depuis se démener en tout sens contre l'empereur et en faveur de

son fils.

Fouché avait envoyé par toute la France des agens à lui, qui, sous prétexte d'agir contre les Bourbons, agissaient pour la république, contre l'empereur. La moindre conséquence qui devait résulter de cette direction sur laquelle il cherchait à replacer les esprits, était de les préparer encore à quelques nouvelles scènes politiques.

Il résulte de là que la malveillance eut le champ libre, parce qu'elle servait Fouché, qu'elle dépopularisait l'empereur. Les retards dans les levées d'hommes s'ensuivirent; la police ne se donna aucun mouvement pour réchauffer l'esprit public ; elle fit même plus qu'il ne fallait pour l'éteindre. Elle disait et laissait dire beaucoup de mal de la maison

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