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PARIS. TYPOGRAPHIE DE J. BEST,

Rue Saint-Manr-Saint-Germain, 15.

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PARIS
COTILLON, LIBRAIRE DU CONSEIL D'ÉTAT
ÉDITEUR DE LA REVUE CRITIQUE DE LÉGISLATION ET DE JURISPRUDENCE, ETC.

Rue Soumot, 23, près du Pantheon,

1859

FRA

Lorsque, il y a près de deux ans, j'acceptai de Marcadé mourant le mandat de continuer l'auvre par lui entreprise en 1841 et qu'après treize ans de soins et de travaux il laissait cependant inachevéc, je nic me dissimulai ni les périls ni les difficultés de la lâche; et, tout

honoré que je susso d'un choix par lequel Marcadé associait une fois ~ de plus à son nom celui d'un collaborateur et d'un ami, je ne man

quai pas d'entrevoir les soucis et les graves préoccupations qui allaient m'accompagner dans l'accomplissement de ma trop difficile mission. Pouvais-je ne pas comprendre qu'on ne met pas impunément la main à un livre comme celui-ci, à une auvrc dont le succès mérité a été éclatant, à un travail qui, par ses données autant que par ses allures, cst, plus qu'aucun autre peut-être, marqué au cachet tout individuel de l'auteur ?... Lc lecteur aussi sait tout cela; je n'ai donc pas à y insister.

Mais je lui dois, je dois à Marcadé ct je me dois à moi-même, de dire quelques mols sur la part que je prends à ce livre et sur l'ordre

que j'ai suivi.

La mort a frappé Marcadé quand il venait d'achever son Commenlaire-Traité de la Prescription. Et déjà, soit par impatience d'arriver au bout de la carrière ct comme pour se faire illusion sur le chemin qui lui restait à parcourir, soit par désir de se prendre avec un sujet dont l'importance mêmc ct les diflicultés tentaient sa hauto intelligence, il avait rompu avec l'ordre du Code et était allé de plein saut au dernier titre, laissant momentanément de côté, pour y revenir plus tard, lout ce qui, dans le Code, sépare le Contrat de Louage du litre De la Prescription.

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Dans cet état de la publication, j'aurais pu et peut-être aurais-je dû reprendre le commentaire au point où il sc trouve interrompu, ct ainsi commenter d'abord le titre Du Contrat ile Sociele, puis toulo la malière qu'on désigne communément sous la dénomination de Petits contrats, avant d'aborder les titres Des Hypothèques et De l'Expropriation forcée.

Cependant j'ai eu deux raisons pour suivre un ordre différent.

D'abord, les priviléges et hypothèques et la prescription devaient, dans la pensée de Marcadé, former les deux parties de son dernier volume; et l'une de ces deux parties étant publiée, il était naturel de s'occuper avant tout de l'autre, afin de rendre le volume complet.

Ensuite, cet ordre est celui que Marcadé se proposait de suivre. Il s'était mis, en effet, à étudier le titre Des Privileges et Hypothèques immédiatement après avoir achevé celui De la Prescription. J'avais pense même, d'après quelques indications qui malheureusement ne so sont pas vérifiées, que,

, du moins en cette partie de ma continuation, tout se bornerait pour moi à la révision d'un manuscrit à peu près terminé, à l'annotation de quelques arrêts nouveaux, et à l'explication de la loi-récente sur la Transcription, dont la promulgation a suivi, à plusieurs mois de distance, la mort de Marcadé; et j'avais compris qu'il y avait intérêt pour le public à recevoir tout d'abord, et sous peu de temps, la dernière cuvre de Marcadé, et avantage pour moi à entrer en matière par un travail de simple révision qui me servirait en quelque sorte de transition et me préparerait à mon rôle de continuateur.

Comment se fait-il, cependant, que le Commentaire-Traité des Privileges et Hypothèques ne soit publié que quand près de deux années se sont écoulées depuis la mort de Marcadé? C'est que, des deux raisons que je viens d'indiquer, la première scule subsisle. Comme je l'ai dit, les indications qui m'avaient fait croire à l'existence d'un manuscrit sur les hypothèques laissé par Marcadé ne se sont pas vérifiées. L'auteur de l'Explication théorique et pratique du Code Napoléon s'était occupé de la matière, sans aucun doute; il l'avait étudiée, il l'étudiait encore quand il a été surpris par la mort; mais il n'avait rien écrit, et, toutes recherches faites dans les papiers qu'il a laissés, il n'a été trouvé, sur les malières du droit, rien quc quelques annotations d'arrêts préparées pour le Journal du Palais. Ainsi, son travail s'était borné à celle élude d'ensemble dans laquelle il avait coutume de s'absorber avant d'écrire, pour combiner et coor

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