Page images
PDF
EPUB

12

« le consentement des évêques, des grands du clergé et du « peuple de la cité; »

2°. Des deux exemples d'intronisations que l'on vient de rapporter, et qui furent faites selon les mêmes règles.

[ocr errors][merged small][ocr errors]

CHAPITRE XXI.

[ocr errors][merged small][merged small][ocr errors][ocr errors][merged small][ocr errors][merged small]

Du pouvoir d'annuler les ordinations et de déposer les évêques nommés

contre les règles. I. La preuve que les ordinations faites contre les règles étaient annulées par les canons a été établie ci-dessus.

II. La preuve que les évêques qui n'avaient point été nommés selon les règles devaient être déposés, résulte :

I'. D'une décrétale du pape saint Léon , des canons du concile d'Orléans, des canons du cinquième concile de Paris, et des Actes du concile de Reims déjà cités ; ils ordonnent que les évêques qui n'auraient point été désigués par une élection libre et gratuite du clergé et du peuple, avec l'approbation du métropolitain et des évêques de la province, « ne soient pas « comptés parmi les évêques, soient excommuniés, soient déposés à perpétuité du pontificat qu'ils ont envahi; »

2°. D'un diplôme du roi Thierri; il marque qu'un évêque d'Embrun qui avait reçu cet évêché sans l'agrément du roi, fut rejeté de l'épiscopat par le concile national de Morlaix. procerumque nostrorum, ... juxta ... Voyez les canons du cinquième consensum cleri et plebium ipsius concile d'Orléans, du cinquième concivitatis, in supradicta urbe ... ponti- cile de Paris et du concile de Reims, ficalem vobis commisimus dignita- au même chapitre, art. II, tem. Propterea per præsentem præ- de, quatrième et cinquième autoceptum ... jubemus ut ... res ecclesiæ rités. ipsius et clerus sub vestro arbitrio... 2o. Chramlinus... quiæpiscopatum consistant, et erga regimen postrum... AEbreduno civitate habuit, inventum semper fidem inlibatam custodire de- est, quod ... rebellionis audacia, sed beatis. (Extr. de la quatrième formule non per nostra ordenacione reciperat, de préceptes royaux, 'intronisation etiam nec sicut eorum cannonis cond'un évêque donnée par Lindenbrog. tenent, ad ipsum benedicendum solD. Bouquet, t. IV, p. 547.) lemniter episcopi non adfuerunt. Unde

20. Voyez les autorités citées à l'ar- Genesio, Chadune, Blidramno, Lan: ticle précédent.

deberctho et Ternisco, qui metropoli I. Voyez les nombreuses autorités esse videntur, vel reliqui quamplures citees au chapitre XVIII, art. Ier. episcopi ... fuit ... de episcopato re

II.-1. Voyez l'extrait d'une dé- jectus. (Extr. du diplôme 61 de la
crétale des papes saint Léon et Sym- première race, de l'an 677. D. Bou-
maque, au chap. XIV de ce livre, quet, t. IV, p. 659.)
art. Jer, cinquième et sixième autorités.

secon

[ocr errors][ocr errors]

de mo

[ocr errors]

III. La preuve que c'était au concile national à juger de la validité des ordinations épiscopales contestées , et à prononcer la déposition des évêques nommés contre les règles, résulte :

1°. D'une décrétale du pape saint Hilaire; elle demande la convocation annuelle d'un concile des évêques des trois provinces de Vienne, Lyon et Narbonne, afin que « si les pré« ceptes ecclésiastiques ont été violés dans l'ordination des « évêques, l'autorité commune des autres évêques réprime de « tels abus; »

29. Des Actes des conciles de Turin et de Riez; ces conciles nationaux annulèrent cinq ordinations épiscopales faites contre les règles;

3o. D'un récit de Grégoire de Tours; il nous apprend que le concile national de Mâcon déposa un évêque d'Aix qui n'avait pas été ordonné librement, et qu'aussitôt sa déposition on ordonna un autre évêque à sa place;

4. D'un diplôme de Thierri III ; il nous apprend que le concile national de Morlaix priva de l'épiscopat Chramelin,

sum ,...

[ocr errors]

III.-10. Per annos ...

... singulos ex Ordinationem quam canones irriprovinciis habeatur... concilium ... ut tam definiunt, nos quoque evacuansi quid... vel in ordinandis episcopis, dam esse censuimus, in qua prætervel presbyteris, aut ... clericis facien- missa trium præsentia, nec expetitis dis, contra præcepta reperitur admis- comprovincialium litteris, metropo

communi omnium auctoritate litani quoque voluntate neglecta resecetur (Extro de la lettre 4 du pape nihil quod episcopum faceret, ostensaint Hilaire aux évêques des pro- sum est. Placuit ... remoto eo qui pervinces de Vienne, Lyon et Narbonne, peram assumptus erat episcopus, fieri de l'an 462, art. 2. Sirmond, t. I, fratrum constitutionem , ecclesiap. 130.)

stica traditione servata. ( Extr. des 30. Conscribi placuit ad perpetem Actes du premier concile de Riez, de disciplinam, quæ circa Octavium, l'an 439, canon 2. Sirmond, t. I, Ursionem , Remigium, et Triferium p. 66.) episcopos synodus sancta decrevit, 30. Episcopi ex jussu regis Gunlqui in usurpatione ... de ordinatione chramni apud Matiscensem urbem sucerdotum vocabantur... Ut... sciat collecti sunt. Faustinus autem, qui is qui ordinatus fuerit , sacerdotii ex jussu Gundovaldi Aquensis urbis se honore privandum : ille vero .qui episcopus ordinatus fuerat, ea conordinaverit, auctoritatem se in ordi- ditione removetur, ut eum Bertchramnationibus, vel in conciliis, minime nus, Orestesque, sive Palladius, qui retenturum. Non solum autem circa eum benedixerant, vicibus pascerent, memoratos episcopos hæc sententia centenosque ei aureos annis singulis prævalebit, sed et circa omnes, qui... ministrarent. Nicetius in ipsa urbe ordinationes hujusmodi perpetrarunt. episcopatum adeptus est. (Extr. de (Extr. des Actes du concile de Turin, Grégoire de Tours, liv. vii, chap 20, de l'an 397, canon 3. Sirmond, t. I, année 585. D. Bouquet, t. II, p. 321.) p. 28.)

49. Voyez l'extrait d'un diplôme

métropolitain d’Embrun, qui avait été ordonné sans l'aveu du roi;

5o. D'un capitulaire de Charlemagne; il nous apprend que le concile national de Francfort ordonna la déposition d'un évêque suffragant dont l'ordination n'était pas canonique.

CHAPITRE XXII.

Que les papes n'intervinrent ni directement ni indirectement dans la nomination des évêques de France durant les quatre premiers siècles de la monarchie.

I. La preuve que le pape n'intervenait point dans l'élection ni la nomination des évêques résulte des autorités qui ont montré ci-dessus que l'ordination des évêques suffragants ou métropolitains pouvait suivre et suivait immédiatement l'examen; que d'autres fois elle était renvoyée au lendemain ou à l'un des jours de la même semaine ; mais que toujours l'ordination suivait de trop près l'examen pour qu'il fût possible d'en communiquer avec le pape.

II. La même preuve, par rapport aux secondes nominations faites en conséquence de l'exclusion du premier sujet élu, résulte :

1°. D'une lettre d'Hincmarau nom des évêques de la province de Reims; en annonçant au prince l'exclusion qu'ils viennent de prononcer d'un sujet proposé pour l'épiscopat, les évêques demandent la permission d'en élire immédiatement un autre; ils ajoutent « qu'aussitôt cette élection consentie par le clergé « et le peuple, ils conduiront l'évêque au roi, » pour qu'avec son consentement il soit reconduit au métropolitain et à ses suffragants qui doivent l'ordonner, et qu'ainsi il soit promu au sace ce. Voilà le plan d'une seconde élection tracé par les évêques : « les canons ayant été lus devant tous comme les de Thierri III à l'art. II de ce cha- ordinatum esse , ... ab eodem gradu pitre, no 2.

episcopatus , quem se habere dicebat, 50. Definitum est ... sancta synodo deponeretur a prædicto metropolitano ... ut Gaerbodus, qui se episcopum sive a comprovincialibus episcopis. esse dicebat, et suæ ordinationis te- (Extr. d'un capitulaire de Charlemastes non habuit, qui tamen episcopalia gne, de l'an 794, art. 8. Baluze, t. I, a Magnardo metropolitano episcopo P. 265.) consecutus est, qui etiam professus 1. Voyez les preuves citées au est diaconum et presbyterum non chapitre XIX, art. II. secundum canonicam ordinationem II.-10. Voyez l'extrait d'une lettre

« lois l'ordonnent selon la forme régulière, » et l'on ne voit pas que l'intervention du pape y soit exigée;

2o. D'une lettre de Charles-le-Chauve; elle rapporte les détails de l'élection d’Ebbon à l'archevêché de Reims, qui fut faite sous le règne de son père par des évêques qui avaient rejeté le premier élu ; elle parle de l'examen et de l'exclusion de l'un, du choix de l'autre, et de l'approbation qui l'accompagna; elle place l'ordination immédiatement après le consentement du clergé, du peuple et du roi; c'est au pape que le prince écrit, et il ne fait aucune mention de l'intervention du saint siége avant ni après l'ordination : cette intervention n'était donc pas requise.

III. La preuve que le pape n'intervenait point dans les jugements des conciles nationaux qui annulaient les ordinations irrégulières ou qui déposaient les évêques dont la nomination n'avait pas été canonique, résulte des autorités citées au chapitre précédent.

Les décrétales du pape saint Hilaire mettent le jugement de la validité des ordinations épiscopales contestées au nombre des affaires dont le concile de plusieurs provinces peut décider seul. Les canons du troisième concile de Paris veulent

que

les évêques de la province et ceux des provinces voisines jugent d'un commun consentement les évêques dont la nomination aura été forcée.

Les évêques des conciles de Turin et de Riez jugent seuls, sans demander ni attendre de confirmation du pape, la nullité de plusieurs ordinations épiscopales.

Les évêques du concile national de Mâcon déposent, par leur seule autorité, un évêque ordonné sans l'aveu du roi, et ordonnent tout de suite un autre évêque à sa place.

Les évêques du concile national de Morlaix déposent, par leur seule autorité, le métropolitain d'Embrun, ordonné sans l'aveu du roi.

Les évêques du concile de Francfort déposent un évêque irrégulièrement nommé, et ordonnent l'ordination d'un autre, sans faire mention de l'approbation du pape.

d'Hincmar, au chap. XIX de ce livre, Charles-le-Chauve au chap. XIX de art. III.

ce livre, art. Ier, no 6. 2o. Voyez l'extrait d'une lettre de

OBSERVATION sur quelques exemples qui sembleraient contredire ce que l'on

a établi ici sur le droit du clergé et du peuple d'élire les évêques.

ques nommés

Les fils de Clovis firent violence aux églises et aux évêques, pour forcer les uns à ordonner, les autres à recevoir des évê

par

les rois sans élection préalable. On pourrait opposer ces exemples aux autorités qui ont démontré dans ce livre la nécessité d'élection libre du peuple et du clergé pour l'ordination régulière des évêques; mais, pour distinguer ici les violences de fait et les principes du droit, il suffit de relire les Actes des conciles de Clermont, d'Orléans et de Paris, que nous avons cités ailleurs. Ce fut sous les règnes mêmes où l'on avait enfreint la liberté des élections, que ces conciles prononcèrent la nécessité des suffrages des clercs et des citoyens laïques pour autoriser l'ordination d'un évêque; qu'ils prononcèrent la déposition à perpétuité de tout évêque donné au peuple malgré le peuple, ou d'après un consentement illusoire arraché par « l'oppression « des puissants; » de tout évêque enfin « qui a été ordonné

violence, » et établi par la puissance royale contre la volonté du métropolitain.

Après ces règnes malheureux, une loi solennelle de Clotaire II déclara que l'élection du peuple et du clergé, et l'approbation des évêques de la province, devaient concourir avec le consentement du prince à la nomination de chaque évêque.

Ces actes positifs de la puissance légitime de l'église et du gouvernement réparèrent ainsi les désordres qui avaient suivi des actes arbitraires, et en effacèrent jusqu'aux moindres traces.

« par

Discussion de l'interprétation donnée par des auteurs modernes à la loi

de Clotaire II sur l'élection des évêques.

Quelques modernes ont forcé le sens de la loi de Clotaire II, dont nous venons de parler, en soutenant qu'elle réservait au prince le droit de désigner évêques, indépendamment des suffrages du peuple, ceux qu'il voudrait choisir parmi les officiers du palais.

« PreviousContinue »