Page images
PDF
EPUB

ment fait dans tout autre bureau, ne rendroit pas le procès-verbal nul, si, d'ailleurs, il avoit été enregistré dans les 4 jours.

Au reste , la nullité d'un procès-verbal ne suffit pas pour absoudre des délinquants si la preuve du délit peut s'acquérir, soit par l'aveu de cenx qui l'ont commis , soit par l'audition des témoins.

Quoi qu'il en soit, aucun garde n'a le droit d'annaler un procès-verbal qu'il a dressé d'un délit quelconque , il doit, conformément au Code des délits et des peines, faire la remise de ce procès-verbal entre les mains dn fonctionnaire qui est chargé des poursuites, et c'est à ce dernier à examiner s'il y a lieu ou non d'engager l'action judiciaire.

DEUXIÈME PARTIE. .

ÉCONOMIE' FORESTIÈRE.
SECTION 11. AMELIORATIONS.

S. 3. Ouvrages nouveaux.

No. 1. Histoitre des Arbres et Arbrisseaux;

par M. DESFONTAINES.

2. Article (1). M. DESFONTAINES a suivi, comme nous l'avons dit dans le dernier no., l'ordre naturel établi au Jardin des Plantes. Il a divisé son ouvrage en autant d'articles, qu'il a eu de familles à y renfermer. Dans chaque article il présente les principaux caractères qui conviennent à la famille qui en fait l'objet; puis il passe à la description des genres et des espèces,

(1) Voyez pour le premier article le Numéro XIII des Annales , page 132 , et suivantes.

et donne sur les uns et les autres, des notes historiques d'un grand intérêt, et des détails relatifs à leur utilité et à leur culture. Mais nous ne pouvons mieux faire connoitre la manière dont il a traité son sujet, qu'en donnant ici un extrait de son ouvrage, Nous choisirons , parmi les arbres forestiers dont il a parlé, le Chene , et quelques espèces d'arbres verts, déjà répandues dans nos forêts , ou qu'il seroit important d'y multiplier.

« Le CHÊNE. Quercus. Les Chênes, dit-il, se divisent naturellement en deux sections ; l'une comprend ceux qui, comme le Rouvre, se dépouillent de leurs feuilles aux approches de l’hiver; la seconde renferme les espèces dont la verdure est perpétuelle, telles que l'Yeuse ou Chêne vert.

« Ces Arbres habitent les régions tempérées du globe, et l'on n'en rencontre point sous les climats brûlans de la zone torride , ni dans les contrées glacées du Nord. Le centre et le midi de l'Europe l'Asie mineure, l'Afrique septentrionale , les EtatsUnis d'Amérique, la nouvelle-Grenade, la nouvelleEspagne, la Chine, le Japon , sont les pays où ils croissent naturellement.

« Les anciens avoient une si grande vénération pour le Chêne, qu'ils l'avoient consacré à Jupiter. Les Grecs lui avoient attribué le pouvoir de rendre des oracles, et la couronne civique que les Romains décernoient, à celui qui avoit sauvé la vie à un citoyen, étoit de feuilles de Chêne.

« Ce genre renferme un grand nombre d'espèces difficiles à distinguer, parce que leurs feuilles leurs fruits , leur forme et la qualité même de leur bois, varient singulièrement suivant l'âge de ces Arbres, et la nature des terrains où ils végètent. Aussi la plupart des auteurs qui ont écrit sur les Chênes , les ont confondus en prenant des variétés pour des espèces, et de véritables espèces pour des variétcs.

« Le Rouvre, ou Chêne à glands sessiles , est un des arbres les plus majestueux, et l'un des plus utiles de nos forêts. Son bois, qui est ferme , liant et élastique, est fort recherché pour les constructions. Il se conserve pendant des siècles , lorsqu'il est à l'abri de l'humidité de l'atmosphère, et il acquiert même avec les années , une dureté presque égale à celle du fer. On en fait des poutres, des chevrons, des solives, des carènes de vaisseaux, des fûts de pressoir, des portes d'écluse, des essieux, des rayons de roue, des instrumens aratoires, et mille autres ouvrages. Il croît avec vigueur dans les terrains un peu graveleux, et son bois y acquiert plus de solidité que dans tout autre sol

. On connoît plusieurs variétés de cette espèce : les principales sont, 10. le Chêne noir à glands solitaires ; 20. le Chêne à trochets, ainsi nommé à cause de la disposition de ses glands; 30. le Chêne des collines, remarquable par ses feuilles lanugineuses ; 4°. celui à feuilles très-decoupées. A ces quatre variétés , je crois qu'il faut encore ajouter un petit Chêne des Vosges et du Jura, dont M. Bosc a parlé dans son mémoire sur les Chènes , et qu'il nomme Chêne-osier ou des haies, parce que

les

jeunes pousses servent à faire des liens, à tisser des paniers, et qu'on le plante autour des champs pour y former des clôtures.

« Le Chêne pédonculé, connu vulgairement sous les noms de Merrain , de Gravelin , de Chêne femelle, est très commun dans les forêts de France. C'est un arbre d'une très-grande taille, dont le tronc est droit et bien proportionné. Ses feuilles, d'un vert luisant en-dessus, d'une couleur glauque en dessous, sont sinuées sur les bords, et ses glands sont portés sur des pédoncules inclinés vers la terre. On l'a souvent confondu et on le confond encore tous les jours avec le Rouvre ou Chêne à glands sessiles , quoiqu'il en diffère essentiellement, non seulement par les caractères que je viens d'indiquer , mais encore par la légèreté de son bois , qui ne pèse que 24 à 25 kilogrammes le pied cube, tandis que celui du Rouvre pèse de 35 à 36 kilogrammes. Celui-ci se plait dans les terrains un peu graveleux ; le Chêne pédonculé, au contraire, veut un sol fertile et qui ait de la profondeur. Comme son bois est moins noueux que celui dų Rouvre, et qu'il se fend plus aisément, on le préfère pour des laties, des meubles, des parquets et divers autres ouvrages de menuiserie; on l'emploie comme le Rouvre, dans les constructions importantes dont on veut assurer la durée, et il ne sera pas inutile de rappeler ici en passant, que les charpentes de nos anciens édifices que l'on croyoit être de bois de châtaignier , sont toutes de bois de Chêne. Les deux espèces dont je viens de parler , et surtout la seconde, parviennent quelquefois à une grande hauteur, et acquièrent une grosseur énorme lorsqu'elles croissent dans un sol qui leur est favorable. Rai dit qu'il y avoit , en Westphalie , un Chêne de 42 mètres d'élévation , dont le tronc en avoit 10 de circonférence. On croit commune ment que la durée de leur vie est de 3 à 400 ans; suivant d'autres , elle est de 5 à 600; mais la longévité des arbres dépend beaucoup, comme l'on sait, des terrains où ils végétent.

« Le bois de ces deux Chênes est excellent pour le chauffage, et leur écorce est préférée à celle de tous les autres arbres de notre continent pour tanner les cuirs. Leurs glands qui sont amers et astringens,

[ocr errors]
[ocr errors]

les porcs ,

ne peuvent servir d'aliment aux hommes , quoiqu'on ait été quelquefois obligé d'y avoir recours dans des temps de disette ; mais plusieurs animaux, tels

que les chèvres, les moutons , les bêtes fauves, les mangent , et s'en nourrissent une partie de l'hiver.

« Le Cerris est un arbre de 8 à 10 mètres, dont le tronc est ordinairement noueux et contourné. Il croît dans les terrains secs et pierreux. On le trouve dans quelques cantons de France, en Piémont et en Autriche. Ses feuilles sont allongées, presque glabres, légèrement pubescentes au-dessous, decoupées profondément sur les côtés en lobes un peu écartés , aigus , entiers ou anguleux au sommet. Les pétioles sont accompagnés de stipules lâches , grêles et en forme d'alène. Les glands sont petits , sessiles, renfermés à moitié dans une cupule hérissée de filamens velus. Ce Chêne peut servir à fertiliser des terrains pierreux et arides. Son feuillage a de l'élégance, il seroit possible de tirer un parti avantageux de son bois qui est très-solide.

« Il y a dans la forêt d'Eu, de Navarre , et autres du nord de la France, un Chêne à feuilles ovales et profondément découpées en lobes obtus , que quelques auteurs ont nommé crinite , parce que la cupule est hérissée de longues soies velues. C'est une variété du Cerris.

« Le Chêne Haliphæos, ou de Bourgogne, ne me paroît aussi qu'une variété de la même espèce; il en diffère seulement par le tronc, qui est plus droit , moins noueux et plus élevé; par les feuilles couvertes de soies blanches en dessous, pointillées en dessus; par ses fruits un peu pédonculés et rapprochés au nombre de deux ou trois. On l'a trouvé entre Salins et Besançon. Son bois est d'un bon emploi.

« PreviousContinue »