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un terrain où il y en avoit auparavant ne réussissent pas.

C'est un fait confirmé par l'expérience, et connu des agriculteurs.

« Lorsqu’on a elevé des Chênes en pépinières pour les replanter ensuite , on ne doit pas couper le pivot, parce que cette opération nuit à leur développement, et comme leurs racines sont très-sujettes au hâle, is faut les transplanter peu de temps après qu'ils ont été arrachés; mais la reprise des Chênes transplantés est toujours incertaine.

Duhamel dit , que si l'on vouloit planter des Chènes ca avenue ou en quinconce , il seroit bon de les semer dans un terre au-dessous de laquelle il y auroit un lit de roche à quatre à cinq décimetres de profondeur : la racine se trouvant arrêtée, poussera des radicules latérales qui faciliteront la reprise. Ceux, au contraire, qui sont venus dans un sol qui a de là profondeur, reprennent plus difficilement , parce qu'alors la racine a plus de longueur et moins de chevelu.

« La multiplication des Chênes par marcotte ne produit pas de beaux individus ; cette pratique n'est bonne que pour propager des espèces rares. La greffe est préférable; mais comme elle réussit assez difficilement, il faut la faire au niveau de la terre, et l'arroser de temps en temps.

« On ne doit élaguer les Chênes que dans leur jeunesse , et encore faut-il user de beaucoup de ménagemens. Si on éloit forcé de retrancher de grosses branches, il conviendroit de les couper à une distance du tronc d'autant plus grande qu'elles sont plus grosses , parce que si on les coupoit trop près, la plaie se cicatriseroit difficilement ; il se feroit un grand écoulement de séve, et il pourroit même arriver qu'il se formât un chancre.

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No. 14.

Dans la ci-devant Bretagne et dans la BasseNormandie, on étête un grand nombre de Chênes pour avoir du menu bois; mais alors ils vivent moins long-temps, et la plupart de ces arbres mutilés, se pourrissent et se creusent à l'intérieur. On abat les Chênes en hiver, et ponr préserver le bois de la piqûre des vers, et l'empêcher de se gercer , on le laisse plongé dans l'eau pendant quelques mois, et on le met ensuite sécher à l'ombre. »

Nous passons à l'article ou M. DESFONTAINES a traité de la famille des conifères, dans laquelle sont renfermés l'If , les Genevriers, les Cyprès, les Thuias , les Sapins , les Mélèzes , et les Pins. C'est particulièrement dans ce dernier genre que nous puiserons la matière de notre extrait. Cependant, nous donnerons, sur les principales espèces qui appartien-' nent aux autres genres, des notions générales tirées du texte même de l'ouvrage, et qui feront connoître la taille ordinaire de chaque arbre, les terrains où il croit , ses moyens de multiplication, les qualités de son bois , de ses fruits, etc. Nous suivrons l'ordre établi par l'Auteur; ainsi , nous parlerons d'abord de l'If.

IF COMMUN, Taxus baccata ; 15 à 18 metres d'elévation; se plaît sur les montagnes ,

vient dans

presque tous les terrains, et cependant réussit mieux dans ceux qui sont fertiles, ombragés et un peu humides ; se multiplie de marcottes, de boutures et de graines qu'il faut semer à l'ombre dans une terre bien divisée que l'on a soin d'arroser de temps en temps lorsque la saison est sèche; bois dur, compacte, pesant, d'un grain très-serré, de couleur rousse ou rougeâtre , susceptible d'un beau poli , et propre à faire des meubles et plusieurs ouvrages de tour,

d'ébenisterie, du placage, etc.; les feuilles et les jeunes branches sont vénéneuses et font mourir les animaux, qui ne les mangent qu'avec beaucoup de répugnance, et lorsqu'ils y sont forcés par la faim.

GENEVRIER. Juniperus. Les principales espèces dont s'occupe l'auteur, sont 1o. le Génévrier commun qui s'élève peu, dont le bois est rougeâtre, agréablement veiné, susceptile d'un beau poli , et dont on brûle les baies pour purifier l'air; 2°. le Génévrier de Virginie ou Cèdre rouge, très-bel arbre qui s'élève à la hauteur des plus grands Sapins, résiste à la rigueur de nos hivers , et qu'on peut planter dans les terrains les plus arides, même dans ceux qui sont crayeux et calcaires ; dont le bois est uni, coloré, et d'une très - longue durée ; dont la culture, enfin , mérite d'être encouragée ; 30. les Sabines qui sont de très-jolis árbrisseaux. Les autres espèces sont encore

CYPRÈS. Cupressus. 1°. Le Cyprès pyramidal , 15 à 18 mètres; terrains graveleux; craint l'humidité et le froid de nos hivers , est commun dans les départemens du Midi; bois dur, odorant, d'un grain fin homogène, d'une belle couleur rousse, et d'une grand durée ; se multiplie de graines, de marcottes et même de boutures ; 2°. le Cyprès chauve, l'un des plus grands arbres de l'Amérique septentrionale, dont le tronc a souvent 8 à 10 mètres de circonférence, sur 15 à 20 de longueur , de la base jusqu'aux branches; dont le bois est doux, léger , uni, tendre, sans gerçures, et d'une longue durée ; qui croît dans des terrains aquatiques : Nous en avons de très beaux semis au Parc de Mouceaux, les graines en ont été envoyées par M. Michaux, fils; i 30. le Cyprès à feuilles de Thuia , arbre d'une grande taille , mais qui croit lentement; il seroit, cependant, utile de

rares.

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le multiplier en France, où il réussiroit dans les terrains marécageux.

SAPIN. Abies. L'auteur en décrit 7 espèces , dont les plus répandues dans nos forêts, sont le Sapin argenté, abies taxifolia , et le Sapin Picea, Abies picea. Le premier s'élève jusqu'à la hauteur de 20 à 25 mètres; aime les terres fortes et argileuses , et ne réussit pas dans les terrains secs et chauds ; fournit une térébenthine claire et liquide employée dans les arts, et un bois que l'on emploie dans les constructions navales et civiles. Le second, l’Abies picea, croit en forêts dans les Alpes , en Auvergne , dans les Pyrénées, et on le trouve jusqu'au fond de la Norwege , même dans la Laponie. Il parvient à la hauteur de 30 à 36 mètres; produit de la poix que l'on. obtient au moyen

des procédés rappelés par l'auteur, et qu'indique Duhamel. Mais c'est dans l'ouvrage même qu'il faut lire ce qui concerne ces arbres, et les autres espèces de Sapins.

MÉLEZE. Larix. Trois espèces , dont les deux principales sont le Mélèze d'Europe, Larix Europea, et le Cédre du Liban , Larix Cedrus. Le Mélèse croît en Dauphiné, en Savoie , en Suisse, et autres pays. Il se plaît sur le revers des montagnes du côté du nord, il réussit au fond des vallées, et même dans les plaines; s'accommode assez bien de tous les terrains, pourvu qu'ils soient frais et ombragés , sans être ni trop secs, ni trop humides; il s'élève jusqu'à la hauteur de 30 à 40 mètres. Les Mélèzes viennent bien ensemble ; mais ils étouffent et font périr les autres arbres qui croissent sous leur ombre. Le bois de Mélèze est très-bon

les constructions , résiste long-temps à l'action de l'air et de l'humidité. On en fait des conduits d'eau souterrains et

pour

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des gouttières pour recevoir la pluie des toits, des poutres excellentes, des tonneaux d'une longue durée ;

bordage des ponts, etc., etc.

Cet arbre fournit la térébenthine de Venise, qui est employée pour calmer les douleurs de reins, les ardeurs d'urine, et qui entre dans la préparation de plusieurs onguens.

Dans les forêts des Alpes, les Mélèzes se perpétuent d'eux-mêmes au moyen des graines qui tombent sur la terre. Quand on veut en faire des semis, il faut exposer les cônes au soleil et à la rosée pour faire ouvrir les écailles et faciliter la sortie des graipes. On les sème en avril en caisse ou en terrine, dans du terreau très-divisé ; et cornme elles sont petites, on ne les recouvre que d'un doigt d'épaisseur. Il faut élever les jeunes plants à l'ombre , et les abriter du soleil, qui les dessèche et les fait périr. Au bout de 3 ou 4 ans, quand ils ont acquis de la vigueur, on les transplante vers le commencement du printemps , ayant soin, lorsqu'on les enlève, de laisser le plus de terre qu'il est possible sur les racines.

LE CEDRE DU LIBAN, l'un des plus beaux arbres de la nature, qui s'élève quelquefois à plus de trente mètres , et dont le tronc acquiert jusqu'à 10 à 12 mètres de circonférence. Il vit un grand nombre de siècles ; son accroissement est lent pendant les 8 ou 10 premières années, puis, il devient très-rapide. Le Cèdre se plaît dans les terrains graveleux et un peu secs, il résiste aux hivers rigoureux de nos climats, mais il convient cependant de l’abriter quand il est jeune. On sème les graines au commencement d'avril, dans des terrains ou dans des caisses remplies d'un terreaụ mélangé de sables et très-divisé en ayant la précaution de ne les couvrir que légèrement. On garantit les jeunes plants du soleil, el Ol

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