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ne les plante à demeure que quand ils ont atteint l'âge de cinq à six ans. C'est la saison dų printemps que l'on choisit de préférence, et il faut avoir grand soin que leur flèche ne soit ni rompue ni en endommagée.

Le Cèdre croît sur le Mont-Liban, mais il n'y est pas aujourd'hui très-commun. M. Ia Billardière qui a voyagé dans ce pays, en fixe le nombre à environ cent. Le plus gros, suivant ce voyageur , a 9 mètres de tour. M. Desfontaines conseille de multiplier cet arbre dans nos forêts , dont il feroit un des , plus beaux ornemens. Il cite &plusieurs individus en France qui donnent de bonnes graines : tels sont ceux du Monceau, près Pithiviers, et celui du Jardin des Plantes , à Paris.

L'introduction du Cedre dans nos cultures forestières me paroit aussi d'une grande importance, et cette culture ne seroit peut-être pas aussi difficile qu'on se l'imagine. Il suffiroit d'en planter de jeunes plants à des grandes distances, dans des terrains propices. La propriété qu'il a d'étendre beaucoup ses branches et de se reproduire naturellement des semences qu'il laisse tomber, ainsi que je l'ai remarqué dans les plantations de Duhamel , donneroit l'espoir de former des forêts à peu de frais.

Pin. Pinus. L'auteur en décrit 15 espèces, dont les plus répandues en France sont le Pin Sylvestre et le Pin maritime. « Les Pins, dit-il, se distinguent des Sapins et des Mélèzes , par leurs feuilles plus allongées, et qui sortent deux à deux ou en plus grand nombre d'une même gaine; par les écailles des contes dont le sommet est élargi, ei taillé en pointe de diamant. Ils habitent les climats froids et tempérés, et il est très-rare d'en rencontrer dans les pays très-chauds.

« Quand on en veut faire des cultures d'une

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passer la herse

grande étendue, on laboure avec soin la terre des tinée au semis , et lorsqu'elle est bien préparée, on y jette la semence seule , ou bien ce qui est préférable, mêlée avec 7 ou 8 fois autant d'avoine, de graine de genêt ou de jonc marin, et on y

fait à plusieurs reprises. Les plantes qu'on a semées avec les Pins leur servent d’abri, et les garantissent de l'ardeur du soleil, qui leur est nuisible. Les semis de Pin se font en novembre et en avril. Il ne faut pas craindre de semer épais , parce que les jeunes plants s'abritent mutuellement , et qu'on peut toujours les éclaircir au bout de quelques années. Si l'on vouloit se dispenser de labourer la terre, on pourroit creuser çà et là, avec la pioche, de petites fosses ou l'on déposeroit 8 à 10 graines ensemble que l'on recouvriroit légèrement. On sème aussi des Pins avec succès au milieu des broussailles, des fougères et des bruyères.

« Ces semis ne demandent presqu'aucun soin; il ne faut ni les sarcler ni les labourer. On doit préserver la graine, nouvellement semée, des oiseaux qui en sont très-avides, et en éloigner le bétail. Si la graine ne lève pas, dès la première année, il faut attendre, et ne pas labourer le semis pour y faire d'autres cultures. Duhamel dit qu'il a vu le Pin maritime ne lever qu'au bout de 4 ans.

Il y a en France, et particulièrement dans la ci-devant Bretagne, des Landes d'une immense étendue, condamnées depuis des siècles à la stérilité, ou les Pins d'Ecossé et de Bordeaux réussiroient infailliblement. On pourroit , en y établissant la culture de ces arbres, fertiliser ces terrains déserts qui ne produisent que des bruyères.

« On transplante les Pins à l'âge de deux ou trois ans, parce ce qu'il est plus aisé alors de les enlever en motte et qu'ils reprennent plus facilement. Si on vouloit les conserver quelque temps sans les planter, on pourroit user d'un moyen , que j'ai indiqué à l'article des Sapins , qui consiste à tremper , à plusieurs reprises , les racines dans de la terre delayée avec un peu d'eau. On doit toujours préférer le prin. temps à l'automne pour transplanter des Pins, des Sapins , et autres arbres de la même famille. Le moment le plus favorable est celui où ils commencent à entrer en séve. »

L'auteur parle ensuite de l'élagage des Pins qui leur est nuisible, mais qu'on peut employer quand il est indispersable pour pénétrer dans une planta tion. On commence, lorsque les arbres sont parvenus à l'âge de 8 à 10 ans, par couper l'étage inférieur des branches, puis, i ou 2 ans après, on en couperoit un second, ainsi successivement jusqu'à la hauteur de 2 mètres au dessus du sol. Les mois d'octobre et de novembre sont ceux qu'il faut choisir pour cette opération , parce qu'alors le mouvement de la séve est suspendu et que l'écoulement résineux est peu considérable. Les Pins, ajoute-t il, étant en général peu délicats sur la nature du sol, on pourroit en planter dans plusieurs endroits de nos forêts ou les Chênes et beaucoup d'autres arbres ne réusissent point.

Nous ne suivrons pas plus loin M. DESFONTAINES dans les détails qu'il donne sur les Pins; c'est dans l'ouvrage même qu'il faut en prendre connoissance.

Le lecteur y trouvera décrites toutes les espèces que nous possédons en France, celles qu'il seroit important d'y multiplier, et les instructions nécessaires pour en suivre la culture. Mais nous ne terminerons pas cet article sans dire, que si l'histoire des arbres et arbrisseaux que nous annonçons est utile aux sa

vans et aux différentes classes de cultivateurs, elle est indispensable aux forestiers jaloux, de se mettre au niveau des connoissances acquises sur les arbres qui peuplent nos bois.

BAUDRILLART.

No. 2. Procédés sur les plantations de Pins

sauvages dans les plaines arides de la Champagne.

La Bibliothéque Physico-économique contient, dans le Numéro de mai , l'extrait d'une lettre de M. de VILLARSY, propriétaire dans le département de la Marne, sur les plantations de Pin dans ce départenient. Comme les faits qui y sont rapportés sont d'un grand intérêt pour la multiplication de cet arbre dans les terrains crayeux, nous allons la faire connoître, et y joindre les observations dont celle culture nous paroit susceptible.

Colligny, près Vertus , (Marne.) le 13 mars 1809.

siècle que,

« Je désire beaucoup que vous vouliez bien avoir la complaisance de consigner dans votre intéressante et utile Bibliothéque Physico-économique, une anecdote agricole qui peut être utile dans tous les pays semblables aux plaines de la Champagne. Il y a un

dans tout le terrain qui compose le département de la Marne, il n'existoit aucun Pin sauvage. Un Propriétaire qui voulut embellir un petit còleau, vis-à-vis de son habitation, fit venir, du côté de Besançon, de jeunes Pins , qui prospérèrent fort bien ; ils portèrent graine , et l'on en vit d'autre s'élever à leurs pieds. En 1720, des propriétaires firent lever de ces jeunes arbres, et les firent porter dans leurs domaines. Cette culture, d'elbord de curiosité,

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se propagea insensiblement. Un de mes parens en planta en une vingtaine d'années 60 arpens , qui ont fourni des arbres magnifiques, dont on a fait des båtimens. Ces plantations fourmillent maintenant d'une quantité, pour ainsi dire innombrable, de jeunes Pins, propres à être levés en motte, et transplantés sur d'autres propriétés ; ainsi, de proche en proche, le Pin sauvage , jadis totalement inconnu dans la Champagne , finira , avec le temps et le zèle des propriétaires instruits , par couvrir et embellir ses vastes plaines. Depuis 3 à 4 ans, je connois au moins 160 mille Pins sauvages , que l'on nomme ici Sapins déplantés. De simples laboureurs font jusqu'à 4 lieues pour en aller chercher. Le département de l'Aube en a déjà tiré 20 mille , dont partie a été plantée sur la terre de M. de Jessaint , Préfet de la Marne , homme infiniment respectable, et par ses connoissances administratives et par ses expériences agricoles en tous genres. Moi, j'en ai planté 12 mille, et j'ai déjà 10 mille trous de faits à l'avance pour en recevoir d'autres.

« M. de Cernon, notre véritable OLIVIER DE SERRES, Champenois, à qui la Société d'agriculture vient de décerner une médaille d'or, n'avoit, lorsqu'il devint propriétaire de sa terre, que 10 Pins d'Ecosse, comme arbustes d'ornement et de curiosité; il en a maintenant plus de 60 arpens, et il fournir plusieurs centaines de milliers de plants; on en voit d'autres qui viennent d'eux-mêmes

. Il existe maintenant dans le département de la Marne, sept à huit pépinières de Pins sauvages

d'environ cinquante à soixante arpens chacune, et tout ce qui se plante maintenant de ces arbres utiles, deviendra de nouvelles pépinières avant une vingtaine d'années,

Jugez de ce que peut, pour l'amélioration de

peut fournir

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