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l'agriculture dans un pays, l'introduction d'une espèce d'arbres; de quelle utilité une expérience peut être pour les générations à venir. J'ai fait venir des graines d'Epicéas et de Pins sauvages, des Sécheries Kaiserslautern , département du Mont - Tonnerre; elles ont bien réussi , et je vais en semer cette année une grande quantité. J'ai formé, le premier dans le département, une pépinière de Mélèzes que je m propose de multiplier ; aucun n'a péri cet hiver. Je vais augmenter chaque année ces pépinières , et chercher à faire rivaliser les Mélèzes avec nos sapins.

« Je me propose de vous adresser de temps en temps quelques observations sur la culture de notre département, où les plantations, les troupeaux Mérinos , et les prairies artificielles sont pris en grande considération; ou un de nos propriétaires a 400 arpens de Pimprenelle, et 600 autres arpens, tous en Sain- ; foin, Luzerne, Trèfles , etc.; cela peut, je crois compter , car il est tel département, en France, qui ile renferme pas plus , sur tout son territoire, de ces prairies artificielles, que ce cultivateur (M. TURRIN) sur ses propriétés.

« Quoique M***, peigne notre département par le seul mot désert, les habitans de ce désert iravaillent à le rendre productif; et un motif de gloire pour eux, c'est de voir dans la même année, la Société d'agriculture de la Seine, qui récompense les cultivateurs de tout l'Empire, accorder deux médailles d'or, sur quatre qu'elle avoit à distribuer, à des cultivateurs Champenois. »

M. de Villarsy ne dit point s'il a fait des semis à demeure avec le Pin sauvage. Il paroît que ce mode de multiplication ne réussit pas en plaine dans la craie, et qu'il est indispensable d'élever cet arbre en pépinière pour le transporter en motte sur le terrain à planter. Des essais ont été faits par un grand pro

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priétaire de ce département , qui connoît très bien la culture des bois. Ils ont eu lieu dans des remises ; c'est-à-dire dans des endroits déjà plantés, et qui offroient par conséquent des abris contre les ardeurs du soleil. Les semences levèrent bien , et passèrent l'année sans souffrir beaucoup. Mais les gelées de l'hiver suivant, ayant soulevé cette terre crayeuse qui a la propriété d'absorber beaucoup d'humidité, les jeunes plants se trouvèrent déracinés, et périrent en totalité. Cet effet n'a pas lieu dans les semis naturels , qui s'opèrent au moyen des semences tombées des arbres dans les bois plantes de Pins ; sans doute parce que les abris y sont plus nombreux,

parce que la terre a plus de fermeté, et qu'elle se gonfle moins par l'effet des gelees; enfin, parce que les feuilles mortes et le gazon protègent et fixent mieux leurs racines. Mais quelle qu'en soit la cause , il est certain

que les bois de Pins sauvages, dans la Champagne , produisent des milliers de plants qui s'élevant spontanément , garnissent ces bois d'une manière trèsserrée, et fournissent un grand nombre de sujets pour des plantations nouvelles.

Le Pin sauvage va devenir , non-seulement pour la Champagne, mais encore pour d'autres parties arides de la France, une essence précieuse qui en recouvrira l'affligeante nudité, et y portera la fraieheur. ainsi que tous les principes de fécondité. C'est un arbre dont on a trop long-temps négligé la culture dans nos tristes bruyères, et qu'il est temps de venger d'un oubli qu'il est si loin de mériter. Les sables et les montagnes le réclament et les heureux essais qui y ont été faits garantissent de nouveaux succès. Depuis peu d'années, il en a été semé des quantités de graines considérables dans les dépertemens voisins du Rhin, et dans ceux de l'intérieur. Partout il a réussi presque sans culture. Cependant une expérience faile, dans

qui dit

le département de la Seine-Inférieure, sur un terrain sablonneux, a constaté qu'il venoit mieux lorsque la terre avoit été légèrement labourée, que lorsqu'on s'étoit contenté de la herser ; même avec une forte herse de fer, à plusieurs reprises et en sens contraire. Cet exemple confirme le précepte de Burgdorff,

que dans toutes les espèces de cultures du Pin, et même lorsqu'il s'agit d'en favoriser les ensemencemens naturels, il faut, dès l'été ou en automne faire un léger labour sur le terrain destiné à recevoir les semences. Il excepte cependant les sables où il faut se contenter de faire passer la herse. Au reste , on ne doit pas perdre de vue ce principe que toutes les graines résineuses se contentent d'un terrain superficiellement préparé, et qu'on ne doit les recouvrir que légèrement.

B. S. 4. Question proposée pour l'amélioration des

bruyères, marais et terrains vagues de l'arron- I. dissement de Cleves. (Département de la Roër.)

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La situation avantageuse de l'arrondissement de Clèves, le plus septentrional de l'empire, ( et que la Meuse traverse à l'ouest dans toute son étendue, du Midi au Nord , tandis que le Rhin , qui coule dans la même direction, lui sert de limite à l'Orient) doit faire naitre le désir de voir augmenter , par la plantation des terrains improductifs de cet arrondissement, la quantité des bois qu'il offre déjà , et qui presenteroient alors de plus grandes ressources à l'Etat, aus besoins du pays, aux arts , ainsi qu'au commerce.

L'arrondissement de Cléves contient 156,500 hectares ( plus de 78 lieues carrées ) de superficie ; et sa population qui, en 1789, n'étoit que de 74,000 ames, s'élevoit déjà , en 1804, à 90,000.

; que l'on

Quelques personnes altribuent , en grande partie , cette augmentation, d'environ un cinquième dans la population ( augmentation qui s'est fait également sentir dans l'arrondissement de Clèves, ) aux défrichemens qui ont eu lieu, dans ces deux arrondissemens , depuis la vente d'une partie des terres vagues qu'ils contiennent , et dont la loi du 3 frimaire an 7 (1799) a autorisé l'aliénation.

Le gouvernement Prussien et l'administration de l'ancien électorat de Cologne avoient déjà fait défricher beaucoup de terrains dans les arrondissemens de Cleves et de Creveld. C'est aux encouragemens qu'ils ont accordés à de pareils travaux doit le défrichement d'une grande partie des bruyères de Goch et de Boningerhardt. Le premier a été effectué, sous le Grand-Frédéric, par les habitans du Palatinat, qui, en 1745, voulurent porter leur industrie en Amérique. Ils s'étoient déjà rendus en Hollande , mais n'ayant pu obtenir les secours que l'Angleterre leur avoit promis pour le trajet , ils cherchèrent un asile dans le pays de Clèves. Le gouvernement d'alors les reçut à bras ouverts , et abandonna à leur industrie la bruyère de Goch. ?ls répondirent à cette bienveillance, en faisant produire des grains, des légumes et des fruits , à une terre qui n'avoit jamais donné que des ronces, ; vingt ans à peine étoient écoulés, que ce terrain se trouva changé en un champ fertile: la reconnoissance a donné le nom de PFALZDORF, c'est-à-dire , village de Palatins, à l'endroit ou ces laborieux colons fixerent leur domicile.

La bruyère de Boningerhardt n'a pas répondu aussi bien aux travaux qu'elle a nécessités , parce que son sol n'est pas si argileux que celui de Pfalzdorf; cependant les hêtres et d'autres arbres y ont parfai – iement réussi : on a défriché, avec succès, celle qui

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est située entre Dülken et Bracht, dans l'arrondissement de Creveld.

On compte , dit-on, dans celui de Clèves (ou se trouvent Goch et Pfalzdorf, dont nous venons de parler ) plus de 70,000 hectares de bruyeres , marais, et terrains vagues , dont le produit net s'élève pas , dit

à 70,000 francs , et qui pourroient facilement rapporter un million de revenu (1).

La société d'émulation et d'agriculture de Clèves considérant qu'il n'est pas de questions à laquelle puissent se rattacher de plus puissans intérêts agronomiques , pour ces contrées, a proposé dans sa séance du 21 avril dernier d'examiner : Quels sont les moyens de rendre les bruyères, terres marécageuses ,vagues vaines, le plus et le plus promptement productives.

Et a annoncé devoir décerner, dans sa séance du 15 mai 1810, un prix qui consistera, au choix de celui qu'on en jugera digne, dans une médaille d'or de la valeur de 300 francs, ou une médaille d'argent de 50 francs , et 250 francs en numéraire.

On se persuadera d'autant plus aisément de la possibilité de planter en bois une partie considérable de ces terrains, que beaucoup d'entre eux se trouvent placés au nord et au sud-est de la forêt de Clèves , qui , bien plus considérable autrefois, s'étend cependant encore depuis Gueldres au midi et Xanten à l'est, jusqu'à Clèves au nord, ayant à l'ouest la frontière du royaume de Hollande.

(1) Nous avons peine à croire à l'exactitude de cette évaluation : il est, en effet , invraisemblable qne

l'arrondissement de Clèves , qui ne contient au total que 156,500 hectares , en ait près de moitié, en bruyères, murais, et terrains in. cultes.

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