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décesseur d'Urbain VI, voyant l'État de l'Église en butte à toutes sortes de dissensions à cause des partis qui profitaient de l'absence du pape, dont les légats, les nonces et les autres représentants étaient exposés à n'importe quelles injures et à d'autres choses bien pires encore, décida de retourner à Rome avec la curie, la cour et la famille pontificale. Dans ce but, le 10 septembre 1376 il quitta Avignon, laissant six cardinaux dans cette ville.

Après tant d'années le pape rentrait avec beaucoup d'éclat à Rome le 17 janvier 1377, s'adonnant tout de suite à rétablir la résidence du souverain pontife. Cependant, dans sa manière de gouverner, Grégoire XI n'était pas obéi par les Romains, qui s'opposaient à chacun de ses ordres, ce qui le rendait fort triste, d'autant plus que les villes rebelles, loin de se soumettre, comme elles l'avaient promis, continuaient dans leur révolte. Dans cet état de choses le pape avait pris la décision de faire retour à Avignon, poussé par les cardinaux français et où il espérait être accueilli avec une plus grande vénération.

Avant pourtant d'accomplir ce projet il disposa, par le moyen d'une bulle, que son successeur aurait été élu à Rome ou dans tout autre endroit où il eût été possible de rassembler le plus grand nombre de cardinaux.

Après cela, accablé par les souffrances de la maladie des calculs qui le tourmentaient, très malade pendant la nuit du 27 au 28 mars 1378, il mourut à l'âge de quarante-sept ans, après avoir gouverné un peu plus de sept ans l'Église. Par un accident vraiment étrange, le jour même de sa mort, par suite d'un incendie casuel, le feu détruisit le palais apostolique d'Avignon.

Les écrivains italiens et français ont écrit de ce pape d'une manière très peu flatteuse. Les derniers, parce qu'il avait transporté nouvellement à Rome la résidence papale; les premiers, parce qu'ils pensaient, avec raison, que Grégoire serait retourné à Avignon sans prendre soin des intérêts du siège de Rome.

Il importe aussi de remarquer que ce pontife fit deux promotions de cardinaux et toutes les deux à Avignon. Dans la première il en nomma douze, dont dix français, parmi lesquels il s'en trouva cinq du Limousin, qui appartenaient à son même pays et qui étaient de ses parents, tâchant ainsi de contre-balancer l'autorité des vieux cardinaux qui le dominaient hardiment le sachant doué d'un caractère très faible.

Dans la deuxième promotion il créa douze cardinaux, savoir, huit français, un romain, un milanais, un génois, un espagnol, qui fut dans le temps l'antipape Benoît XIII, succédé à l'autre

antipape Clément VII et cause du fameux schisme d'Avignon.

De ces vingt-quatre cardinaux, cinq étaient cousins de Grégoire XI qui, tout en aimant beaucoup ses parents, ne leur fut pas aussi prodigue que Clément VI son oncle.

Néanmoins, ayant constamment à ses trousses son père, ses frères et ses neveux, s'il n'augmenta pas de beaucoup leur fortune, poursuivi continuellement par eux, il accorda toutefois un grand nombre de grâces, qui ne furent pas toujours sagement distribuées. De plus, il avait un penchant trop marqué pour ses compatriotes.

Dans cette condition de choses, l'élection d'Urbain VI eut lieu de la manière que nous allons raconter.

II.

Urbain VI.

Grégoire XI mourut en 1378. Il s'agissait alors de l'élection du nouveau pape, et le clergé ainsi que le peuple de Rome accoururent auprès des cardinaux en les suppliant, pour le bien de l'Église romaine et pour la gloire du nom chrétien, de choisir, surtout dans ces temps calamiteux, un illustre personnage italien. Ils craignaient que, si le choix fût tombé sur un français, celui-ci

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n'eût transporté la cour en France, produisant ainsi d'énormes dommages à Rome et à l'Italie tout entière; car durant l'éloignement du pontife on avait vu l'État de l'Église tombé au pouvoir de tyrans, Rome et l'Italie affligées par des fléaux continuels et les églises de Rome abandonnées et pour la plupart ruinées.

En apercevant le Saint-Siège ainsi réduit, les couvents et les lieux sacrés devenus le bercail des bestiaux, tout zèle religieux s'était refroidi dans la chrétienté qui jadis accourait en masse à Rome et qui maintenant n'allait plus visiter les tombeaux des martyrs. Il était donc nécessaire que le pape, ayant quitté sa patrie, résidât dans la ville que Saint Pierre avait choisie pour sa demeure. Ensuite les pasteurs de l'Église, se rappelant les préceptes de Jésus-Christ et les exemples de leurs prédécesseurs, devaient soigner les âmes des chrétiens et en même temps ne rien négliger pour reconquérir et conserver le patrimoine de Saint-Pierre qui s'étendait en Toscane, en Sabine, dans la Campanie, dans l'Ombrie, dans les Marches et dans les Romagnes et qui pendant l'absence des papes avait été occupé par plusieurs tyrans.

. En outre, la dévotion des peuples s'était tellement affaiblie qu'ils ne se rendaient.plus à Rome pour visiter les corps des saints.

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Le remède à tous ces maux c'était l'élection d'un pape italien.

Impressionnés par cet ensemble de circonstances, les cardinaux répondirent qu'ils auraient élu une personne digne, qui, sans faire distinction d'individualité ni de nationalité, gouvernerait l'Église en suivant l'exemple du Sauveur, attirant à Rome l'affluence des fidèles et améliorant ainsi ses conditions. Le clergé et le peuple pouvaient donc se tranquilliser par la considėration que rien n'aurait été entrepris par les cardinaux qui ne fût en l'honneur de Dieu pour le bien de l'Église romaine et de la chrétienté.

Le Conclave était réuni près de Saint-Pierre et les portes du Vatican se trouvaient bien surveillées par un grand nombre de gardes et de soldats, qui devaient empêcher que quelque tumulte populaire ne troublât l'élection.

Mais pendant que le scrutin des votes allait commencer, une grave querelle s'éleva tout à coup parmi les cardinaux, par le fait qu'il y en avait treize français qui auraient désiré un des leurs, et quatre italiens, dont un Orsini, qui souhaitait vivement de réussir à la papauté. En même temps, un différend encore plus accentué se manifestait parmi les cardinaụx limousins et les autres français, les premiers comme les seconds voulant un pontife de leur parti.

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