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analysant plus particulièrement la situation actuelle pour en prévoir les conséquences de l'avenir, c'est-à-dire du Conclave et du pape futurs.

Cette troisième partie, ecclusivement politique, pose la question dans ses vrais termes, j'entends si oui ou non et dans quelles circonstances le pape doit être italien.

PREMIÈRE PARTIE

RAISON HISTORIQUE

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1.

Fausse supposition.

L'opinion à peu près universelle est que les papes ont publié des bulles ou des constitutions par lesquelles le Sacré Collège se trouvait obligé à n'élire que des pontifes italiens. A ce propos il y a deux croyances: l’une, que les prescriptions soient venues après la mort de Grégoire XI, Roger, français; l'autre, que les bulles aient été publiées après la mort d'Adrien VI, d'Utrecht (Hollande).

Ni l'une ni l'autre de ces croyances n'a un fonds de vérité; aucun acte n'a jamais été publié par les papes à ce sujet. Il est seulement une tradition qui débuta, mais avec une interruption par la mort de Grégoire XI, c'est-à-dire avec le retour des papes d'Avignon.

Voici comment les choses se passèrent.

L'élection d'Urbain VI, ainsi qu'on le verra par les quelques indications que je crois nécessaire de toucher quoiqu'en passant, est vraiment la cause originaire de la coutume de l'élection des papes italiens.

Il serait inutile de le cacher; le motif principal a été la question du pouvoir temporel, qui pendant la résidence des papes à Avignon non seulement perdit entièrement son prestige, mais tous les petits princes, les comtes, les barons, à qui le pape avait donné l'investiture, s'avisèrent bien de se rendre indépendants et de s'emparer des autres biens de l'Église.

A la suite de ces désordres, le peuple et le clergé de Rome, étant les premiers à souffrir de l'éloignement et par conséquent du mauvais état dans lequel les papes avaient réduit l'Église et ses biens, poussèrent les choses au point de déterminer d'en finir avec un tel état de choses.

Il est vrai aussi que la réussite de l'élection d'un pape italien, après la série des papes français, a été produite par maintes discordes; mais il n'est pas moins vrai que le but principal visé par la partie la plus sage du Sacré Collège était de rompre la suite de ces nominations, qui, par le fait même des temps, ne servaient qu'à créer des embarras à la religion.

Cela est tellement certain, que Grégoire XI, pré

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