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promettré l'issue des négociations pour une chose qui, en ce moment n'avait plus la même importance ; et j'ai demandé à quelques personnes qui ont une grande influence ici, de ne pas perdre l'occasioni d'arriver à un commencement d'eritente directement avec l'Italie, sans intervention d'aucune puissance étrangère. Tous m'ont répondu que j'avais bien raison, mais ils n'ont sans doute pas jugé més cofiseils praticables puisque aucun d'eux ne les a suivis.

Pour en terminer avec cette affaire j'ai l'honneur d'envoyer ci-joint à Votre Excellence les articles publiés par le Gouvernement de sa Sainteté à ce sujet dans le jourtial de Rome (Giornale di Roma numéro 146, 30 juin 1865.)

Signé : PACHECO.

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M. Bermudez de Castro à M. Pacheco.

Madrid, le 20 juillet 1963. Monsieur, j'ai reçu la dépêche de votre Excellence n° 87 en date du jer de ce mois et j'ai lu avec intérêt ce qu'elle m'a écrit au sujet de la négociation suivie à Rome par M. Vegerzi au nom du Roi Victor Emmanuel ainsi que des causes qui ont mallieureusement empèché que cette affaire fat terminée d'une façon satisfaisante.

Il faut espérer que les obstacles qui ont rendu impossible, à la dernière heure, une entente presque déjà établie, serotit écartés à Florence et que cette entente se réalisera dans les conditions acceptées par le plénipotentiaire italien lors de son premier séjour à Rome.

Je crois avec Votre Excellence que la négociation est simplement ajournée mais non rompue et quand il y aura lieu de la renouer, l'ambassadeur de S. M. C.... à Rome ne restera pas sans instruction, comme cela est arrivé cette fois-ci, elles seront de nature à lui permettre de contribuer à une solution favorable de la question.

Signé : BERMUDEZ DE CASTRO.

. Zea Bermúdez de Castro, chargé d'affaires à Rome,

à M. Bermudez de Castro.

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Rome, le 23 septembre 1865. M. le Ministre, ainsi que j'ai eu l'honneur d’en informer Votre Excellence par dépêche, télégraphique, Sa Sainteté a quitté, le 13 courant, sa résidence de Castel-Gandolfo, pour retourner définitivement à

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la capitale où Elle a été reçue à son entrée avec de vifs témoignages de vénération et d'affection par la partie la plus distinguée et la plus importante de la société romaine.

Sa Sainteté est revenue dans un état de santé très-satisfaisant si l'on considère son âge avancé, et tout le monde a remarqué la sérénité de ses traits.

J'ai à mañder aujourd'hui à Votre Excellence ce que j'ai appris de source certaine au sujet de la division française,

Il n'est pas exact qu'une partie des troupes impériales ait déjà été retiréé des États-Pontificaux, mais il est probable qu'elles le seront bientôt.

La France, d'après mes informations, aussitôt que le terme de la Convention franco-italienne sera arrivé, remplira strictement et littéralement ses engagements et évacuera, en conséquence, le territoire pontifical. Mais, dans les régions officielles de l'Empire. Tout en partant du principe de l'abandon du territoire, on en est à débattre le système

qui serait le mieux approprié pour mettre ce projet à exécution; devra-t-on retirer toute la division en bloc dès que le terme fixé par la convention sera expiré, ou réduire successivement et retirer les troupes au fur et à mesure?

Le premier système a été constamment appuyé et défendu par certaines personnes et, en particulier, comme on le comprend facilement, par les militaires parmi lesquels il faut citer le général commandant la division, le comte de Montebello.

Mais le second système a toujours eu un plus grand nombre de partisans dans les régions gouvernementales et a prévalu en définitive comme étant le plus rationnel et le plus favorable au SaintSiége lui-même.

Cette marche étant décidée et définitivement adoptéé, d'après des nouvelles dignes de foi, il est probable et presque certain qu'on commencera promptement à évacuer le territoire. Mais il n'est pas facile de préciser dès aujourd'hui l'époque à laquelle le premier départ des troupes aura lieu, car les instructions nécessaires à cet effet ne sont point encore arrivées à Rome.

De toute façon, on croit qu'elles ne tarderont pas à étre expédiées et on mettra aussitôt ledit plan à exécution, en retirant d'abord les troupes échelonnées sur les frontières napolitaines qui seront alors défendues par l'armée papale.

Mais je dois faire observer à Votre Excellence que le Gouvernement pontifical n'avait encore, à la date d'hier, aucune connaissance du jour où l'évacuation du territoire devrait commencer et que beaucoup de personnes sont encore persuadées que la France n'y donnera aucune suite.

En ce qui touche l'armée papale, bien qu'on n'ait rien fait pour compléter ses cadres, elle sera, comme je l'ai dit à Votre Excellence dans ma précédente dépêche, dans de meilleures conditions qu'elle n'était, malgré la situation du Trésor pontifical qui rend toute réforme difficile.

Pour le reste, on ne s'aperçoit pas jusqu'ici que le Gouvernement se prépare aux éventualités qui peuvent survenir. La sérénité et la tranquillité d'âme du Saint-Père, conséquence de la profonde foi qui l'anime, est généralement remarquée.

Signé : F. DE ZEA BERMUDEZ.

M. Bermudez de Castro, à M. de Zea Bermudez de Castro,

chargé d'affaires à Rome.

San Ildefonso, le 6 octobre 1865. Monsieur, j'ai lu avec intérêt votre dépêche no 143, du 23 septembre dernier, par laquelle vous m'informez entres autres nouvelles politiques, de la prochaine évacuation de Rome par les troupes françaises et de la manière dont on pense qu'elle sera effectuée.

Le Gouvernement de la Reine désirerait savoir aujourd'hui, quel est l'esprit de la population romaine et quelles conséquences pourrait amener l'évacuation des troupes impériales, évacuation définivement résolue.

Je vous serai également obligé de me faire connaître si, dans votre opinion, l'armée pontificale sera suffisante pour assurer la tranquillité intérieure et réprimer les désordres qui pourraient éclater å Rome ou dans les provinces.

Signé : BERMUDEZ DE CASTRO.

Le marquis de Lema à M. Bermudez de Castro.

Paris, le 2 octobre 1865. Monsieur le Ministre, la convention du 15 septembre doit recevoir ces jours-ci un commencement d'exécution. Au mois de novembre s'effectuera lentement mais progressivement, l'évacuation des troupes françaises qui occupent le territoire romain. Cette mesure a été annoncée officiellement au Cabinet de Florence et au Gouvernement pontifical.

J'ai causé hier avec le Ministre des affaires Étrangères de cette affaire. On avait débattu il y a quelque temps dans le conseil des Ministres la question relative à la sortie des troupes françaises d'Italie. Il s'agissait de savoir quel était le parti le plus prudent: s'il fallait s'arreter à l'évacuation successive ou à l'évacuation en masse au jour fixé par la Convention de Paris. Il n'était pas aisé de prendre une résolution. On alléguait d'un côté, qu'en diminuant peu à peu l'effectif de l'armée, on permettait au Saint-Père de pourvoir à sa sécurité sans secousses et sans troubles : on disait que, tant qu'on ne procéderait pas à un commencement d'exécution, le Gouvernement pontifical ne prendrait aucune précaution pour se défendre et que ni à Rome, ni en Italie, on ne croirait à la feriae résolution du Gouvernement français de remplir ses promesses; on assurait, enfin, que le seul fait de voir s'embarquer en masse un corps d'armée, donnerait un nouvel aliment aux idées révolutionnaires et amènerait une explosion générale de la part des mécontents à Rome. La prudence et la loyauté conseillaient donc l'évacuation graduelle.

Au contraire, les partisans du système opposé soutenaient qu'on courrait un grand danger en diminuant progressivement le nombre des troupes : qu'il arriverait un moment où il resterait à peine trois ou quatre mille hommes dans les Ètats Romains, et que si, alors, l'impatience du parti de l'action le poussait à faire une tentative contre le territoire pontifical, les Français attaqueraient avec désavantage; ils pourraient essuyer une défaite, un échec .

et une fois l'honneur du drapeau engagé, il n'y aurait pas de raison pour ne pas prolonger une occupation dont les inconvénients déjà grands aujourd'hui s'aggraveraient considérablement et indéfiniment.

C'est entre ces opinions que l'Empereur a hésité quelque temps; mais il a pensé que les inconvénients de l'évacuation progressive seraient moindres. Il y avait en outre une considération décisive à faire valoir à cet égard : la nécessité où l'on croit être de faire connaître au monde et en particulier à la Cour de Rome que la France est fermement décidée à remplir loyalement les stipulations de la Convention du 15 septembre.

Un autre motif important a inspiré l'Empereur. Le Gouvernement pontifical consulté par l'Ambassadeur de France au sujet des deux alternatives, a répondu par l'organe du cardinal Antonelli que l'évacualion lente et progressive des troupes françaises lui paraîtrait préférable. Il sera ainsi à même de s'y préparer peu à peu; les forces pontificales occuperont successivement les points abandonnés par les troupes françaises et lorsque la dernière période de la Convention sera arrivée, il ne se produira pas cette perturbation qu'aurait eu

ARCH. DIPL. 1866

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pour conséquence le retrait en masse d'un corps d'armée considerable.

Ainsi que je l'ai annoncé à Votre Excellence, les premières colonnes s'embarqueront à Civita-Vecchia vers le commencement de novembre. Personne ne sait quelle sera l'importance de ce premier convoi, et je crois que le nombre n'en est pas encore fixé. Ce qu'il y a de certain, c'est que l'évacuation aura lieu aussi lentement que possible. Il reste encore une année à courir et je pense qu'on fera partir environ mille et quelques hommes chaque mois.

Les troupes françaises exécuteront leur mouvement de concentration sur Civita-Vecchia, Viterbe et Rome.

Les forces pontificales les remplaceront sur les frontières des Marches et des États napolitains. Le Gouvernement italien s'engage à surveiller ces frontières et à empêcher toute tentative contre les garnisons qui s'y trouvent.

J'ai demandé à M. Drouyn de Lhuys, s'il était intervenu quelque arrangement au sujet de la partie de la dette pontificale dont le Gouvernement italien doit se charger, conformément aux stipulations du 15 septembre. Il me répondit que jusqu'ici rien n'avait été arrêté, le Saint-Siége ayant toujours opposé de l'inertie et de l'indécision aux instances continuelles de la France. Aussi ajouta-t-il que, fatigué de voir ses intentions si mal comprises et ne voulant pas être davantage mêlé à une affaire qui importe seule au Gouvernement ponfifical, il avait donné l'ordre à l'Ambassadeur de l'Empereur à Rome de sus pendre son action et d'attendre l'initiative du cardinal Antonelli.

L'évacuation graduelle, mais complète, de façon qu'il ne reste plus un seul soldat français sur le territoire romain, à l'expiration du délai fixé par la Convention, est donc une chose irrévocablement décidée. Sur ce point il n'y a ni doute ni discussion. Et M. Drouyn de Lhuys lui-même, qui s'est montré jusqu'ici si favorable au Saint-Siége, ma assuré qu'il croyait l'honneur de la France engagé à ce que le traité reçoive son exécution exacte et ostensible.

Il m'a paru convenable de rendre immédiatement compte à Votre Excellence de la situation de cettre grave affaire, afin qu'elle puisse apprécier les intentions de ce Gouvernement et me communiquer les instructions nécessaires. La ferme résolution qui a prévalu ici ne laisse plus de place ni à des représentations ni à des doutes.

Sur la demande que j'ai adressée à M. Drouyn, de Lhuys quel serait le sort de la Papauté après l'évacuation, le Ministre me répondit que la France suivrait toujours avec respect et intérêt les destinées du chef visible de l'Eglise et que, le Gouvernement italien s'étant engagé à ne pas tolérer la moindre agression contre le territoire pontifical, il suffirait d'une administration médiocrement habile et des forces dont

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