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REMISES LES 30 MARS, 4 Avril,5 ET 18 JUIN 1815,

PR

LE CHEVALIER DE GOMEZ LABRADOR,

AMBASSADEUR DE S. M. C. AU CONGRÈS DE VIENNE,

AU PRINCE DE METTERNICH,

ST AUX AUTRES MINISTRES DES GRANDES PUISSANCES.

No I.

Note du 30 mars.

Vienne, le 30 mars 1815. Le soussigné , ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de S. M. le roi d'Espagne au congrès, a reçu la note en date d'hier, par laquelle LL. EE. monseigneur le prince de Metternich, le comte de Clancarty, le comte de Nesselrode, le baron de Humboldt, et le baron de Wessenberg, lui demandent de faire parvenir à sa cour l'invitation d'accéder au traité signé le 25 de ce mois entre la GrandeBretagne, l'Autriche, la Russie et la Prusse, pour employer toutes leurs forces contre le

nouveau danger dont l'usurpation de Buonan, parte menace l'Europe.

Les efforts faits par l'Espagne au milieu de la sèrvitude presque générale, et la gloire immortelle dont elle s'est couronnée en combattant contre l'usurpateur quand il réunissoit sous ses drapeaux les soldats d'une grande partie des nations du continent, imposeroient au souverain adoré des Espagnols, l'honorable loi de le combattre de nouveau , quand même il fût à présent aussi puissant qu'alors. On ne peut, par conséquent, douter que le Roi s'empressera de prendre part dans la nouvelle lutte entre la légitimité et l'usurpation; lutte qui, quelque difficile qu'elle puisse devenir, ne sauroit jamais l'être autant que celle que l'Espagne entreprit seule, dont elle partagea ensuite pendant plusieurs années les périls et la gloire avec la Grande-Bretagne et le Portugal, et qui fut si heureusement terminée, quand les puissances qui viennent de signer le nouveau traité, et autres, à leur exemple, réunirent leurs forces , et après un grand nombre d'exploits dont la mémoire ne périra jamais, obligèrent le perturbateur du monde à descendre du même trône qu'il vient d'envahir. . .

Eu égard à ces considérations, et d'après ses

instructions et la teneur de ses pleins-pouvoirs, le soussigné se croit autorisé à accéder sans délai au traité, au nom de son auguste souverain , si l'on entend qu'en force de cette accession, l'Espagne sera considérée partie également principale dans l'alliance que chacune des quatre puissances qui l'ont négociée et signée, de façon que, pour les conventions qui pourront avoir lieu dans la suite , soit pour l'exécution ou le complément dudit traité, soit pour les arrangemens définitifs à faire, une fois obtenu le but de l'alliance, le plénipotentiaire espagnol prendra part à toutes les discussions et conférences, sans réserve ni limitation. Le sens nouvellement attaché à la phrase puissances alliées, et les exemples du traité de Paris et du congrès actuel, font au soussigné un devoir de demander l'éclaircissement indiqué. Si celui qu'il espère recevoir de LL. EE. les ministres des puissances signataires, est conforme à ses veux, le soussigné est prêt à accéder au traité; dans le cas contraire, il doit en référer à sa cour, et attendre ses ordres.

Le soussigné prie LL. EE. d'agréer l'assurance de sa haute considération,

Signé P. GOMEZ LABRADOR.

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1815.

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No II.
Note du 4 avril 1815.
Cette note, qui se trouve page 323 de ce volume,
devroit être placée ici.

No III.
Note du 5 juin 1815.

Vienne, le 5 juin 1815. · Le soussigné, ambassadeur extraordinaire'et plénipotentiaire de S. M. le roi d'Espagne au congrès de Vienne, a cru s'apercevoir qu'il ne seroit pas fait mention dans le protocole des conférences, de celle qui a eue lieu hier au soir, et qu'il regarde lui-même , plutôt que comme une conférence , comme une politesse que MM. les plénipotentiaires d'Autriche , de la Grande-Bretagne, de France, de Russie et de Prusse lui ont faite pour lui communiquer l'acte par lequel ils se sont décidés à terminer leurs travaux , et surtout ce qu'ils ont, lui a-t-on dit, irrévocablement arrêté entre eux seuls sur les droits de S. M. le roi d'Espagne et de S. M. le roi d'Etrurie en Italie , et sur l'ém trange recommandation à faire par un article du traité à S. M. Catholique, concernant la

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cession d'Olivencia au Portugal, affaire dont MM. les plénipotentiaires des puissances indiquées ne se sont sans doute occupés que par erreur , puisqu'il n'appartient pas au congrès de Vienne tout entier, et moins encore à une fraction quelconque du même, de prendre aucune connoissance de ce point. Et , comme il est de la plus grande conséquence qu'il reste, soit dans les protocoles, soit dans les archives diplomatiques, quelque aperçu de ce que le soussigné a exposé hier verbalement, il a l'honneur de le répéter par écrit.

Il a dit que, tout ce qu'il peut faire par égard pour les puissances dont les plénipotentiaires se trouvèrent réunis hier au soir, est de référer à sa cour pour le traité dont on lui donna communication, et qu'en attendant il ne peut pas le signer,

1° Parce que ses instructions lui défendent de signer aucune convention contraire à la restitution immédiate et totale des trois duchés de Parme, Plaisance et Guastalla , comme il eut l'honneur de l'annoncer à S. A. M. le prince de Metternich , dans sa 'note du 4 avril, qui est toujours restée sans réponse , et qui n'a point été communiquée au congrès , malgré la demande expresse qu'elle en contient;

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