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No III. Lettre de Murat à son épouse, écrite le jour

de son exécution (1). Ma chère Caroline ! Ma dernière heure est arrivée. Dans peu d'instans j'aurai cessé de vivre. Tu n'auras plus d'époux , et més enfans n'auront plus de père. Coniserte mon souvenir; ne maudis pas ma mémoire; je meurs innocent. Ma vie d'à été tachée d'aucune sentence injuste. Adieu, mon Achille ! adieû, ma Lætitia! adieu, mon Lucien! adieu, ma Louise ! Montrez-vous toujours dignes de moi. Je vous laisse sans bien et sans royaume, au milieu de mes nombreux ennemis. Soyez constamment unis. Montrezvous supérieurs au malheur, et pensez plutôt à ce que vous êtes qu'à ce que vous avez été. Que Dieu vous bénisse ! Ne maudissez jamais ma mémoire. Rappelez - vous que la plus profonde douleur que je ressens dans mes derniers momens , est de mourir éloigné de mes enfans. Recevez ma bénédiction paternelle, mes larmes et mes tendres embrassemens. N'oubliez jamais votre malheureux père.

Pizzo, le 13 octobre 1815.

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(1) Nous ne garantissons pas l'authenticité de cette pièce, dont des copies ont circulé à Naples et à Rome.

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J'ai passé les Alpes avec une armée de soixante mille hommes, et j'entre dans les plaines d'Italie. ut al pane kanea, esto !

La tyrannie qui vous a opprimés et fait périr votre jeunesse dans les pays lointains du nord et de l'Espagne pour des causes injustes, qui a détruit yotre commerce, qui a converti les champs fertiles de l'Italie en un théâtre de misère, est près de cesser.se

J'ai fermé les passages qui conduisent d'Italie en Autriche; j'ai traversé l'Isonzo , le Tagliamento, la Piave et le Trente, et j'ai réduit vos soldats à un tel état, qu'aucun ne puisse m'échapper. Vérone, Mantoue, Milan, attendent leur délivrance sous peu de jours; le nord, l'orient et l'occident de l'Europe ont sacrifié toutes leurs forces pour l'indépendance de leur pays, et sont libres.

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Cherchez en Russie, en Prusse, en Autriche ou en Espagne, ces François naguère maitres du monde; vous y trouverez des cadavres, des prisonniers, des blessés, les traces des ravages, mais plus aucune force armée ennemie.

Les belles provinces du midi de l'Europe ne veulent plus être exclues de la joie universelle qu'éprouvera le monde par le retour du bon vieux temps, de l'ordre et de la justice. Mon souverain m'a fait l'honneur de me charger de cette tâche. Levez-vous aussi , peuples italiens ! Vous connoissez les moyens de défense que l'ennemi peut m'opposer, vous savez qu'ils sont les derniers. Il y a sous mes drapeaux trente mille hommes qui n'ont pas encore combattu dans cette guerre sainte , et qui brûlent du désir de parlager la gloire des autres. De nouvelles armées se forment de l'autre côté des Alpes. Le sort de l'Italie est décidé. Rappelez à vos enfans que

l'ancienne patrie de la gloire leur a donné le jour, et

que le plus bel honneur est de combattre sous les bannières du plus juste des monarques pour la paix du monde et l'indépendance des peuples.

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DU MINISTRE DES FINANCES

DE BUONA PARTE,
Adressée aux receveurs généraux, en date de

Paris, le 14 avril 1815 (1).

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Une année d'expérience, Monsieur, a suffi pour démontrer que le trône impérial pouvoit seul garantir les nouveaux intérêts de la France, en consolidant les propriétés dans les mains des acquéreurs de domaines nationaux, en préservant les campagnes du rétablissement des dimes, des droits seigneuriaux, des rentes féodales, en un mot, en affranchissant l'empire du despotisme nobiliaire et sacerdotal, dont le sceptre de plomb se préparoit à peser sur nos familles. La Providence a voulu que ce trône se relevât, comme par enchantement, pour assurer l'accomplissement de ses desseins. Tout porte à croire que ses décrets seront respectés par les puissances de l'Europe, et que la France n'aura point à combattre pour son indépendance, lorsque l'empereur a proclamé l'intention invariable de ne point intervenir

(1) Quelques personnes ayant désiré que cette pièce, qui n'a pas paru dans le Moniteur, acquît une plus grande publicité, nous avons cru deyoir la placer ici.

dans les affaires intérieurès des autres peuples

. Néanmoins, la prudence commande de fonder le maintien de la paix sur des moyens assure: pour soutenir la guerre, et il convient à la di: gnité d'une grande nation de justifier sa modé. ration par sa puissance.

C'est dans ces vues qu'a été rendu le décret impérial du 28 mars, qui appelle tous les sousofficiers et soldats qui ont quitté l'armée, pour quelque raison que ce soit, à rejoindre leurs corps. Tous les pères de famille doivent donc

user de leur influence sur tout ce qui les envic ronne, pour concourir à l'exécution d'une dis

position dont le résultat doit être de déployer un appareil de forces qui suffira faire

pour respecter nos droits. Votre dévouement aur intérêts de la patrie et à la personne de notre auguste empereur , m'est un sûr garant de votre zèle à seconder de tout votre pouvoir les vues du gouvernement sur cet important objet

Je vous invite à faire réimprimer ma lettre,
pour en donner connoissance à messieurs les
receveurs particuliers et aux percepteurs des
communes.
J'ai l'honneur, Monsieur, de vous saluer.

Le ministre des finances,
Signé le duc de GAETE.

TABLE ALPIIABÉTIQUE:

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