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italique, je crois qu'il faut convenir du principe suivant :

Tous les petits états qui composoient l'Italie, ayant été désorganisés et dissous, ne peuvent plus élre reconstitués d'après leurs anciennes divisions. Il faut une organisation nouvelle définitive, basée sur les exactes proportions d'un sage équilibre politique.

On pourroit donc admettre une division de l'Italie, telle qu'on y formât quatre ou cinq états séparés , dont trois aux extrémités ; savoir : la république Vénitienne, limitrophe de l’Empire; l'état de Naples, qui nous garantit la Méditerranée ; un troisième état formé de Gênes, du Piémont et de la Lombardie; enfin, un ou deux états au milieu, sous telle dénomination qu'on jugeroit convenable, qui pourroient être laissés à des princes de la maison d'Espagne, pour resserrer les nænds de cette puissance avec la République françoise.

Si le résultat de la guerre actuelle, qui a bouleversé l'Europe et le monde entier , doit être, par la force seule des choses et par le cours inévitable des évènemens, de donner au continent européen une paix générale établie sur des fondemens solides et sur un juste contre-poids des gouvernemens de différente

TOME IX.

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nature; si tous les habitans des divers états d'Italie sont convaincus de cette vérité : que leur isolement et leur désunion les ont rendus victimes de toutes les dissensions des pays environnans ; pourquoi ceux dont la patrie a été la proie des querelles meurtrières des étrangers, ne songeroient-ils pas à la garantir désormais du retour de ces calamités, dont une funeste expérience a fait connoître la cause et indiqué le remède ?

( Organisation d'une confédération italique.

Avantages du système fédératif). Ce remède, et le seul moyen de mettre fin à l'état de dépendance et d'oppression dans lequel a si long-temps végété cette contrée , ne seroit-il pas d'établir un pacte fédératif et une ligue defensive entre les états d'Italie, qui, en conservant à chacun d'eux les avantages d'une administration locale dans un territoire peu étendu, ajouteroit à ce bien précieux celui non moins nécessaire de la force d'un grand tout; le système fédératif étant suffisant pour la garantie d'un empire contre les invasions étrangères, et n’exposant point les peuples voisins à des guerres offensives, ni à des

projets hostiles ou envahisseurs.

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Dans cette supposition, verroit-on de trop grands inconvéniens à ce que cette union fédérative füt formée entre des gouvernemens de différente espèce , et ne réussiroit-on pas à rendre la fédération italique compatible avec l'existence et la juxtà-position de républiques et d'états administrés par des princes (comme . la confédération de l'empire germanique en fournit un exemple?)

Le grand intérêt général de l'Italie, le besoin impérieux pour elle de sortir d'une. position toujours dépendante et précaire, est, de devenir, comme je l'ai dit , une ligne de neutralité assez forte pour servir de rempart entre la France et l'Autriche, et pour n'être plus une arène sanglante toujours ouverte à ces deux puissances. La sécurité respective des différentes divisions de territoire comprises daps la presqu'ile , ne seroit-elle pas un motif suffisant pour écarter tous les obstacles ? et cette union féderative, placée sous la sauve-garde des autres puissances, telles que l'Angleterre, l'Espagne, la Russie et la Prusse , et même l'Autriche et la France, ne seroit-elle pas elle-même le plus sûr

d'assurer la paix générale de l'Europe? O Bonaparte! quelle gloire sera la vôtre !

moyen

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Je reviens à l'Italie. Elle est comme un bras qui s'étend du nilieu de l'Europe à ses extrémités, pour dominer la Méditerranée, et servir de point de communication entre la Sicile l'Asie , l'Afrique et le continent européen. Aussi a-t-elle constamment excité la jalousie de tous les princes , qui l'ont toujours scissionnée, divisée, asservie.

Ce beau sol, si riche, si fertile , ce magique climat, ces imaginations vives et ardentes, tout cela n'est point fait pour l'esclavage. Mais, l'éducation et le gouvernement ont une suprêmeinfluence sur le caractère et la destinée des

peuples. Donnez une éducation guerrière et généreuse, un gouvernement national et indépendant : vous aurez d'autres hommes, une autre contrée ; vous aurez procuré le bonheur à des peuples condamnés à l'avilissement et à l'infortune; vous aurez construit un grand édifice; vous aurez posé une base et une garantie de la paix universelle.

Les conquérans ne s'offrent que comme destructeurs des empires; heureux ceux qui savent user de la victoire, pour fonder des états destinés à jouir d'une longue prospérité !

L'Italie est, depuis trois années, tour à tour françoise , russe, autrichienne , angloise ; il est

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