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81 31 MG V.18

DE

DICTIONNAIRE CAS DE CONSCIENCE ,

DÉCISIONS

OU

DES PLUS CONSIDÉRABLES DIFFICULTÉS

TOUCHANT LA VORALE ET LA DISCIPLINE ECCLÉSI ISTIQUE,
TINGES DE L'ÉCRITURE, DES CONCILES, DES DÉCRÉTALES DES PAPES, DES PÈRES,

ET DES PLUS CÉLÈBRES THÉOLOGIENS ET CANONISTES.

PRÉFACE DE COLLET.

Le Dictionnaire de M. Puplas jouit depuis longtemps d'une juste réputation. On y trouve des recherches et une bonne parlie de l'érudition dont ces sore: d'ouvrages sont susceplibles. Il ne parle ordinairement que d'après les bons théologieus; et il est aisé d'apercevoir qu'il n'a jamais prétendu favoriser une morale relâchée. Mais il y a chez lui des défauts, comme il y en a parlout ailleurs. Les uns viennent de son plani, et il faut comme nécessairement les lui passer; les autres sont uniquement sur le comple de l'esprit humain, que ni la droiture de ses intentions, ni la justesse de ses mesures ne peuveat entièrement garantir du mécomple et de l'erreur.

C'est en vertu de son plan, que les matières sont coupées, et pour ainsi dire, hachées en morceaux très-séparés ; en sorte qu'il faut souvent parcourir des trois ou quatre litres, plus ou moins éloignés, pour avoir une idée passable de ce qui regarde un seul point. Sur le min's'ère des préires, il faut que j'aille d'APPROBATION à CAS RÉSERVÉS; de ceux-ci à ConfesSEUR et Confession, de là, aux mots ABSOLUTION, EVÊQUE. CURÉ, VICAJRE, elc. C'est un inconvénient; car sans parler de l'ennui des répétitions qui soit iné itables, les titres intermédiares effacent la notion de ceux qui les précédent : les idées ne se lient point, on lit beaucoup, et on ne retient qu'avec peine. Le plan des théologiens est heaucoup meilleur. Ils épuisent one matière avant que s'en entamer une autre; et l’union des articles dont le premier mène au second, forine dans l'esprit un tissu de principes et de conséquences, qui s'y maintient beaucoup plus aisément.

Pour ce qui est des défauts, qui sont une suite de l'humanite, M. Pontas n'en a pas éjé exempt. 11 dit le oui et le non ea différents endroils; et il a besoin, quoique peut-être moins que bien d'aulres, qu'on se souvienne de celle maxime, que Pros, er Fagnan , cet aveugle si éclairé, a ad uptée : Impossibile esl doctorem non esse sibi contrarium aliquando.

J'ai lâché de faire remarquer ces contradiciions, mais toujours avec les égards qui sont dus à l'auteur. Il n'est guère possible que je n'y sois aussi lombé dans un ouvrage de si longue baleine, et où, en relranchant beaucoup, j'ai beaucoup ajouté. Je serai toujours charmé qu'on me relève là dessus, comme sur tout autre ches, où je me serai écarté du vrai. Il me semble seulement qu'il serait d'un esprit bien fait, et plus encore d'un caur chrélien, d'avoir pour ceux que 'on critique, au moins une parlie de l'indulgence qu'on a coutume d'exiger pour soi-même. Cela est d'autant plus juste, qu'on reprend quelquefois très-mal à propos; et que la censure ne réussit jamais mieux, que quand la charilé dirige sa marche, et que la bienséance l'accompagne.

Dans les matières qui sont purement de droit civil, j'ai suivi l'au'eur, quana de nouvelles ordonnances, ou des écrivains postérieurs ne m'ont pas déterminé à prendre un parti différent du sien. La jurisprudence n'est pas toujours la même; les législes se combattent comme les théologiens, et il en résulte un bien. Depuis la mort de M. Pontas, il a paru un grand nombre de cominentaires, de remarques, etc., qu'il n'avait pu consulter. Fevret , Argou et beaucoup d'autres ont é é redressés par des gens qui leur devaient une partie de leurs lumières, et qui y en ont ajouté d'autres.

Comme il y a d's milières qu'il est important d'approfondir, et que toutes ue le sont pas, même dans le grand dictionnaire de l'auteur, j'ai reuvoyé aux bons théologieos, qui les ont DICTIONNAIRE DE Cas de conscience, I.

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foncière nent discu'écs, quand il avait manqué à le faire. J'ai même renvoyé à mes ouvrages pour m'épargner et épargner aux autres l'ennui de la répétition. Si l'on ne trouve pas chez moi ce qu'on voudrail y voir, on le trouvera au moins dans les écrivains que j'ai cilés.

J'ai traité plus au long les cas plus difficiles, comme l'usure et quelques autres. J'ai plus abrégé ceux qu'on trouve par oui, et dont les principes sont plus aisés à saisir.

Pour ne point faire tort à M. Ponlas, el afin qu'on ne lai imputât pas des défauts qui no secaient que sur mon compte. j'ai marqué d'ane étoile quelques courles additions, que j'ai de lemps en temps insérées dans son texte. Celles qui sont plus importanies out été marquécs d'un trail; aussi bien que les tilres et les cas que j'ai ajoutés aus siens.

Dans la table des matières, j'ai ajouté quelques choses légères qui manquaient dans le texle du livre, soit par ma faule, soit par celle d.: l'imprimeur. On en verra un excmple au sujet de la remarque que j'ai faite sur le cas Galeacius, au mot Voeu, n. 13.

J'avais conjecturé, que es cas résolus à Boulogne, et imprimés à Ferrare, n'avaient point élé approuvés par le feu pape Benoit XIV. Je viens enfin d'en être assuré par deux leitires d'Italie. La seconde qui confirme la première, commence par ces paroles tres précises : llo gia fatto tutte le mie diligenze, et non ho avulo che la sequente nolizia; cio e que questi casus resoluli, etc., non e libro letio ed approvato da papa Benedetto XIV, etc. On rerra en lisant ces résolutions, parmi lesquelles il y en a de fori mauvaises, que celle observalion n'est pas indifféren!e.

Je ne dirai rien des deux abrégés de Pontas, dont l'un qui a conru sous mon nom, a été imprimé à Avignon, et l'autre à Lyon; parce que je n'aime point à dire du mal, et que je ne pourrais en dire da bien. Je finis, selon l'usage du temps, par une notice abrégée de la vie de M. Ponlas. On est bien aise de connaitre, au moins en général, ceux qui ont consacré leurs plus précieux moments au service de la religion et de ses ministres. Je vais donner ce qu'en a dit M. l'abbé Goujel dans le tome Vill du Moréri, édilion de Paris, 1759.

« Pontas (Jean), célèbre dans le dernier siècle, et dans les premières années de celui-ci par ses ouvrages, et par son zèle dans le ministère ccclésias!ique, élait né à Saint-Hilaire ilu Harcouet, an diocèse d'Avranches, le dernier jour de l'an 1638, et fut baptisé le 15 jana vier 1039.

« Jean Portas, son pcre, sieur de la Chapelle, et Guillemine du Mesnil, sa mère, l'ayant laisse en bas âge, il fut élevé par les soins de M. d'Arqueville, son oncle malernel, qui lui fit apprendre la grammaire chez lui, et l'envoya ensuite à Rennes, où il Git sa srconde et sa rhétorique en 1657 et 1633, sous le père de la Primouille, jésuite; de là il vint à Paris, où il éludia en philosophie et théologie au collége de Navarre.

« En 1662, M. P. ntas embrassa l'état ecclésiastique; et M. André du Saussay, evêque de Toul, qui lui avait donné la tonsure cléricale, le siège de Paris vacant, lui conféra en 1663 à Toul tous les ordres, depuis les mineurs jusqu'à la prélrise, en dix jours de temps, en vertu d'un démissoire de Gabriel de Boylève, évêque d'Avranches, qui permellait à M. Pontas de recevoir les ordres, sans garder les inlerstices accoulumés.

« Comme l'étude du droil canon avait beaucoup d'attrails pour M. Ponlas, ce fut celle dont il s'occupa plus volonliers, el en 1666 il reçut le bonnel de docteur en droit canon el en droii civil. Deux ans après, M. de Péréfixe, archevêque de Paris, le fit vicaire de la paroisse de Sainte-Geneviève des Ardenls, et M. Pontas travailla dans ce poste au salut des ames, pendant vingt-cinq années, avec tout le zèle et loute l'application d'un ministre attentif à remplir exactement les devoirs de son élal. Me:tant à rofit le peu de loisir que Jui laissaient les fonctijns du ministère, il s'appliqua à composer des ouvrages pieux et utiles aux fidèles.

« En 1690 il donna un volume d'Exhortations aux malades, sur les altributs de JésusChrist dans l’Eucharistie, in-12, à Paris; et l'année suivante 1691, il donna un second volume, par le conseil de M. Bossuet, évêque de Meaus , contenant des Erhortations sur te Baptême, les Fiançailles, le Mariage, et la Bénédiction du lit nuptial. La même année il donna deux autres volumes d'Erhortations sur les Évangiles du dimanche, pour la réception du saint viatique et de l'extrême-onction. Ces qualrc volumes sont dédiés à M. Bossuet, évêque de Meaux. En 1693 il publia ses Entretiens spirituels pour instruire, exhorter et consoler les malades dans les différents états de leurs maladies, en deux volumes in-12 imprimés, comme les précédents. à Paris, chez Hérissant, et dédiés à M. de Harlay, archevêque de Paris.

« Le désir de la retraite ayant porté M. Pontas à quitter c tte année Sain'e-Geneviève des Ardents, M. de Harlay l'arrela, et le fit sous-pénitencier de l'Église de Paris. Il y avait déjà plusieurs années qu'il remplissait ce poste, peu capable de latter l'amour-propre, lorsqu'il donna en 1698 un ouvrage latin sous ce litre : Sacra Scriptura ubique sibi constans, in-4*, à Paris, chez Boudot: Son but est de faire voir qu'il n'y a aucune contradiction réelle dans l'Ecriture-Sainte. Ce premier volume ne touche que le Pentalenque. L'auteur voulait suivre ainsi les autres livres de l'Écriture ; mais il n'a publié que ce volaine, dans lequel on voit M. Pontas avoir bien étudié les langues ori inales, qu'il avait lu l'Écriture-Sainie avec beaucoup d'application, et qu'il avait l'esprit justc. Cet in-4 est didié à M. de Noailles, archevêque de Paris.

« Le p'us grand ouvrage de M. Pon‘as, et celui qui l'a fait plus connaitre, est son Dieconnaire des Cas de criscience, qui parul en 1713 en deux v lumes in-fl., cl dunl il donna

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DICTIONNAIRE DE CAS DE CONSC:ENCE. un supp.ement en un volume in-fol. en 1718. Ce supplément fut répandu dans la nouvelle édition du Dictionnaire qui fut donné en 1724 avec des additions nouvelles à la tête du chaque matière, et trois tables chronologiques et historiques : l'une des conciles, la seconde des papes, la troisième des auteurs cités dans l'ouvrage. Cette dernière manque assez souveni d'exactitude. Enfin on a imprimé ce Dictionnaire en 1726 et en 1730, et il a élé traduit en lalin, imprimé à Genève en 1731 et 1732 en trois volumes in- fol., avec des noles du Iraducteur, pour expliquer ou rectifier même quelques décisions de l'auteur. On a encore une autre traduction latine de ce Dictionnaire, imprimée à Augsbourg en 1733. En 1738, le même Dictionnaire fut réimprimé à Venise par les soins du père Concina, qui y ajouta une préface, et un examen critique des notes de l'édition latine d'Augsbourg, dont nous venons de parler.

« En 1728, M. Pontas publia un Examen des pechés qui se commettent en chaque état , volume in-12, à Paris, chez Vincent. Cet auteur mourut la même année, le 27 d'avril, âgé de 89 ans et près de 4 mois, el fut enterré dans l'église des Ermites de Saint-Augustin, au saubourg Saint-Germain.

« Il y avait plusieurs années qu'il s'était retiré dans un appartement voisin du couvent de ces pères, dans lequel il pouvait entrer sans sortir au dehors; ct il leur a fait beaucoup do bien pendant sa vie et à sa mort, surtout pour leur église, leur cloitre et leur bibliothèque. Voici l'épitaphe qui se lit sur son tombeau, et qui est de la composition du feu père Mailli, alors bibliothécaire de la maison, et homme de beaucoup d'esprit. >>

Hic jacet Joan. Pontas Abrincensis, dignitate presbyter et viia, doclor in utroque Jure; in ecclesia Parisiensi pro-pænitentiarius ; vir pudore virgineo, sancta gravitate, hilari modestia, reverenter amabilis. In oratione, vel in sacra lectione perpetuus, hinc pietatem hausit el scien, tiam : utramque in omnes refudii egregiis conscriptis voluminibus. Agris hortator, quos ducit ad ritam. Scripturæ vindex, quam probat ubique sibi consonam. Morum magister, quos æquat ad regulam; veri semper ac recti tenax. Auslerus in jejuniis productis ad resperam, eliam in seneclute. Paupertalis amator et pauperum, nunquam ipsis defuit vivus el moriens. In magna sapientia, in virtutum cumulo humillimus. Obiit in Christo proxime nonagenarius die 27 april., an. 1728, clc.

J'avais d'abord quelque envie de donner d'après lui la table des auteurs qu'il a cités. Mais M. Goujet nous ayant averti qu'elle n'est pas exacte, je crois qu'il est plus sûr de laisser à d'autres le soin de la réformer. Peut-être que sans examiner trop scrupuleusement celles qu'il a données des conciles et des papes, on trouverait qu'elles ne so:t guère moins défecTueuses pour la chronologie. On peut les comparer avec celles que j'ai données à la fin de mon seizième volume de Morale; et pour lesquelles i'ai eu des secours que ce savant homme n'a pas eus.

DICTIONNAIRE CAS DE CONSCIENCE.

DE

A

ABANDON. Ce mot ne caractérise aucun contrat en particulier. Tan!0l il exprime l'acle par lequel un débileur délaisse ses biens à ses créanciers. En ce sens il est synonyme de cession de biens. Voyez Cession de Biens. Tantôt il signifie l'élal d'un enfant qui a été abandonné par sos parents. Voyez Exposition. D'autres fois il est synonyme du mot négligence, la loi punii de peine de police celui qui laisse des animaux à l'abandon sur le terrain d'autrui. Enfin le mot abandon se prend pour Désitement. ! Voyez ce mot.) Et aussi pour l'action de renoncer à une chose ou à un droil qui nous appartient. Entendu dins.ce dernier sens, l'ibandon est soumis à quelques princi, es généraux qu'il est bon d'indiquer ; ainsi l'abandon n'a d'ellet qu'aulant qu'il est fait avec l'intention, soil expresse , soil tacite, de ne plus avoir lelle ou lelle chose en sa possession; je dis avec l'intention, c.ir ceux qui dins une t.mpére jellent à la mer des objels qui leur app. rliennent pour alléger le vaisseau, n'en per ent pas la propriété, et peuvent toujours revendiquer ceux d. ces objets qui seraient retirés de l'eau ou rejetés sur le rivage. On distingue deux sortes d'abandon : l'un qui consiste à se priver de sa propriété sans retirer aucun avan age réel de l'abandon; il en existe feu d'exemples, et il n'est guère fondé que sur le carice, comme lorsque quelqu'un jetle sur la voie publiqu: un objet qui ne lui sert pas ou qu'il ne trouve plus à son gré. L'autre qui a pour objet d. se libérer des charges qui frappent la chose abandonnée ; mais alors peur que l'abandon opère libération, il faut que celui qui le fail ne soit pas personnellement obligé. C'est sur ce principe qu'est fondé i. l'abandon qu'un propriétaire fait de son fonds pour se disper ser de faire les ouvrages nécessaires à la conservalion d'une servitude dont il est greve; 2• la renonciation à la miloyennelé d'un mur, d'un fos é cu d'une haie, pour s'affranchir de l'en. tretien dis réparations ou constructions à faire ; 3. le délissement que fail un particulier au profit de sa commune de ses terres vaines et vagues, pour s'affranchir de la contribution qui le frappe; 4° l'acte par lequel, en matière de douanes, on abandonne une marchandise pour se dispenser d'en payer les droits. Dans ces divers exemples , en effet , 'c'est la chose qui se trouve engagée, la personne ne l'est en quelque sorte qu'accessoirement. Mais au contraire lorsque c'est'lı personne qui se trouve personnellement obligée, comme dans le cas d'hypothèque, l'abandon qu'elle ferait de sa rropriété ne saurait la libérer; car l'hypothèquc n'est que la garantie de l'engagement antérieur.

Cas I. Tit us, père de quatre enfants, a avec les formalités, conditions et règles abandonné sans formalité ses biens à ses en. prescrites pour les donations entre-vifs et les. finls qui se les sont partagés, comme si la laments. Ces articles du code ont implicilesuccession était vacante, s'engage.int à tc- ment abo!i ce genre de partage opéré par nir à ce partage après la m. rl de leur père. l'abandon ou la démission de ses biens. Mais Ce partage est-il valable ?

il n'en est pas ainsi 1. u tribunal de la coliR. Il ne l'est point au for extérieur; le science, le partage que les enfants de Tilius code est formel : on ne pourr. disposer de oul fit enire eux du bien abandonné par ses biens à titre gratuit , que par d nation leur père est valable : il est fondé sur une entre-vifs ou par lestament ; et à l' rlicle convenlion qui n'a rien de contraire aux 1076 il dit : Les partages ne pourront être lois, el produit une obligation uature le. fails par acles entre-vifs ou testimentaires

ABBAYE. C'est un lieu érigé en prélature où vivent des religieux ou des religieuses sous l'aulorité d'un abbé ou d'une abbesse. Le grand prieur d'une abbaye perd son pouvoir à la mort de l'abbó régulier qui l'avait nommé à ceile charge. Ce qu'il a fait en qualité de prieur élant fondé sur un litre coloré, ' t sur le silence de ceux qui pouvaient en mettre un auire, est bon et valide. L'évêque qui a le gouvernement de cette abbaye, jusqu'à ce qu'on y ait mis un abbé régulier, prut ou ccnlinuer ou destituer ce grand frieur; s'il est conlinué ce sera comme délégué de l'évêque. L'évéque ayant le drcit de commellre un ou plusieurs députés pour gouverner l'abbaye pendant la vacance, peut en commellre le soin au seul prieur jasqu'à ce qu'il y ait un abbé régulier qui pourra le continuer ou en choisir un autre.

ABBÉ. Le nom d'abbé, que des princes et d'au'res sapérieurs laïques se sont autrefois attribué, pris dans le sens qu'il a dans le droit canonique, signifio, à proprement parler, un supérieur que les religieux vocaux d'une abbaye se choisissent pour père spirituel, et auquel ils s'engagent, conformément à leur institui, d'obéir en tout ce qui concerne l'observance ré?ulière. Ces sortes d'abbés sont sort différents de ceux qu'on appelle Commendataires. Car ceux-ci, que le roi nommait au pase dans les six mois, à compler du jour de la vacance do l'abbaye, et qui, en verlu de leur titre, jouissaient franchement du tiers du revenu d l'abbaye, ou des deux tiers, en se chargeant des réparations des lieux réguliers, n'avaient aucune juridiction sur les religieux de leur abbaye, et ne pouvaient même recevoir les novices à la profession, à moins qu'ils ne fussent cardinaux.

Les abhés réguliers sont ou triennaux, on perpéluals. Tous doivent être prêtres et ceux mêmes qu'on nomme commendataires, à moins que le pape ne les en ail dispensés.

Cas J. Abel qui doit assister à l'élection d'un légitime par conséquent, à moins qu'il n'ait abbé, demande 1o quelles qualités doit avoir eu dispense, etc. celui qu'on élira ; 2° qui dans le concours de R. d la 2 q. Un savant peu régulier fera trois sujets, dont l'un a beaucoup de science, plus de mal que de bien dans une commu. el assez peu de régularité; le second est très- nauté. Il se trouvera rarement le premier à régulier, mais fort peu éclairé ; le troisième tous les exercices. Il recevra beaucoup de est moins habile que le premier, mais beau-, visiles el en fera encore plus. Il sera dur el coup plus exact, quoiqu'il le soil moins que caustique; loujours rempli de projets élranlo dernier ; lequel, dis-je , de ces trois me- gers à son emploi, et très-pei de ceux qui rite la préférence ?

concernent sa charge, etc. Un dévol ignoraut R. à la 1". q. Un abbé et tout supérieur doit sera peu estimé de ses frères, Avec de bonnes 1. de droit naturel, élre prudent, ferme avec inlenlions, il les conduira mal. Faute de ludouceur, lempérant, sagement économe, et mières il ne scra pas en garde contre l'erà parler moralement, n'èire ni fort jeunt, ni reur. Ses conférences seront insipides, sans Trop âgé; 2 le droit positif veut qu'il soit onction , sans solidité : d'où il suit qu'Abel bon catholique et enfant de bon catholique; doit préférer le dernier des trois, qui a assez profès de la religion qui veut l'élire ; j rerc, de science pour bien diriger, et assez de réquoique cela ne soit pas toujours nécessaire; gularité pour maintenir le bon ordre. Lisez exempt de censure et de loute irrégularité : sur celle importante maliere le Prélal régum

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