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lier, elc. Paris, Coignard, 1698, et n'oubliez dépend de son abbaye, sans avoir requis le pas celle maxime d'Italie : Sanctus est, orel consentement des religieux qui composent le pro nobis. Doctus est, doceat nos. Prudens chapitre du monastère. L'a-i-il pu faire vaest, regal nos.

lidement? Cas II. Alexis, religieux très-recomman- R. Il ne l'a pu faire, à moins qu'il n'y soit dable par sa piélé et par sa doctrine, a été autorisé par un privilége spécial du saintelu abbé d'un monastère d'an autre ordre, siége, ou par une coutume légitimement par les suffrages unanimes de lous les reli- prescrile. In præsentationibus prælatorum, gieux vocaux; peut-il, sans dispense du dit Célestin, 111, cap. 6, de his quæ fiunt, elc., pape, accepler celle dignilé?

lib. 3, tit. 10, intelligi debet , quod fiant de R. Ce religieux ne doit ni ne peut consen- collegiorum suorum consensu , sine quo non tir sans dispense à l'élection qui a été faite oblinent firmitatem. Unde, si constiterit, conde sa personne; parce qu'il est étroitement ventus vel majoris el sanioris partis non addéfendu à tout chapilre régulier de se choisir fuisse consensum, institutionem hujusmodi pour abbé cu supérieur, aucun religieux d'un convenit evacuari, nisi ex antiqua et approautre ordre. Celle défense, qui fut d'abord bala consuetudine vel concessa libertale , alifaite par saint Grégoire le Grand , dans un qui eorum, probaverint commissi sibi collegii concile romain de 601, a été confirmée en 1311 non debere in beneficiorum collationibus rem par Clément V dans le concile général de quiri consensum. Vienne; voici ses paroles : Cum rationi non - Je crois cependant que Fabien peut congruat, ut homines disparis professionis, garder son bénéfice, et en percevoir les fruits vel habitus, simul in iisdem monasteriis so- jusqu'à ce que sa nomination ait été cassée cientur ; prohibemus, ne religiosus aliquis in parce que ces mots convenit evacuari semabbatem vel præfatum alterius religionis, vel blent demander une sentence, ou quelque habitus de cælero eligatur. Quod si secus ac- chose d'équivalent. tum exstiterit, sil eo ipso irritum et inane. Cas V. Benoit, obligé par les constitutions Clément, 1, de Elect., lib. i, tik. 3.

de son monastère de prendre l'avis des reCas Il. Rainfroi, abbé régulier, ayant dé- ligieux vocaux lorsqu'il s'agit de recevoir posé, sans cause et de sa scule autorité, les novices à la profession, en a admis un quatre prieurs conventuels, deux d'entre contre le sentiment de tous ses religieux eux ont refusé d'acquiescer à leur déposi- qui n'ont osé s'y opposer. L'a-:-il pu fairo lion. L'ont-ils pu sans pécher contre l'obéis- en conscience ? sance?

R. Nous estimons contre Sylvestre, R. Il y a deox sortes de prieurs conven- Félin, Azor, etc., que la réception de ce notuels. Les uns sont élus par le chapitre régu- vice est nullede plein droit, non à cause des lier, et ensuite confirmés par l'abbé. Les au- raisons de Pontas, mais parce que Sixte V l'a Ires, que Fagaan appelle priores manuales, ainsi réglé dans sa bulle, cum de omnibus, sont seulement commis par l'abbé, pour avoir qui fait loi partout. Il fut lire sur celle soin de gouverner quelques communautés matière Tamburini de jure Abbatum, tom. peu considérables. Les prieurs du premier III, cisput. 6, quæst. 1, pag. 74 et suiv. geore ne peuvent être déposés de leur charge j'ajoute avec lui : 1• que la moitié des par la seule autorité de l'abhé ad nutum, voix jointe à celle de l'abbé ou du provinsans cause légitime, et sans qu'on observe cial, suffit pour la validité de la profession ; les formalités requises en tel cas par les 2° que s'il n'y consent pas, la profession constitutions de l'ordre. C'est ce qu'eliseigne sera nulle quoique lous les autres y consenAlexandre III, cap. 1, de statu Monach., où lent; 3. qu'elle sera légitime s'il y consent il parle ainsi : Priores, cum in ecclesiis con- avec un autre, quoique deux autres n'y conventualibus per electionem capitulorum suo- sentent

pas;

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que comme les vocaux, hors. rum canonice fuerint instituti , nisi pro ma- le cas de bonne foi, pèchent en recevant un nifesta el rationabili causa non mutentur : homme impropre à la religion, ils péchent videlicet, si fuerint dilapidatores, inconti- en excluant celui qui y est propre. Et même, nenter vixerint..... aut si etiam pro necessi- en cas de mauvaise volonté évidente, l'abbé tale majoris officii de consilio fratrum fuerint pourrait passer outre. Mais ce dernier artransferendi. Il faut dire tout le contraire des iicle me parait sujet à bien des inconyćprieurs du second rang , alii priores , dit la nients. Glose sur le texte que nous avons cité, qui Cas VI. Mais si un abbé était en possession per eleclionem canonicam non creuntur, ad par un privilége spécial ou par une coutume voluntatam abbatum suorum removentur. Et légitimement prescrile, de recevoir les noc'est ainsi que le décida la sacrée congréga- vices à la profession de sa seule autorité, tion, le 7 mars 1650, conformément à la dé- le pourrait-il contre la disposition du droit cision de la role du 16 mars 1584. Cependant commun qui n'attribue ce pouvoir à l'abbé un abbé doit être extrêmement attentif à ce que conjointement avec le chapitre du moque de lelles dépositions ne causent aucun nastère 7 scandale au monastère, ni même à ceux qu'il R. Il le pourrait absolument, et Boniface juge à propos de déposer; puisqu'autrement Vill le suppose quand il dit, cap. fin. de Reil pécheraii grièvement contre le précepte de gularib. Si ad solum abbatem pertineat crean la cbarilé.

tio monachorum, eo defuncto, nequirit moCas IV. Dominique, abbé régulier, a nom- nachus a conventu creari ; d'où Barbosa mné Fabien , prétre séculier, à une cure qui lire celle conclusion: Ex hoc taxiu colligung doctores communiter, creationem monacho- le sous-diaconat. 1o A-t-il élé validement orrum spectare ad solum abbatem, quando reli- donné par son abbé ? 2° L'évêque ne peut-il gio habet ad hoc talem consuetudinem : c'est point l'ordonner de nouveau avant que de à-dire lorsque celle cou'ume est légitime- lui conférer l'ordre sacré qu'il demande ? meat prescrite par l'abbé. Mais il faut avouer R. Quoique l'évêque soit le seul ministre qu'il serait beaucoup plus régulier et plus ordinaire de la tonsure et des ordres, néanutile au bien de la religion qu'on abbé se moins le droit accorde à certains abbés rédépartit de cet usage, étant à présumer que guliers qui sont prêtres et qui ont élé socelui qui est admis par le consentement de lennellement bénis par l'évèque, le pouvoir l'abbé et des religieux capitulants, est plus de donner la tonsure et les mineurs, mais à sûrement appelé à la vie religieuse que celui leurs religieux et dans leurs monastères qui y est reçu par le seul supérieur, qui peut seulement, comme l'enseigne le concil. de souvent ou trop suivre son inclination, ou Trente, sess. 23, cap. 10, de Reformat. D'où céder à des vues humaines, ou ignorer quels il suit qu'Onésime a été légiliinement orques défauts du postulant.

donné si son abbé a un titre spécial pour Cas. VII. Philemon, religieux, ayant donné cela , et qu'étant prêtre, il ait été solennelpar emportement un soufflet à un prêtre sé- lement béni par l'évêque. Et mênie un abbé culier, à été absous par son abbé de l'ex- que l'évêque a refusé par trois fois de bénir, communication qu'il a encourue par celle peut donner ces mêmes ordres ainsi que l'a action, Est-il validement absous ?

déclaré Alexandre III, cap. de Suppl. neglig. R. Un abbé régulier peut bien absoudre prælat., lib. 1. tit. 10, quoiqu'il soit alors un de ses religieux qui est tombé dans l'ex- plus sûr et plus convenable de prier le pape communication pour avoir frappé un autre de commettre à cet effet un autre évêque. religieux quel qu'il soit ; mais il n'a pas ce Celle dernière remarque est bonne, pouvoir lorsque son religieus a frappé un muis non nécessaire. On ne bénit point les clerc séculier : l'absolution de la censure abbés triennaux; il y en a cependant qui élant réservée en ce cas à l'évêque diocésain donnent la tonsure et les moindres. Voyez du lieu où le fait s'est passé. C'est ce que

Tamburinus, tom. JI, disp. 2, quæst., 3, pag. 8. la Glose in can.5, dist. 90, prouve par un texte Cas X. Chrysologue, Bernardin et bached'Innocent III, tiré du chap. 32, de sent. lier en théologie, ayant été élu abbé d'un excomin.

monastère éloigné, voudrait bien aller à Voici ce texte que Pontas n'a pas rap Paris pour y faire sa licence el prendre lo porté : Si vero claustralis aliquis in religio bonnet de docleur. Peut-il en conscience sam personam alterius claustri manus inje.

s'absenler deux ans de son abbaye pour ce cerit violentas, per abbatem proprium et ejus sujet ? qui passus est injuriam, absolvatur. Quod si R. Il ne le peut pas, parce que tous ceux clericum percusserit sæcularem, non nisi per

qui ont des bénéfices ou des dignités à charge apost. Sedem. ... absolutionis gratiam po- d'âmes sont indispensablement obligés à ré

romereri. D'où il suit, 1• qu'un abbé sider ainsi qu'il a été décidé par les conciles ne peut seul absoudre son religieux quand de Latran de l'an 1179, de Ten!e, etc. Or un il a frappé le religieux d'un autre cloitre; abbé régulier est véritablement pas!cur, puis2 que quand il a frappé un ecclésiastiqué qu'il est chargé du salut de ses religieux. H séculier, Innocent IIl veut qu'il ne puisso est donc tenu de résider dans son monastère élre absous que par le saint-siége. Mais cette comme un curé à résider dans sa paroisse. disposition a élé changée par Boniface VIII, Cas XI et XII. Aristarque, clerc tonsuré, cap. Religioso 21, eod. lit. in 6, et l'évêque âgé de trente ans, ayant élé pourvu en com: peut absoudre un de ses ecclésiastiques qui mende d'une abbaye, en a joui pais blement en a biellu un au're.

depuis cinq ans sans aucun dessein de reCas VIII. Joachim, abbé régulier d'un mo- cevoir les ordres sacrés. Elait-il obligé à se nastère dont le bien est commun à l'abbé et faire ordonner prélre dans l'an à compter aux religieux, liouve qu'après avoir fourni du jour de la date de ses Provisions, ou au à toules les dépenses nécessaires de son ab- moins de celui de sa prise de possession ? baye, il lui reste ordinairement 2000 liv. à R. Il étail véritablemet obligé à recevoir la Ja fin de chaque annéc; peut-il en disposer prêtrise dans la première année qu'il a été de son chef comme il le juge à propos ?

pourvu de son abbaye, el cette obligation R. Il ne le peul, parce qu'il n'est pas le subsiste encore à présent, de sorte qu'il est mailre des biens de son monas ère, mais lenu d'y satisfaire incessainment ou de quitseulemen! le dispensateur. D'où il suit qu'il ler son abbaye, à moins qu'il n'oblienne sur se rend coupable du péché de propriété, s'il cela une dispense légitime du pape, du condispose des biens de son monastère en fa- sentement du roi. La raison est que l'abbé veur de ses parenls et de ses amis qui ne commendataire et l'abbé régulier sont à cet sont pas dans l'indigence. C'est ainsi que le égard astreints à la même loi. Cela se prouve décident Silvius, Majur et Navarre. Il est 1° par ces paroles du concile de Poitiers, tenu donc obligé d'employer ce bien aux besoins en 1078 et rapportées au chap. 1 de Ætate et du monasidre et aux secours des pauvres.

qualit. præfc., lib. 1. tit. 14. Ut abbates, deCas IX. Onésime a reçu la tonsure et les cani et præpositi, qui presbyteri non sunt, qualre mincurs de l'abbé régulier du monas- presbyteri funt... quod si, aliqua justa causa ·lère dont il est profès, après quoi il s'est prohibente, pres yteri.... esse non potuerint, présenté à l'évêque diocésain pour recevoir prælalioncs amillunt. 2° Par le concilc pro

vincial de Rouen leisu en 1581, sous le car- première est contestée en France. Voyez lo dinal de Bourbon, dont voici le décret : Ab- quatrième volume des Mémoires du Clergé, pag. bales et priores regulares, alque etiam erempti 1000 et suiv. aul commendatarii, si ætatem præscriptam a Cas XIII. Athanase, diacre, pourvu en jure ad suscipiendos sacros ordines altige- commende d'un prieuré conventuel, ayant rint; intra annum promoveantur: facultates- négligé de se faire ordonner prêtre dans le que de non promovendo, præterquam in ca- temps prescrit, est-il obligé en conscience à sibus a jure expressis, concessce ad annum

la restitution des fruits qu'il en a perçus pentantum suffragentur. 3. Parce que le pape

dant deux ans ? n'accorde les bulles aux abbés commenda- R. Quelques auteurs estiment qu'il n'y est taires que sous la condition expresse qu'ils pas tenu , pourvu qu'il ait réciié tous l'es se feront ordonner prêtres dans l'année, et jours l'Office divin et qu'il ait pris soin du que par conséqueni ils ne peuvent y man- bien spirituel et temporel du monastère ; quer sans pécher, à moins que le saint mais nous croyons le contraire. 1° Parce que père ne les en dispense expressément. Ceri la récitalion du bréviaire ne doit être d'auest conforme à l'art. 9 de l'ordonnance de cune considération à son égard, puisqu'il y Blois du mois de mai 1579.

était d'ailleurs tenu en qualité de diacre. 2 Cependant un tel abbé n'est pas privé ipso Parce que les soins qu'un commendataire facto de son bénéfice, parce que la condi- prend du spirituel de son prieuré ne sont lion de recevoir l'ordre de prêtrise dans l'an, rien, et que ceux qu'il prend du tempore insérée dans les bulles, n'est considérée que sont très-peu de chose, les religieux élant comme une clause comminatoire, vu que le les premiers à y veiller. 3. Parce qu'Alhapape n'y ajoule pas de décret irrilant. C'est nase ne s'élant pas fait ordonner préire, pourquoi il faut en pareil cas, pour faire va- comme il y était obligé, a privé les fondaquer un bénéfice, trois monilions canoni- leurs et leurs successeurs du fruil du sacri. ques faites avec un délai compétent, el qu'il fice qu'il était tenu d'offrir à Dieu pour le reintervienne ensuite un jugement dans les pos de leurs âmes. formes qui le déclare vacani. C'est ainsi Je crois que si ce prieur obéissait à la qu'un simple clerc pourvu d'un bénéfice sa- loi, qu'il réparât le lort qu'il a pu faire aux cerdolal a lege ou a fundatione, et qui a né fondateurs, etc., il pourrait retenir une bonne gligé pendant trois ans de se faire ordonner partie des fruits de son bénéfice. S'il était prélre a droit, selon la jurisprudence qui dévoluté, comme il est arrivé plusicurs fois, s'observe en France, de se servir de la rèy le il pourrait in pænam delicti eire condamné de pacificis possessoribus, contre un dévolu- à la restitution du tout, selon la lettre et l'or. laire et doii être maintenu contre lui après donnance de Blois. une possession triennale.

Voyez OBÉISSANCE, Cas 1, 3., 4, 5, 6 Celle sccoude décision est certaine. La et 8...

ABBESSE. On entend par abbesse une religieuse préposée au gouvernement d'un monastère de filles. L'abbesse doit être élue en présence de l'évêque diocésain, ou de quelqu'un qui le représente.

Suivant le Concile de Trente, sess. 23 de Regular., une abbesse peut, à la rigueur, élre élue à l'âge de trenle ans accomplis, et après cinq ans de profession : mais en France, selon l'art. IV de l'édit du mois de décembre 1606, les religieuses ne peuvent être pourrues d'abbayes et prieures conventuels, qu'elles n'aient éié dix ans aupararant professes, ou exercé un office claustral par six ans entiers, à moins que le roi ne déroge à la disposition de cella ordonnance.

Nulle abbesse ne peut posséder deux abbayes ensemble. La juridiction d'une abbesse est beaucoup plus limiiée que celle d'on abbé; car elle ne peut ni bépir ses religieuses, ni porter des censures ; bien moins encore absoudre celles qui les ont encourues, n'ayant pas les clefs de l'Eglise qui sont celles de l'ordre el de juridiction, comme les ont les abbés; l'Eglise leur accorde néanmoins l'usage de quelque espèce de juridiction à l'égard de certaines choses, comme on le verra plus bas.

Cas I. Euthalie, nommée par le roi à une sidérée comme une véritable communauté. abbaye dont les bulles sont expédiées à Rome, Cas Il. Adéluide, abbesse d'un monas'ère de peut-elle, avant d'en avoir pris possession, Saint-Benoit, où la coutume est que l'abbesse donner l'habit à une novice ?

reçoive à l'oreille les suffrages pour l'admisR. Elle ne le peul en conscience, parce sion ou l'exclusion de novices, est-elle oblique n'élant pas véritablement abbesse avant gée d'introduire le scrutin, qui est en usage que d'en avoir pris possession, elle n'a ni dans toutes les autres maisons de son ordre ? ne peut exercer aucune juridiction. Cela est si R. Elle n'y est pas tenue, 1. parce que ni vrai que l'évêque même ne peut pas, en ce sa règle, ni aucun canon ne lui en font une cas, donner l'habit de novice à une fille quile loi ; 2° parce que c'est une maxime de droit, demande, encore que le monastère soit sou- leg. 32, ff de legib., qu'inveterala consuetudo mis à sa juridiction, parce qu'il n'a droit de non immerilo pro lege custoditur ; 30 parce recevoir une fille à la religion qu'après que si un abbé peut, en verlu de la coulume, qu'elle a été reçue par la communauté ; et admettre les religieux privativement à sa qu'une maison sans chef ue peut etre con- communauté, cap. fin. de regular., une abe

besse peul a forliori n'user pas du scrutin. nem ullatenus habeat, cap. 2 et 6 de Filits

Cas III. Frédegonde, abbesse d'un monas- presbyt., et que le mot quis, selon la loi, tam
lère réformé, reçoit seule à la grille les vi- masculos quam feminas complectitur. Ajoutez
siles de ses proches parents et de quelques qu'il est sort important que la supérieure
amis hors de soufçon. Le peul-elle sans pé- d'une communaulé soit exemple non-seule-
ché, nonobstant les statuts de son ordre qui ment de lout reproche, mais encore de toute
le défendent ?

lache : Quia, etsi non sit nota delicti, est ta-
R. Elle ne le peut, 1° parce que les con- min nota defectus, ainsi que parle Ingo-
ciles lui défendent de pailer seule même à cent III, cap. 14, de purg. can. Ce serait
son supérieur , sed sub testimonio duorum autre chose si le général de l'ordre avait du
rel trium sororum, dit le second concile de pape le pouvoir de dispenser en ce cas, et
Séville. 2° Parce qu'elle doit être la première qu'il en eûi usé à l'égard de Crescence.
à accomplir ce qu'elle doit faire accomplir Cas VII. Catherine, abbesse d'un monas-
par les autres , et que son mauvais exemple térmitigé, a été traosférée dans une autre
ne manquerait pas d'occasionner bien des maison réformék. Est-elle obligée en colla
murmures et du relâchement.

science à garder la même réforme, quoi-
Cas IV. Bernardine n'ayant pu corriger qu'elle n'y soit pas obligée en verlu de son
par la douceur une de ses religieuses, a cru

Yeu ?
en vertu d'un texte du droit, pouvoir la sus-

R. Elle y est obligée, 1° parce qu'en ac-
pendre. L'a-t-elle pu ?

ceptant un bénéfice on est censé en accepler
3. Elle ne l'a pu, , arce que sa juridiction les charges. 2. Parce que celle abbesse étant
ne lui donne pas le pouvo r des Jefs comme

devenue le chef de ce second monastère, il
l'enseigne fort bien saint Thomas, in 4 dist.

est nécessaire pour le bon exemple qu'elle
25, 9. 2. Le lexte d'Honorius III, cap. 12 de doit donner à loutes ses filles, qu'elle vive
Majorib., elc., n'a pu autoriser sa prétendue comme elles, et qu'il ne paraisse aucune

singularité en sa conduite. 'Serait-il edifiant
censure, parce qu'outre que le décret de cc

de la voir servir en gras pendant que ses
pape ne regarde pas les religieuses, mais
Ics chanoinesses séculières, il ne stalue rien sæurs jeûneraient?
sur la suspense que l'abbesse de celles-ci Cas. VIII. Ulrique a rcmis à une abbesse
avait portée.

de la part de Florent une somme pour la dot
- Cependant une abbesse peut défendre

de sa fille qu'il destinait à la religion. L'ab-
à une de ses religieuses de faire certaines

besse a fait présent à Ulrique d'une partie
fonctions au cheur. Elle peut même défendre

de celle somme, à condition qu'elle la rendra
à un aumônier de célébrer chez elle jusqu'à à Florent si sa fille ne fait pas profession.

Le cas est arrivé et Uliique p'a pas rendu
ce qu'il ait réparé sa faute. Mais ce n'est

ladile somme. L'abbess 3 est-elle tenue de
point là une suspense proprement dile ; et
s'il passait outre, il ne tomberait pas dans

reslituer, ne le pouvant faire qu'au dépens

du monastère ?
l'irrégularité. Vide Tamburin um de jure ab-
balissarum, disp. 32, q. 5, pag. 194.

R. Sylvius répond sagemen!, 1° que l'ab-
Cas V. Henriette, abbesse d'on monastère

besse n'étant pas propriétaire des biens du
exempt de la juridiction de l'évêque, prétend monastère, ni de ceux qu'on y donne, n'a pu

de son chef donner cette somme à la dame
avoir droit aussi bien que les prélais de se
choisir tel confesseur qu'il lui plait. Quid dont il s'agit, à moins qu'elle ne l'ait vérita-

blement méritée par de bons offices qu'elle
juris?

ait rendus au monastère ; 2° que si l'ab-
R. Sylvestre, Paludanus, Sylvius, etc., en-

besse, après un mûr examen, reconnait que
seignent avec raison qu'elle n'a pas ce droit ;

la dame n'a pas restitué, elle est obligée en
laot parce qu'elle n'est pas du nombre des

conscience de le faire elle-même du consen-
préla's à qui seuls il est accordé, que parcelement des religieuses : ce qu'il prouve par
qu'il n'y a aucun décret qui le lui adjuger les principes de saint Antonin de Navarre,
Ce serait autre chose si elle avait pour cela

etc. ; 3o que cette abbesse, après avoir res-
un privilége spécial du saini-siége.

tilué, doii agir contre la dame jusqu'à ce
Le droit que l'auteur accorde ici aux qu'elle ait elle-même réparé la perte que
prélats est très-contesté comme je l'ai dit souffrirait le monastère. Sylvius in Resol. V.
dans le vol, XI de ma Morale, part. 2, cap. Abbatissa, I.
8, n. 113, à moins que les évêques ne s'en Cas IX. Sophie, abbesse, peut-elle sans
soient fait une concession mutuelle, ou qu'ils péché admettre à la profession, ou même
ne soicnt dans leurs diocèses, etc.

donner l'habil à une fille qu'elle sait y étre
i Cas VI. Crescence, fille illégitime, a élé forcée par ses parents ?
élue prieure et ensuile abbesse de son mo- R. Elle ne le peut, parce que le concilo
Basière sans dispense du pape, et même de Trente frappe d'excommunication, 1° ceux
sans avoir déclaré à personne le défaul de qui forcent des filles ou femmes d'entrer
sa naissance. Son éleciou est-elle cano- dans un monastère pour se faire religieu-
nique?

ses. 2. Ceux qui contraignent une Glle qui
R. Fagaan prouve fort bien contre Ro- y serait in'rée volontairement, d'y deineu-
driguez que cette élection n'est pas valide, rer malgré elle, afin de l'obliger à faire pro.
parce que les canons défendent générale- session. 3. Ceux qui donneol leur consentra
unt, ne quis ex fornicatione natus prælatio- ment à une telle violence ou qui l'appuient

!

de leur autorité; ou la favorisent par leur Voyez PAUVRETE, VOEC, RELIGIEUX. présence. Trident. sess. 25, c. 18 de Regul.

ABEILLES Les abrilles sont an rang des animaux sauvages qui n'appartiennent a personue, pas même au propriétaire du terrain où elles se fixent; mais si elles sont renfermées dans une ruche, alors elles sont l'objet d'une propriété exclusive mise sous la protecliun de l'autorité municipale. Les ruches à miel qui ont été placées dans un fonds par le propriétaire pour le service de l'exploitation du fonds sont immeubles par destination.

Le propriétaire d'un essaim d'abeilles a le droit de le suivre parlour, et de le reprendre . où il se trouve, sans aucune permission du juge du lieu où l'essaim s'est arrêté; autrement l'essaim appartient au propriélaire du terrain sur lequel il s'est fixé. Et quand même un essaim se trouverait dans les champs et hors de sa ruche, il n'appartiendra pas à celui qui viendra s'en emparer si le propriétaire de l'essaim s'est mis à sa poursuite, sans le perdre de vue, pour le rappeler à la ruche dont il s'est séparé : dans ce cas il est autorisé à le réclamer comme faisant partie de sa propriété. Mais si l'essaim après avoir été perdu de vne tombe au pouvoir de quelqu'un, ou va se fixer chez un voisin, celui-ci n'est pas lenn de le restituer, et il peut lo conserver à litre de premier occupant.

Selon le Droit romain, il faut, pour acquérir la propriété d'un essaim, qu'il y ait prise de possession en l'enfermant dans une ruche. Si alius apes incluserit is earum Dominus erit. C'est pourquoi nous pensons que celui qui se serait emparé d'un essaim d'abeilles, ne serait pas tenu en conscience de le rendre à celui sur le terrain duquel il s'était arrêté, si ce n'est après la senteoce du juge.

Le voisinage des ruches est incommode et dangereux ; il n'est pas permis d'en tenir dans l'enceinte des communes; il faut dans les campagnes cinq cents pas de distance de l'apier qu'on veut élabiir dans son fonds à l'apier du voisin, alin qu'il ne puisse en résuller aucun inconvénient ni danger sous le rapport des piqûres de ces insectes : autrement elles rentrent nécessairement dans la classe des établissements nuisibles

Par aucune raison il n'est permis de troubler les abeilles dans leurs courses et leurs travaus: en conséqnence même en cas de saisie légitime une ruche ne pourra être déplacée que dans les mois de décembre, janvier et février.

ABLUTIONS. Cas I. Clair a pris par inadvertar.ce les ablu- peut autrement éviter un scandale ou une lions en célébrant à Noëlla messe de minuit, perle considérable. La raison en est, quo s'il ne célèbre pas celle du jour, il causera un les lois humaines et assez souvent même les grand scandale; parce qu'étant seul prélre, lois positives de Dieu n'obligent pas dans de les deux tiers de ses paroissiens perdront la parelles circonstances. C'est le sentiment de messe, ne peut-il pas célébrer en ce cas-là saint Thomas, et il est reçu communémenia au moins une troisième messe?

De là on a coulume d'inférer qu'un prétro R. Non, dit Collet, parce qu'il n'y a point pent célébrer sans élre à jeun, lorsqu'en y de vraie raison de célébrer en ce cas; le manquant, contre son ordinaire, il se fera scandale que l'on craint est imaginaire, soupçonner d'un crime qui s'est commis la puisqu'une pareille inadvertance peul arri- veille ou qu'il donnera à son peuple un grand ver à l'homme le plus saint: et quc les habi- scandale. tants doivent se considérer dans ce

« Mais ce curé ne pourrait-il pas prévccomme s'ils n'avaient point de curé.

nir les impressions fâcheuses en faisant Les plus célèbres théologiens du nombre connaitre la raison qui l'empêche de célédesquels est Sylvius, ne mettent à la règle Kénérale qu'il faut célébrer à jeun, que

R. Nous ne le croyons pas; cependant si, deux exceptions fondées sur une même rai800, qui est la nécessité indispensable que

eu égard à la connaissance qu'il a de l'esprit

de sa paroisse, il se persuade qu'il n'a pas à le sacrifice ne demeure pas iniparfait.

craindre pour lui les inconvénients que nous Quelqnes théologiens modernes semblent

craignons nous-même, il ne doit pas dire la modifier celle décision ; voici ce que disent

messe. Nous nous en rapporlerons donc à sa entre autres, messeigneurs Goussel, cilaul

prudence. » Collel lui-même, et de la Luzerne: « Le curé qui n'est plus à jeun, pourra-t-il

On ne pense pas, dit M. dela Luzerne, qu'un à défaut de tout autre prélre dire la messe

prêtre qui par mégarde, le jour de Noël, auun jour de grande solennité, le jour de På

rait à sa première messe, pris les ablutions, ques, par exemple, de la Toussaint, de la pût dire les deux autres m sses de ce jour, å féle patronale, vu de la première commu

inoins qu'il ne fûl nécessaire de les dire : lel nion ? »

est le cas d'un curé qui doit dire la messe ca « R. Nous pensons qu'il pourrait célébrer; jour-là à sa paroisse : ou quand du défaut de ne pas le faire, ce seraii occasionner les

célébration des deux messes il résullerait plus violents murmures et donner prise à la

un scandale; ce qui doit être rare. malveillance, à la calomnie; aujourd'hui « Si c'est un prêtre qui doit biner pour surlout qu'on aime à trouver un prêtre en procurer la messe à une seconde paroisse délaut. Un des cas où il est permis de célé- qui a commiscelteinadvertance, il paralt ono brer sans élre à jeun, est celui où l'on no le be oin du peuple et la cra te du scan.

cas

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