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IV. DIMANCHE APRÈS L'ÉPIPHANIE.

En faint Matthieu, Chap. 8. v. 23.

LORSQUE

ORSQUE Jefus fut entré dans la barque, fes Difciples le fuivirent, & il s'éleva fur la Mer une fi grande tempête, que les flots couvroient la barque, & pendant ce temps-là Jefus dormoit alors fes Difciples s'approcherent de lui, & l'éveillerent, en difant: Seigneur, fauvez-nous : nous allons périr. Jefus leur dit : Pourquoi craignez-vous, gens de peu de foi ? Et fe levant, il commanda aux vents & à la Mer de s'appaiser, & il fe fit un fi grand calme, que ceux qui étoient préfens furent tout étonnés; & ils difoient: Quel eft cet homme-ci à qui les vents & la Mer obéissent?

V. DIMANCHE APRÈS L'ÉPIPHANIE.

En faint Matthieu, Chap. 13. v. 24.

JES

ESUS propofa au peuple une parabole; en difant: Le Royaume des Cieux eft femblable à un homme qui a femé de bon grain dans fon champ. Mais pendant que les hommes dormoient, fon ennemi vint femer de l'ivraie parmi le froment, & fe retira. L'herbe donc ayant pouffé, & étant montée en épi, il parut auffi de l'ivraie. Alors les ferviteurs du Père de famille venant de trouver, lui dirent: Seigneur, n'avez-vous pas femé de bon grain dans votre champ? d'où vient donc qu'il y a de l'ivraie?

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Il leur répondit : C'est mon ennemi qui l'y a femée. Šes ferviteurs lui dirent: Voulez-vous que nous allions l'arracher? Non, dit-il, de peur qu'en arrachant l'ivraie, vous n'arrachiez auffi le froment. Laiffez croître l'un & l'autre jusqu'à la moisson; & au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Cueillez premièrement l'ivraie, & la liez en bottes pour la brûler; mais amassez le froment dans mon grenier.

VI. DIMANCHE APRÈS L'ÉPIPHANIE.

En faint Matthieu, Chap. 13. v. 31.

JESU

3

ESUS propofa au Peuple une parabole en ces termes : Le Royaume des Cieux eft femblable à un grain de fénevé qu'un homme a femé dans fon champ. Il n'y a point de grain fi petit que celui - là; néanmoins quand il est crû, il eft plus grand que tous les autres légumes, & il devient un arbre, de forte que les oiseaux du Ciel viennent fe repofer fur fes branches. Il leur dit encore cette autre parabolę Le Royaume du Ciel est semblable au levain qu'une femme a pris, & qu'elle a mis dans trois mefures de farine, pour faire lever toute la pâte. Jefus dit toutes ces choses au Peuple en paraboles, & il ne leur parloit point fans paraboles, afin que ce qui a été dit par le Prophète fût accompli: Je parlerai en paraboles ; je découvrirai des chofes qui ont été cachées depuis la création

du monde.

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176- ÉVANGILES DES DIMANCHES

DIMANCHE DE LA SEPTUAGÉSIME.

En faint Matthieu, Chap. 20. v. 1.

JESUS dit à fes Difciples cette parabole : Le Royaume

envoya

des Cieux eft semblable à un Père de famille qui, fortant de fa maison de grand matin, alla louer des ouvriers pour travailler à fa vigne. Après être convenu avec eux qu'il leur donneroit un denier pour leur journée, il les à fa vigne. Il fortit une feconde fois fur la troifième heure du jour, & ayant vu d'autres hommes qui demeuroient oififs dans la place, il leur dit: Allez-vous-en auffi, vous autres, à ma vigne, & je vous donnerai ce qui sera raisonnable : & ils y allerent. Il fortit encore vers la fixième heure, & vers la neuvième, & il fit la même chose. Enfin il fortit fur l'onzième heure, & trouvant d'autres ouvriers qui étoient là fans travailler, il leur dit : Pourquoi demeurez-vous ici tout le jour à ne rien faire? C'eft, dirent-ils, que personne ne nous a loués; & il leur dit: Allez-vous-en auffi à ma vigne. Le foir étant venu, le Maître de la vigne dit à fon Econome: Appelez les ouvriers, & payez - les, en commençant depuis les derniers jufqu'aux premiers. Ceux donc qui étoient allés travailler à l'onzième heure, s'étant présentés, reçurent chacun un denier : & les premiers venant enfuite, s'imaginerent qu'ils recevroient davantage; mais ils ne reçurent auffi chacun un denier. Or en le recevant ils murmuroient contre le Père de famille, & difoient: Ces derniers n'ont travaillé qu'une heure, & vous n'avez fait nulle différence entre eux & nous, qui avons porté le poids du jour & de la chaleur. Mais il répondit à l'un

que

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'd'eux : Mon ami, je ne vous fais point de tort; n'êtesvous pas convenu avec moi à un denier pour votre journée? Prenez ce qui vous appartient, & vous en allez; pour moi, je veux donner à ce dernier autant qu'à vous: ne m'est-il pas permis de faire ce qu'il me plaît? Faut-il que votre œil foit mauvais, parce que je fuis bon ? Ainfi les derniers feront les premiers, & les premiers feront les derniers : car il y en a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus.

DIMANCHE DE LA SEXAGÉSIME. En faint Luc, Chap. 8. v. 4.

LE Peuple s'étant affemblé en grand nombre, & plu

fieurs même étant accourus des Villes vers Jefus, il leur dit en parabole: Un Semeur étoit allé femer fon bled; & lorsqu'il le femoit, il en tomba fur le bord du chemin une partie qui fut foulée aux pieds & mangée par les oifeaux du Ciel. Une autre partie tomba fur des pierres; & elle n'eut pas plutôt pouffé, qu'elle fe fécha, parce qu'elle n'avoit pas d'humidité. Une autre partie tomba dans des épines, qui, montant & croiffant avec le bled, l'étoufferent. Une autre partie tomba dans de bonne terre, & ayant levé rapporta du fruit au centuple. Après avoir dit ces paroles, il crioit : Que celui-là entende, qui a des oreilles pour entendre. Ses Disciples lui ayant demandé ce que vouloit dire cette parabole, il leur répondit : Pour vous, il vous a été donné de comprendre le Mystère du Royaume de Dieu : mais pour les autres, ils ne l'entendent qu'en parabole, afin qu'en voyant ils ne voient pas & qu'en en entendant ils ne comprennent pas. Voici donc

le fens de la parabole: Le bled, c'eft la parole de Dieu.
Le bord du chemin où il eft tombé, fignifie ceux qui écou-
tent la parole; mais le démon vient enfuite, & l'ôte de
leur cœur, de peur que croyant, ils ne foient fauvés.
Les pierres fur fefquelles il en eft tombé, fignifient ceux
qui écoutent la parole, & qui la reçoivent avec joie;
mais qui n'ayant point de racine, ne croient que pour
un temps, & lorfque la tentation s'éleve, ils fe retirent.
Les épines parmi lesquelles il en eft tombé, marquent
ceux qui, après avoir entendu la parole, la laissent étouffer
par les foins, par les richeffes, & par les plaisirs de la vie,
& ne rendent point de fruit. Mais la bonne terre où il
en est tombé, repréfente ceux qui, ayant entendu la pa-
role, avec un cœur bon & très-bien difpofé, la confer-
vent, &
rapportent du fruit avec patience,

DIMANCHE DE LA QUINQUAGÉSIME,
En faint Luc, Chap. 18. v, 31.

JESUS prit à part les douze Apôtres, & leur dit: Je

vous déclare que nous allons à Jérufalem, & que toutes les chofes que les Prophètes ont écrites touchant le Fils de l'Homme, feront accomplies. Car il fera livré aux Gentils, il fera outragé, il fera fouetté, & on lui crachera au visage : &, après l'avoir fouetté, ils le feront mourir, & trois jours après il reffufciterą. Mais ils ne comprirent rien de tout ce difcours : c'étoit pour eux des chofes cachées, & ils n'entendirent point ce qu'il leur difoit. Lorfqu'ils furent près de Jéricho, un Aveugle, qui étoit affis fur le chemin, où il demandoit l'aumône, ayant oui paffer beaucoup de monde, s'informa de ce que

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