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pieds la cocarde blanche, elle est le signe de la bonte et du joug imposé par l'étranger et la trahison. Nous aurions inutilement versé notre sang si nous souffrions que les vaincus nous donnassent la loi!!!

Depuis le peu de mois que les Bourbons règnent , ils vous ont convaincus qu'ils n'ont rien oubliě ni rién appris. Ils sont toujours gouvernés par les préjugés en nemis de nos droits et de ceux du peuple. Ceux qui ont porté les armes contre leur pays,

contre nous, sont des héros ! vous êtes des rebelles à qui l'on veut bien pardonner jusqu'à ce que l'on soit assez consolidé par la formation d'un corps d'armée d'émigrés , par l'introduction à Paris d'une garde suisse , et par le remplacement successif de nouveaux officiers dans vos rangs. Alors il faudra avoir porté les armes contre la patrie pour pouvoir prétendre aux honneurs et aux récompensés ; il faudra 'avoir une naissance conforme à leurs préjugés pour être officier; le soldat devra toujours être soldat:

le peuple aura les charges et eux les honneurs.

» Un Viomesnil insulte au vainqueur de Zurich, en se naturalisant Français, lui qui avait besoin de trouver dans la clémence de la loi pardon et amnistie. Un Brûlart, chouan sicaire de Georges, commande nos légions.

»En attendant le moment où ils oseraient détruire la Légion-d'honneur, ils l'ont donnée à tous les traîtres et l'ont prodiguée pour l'avilir. Ils lui ont ôté toutes les prérogatives politiques que nous avions gagnées au prix de notre sang.

» Les quatre cent millions du domaine extraordinaire sur lesquels étaient assignées nos dotations, qui étaient le patrimoine de l'armée et le prix de nos succès, ils les ont fait porter en Angleterre.

» Soldats de la grande nation, soldats du Grand-Napoléon, continuerez-vous à l'être d'un prince qui vingt ans fut l'ennemi de la France, et qui se vante de devoir son trône à un prince régent d’An

gleterre ? Tout ce qui a été fait sans le consentement du peuple et le nôtre, et sans nous avoir consulté, est illégitime.

» Soldats, i générale bat et nous marchons ; courez aux armes, venez nous joindre , joindre votre Empereur et nos aigles tricolores; et si ces hommes aujourd'hui si arrogans et qui ont toujours fui à l'aspect de nos armes, osent nous attendre, quelle plus belle occasion de verser notre sang et chanter l'hymne de la victoire !

» Soldats des 7, 8 et 19divisions militaires, garnisons d'Antibes, de Toulon, de Marseille, officiers en retraite, vétérans de nos armées, vous êtes appelés à l'honneur de donner le premier exemple. Venez avec nous conquérir ce trône, palladium de nos droits, et que la postérité dise un jour : Les étrangers, secondés par des traîtres, avaient imposé un joug honteux à la France ; les braves se sont levés, et les ennemis du peuple , de l'ar

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mée ont disparu et sont rentrés dans le néant. » Signé à l'original, le général de brigade

baron de Cambronne, major du premier régiment des chasseurs de la Garde; lelieutenant-colonel chevalier Molat, artillerie de la Garde, Cornuet , Raoul, capitaines; Lenou, Demont, lieutenans; infanterie de la Garde , Loubert, Lamourot', Moupes, Combe, capitaines ; Dequeneux, Tibot, Chaunot, Molet, lieutenans į chevau - légers de la Garde, le baron Jermanoski, major,

Ballinselli, Seale, capitaines. Suivent les autres signatures des offi

ciers, sous-officiers et soldats de la Garde ; signé enfin le général de division aide-de-camp de l'Eậpereur, aide-major-général de la Garde,

Comte DROUOT. Cette proclamation, imprimée, répandue avec celles de S. M., était comme .

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elles dans toutes les mains; soldats, villageois, citadins se la faisaient lire , la lisaient, relisaient, savaient par coeur les passages les plus marquans. Déjà même il ne pouvait plus y avoir qu'une pensée, qu'un sentiment chez tous.

Cependant l'avant-garde de la division de Grenoble recula de trois lieues, et vint prendre position dans un défilé, entre des lacs et près d'un village.

Instruit de cette circonstance, l'Empereur se porta sur les lieux. Il trouva sur la ligne opposée un bataillon du 5e de ligne , une compagnie de sapeurs, une compagnie de mineurs, en tout sept à huit cents hommes.

S. M. envoya son officier d'ordonnance, le chef d'escadron Raoul, pour faire connaître à ces troupes la nouvelle de son arrivée; mais cet officier ne pouvait se faire entendre : on lui opposait toujours la défense qui avait été faite de communiquer. L'Empereur mit pied à terre et alla droit au bataillon, suivi de la garde, por

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