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qui se faisait remarquer dans la marché du gouvera nement, la solde entière à tous les officiers mis en non-activité qui avaient concouru à la formation des régimens du roi et de la reine, et qui avaient été renvoyés dans leurs foyers.

Le budget des dépenses de la guerre, réglé par la loi du 23 septembre 1814 pour l'année 1815, en fixait la quotité à la somme de 200,000,000 francs, dont il fallait défalquer celle de 80,000,000 francs pour la maison militaire, les retraites, les

pensions , et les officiers à la demi-solde.

Il ne restait donc que 120,000,000 francs pour l'armée active, et les services du génie et de l'artillerie.

Les dépenses de l'armée , réduite comme elle l'était au mois de mars dernier, devaient s'élever malgré toutes ces réductions, à 298,000,000 fr.

GARDE NATIONALE.

C'est dans l'institution de la garde nationale que réside la plus solide garantie de l'indépendance de la nation, produite par ce sentiment inné chez les Français.

Sa première formation au mois de juillet 1789, décida du triomphe de la cause de la liberté des peuples. Les bataillons sortis de son sein, apportèrent dans nos armées , non seulement la force numérique devant laquelle durent s'arrêter les efforts présomptueux de la première coalition , mais encore tous les sentimens généreux qu'enfante l'amour de la gloire, lorsqu'il s'exalte par l'amour de la patrie; c'est cette force morale qui renversa tous les obstacles, et qui porta si haut le renom de nos armées.

Dès les premières campagnes, les frontières de la république furent promptement reculées, par les plus mémorables opérations de guerre, et depuis cette époque, les conquêtes du plus grand capitaine qu'ayent jamais eu les Français, portèrent si loin, couvrirent si longtems les lị. mites de l'empire, que le service de la garde nationale, spécialement voué à la défense du territoire, offrit moins d'intérêt. Les modifications de son organisation avaient peu d'importance , quand la victoire , fidèle à nos aigles, confondait les projets de nos éternels ennemis, et trompait les voux impuissans d'une faction presqu'éteinte.

Cependant la prévoyance de l'Empereur pro:

voqua une réorganisation qui fut l'objet du sénatus-consulte du 2 vendémiaire an 14. Cette me sure ne fut encore appliquée qu'aux départemens frontières jusqu'à la fin de 1813. Mais quand les tems de mauvaise fortune de la France furent arrivés, la garde nationale reparut et s'organisa; elle s'accrut au milieu de nos revers, en partageant les fatigues et les dangers, comme les malheurs de l'armée. 1.

A Mont-mirail, à Montereau, dans toutes les places, les gardes nationales eurent leur part de gloire.

Le dernier gouvernement qui détruisit les élém. mens de l'armée , n'osa dissoudre ceux de la garde natiunale. La grande masse toujours soutenue par son esprit patriotique, garda: son caractère d'in, dépendance. -- Aussitôt que l'Empereur, en 'reprenant les rénės du gouvernement ; ai connu la situation des gardes nationales, il s'est hâte de faire revivre : une institution dans laquelle la nation trouvé la garantie la plus positive de son indépendanceyret le plus prompt déploiement de ses forces...)

Le décret impérial du 10 ayril, basé sur les

anciennes lois, a réorganisé les gardes nationales de l'empire, a ramené à une formation simple et par-tout semblable, les masses détachées, les corps

isolés et composés d'élémens divers, comme. les diverses circonstances qui les avaient fait créer.

Cette organisation générale avance rapidement; elle ne présente pas moins de 2,254,320 gardes nationaux, qui, régulièrement formés et encadrés dans 3,131 bataillons, comprennent à peu près le treizième de la population,

Une élite de 751,440 hommes de 20 à 40 ans, formés en compagnies de grenadiers et de chasseurs, pouvant être extraite de cette masse, et rendue mobile , l'Empereur a, par des décrets' successifs ordonné la formation die 2,500 compagnies de grenadiers et chasseurs formant 417 bataillons et présentant une force de: 300,940 hommes unia quement destinée à la défense des places, des postes fermés, des déflés, retranchés.

Il faut soustraire des bataillons à former, deux de quelques départemens maritimes, qui, à cause de la défense des côtes, n'ont pas été mobilisés, et ceux des frontières des Pyrénées, dont la formation doit être différente', et ont été

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soumises à des dispositions particulières , que réclamaient les localités.

Les départemens de l'intérieur et ceux du nord, en exceptant quelques arrondissemens sur l'extrênie frontière, sans cesse menacés et travaillés par les intrigues de l'étranger, ont rivalisé de zele, Ceux de l'est ont donné l'exemple du dévoûment et la plus forte impulsion.

Indépendamment des bataillons d'élite, de nom breuses compagnies de canonniers ont été formées dans toutes les places, dans les villes fermées et nouvellement retranchées, et dans les principaux chefs-lieux. Toutes les écoles spéciales, tous les lycées ont organisé des compagnies dont les canonniers sont déjà instruits, et s'exercent sous le commandement d'officiers et de sous-officiers d'art tillerie. Le nombre de ces canonniers volontaires, s'élève environ à vingt-cinq mille , en comptant les dix-huit compagnies de l'artillerie de Paris.. i i Il restait encore une partie considérable de la population en état de porter les armes, qui, ne' se trouvant point, aux termes des lois, comprise dans la garde nationale, n'en montrait pas moins la plus ferme volonté de concourir à la défense de la patrie, et de toute part demandait des armes et

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