Page images
PDF
EPUB

éte imprimée en grec el en latin, avec les cond livre du Consentement des derno Eglises opuscules de Théodore Abucara, à Ingols- par Allatius. tad en 1606. Michel écrivit aussi une pro- MICHON, moine de Saint-Riquier, n'est fession de foi que dom Montfaucou a fait connu que par un poëme en l'honneur du imprimer à Paris en 1715. Cette pièce con- saint patron de ce ministère. Ce poëme comTient une explication lies-luminense de tous prend en tout vingt-six vers élégiaques les articles de la foi : Le même éditeur fait d'une assez bonne facture. Toutefois Michun mention d'un autre écrit de Michel qui laissa plusieurs autres écrits, par exemple : avail pour lire : De la construction de l'o- quatre livres d'épigrammes, un recueil d'éraison. On ne l'a pas encore inprimé. Mi- nigmes, plusieurs extraits réunis sous le chel avait composé aussi différents poëmes, tilre de Fleurs des poëtes, et d'autres que cités par Allalius dans ses notes sur Eusta- Trithème ne spécitie pas, parce qu'il en avait che d'Antioche. Il avait mêine promis de les oublié les titres. S'il est auteur de l'Histoire rendre publics avec ceux de Sophrone de des miracles de saint Riquier, imprimée Jérusalem et de quelques autres anciens dans Bollandus au 26 avril et dans le lome II auteurs. Il insinuc que Michel y traitait des des Aclrs de l'ordre de Saint-Bernard, il faut matières de piété.

dire qu'il vivait encore en 866, puisque celle MICHEL, évêque d'Alexandrie, fut le der histoire s'étend depuis l'an 814 jusqu'en nier des trois patriarches d'Orient, qui en- 865 ; mais il n'est pas certain qu'elle soit de voya son légat au concile de Constantinople, lui. Il fut chargé pendant la plus grande par. tenu contre les Iconoclastes en 869. Ce legat tie de sa vie de l'école de saint Riquier, et se nommait Joseph et était archidiacre de Trithème dit qu'il forma des disciples trèsson Eglise. Son évêque l'avait chargé d'une justruits en toutes sortes de sciences. Cet Jettre adressée à l'empereur Basile. Elle fut éloge en vaut bien un autre Jue en pleine assemblée. Il disait à ce prin- MILON, moino d'Elnone ou saint Amand, ce que, étant éloigné de Constantinople, illui au compencement du in° siècle, écrivit la était impossible de donner son avis sur la Vie de ce saint et la dédia à Haimin, son division survenue dans cette église, puis- abbé, qui l'approuva. Cette l'ie est en vers qu'il n'avait aucune connaissance du fait ni héroïques et divisée en quatre livres. Milon des raisons des parties. Il cite in passage des fit encore deus discours en l'honneur de ce poëmes de saini Grégoire du Nazianze contre saint. Toutes ces pièces ont été recueillies ceux qui jugent des choses sans les connai- par les Bollandistes et insérées dans le preIre; puis il rapporte l'exemple de ce qui so mier volume de février. Casimir Oudiu a passait à Jérusalem où Narcisse et Alexandre inséré dans son Supplément aux auleurs ecvivaient en paix sur le même siége. Il prie clésiastiques, et dans son grand commentaire l'empereur de prendre sous sa protection son sur le même sujet, une pastorale de Milou, légat Joseph et les chrétiens qui l'accompa- intitulée : Combat de l'hiver et du printemps, gnaient dans le dessein de racheter les captifs. elle est en vers héroïques. On le fait aussi C'était un prétextu dont il se servait pour auteur de !Epitaphe des princes Pépin et cacheraux Musulmans le sujet de leur voya- Drogon, dont l'éducation lui avait été couge. Sa lettre est conçue en termes obscurs fiée ; de deux Poëmes, en vers héroïques sur et embarrassés, atin qu'elle ne put etre ai- la croix, dédiés au roi Charles le Chauve, et sément entendue de ces infidèles, si elle d'un Poëme sur la sobriété, adressé au ménye venait à tomber entre leurs mains. Il la finit prince Nous n'avons plus le recueil de ses en demandant à Dieu, par l'intercession de lettres dont parle Trithème, ni son Art poela sainte Vierge, de saint Marc et de tous lique. Valère André, qui en dit quelque chose les saints, de combler de ses graces l'empe- dans sa Bibliothèque belge, ne marque point reur Basile. L'écrit que le légat Joseph pré- d'où il l'avait appris. Milon avait du génie sente au concile tinit de même. Il y approu- pour la poésie ; sa proso, quoiqu'assez nelte, ve ce que celle assemblée avait décidé, en est moins facile; ses discours ne sont que de son absence, en faveur d'Ignace et contre simples narrations, sans ouvements ei sans Plotius, et les réglements qu'elle avait adop- figures iés pour le maintien du culte des saintes MILON, cardinal évêque de Palestrine, images.

avait fait profession de la règle de saint BeMICHEL de ThessaloniQue, après avoir noit dans l'abbaye de saint Aubio d'Angers. élé maitre des rhéteurs, premier défenseur Son abbé l'ayant envoyé à Rome en 1093, le el diacre de l'Eglise de Constantinople, Pape Urbai: II, qui sut distinguer son médonna dans l'erreur des bogomiles, espècé rite, ne tarda pas à lui donner des marques de manichéens, découverts et condamnés de son estime. Il le créa cardinal, évêque sous le règne d'Alexis Comnene, et qui de Palestrine et l'envoya en France, avec le continuaient à se répandre dans la Grèce, titre de légal, pour extirper la simoniė. JI sur la fin du xil' siècle. Il fut condamné avec assisla en 1095 au concile de Clerinont, préplusieurs de ses coreligionnaires dans un sidé par le Pape lui-même. Après la mort concile que le patriarche Michel'assembla à d'Urbain, arrivée en 1099, Pascal II, son Constantinople le 22 février 1144. Long- successeur, continua Miton dans sa dignité, temps banni du territoire de l'empire, il et l'envoya de nouveau en France, en 1103, renorça à ses erreurs sur la fin de sa vie et pour terminer le différend qui s'était élevé mourut dans la profession de la foi catholi- entre Norgaud, évêque d'Auiun, et Hugues, que. Nous avons sa rétractation dans le se- abbé de Cluny, au sujet des privileges de

mes.

cette abbaye. On croit que Milon mourut en faveur de Guillaume Crispin, l'un des en 1112. Marbode, évêque de Rennes, lui a ancêtres de notre auteur. L'épilaphe de ce consacré des vers dans lesquels il le repré- Seigneur termine l'ouvrage, qui, quoique sente comme le fléau de la simonie, et sem- anonyme, pourrait bien appartenir à Milon, ble même le regarder comme un saitit. Dom La Vie d'Herluin, comme nous l'avons reMarlène rapporte dans son Voyage litteraire marqué plus haut, est une des productions un éloge en vers du Pape Pascal II, qu'il dit de Gilbert Crispin; mais le prologue placé avoir tiré d'un manuscrit de l'abbaye d'Ab- en tête de cet écrit appartient nécessairedinghoff, où ils sont inscrits sous le nom de ment à une autre plume, puisqu'il y est Milon. Ces vers, au nombre de dix-neuf, fait mention des Vies de Boson et de Thin'ont rien de remarquable; la poésie en est baui, qui ne furent écrites que longtemps plate et commune. C'est un éloge emphati- après la mort de Gilbert. Dom Luc d'Acheque du Pape Pasca! 11, que le grairu Arislu- ry présume qu'il est de Milon. Si cette conte Cicéron, Platon, Ovide seraient incapa- jecture était vraie, Milon aurait vécu au bles de louer suivant ses mérites !

moins jusqu'en 1161, époque de la mort de MILON, de l'illustre famille des CRISPINS Thibaul; ce qui n'est oullement prouré. !! en Normandie, embrassa la vie religieuse à nous parait donc plus sur de ranger l'auteur l'abbaye du Bec, vers le commencement du de ce prologue parmi les écrivains anonyXII° siècle. Il y trouva des maîtres habiles qui le formèrent aux sciences et à la vertu, MILTIADE fut un des ardents défenseurs Son goal et son talent pour le chant ecclé- de la religion chrélienne, vers le ire siècle. siastique lui méritèrent l'office de grand Une nous reste plus aujourd'hui que le nom chantre qu'il remplissait avec édification. de cet apologiste, à qui Tertullien et saint C'est tout ce que l'histoire nous apprend de Jérôme ont donné les plus grands éloges, sa vie, dont la tin parait devoir eiro fixée à qu'il avait mérités sans doute par l'éloquence l'an 1150.

de ses écrits, non moins que par la sainteté L'écrit le plus considérable qu'il ait laissé de sa vie. Eusébe vanle beaucoup les ouvr3est la Vie du bienheureur Lanfranc, arche- ges qu'il avait publiés contre les Juifs et les vêque de Cantorbéry. L'auteur déclare qu'il païens, ouvrages divisés chacun en deur l'a composée des nombreux détails rappor- iomes. Quelques auteurs lui altribuent égatés sur ce prélat, dans la Vie du bienheureux ment un livre contre les montanistes, dans Herluin, écrite par Gilbert Crispin, son pa- lequel it enseignait particulièrement qu'un rent, et aussi avec ce qu'il en avait appris prophète ne doit point tomber en extase oi lui-même de plusieurs personnes respecta- entrer en fureur, pour annoncer les ordres de bles, au nombre desquelles il met saint An- la Divinité. Tous ces écrits sont perdus. Il selme. Il proteste, dans son prologue, qu'il en est de même de l'Apologie qu'il adressa n'avancera rien que d'après ces autorités, aux princes de ce siècle, vraisenibiablement et, à l'air de candeur qui règne dans sa nar- Marc-Aurèle et Commode, ou peut-être aux ration, on voit qu'il a tenu parole. Ses ré- gouverneurs des provinces, pour défendre flexions sont judicieuses et décèlent une la religion chrétienne qu'il avait embrassée. âme qui connaissait intimement la religion. Si l'on en croit l'opinion de saint Jérôme, il Son siyle est au-dessus de l'idée peu avan- parait que celui-là surtout se distinguait tageuse qu'il en avait, et, quoi qu'il en dise, aussi bien par l'érudition profane que il n'est nullement dans le cas d'avoir besoin par la profonde intelligence des livres qu'on lui fasse grâce à cet égard. Nous avons saints. trois éditions de cette Vie. La première pu

MINUTIUS-FÉLIX. – Tout ce que nous bliée par dom Luc d'Achery, à la tête des savons de cet illustre apologiste, c'est qu'il euvres de Lanfranc; la seconde, par don naquit en Afrique, sur la fin du 11° ou au Mabillon, dans le vie siècle de ses actes des commencement du 1° siècle. Il viot à Rome saints Bénédictins, et la troisième par les où il exerça la profession d'avocal, et acquit Bollandistes, au 28 mai.

par son éloquence une répulation fuit élenLanfranc ne fut pas le seul dont Milon en: due. Lactance et saint Jérôme le placent au treprit de tracer les.vertus aux souvenirs de rang des premiers orateurs de son siècle. Il la postérité. Deux abbés du Bec, Guillaume nous apprend lui-même que la nature de ses et Boson, successeurs de saint Anselme, lui fonctions, el peut-être aussi la façon brilont la même obligation. Il avait vécu sous laute avec laquelle il les remplissait) l'al'un et l'autre, et ce qu'il en rapporte est vaient appelé comme juge ou assesseur dans appuyé du témoignage de ses yeuks Il s'est les causes de la religion. Il élait païen alors, plus appliqué à peindre leur caractère qu'à et il conserva ses erreurs jusque dans un ago donner le détail de leurs actions. Chacune assez avancé. Néanmoins il est bon de l'eude ses deux Vies, publiées dans l'appendice tendre parler lui-même. aux cuvres de Lanfranc, est terminée par « Nous étions persuadés, dit-il, que les trois épitaphes assez bonnes de la façon de chrétiens adoraient des monstres, qu'ils Milon.

dévoraient des enfants, et qu'ils s'abandonVient ensuite, dans la même édition, une naient à la dissolution dans leurs festins. généalogie de la maison de Crispin, dans Nous ne refléchissions pas qu'on n'avait pas Jaquelle l'auteur a inséré la relation d'un même cherché à vérifier de pareilles accusamiracle que la sainte Vierge opéra par les tions, bien loin de les avoir prouvées ; que. prières d'Ileriuin et des religieux du Bec, parmi lant de prétendus coupables, il ne

s'en était pas même trouvé un seul qui eal dans les affaires les plus sérieuses. Cécilius avoué son crime, quelque sûr qu'il fåt el de répond : « J'avoue que le mot d'Octave n'a l'impunité et de la récompense; que, au fait une vive impression. Accuser mon ami contraire, ils faisaient gloire de leur reli- de négligence, c'était indirectement faire gion et ne se repentaient que d'une chose, retomber sur moi le blâme d'ignorance. c'est-à-dire de ne pas l'avoir embrassée plus Approfondissons la chose ; il est bou qu'Oc10t. Tandis que nous ne faisions pas dilli- tave m'en rende raison. » culté de défendre des hommes coupables de Le plaidoyer s'engage ; Minutius est choisi sacrileges, d'inceste, de parricide, nous ne pour arbitre, el Cécilius commença la disvoulions pas même entendre les chrétiens. pule. Il prétendit d'abord qu'il fallait se Quelquefois, touchés d'une compassion iranquilliser sur la différence des religions. cruelle, nous leur faisions subir la torture, Dans tous les cas, le culle des dieux étant pour les forcer à se sauver en niant qu'ils plus ancien que celui du Dieu des chréfussent chrétiens. Nous nous servions, pour tiens, on devait abandonner celui-ci pour arracher un mensonge de leur bouche, de suivre l'autre. La preuve qu'il donne de la ce qui n'a été établi que pour tirer l'aveu de première de ces deux propositions, c'est la vérité. Si quelque chrélien faible, suc- qu'il n'y a rien de certain dans les choses combant à la violence des tourments, re- humaines; c'est que tout ce qui se fail dans le niait sa religion, nous lui applaudissions monde est plutot l'effet du basard que d'une comme si, par ce lâche mensonge, il se fut providence particulière. Il prouve la seconde purgé de lous les crimes qu'il avait dû coin- en affirmant que, tant que les Romains ont mettre, selon nos préjugés. »

fidèlement honoré leurs dieux, leur empire Lié avec un Romain de la même profes- a prospéré. Au contraire, ils n'ont jamais sion que lui, nomm4 Octave, et récemment négligé leur culte, sans qu'ils n'en aient aus. converti au christianisme, Minutius eut oc- sitôt subi le châtiment. Quant à la religion casion d'apprendre à mieux connaitre les des chrétiens, outre qu'elle est nouvelle, il chrétiens. La lumière approchait insensible- la trouve encore ridicule dans ses préceptes ment de ses yeux, et il finit par se rendre à et dans ses cérémonies. « N'est-il pas déson éclat. Mais, comme la vérité ne sait pas plorable, dit-il, de voir une faction abanse renfermer dans les ténèbres, Minutius donnée s'élever dans son désespoir contre voulut que ses concitoyens, égarés comme les dieux, former ce qu'il y a de plus mépriil l'avait été lui-même, partageassent le bien- sable parmi les hommes, c'est-à-dire une fait dont il commençait à jouir, et publia sa conjuration contre leur culte, et se joindre défense du christianisme. Il lui a donné la par des assemblées nocturnes, des jeunes forme de dialogue, à l'imitation de ceux de solennels et des repas inhumains ? Leur foCicéron sur la nature des dieux, et le titre lie va jusqu'à compter pour rien les fourd'Octare, comme l'oraleur romain les titres menls présents, parce qu'ils en craignent de de Brutus el d'Hortensius à ceux de ces dia- futurs et d'incertains. Répandus par tout le logues dans lesquels ces deux personnages monde, ils se reconnaissent à certains signes sont les principaux interlocuteurs. Minutius secrets; ils s'aiment presqu'avant de se en introduit trois. L'un, avocat du paganis- connaitre; ils s'appellent tous frères et nie, en expose tous les préjugés contre la seurs, et couvrent sous ces beaux noms les religion chrétienne; il l'appelle Cécilius. infamies et les crimes dont ils se font une Octave répond et venge éloquemment la foi religion. On dit qu'ils adorent une téle de Jésus-Christ. Le lieu où se tient la con- d'ane, un homme supplicié pour ses crimes férence est le bord de la mer. Ce qui y donne et le bois funeste de sa croix. » occasion, c'est la rencontre, faite sur le che- Cécilius ajoute à toutes ces calomnies, min, d'une statue de Sérapis, à laquelle Cé- celle de l'enfant couvert de farine, que l'on cilius, selon la coutume des païens, quand donnait, dit-il, à manger aux chrétiens; ils se trouvaient en présence de quelque celle du chien qui éteignait la lumière, et idole, avait témoigné sa vénération, en por- celle des incestes et des abominations dont tant sa main à sa bouche pour la baiser; on les accusait de se souiller dans leurs assur quoi Octave s'adressant à Minu - semblées. Pour preuve de tous ces faits, il tius:

cile le soin extrême que les chrétiens mela En vérité, mon frère, lui dit-il, il n'est laient à cacher leurs mystères; « car, dit-il, pas digne d'un homme vertueux, comme vous pourquoi n'osent-ils parler ouvertement, ni jeles, de laisser dans ce déplorable aveugle- s'assembler librement, si ce qu'ils adorent ment un ami qui vous est si étroilement at- ainsi en secret n'est ni punissable ni honlaché, el de souffrir que, à vos yeux, il leux ? » rende un culté à des pierres insensibles, li raille ensuite les chrétiens parce qu'ils couvertes d'essences el couronnées de adorent un Dieu inconnu de toutes les na. fleurs. La honte d'un tel égarement ne re- tions, excepté des Juifs ; un Dieu si impuistombe-t-elle pas sur vous comme sur sant qu'il est captif des Romains avec son lui ? »

peuple ; un Dieu qu'ils ne peuvent ni voir Ce reproche entendu par Cécilius pénètre ni niontrer; un Dieu incommode et inquiet jusqu'à son cæur. Il le rend rêveur et mé- jusqu'à l'impudence, puisqu'il va, selon eux, lancolique. Ses amis s'en aperçoivent et lui Jusqu'à demander un comple exact à chacun demandent ce qu'est devenue celte gaieté ai- de ses meurs, de ses actions, de ses paromable qui ne l'abandonnait jamais, pas même les, et même de ses plus secrètes pensées;

puisqu'il est en tout lieu, témoin de toutes Aussitôt que Cécilius eut cessé de parler, les ouvres, et occupé du dernier de ses ser- Octave reprit à son tour el remarqua d'atateurs, comme s'il pouvait suffire à tous. Il bord que tous les hommes, sans distinction traite de conles de vieilles femmes ce que d'age, de sexe, de condition, étant nés cales chrétiens disaient de la destruction du pables de raison, il était permis aux chrémonde par le feu du ciel, de la résurreclion tiens, comme aux autres, de s'appliquer ) des corps, de la récompense éternelle des connaitre les choses du ciel el d'en discog. saints ei des supplices des inéchants dans un rir. Pour se convaincre qu'il y a un Dieu enfer qui n'aura point de fin. Puis s'adres- qui a fait le monde et qui le gouverne, il sant à Oclave, il ajoute : « Malheureux, suffit de considérer les cieux, le cours réglé avant de vous en rapporter à loutes ces du soleil et des astres, la vicissitude élerfolles proinesses, vous devriez juger par nelle des ténèbres et de la lumière, l'arraul'expérience du présent de la frivolité de vos gement des saisons qui ne se trouble el ne espérances ! Ce que vous avez à attendre change jamais, le flux et le reflux de la mer, après la mort, apprenez-le par ce que vous les sources intarissables qui ne cessent de eies pendant la vie. Vous le voyez,' la plu- couler pour arroser la terre, si merveilleupart d'entre vous, et, de votre aveu, ce qu'il sement disposée en plaines, en vallons, en y a de plus verlueux, réduits à l'indigence, montagnes, les différentes espèces d'anien proie à la rigueur des saisons, conda m- maux si nombreux el si variés, mais par nés à toutes les privations, vous traînez une

dessus tout la forme de l'homme, où l'on ne existence misérable; et votre Dieu le souf- trouve point de parties qui ne répondent à fre, manquant soit de volonté, soit de un besoin, où qui ne révèlent une beauté. moyens pour secourir ceux qui le servent, « Mais, ajoute Octave, s'il est impossible de impuissant ou injuste. Toi qui le berces de douler d'une providence, peut-être demailla posthume inmortalité, en attendant, lu es derez-vous s'il y a dans le ciel un ou pluassiégé de dangers, dévoré par la fièvre, dé- sieurs maîtres. La réponse n'est pas difficile

. chiré par la lorture; et tu ne sens pas en- Les royaumes de la terre peuvent ici nous core ta misère I tu fermes les yeux sur ton donner des objets de comparaiso?. Quand néant! Hélas ! contre ton gré, tout accuse la jamais a-l-on vu un empire se partager, sans faiblesse; toi seul lu topiniâtres à n'en pas que la rivalité et la perfidie n'en aient souillé convenir. - C'est là, direz-vous, l'apanage ou ensanglanté l'histoire? Le monde est commun de l'humanité. A la bonne heure ! plein de ces tragiques événements. Mais mais ces menaces, ces supplices, ces lor- passons à un autre théâtre. La nature de lures, ces croix qu'il n'est plus question donne à une ruche, à tout un troupeau qu'un d'adorer, mais sur lesquelles on va vous seul chef. Et vous voudriez que dans le ciel étendre, ces feux que vous êtes si jaloux et la toute-puissance fui divisée ? Pouvez-vous de prédire et de redouter, voilà le sort ré- concevoir Dieu autrement que comme être servé à vous seuls. Allendrez-vous de votre créateur, universel, qui n'a point eu de Dieu qu'il vienne à votre aide, en vous res- commencement et ne saurait avoir de fin; suscitant, quand il n'aura pu vous défendre de qui tout a reçu l'existence el qui ne tient au moment où vous aviez à les subir ? Les la sienne que de lui-même; qui, avant qu'il Romains onl-ils eu besoin de votre Dieu y eat un monde, était à lui-même son propre pour vaincre, pour triompher de tous les centre; qui a tout créé par sa parole, qui peuples, pour devenir les maîtres du monde ordonne tout par son intelligence, et qui et de vous-mêmes ? Cependant, agité d'in- perfectionne lout par sa verlu ? L'ail ne peut quièles et continuelles sollicitudes, vous le saisir, sa clarte absorbe nos faibles revous privez de tout plaisir légitime, vous gards, notre intelligence n'en peut comvous défendez les spectacles, vous fuyez nos prendre l'immensité, el nos sens bornés s'artèles et nos solenniiés; jamais on ne vous rêtent au-devant de cette grandeur intine rencontre dans nos réjouissances publiques, et sans bornes; il n'y a que lui qui puisse vous vous éloignez sévèrement et des jeux se connaître lui-même. La seule manière de où l'on combat en l'honneur de nos dieux, concevoir sa nature, c'est de la déclarer Hel des aulels où fume l'encens qui leur est concevable. A vrai dire, qui s'imagine conoffert el où coule le vin qui leur est consa- naitre la nature de Dieu la dégrade. Ne lui cré. Vous les niez et vous en avez peur. Ja- cherchez pas de nom : Dieu, voilà comme il mais on ne vous voit couronner vos lètes de s'appelle! Il ne faut des expressions indivifleurs, ni vous parfumer d'essences. Vos par- dueiles que quand il y a pluralité. Dieu est fums, c'est aux morts que vous les donnez; seul; le mot Dieu embrasse lout. Je l'appeldes couronnes, vous n'en accordez pas même lerai Père, vous allez concevoir quelque à leurs dépouilles. On vous voit pâles, trem. chose d'humain; roi, c'est une idée lerresblants, également malheureux, et de ne tre; seigneur, vous serez ramené à des point ressusciter après la mort, et de ne pensées de mortalité : supprimez les désipoint vivre avant de mourir. Donc, s'il vous gnalions et vous arriverez à saisir quelque l'este quelque peu de sagesse et de modé- rayon de sa splendeur. » ration cessez de chercher les secrets du ciel « De lous les cours s'échappe le cri qu'il et la destinée du monde..., ou, si vous vou- existe un Dieu. Le commun des hommes, lez pbilosopher, imitez Socrate, qui disait, quand ils étendent leurs mains au ciel, ce que ce qui est au-dessus de nous ne nous profèrent que ce mot : Dieu! grand Dieu! regarde point. »

la vérile de Dieu ! s'il plait à Dieu ! Neste pas la le langage inspiré par la nature seule? corps qu'ils possèdent, et s'ils ne sortent Ne se trouve-t-il que dans la bouche du incontinent, 'ils se relirent au moins peu à chrétien ? Vous appelez votre Jupiter, prince, peu, selon que la foi du patient est grande, père des dieux ; c'est sous urrautre nom re- ou la grâce du médecin ellicace. Ainsi, ils connaitre l'unité de la toute puissance. » fuient la présence des chrétiens, quoique

A l'appui de cette doctrine qui vengeait par votre moyen, ils troublent leurs assi victorieusement le christianisme du re- semblées. » proche d'athéisme, le savant apologiste in- « Ce sont encore les démons qui nous ont voque la tradition universelle en faveur du accusés de rendre les honneurs divins à dogme de l'unité d'un Dieu. Il découvre ce une tête d'ane; mais où sont les hommes même dogme jusque dans l'alliage impur assez fous pour admeltre un semblable culle, dont l'idolâtrie avait chargé le fond de la assez fous pour le croire ? Ceux qui nous théologie primitive conservée sans altération accusent encore d'adorer les objets les plus dans les seuls livres de Moïse.

obscènes ne font que nous préler leurs pro« Egarés sur le mot, tous les peuples s'ac- pres turpitudes. D'aussi monstrueuses imcordent quant à l'unité d'un être tout puis- puretés ne se rencontrent que chez les homsant. Les poëtes ont placé à la tête de leurs mes qui ont perdu toute pudeur. Inventer divinités un Dieu suprême qu'ils ont pro- de päreilles horreurs, c'est laisser croire clamé père des dieux et des hommes. Il y qu'on pourrait s'en rendre coupables. Quant a eu de tout temps une croyance, établie au reproche fait à notre religion d'avoir

pour généralement dans tous les esprits, qu'il règne auteur un homme justement puni di supdans l'univers une puissance invisible, qui plice de la croix , s'il y a du vrai daus l'obvoit toul, qui fait tout dans le monde selonjection, on s'abuse étrangement sur le reste, sa volonté. C'est de cette ame répandue par en croyant qu'il ait mérité nos adorations, toutes les parties de l'univers , que Virgile s'il fut un scélerat, ou qu'il eût pu les obfait le principe du mouvement de lous les tenir s'il n'était qu'un homme. On serait corps. Cette idée rectifiée n'amène-t-elle pas assurément bien à plaindre de fouder son à celle du Dieu que nous appelons esprit, espérance sur un homme mortel, dont touto raison, intelligence universelle ? »

la protection qu'on en attend finirait avec Si l'idée publique d'un Dieu suprême s'est lui. Nous laissons celte absurde idolåtrie à maintenue dans les siècles les plus ténébreux l'Egyptien et à d'autres, qui se font des dieux du paganisme, à plus forle raison dul-elle de leurs rois, reçoivent leurs paroles comme etre répandue quand la philosophie, ayant autant d'oracles et leur lumolent des victiparcouru le cercle des erreurs possibles sur mes. Ce prétendu Dieu a beau se défendre la Divinité, fut obligée de revenir au point il n'est ioujours qu'un homme; il peut d'où elle était partie, et d'ajouter ses rai- tromper la conscience des autres, jamais la sonnements au poids de la tradition antique. sienne. Nous n'adorons point}es croix, nous Il frappe ensuite à la porte de toutes les ne courons point après elles. On dil et l'on écoles, il prête l'oreille aux divers enseigne- croit que nos initiations se consacrent sur ments des maîtres célèbres, depuis Thalès le sang d'un enfant égorgé par vos mains, de Milet jusqu'à Platon, et il conclut ainsi : sur quel fondement? Nous ne nous permet« Je viens de passer en revue les opinions Irions jamais d'assister à une exécution des principaux d'entre les philosophes : leur capitale, et nous sommes si éloignés de verplus beau titre de gloire est d'avoir reconnu ser le sang des hommes, que nous nous l'unité de Dieu, bien qu'ils en aient défiguré abstenons même de répandre celui des anile dogme par la diversité des noms dans maux. Nos repas incestueux dont on fait lesquels ils avaient partagé la divine es- tant de bruit, calomnie atroce inventée par sence, d'où il résulte que les chrétiens d'au- le démon pour offusquer, par ce reproche jourd'hui sont philosophes, ou que les phi- odieux, la gloire de la pudeur doni nous losophes d'autrefois étaient chréliens. faisons profession. Ce n'est pas chez nous,

Il réfute ensuite avec une certaine étendue mais daus les histoires et sur les théâtres les tables et les autres absurdités de l'idola- profanes, qu'il faut aller chercher les tétrie, et montre que l'empire romain ne s'est moignages trop avérés de ces scandaleuses élevé à ce poini de grandeur prodigieuse débauches. Donc, sous ce rapport, vous êtes dont il jouissait alors que par les crimes plus coupables que nous, puisque ceux que de ses premiers fondaleurs, el de ceux qui vous adorez comme vos dieux se sont ren. l'ont gouverné dans la suite des temps. 11 dus coupables d'incestes avec leurs mères, prouve que les oracles, eu qui les païens avec leurs filles, avec leurs seurs. Les chréavaient lant de contiance, n'élaient que des liens, au contraire, sont chastes d'esprit et prestiges des démons; ce dont il prend à de corps. Une femme nous sulfit, ou nous témoiu Cécilius lui-même, en lui disant : nous eu passons entièrement; plusieurs en « Plusieurs d'entre vous savent que les dé- etfet gardent la saiutelé du célibat jusqu'à mons sont contraints de confesser leurs im- la mort, et nous sommes si éloignés de postures, lorsque nous les tourmentons pour l'inceste que plusieurs même ont bonte des les chasser des corps , et que nous les for- plaisirs légitimes. Nous ne nous reconnaiscons d'en sortir par des paroles qui les gê- sons poini à quelqus marque corporelle, nent, par des prières qui les brûlent. Car comme vous le peusez, mais à la modestie lorsqu'on les conjure, au nom du Dieu vi- et à l'innocence. Nous nous appelons frères vant, ces misérables frémissent daus los parce que vous avons tous un même péro,

[ocr errors][ocr errors]
« PreviousContinue »