Page images
PDF
EPUB

jusqu'à son temps. Cet ouvrage, dont on ne d'autant plus de garantie, qu'ii avait visitó saurait trop regretter la perte, montrait les principales Eglises d'Oriant et d'Occisuite de la tradition, et établissait que, mal- dent. Saint Hégésippe, au rapport de saint gré de nombreuses hérésies, le dépôt des Jérôme, était rempli de l'esprit des apôtres vérités éternelles enseignées par Jésus- et doué d'une profonde humilité, qui se maChrist avait jusque-là été conservé intact. nifestait jusque dans la simplicité de son Il n'était aucun siége épiscopal, aucune style. Il mourut à Jérusalem dans un age église particulière qui ne gardát fidèlement très-avancé, vers l'an 180. On célèbre sa fèie tout ce que la loi avait ordonné, tout ce que le 7 avril. les prophètes avaient enseigné, tout ce que HEIRIC cu HÉRIC, moine de Saint-Gerle Seigneur lui-même avait prêché. Selon main d'Auxerre, sut joindre à un savoir peu lui le premier hérétique qui tacha d'infecter commun une grande piété qui lui a mérité de ses erreurs l'Eglise de Jérusalem, fut un une place parmi les saints confesseurs. Il nommé Thebutes, irrité de n'en avoir pas naquit vers l'an 834, à deux lieues de cette élé élu évêque. Malgré ses efforts, cepen- ville, dans le village de Héry, qui formait danı, celle Eglise se conserva vierge et in- alors une dépendance de l'abbaye de Saintcorruptible dans sa foi, lant qu'elle fut gou- Germain. Placé dans cette maison dès l'âge vernée par quelques-uns de ceux qui de sept ans, il y embrassa plus tard la proavaient appris' la vérité de la bouche du fession monastique. Après y avoir achevé ses Sauveur. Hégésippe décrivait assez longue- premières études, il alla les perfectionment le martyre de saint Jacques, premier ner successivement à Fulde et à Ferrières, Evêque de ce berceau du christianisme; Ja où il étudia à fond l'Écriture sainte, la théopersécution que l'empereur Domitien sus. logie et la littérature. Il donna aussi quelque cita contre les parents du Rédempteur, dans application à la langue grecque et acquit la crainte qu'ils ne tramassent quelque en- tant d'autres belles connaissances, que la treprise contre la sûreté de l'Etat; et le postérité qui l'a honoré du titre de théoloInartyre de l'Evêque saint Siméon déféré à gien, l'a regardé en même temps comme un Trajan, comme issu de la race de David et des meilleurs poëtes, des écrivains les plus comme Chrélien. Il cilait encore dans ses polis et des orateurs les plus éloquents de livres, auxquels Eusébe donne le nom de son siècle. Ce qui nous reste des écrits de Commentaires, l'Evangile selon les Hébreux ce saint religieux confirme en partie l'idée el rapporlait plusieurs traditions des Juifs qu'on s'était faite de son mérite. Habile phiqu'on ne trouve plus écrites nulle part. l! Josophe, on voit qu'il poussa également ses dornail, et plusieurs anciens ont donné réflexions sur cette partie sérieuse des conaprès lui le titre de Livres de la Sagesse aux naissances humaines jusqu'à découvrir et Prorerbes de Salomon, parce qu'ils con- expliquer clairement le fameux doute métiennent les préceptes de toutes les verlus. thodique dont il était réservé à Descartes do Il faisait aussi mention de plusieurs livres faire plus tard l'application. De retour à aprecyphes, dont quelques-uns, suivant lui, Auxerre, Héric s'ap

Auxerre, Héric s'appliqua surtout à enseiavaieni été écrits par les héréliques de son gner aux autres ce qu'il avait appris lui. leurps. On cite encore des écrits d'Hégén même. Il eut l'honneur de donner des lesippe quelques passages qui n'ont pas çons au prince Lothaire, fils de Charles le grande autorité. Etienne Gobar emprunte Chauve, et alors abbé de Saint-Germain. 11 au cinquième livre de ses Commentaires compta aussi parmi ses disciples le célèbre plusieurs paroles qui ne paraissent pas Remi et le savant Hugbald, deux des plus très-orthodoxes ; mais, outre que ce passage grands hommes de ce siècle, qui surent faire est tronqué, il est permis de douter qu'un passer dans le siècle suivant quelques vesauleur qui parlageait l'hérésie des trithéites tiges de sa littérature. Les heures qu'il ne ait rapporté fidèlement les passages d'Hégé- consacrait pas à l'enseignement, il les emsippe, qui, au jugement d'Eusebe, nous a ployait à écrire ou à annoncer au peuple les laissé, dans ses Commentaires, des preuves vérités du salut. On a dit qu'il avait du taillustres de la pureté de sa foi.

lent pour la chaire, et le grand nombre de Quant aux cinq livres sur la ruine de Jé- ses homélies qu'on nous a conservées montre rusalem qui portent le nom d'Hégésippe, on qu'il en faisait un fréquent usage. On ignore convient généralement aujourd'hui qu'ils celles de ses autres actions qui lui ont acsont d'un auleur beaucoup plus récent qui quis le titre de saint. Les Bollandistes ont semble avoir vécu sur la fin dui iv siècle ou au publié son éloge au 24 juin, jour auquel son commenncement du ve siècle. Quelques-uns nom est marqué dans plusieurs martyroont cru que dans ses Commentaires Hégésippe loges. On ne convient pas de l'année de sa avait marqué la succession des évêques de mort; mais l'opinion la plus suivie cepenchaque Eglise et qu'il avait surtout donné la dant la fixe en 881. Ce qu'il y a de certain suite des évêques de Rome, mais Eusébe n'en c'est que saint Heiric vécut jusqu'au règne dit rien. Tout ce que l'on peut conclure de ses

de Charles le Chauve, à qui il dédie en sa paroles, c'est qu'Hégésippe avait consigné qualité d'empereur le principal de ses oupar écrit la doctrine suivie de son leipps par vrages. l'Eglise de Rome, doctrine jusque là inva- Ses ÉCRITS.- Un des caractères distinctifs riable et qu'elle lenait par une succession du saint religieux qui nous occupe, c'était sa non interrompue depuis le temps des apo- piété envers les saints évêques d'Auxerre et tres. Sur ce point son témoignage présente particulièrement en:ers l'illustre saint Gera DICTIONN. DE PATROLOGIE. III.

9

[ocr errors][ocr errors][ocr errors]

main, avec un zèle ardent pour le ministère Germano litulum parare laudis
de la parole évangélique. Il n'est donc pas Urget maleries, amor coarcial,
surprenant que presque lous ses écrits re-

lule mirificus, puer Hlothari;
gardent ou l'histoire de ces saints Pontifes ou

Cui fas non fueril negare quicquam, l'instruction des fidèles.

Non os, non animum, non illa cerie,

Quæ suni officiis amica pu!chris. Le premier par ordre de date est un recueil de traits historiques et de sentences Comme on le voit, Heiric commença son choisies des Pères, de saint Jérôme, de saint travail du vivant de Lothaire, par conséAugustin, du Vénérable Bède, et même quent avant 863; mais une mort prématurée aussi de quelques auteurs profanes. Heiric enleva ce jeune prince bien avant qu'il fat avait formé ce recueil de ce qu'il avait ap- terminé. Notre poële en conçut tant de dou. pris de la bouche de ses anciens maitres, leur qu'il eut besoin que le temps vint Haimon de Fulde et Loup de Ferrières, qui l'adoucir pour pouvoir continuer. Il le reprit dans les moments de récréation rapportaient dans la suite, et il était dans la trenteà leurs disciples, avec un certain ordre et deuxième année de son age lorsqu'il le finit. d'une manière qui ne manquait pas d'agré- Comme il attendait quelque occasion favoment, ce qu'ils avaient trouvé de plus inté

rable pour le publier, il crut la trouver à ressant dans leurs lectures. Heiric, au sor- l'avénernent de Charles le Chauve à l'empire. tir de ces entretiens qu'il écoutait toujours Il le retoucha apparemment et le dédia à cet avec une attention singulière, allait aussitôt

empereur par une assez longue épitre en rédiger par écrit ce qu'il en avait retenu. prose, dans laquelle il nous apprend par Voyant dans la suite que cette rédaction quelle suite de vicissitudes la publication de formait un recueil considérable, il le dédia

ce poëme avait été retardée. Cette épitre, à Hildebolde, évêque d'Auxerre, mort en 836.

qui ne manque pas d'une certaine éloA la tête se lit un petit poëme en vingl- quence, est en même temps un monument six vers élégiaques, dans lequel l'auteur glorieux pour la mémoire de Charles le nous apprend ce que nous venons de rap- Chauve et du princa Lothaire son fils. L'auporter de l'origine de son premier ou

teur nous représente le premier coinme un vrage. Il témoigne à Hildebolde que le vo- autre Charlemagne à cause du zèle avec lequel June qu'il lui présente est bien au-dessous il favorisa la culture des lettres, et le second de son mérite, mais que pourtant il ne lui comurie un jeune prince qui donnait les sera pas tout à fait inutile pour lui faire pas plus belles espérances. Après l'épitre dédiser de temps en temps quelques heures catoire vient l'invocation du poëte. C'est une agréables. Cet écrit, quel qu'il soit, sert au prière en vers bendécasyllabes adressée à la moins à nous faire connaitre deux choses : sainte Trinité. Il y explique succinclement d'abord l'ardeur qu'avait Heiric à profiter de ce système et y consacre quantité de mots tout pour augmenter son instruction, et

grecs, quelquefois même dis vers entiers, ensuite l'attention aussi louable qu'ingé- ce qui montre qu'il possédait cette langue. nieuse des maitres, à mettre à profit en fa- Son invocation est suivie d'une courte préveur de leurs disciples les instants qui leur face en vers élégiaques, dans laquelle lo étaient accordés pour se délasser de l'étude. poëte adresse la parole à son propre ouDom Mabillon ayant trouvé ce recueil dans

Viage. A la tête de chacun des autres livres un manuscrit de Corbie, ancien de plus de

se trouve également une préface en vers de sept cents ans, s'est borné à en publier les différentes mesures, mais qui n'a aucun rappremières lignes avec le petit poëme qui port au sujet principal du poëme qui est leur sert comme de préface.

iout entier en vers héroïques. Il y en a d'inPoëme sur la vie de saint Germain. - L'ou

génieux et qui offrent des beaulés que l'on vrage le plus considérable et celui qui a trouve rarement dans les autres poésies du coulé le plus de travail à Heiric est son long même siècle; mais en général cependant, poëine sur la vie de saint Germain d'Auxerre, outre les défauts ordinaires à cette époque, divisé en six livres. Le fond de ce poëme la versification d'Heiric est obscure, emn'est autre chose que la vie en prose du barrassée et peu naturelle. Comme il avait même prélat écrite sur la fin du ve siècle beaucoup lu les anciens, il a voulu Jes par le prêtre Constance de Lyon. Heiric

imiter; mais il n'a pu soutenir un lel essor. pressé par le jeune prince Lothaire, alors

Le plus souvent il tombe quand il veut abbé de Saint-Germain, fit d'abord quelques s'élever. Dans la suite on fit tant d'honneur difficultés de se prêter à ce travail de versi

à son ouvrage que dès le 1° siècle, on le fication, qu'il regardait comme au-dessus de lisait au clergé de l'église d'Arles, et qu'on ses forces. Mais enfin, vaincu par les ins- l'expliquait publiquement dans les écoles tances de son abbé, et dans le désir aussi des monastères. La meilleure édition de ce de contribuer à la gloire de Dieu et à l'hon- poëme est celle que les successeurs de Bolneur du saint Pontife, il se chargea de landus publièrent dans le dernier volume l'exécution de ce dessein. Nous reproduisons du mois de juillet, sur deux excellents maici quelques-uns de ses vers dans lesquels nuscrits, l'un de l'abbaye de Laubes et il rend compte des motifs qui l'y détermi- l'autre de Lyon. Rien de plus correct ni de nèrent, afin qu'on puisse juger du mérite de plus exact en ce genre que ce dernier musa poésie.

nuscrit qui parait être du ix' ou x° siècle. Si l'on fait bien attention aux notes interli1:éaires et marginales, qui sont pour la plàpart de la même main, quoique d'une écri- C'est peu de chose pour le fond et le style, iure plus fine, on les prendrait volontiers plein d'affectation, manque de gravité. Lo pour ètre de la main de l'auteur. S'il en est second est une compilation écrite par divers ainsi, elles montrent chez Heiric une con- auteurs postérieurs encore au précédent; naissance approfondie de la grammaire, de et le troisième, qui est le plus prolixe, apla théologie et de la philosophie. Mais partient à un écrivain anglais. A la fin du comme elles ne faisaient rien au sujet, les troisième livre du poëme d'Heiric sur la vie éditeurs n'en ont inséré que quelques-unes de saint Germain, mais dans le seul manusdans leurs remarques.

crit de Laubes, se trouve une hymne en Relation des miracles de saint Germain. l'honneur du même saint évêque, telle à peu A la fin de sa longue épitre à Charles le près qu'on la voit encore imprimée dans les Chauve, Heiric lui parle d'un recueil des mi- anciens Bréviaires d'Aurerre, pour les deux racles de saint Germain, divisé en deux vepres de la fête du saint patron. Elle est suivie livres et qu'il avait également composé. Il dans le manuscrit cité de deux strophes prol'adressait à ce prince avec son poème, ce fanes, qui n'ont aucun rapport à la vie de saint qui a fait croire à doun Mabillon qu'il lui était Germain. On la trouve aussi dans les Adverantérieur. Mais il faut se souvenir que le saria de Barthius. poëge était fini plusieurs années avant Actes des évêques d'Auxerre. – Heiric tracette dédicace et peu de temps avant la mort vailla aux Actes des premiers évêques de Lothaire, vers 866 ou 867. Heiric au d'Auxerre, de concert avec Rainagala et Alacontraire n'acheva l'autre ouvrage qu'en 873, gus, chanoines de la cathédrale. Ce recueil comme il est facile de s'en convaincre par qu'ils avaient poussé jusqu'à l'épiscopat dia le récit d'un miracle opéré la même année, Chrétien, prédécesseur de Wala, mort en sur un homme de l'Anjou qui vivait encore 876, ne subsiste plus aujourd'hui; mais il est lorsque l'auteur écrivait. Il entreprit cette hors de doute que l'écrivain anonyme qui a relation de miracles, aulant pour suppléer à continué ces Actes jusqu'en 1277, a profité ce qui en avait échappé dans la Vie du de leur travail, si même il ne l'a pas fondu saint à l'écrivain original, que pour con- entièrement dans son histoire. Tout ce qu'il server à la postérité le souvenir de ceux en dit se borne à nous apprendre que qui s'étaient opérés dans la suite. On lit ces trois auteurs s'étaient appliqués à oben tête une préface très-érudite, dans la- server une grande concision, et qu'ils écri. quelle il accorde à la ville de Lyon de grands vaient sous l'évêque Wala, qui aimait les toges pour le zèle qu'elle mettait à déve. lettres et s'était fait le protecteur de ceux lopper les forles études, et où il a fait en- qui les cultivaient. trer en même temps de sages remarques sur

Homélies. Nous avons dit ailleurs, d'ales defauls trop communs à ces sortes de près Honoré d'Autun et Trithème, qu'Heiric recueils; ce qui ne l'a pas empêché de s'y avait composé des homélies pour l'instruclaisser aller quelquefois dans le sien. Il s'y tion des fidèles. Ce que nous avons exposé montre trop crédule, ne fait pas assez de du sermon pour la fête de saint Germain en choix et raconte indistinctement ceux qui est déjà une preuve ; mais on en a bien d'ause sont opérés à Auxerre, comme ceux qui tres dans un manuscrit ancien d'environ six se sont opérés dans le reste de la France et cents ans, et qui contient soixante-quatre même en Angleterre. Du reste l'ouvrage est homélies sous le nom d'Heiric, inoine beaucoup plus savant et mieux écrit qu'au- d'Auxerre. Dom Pez qui avait vu ce manuscun autre de ce genre rédigé dans le cours crit dans la bibliothèque de saint Emmeram, du même siècle. Il le finit par une excel- en a publié la préface. Il est vrai qu'il écorlente exhortation adressée à ses frères, pour che le nom de l'auteur, et que dans une de les aoimer à la vertu et à la persévérance ses tables, il le confond avec Henri, moine dans l'amour et la pratique des devoirs de de Richenou sous l'abbé Bernon, tout en leur élat. Son sentiinent touchant les con- avouant cependant qu'à la tête du manuscrit naissances que possèdent les saints dans le de saint Emmeram, il est qualifié moine ciel, est qu'ils n'ignorent rien de ce qui se d'Auxerre. La préface nous apprend que ces passe dans la nature. Celle relation est pu- homélies furent composées à la prière d'uno bliée à la suite du poëme dont nous avons communauté; mais pour dire ce que nous rendu compte plus haut dans la collection pensons de cette petite pièce, on n'y recondes Bollandistes.

pait. point le slyle de notre auteur. Si le On y trouve immédiatement après un P. Félix Wirtemberger, religieux servile, eat sermon d'Heiric en l'honneur de saint Ger- mis au jour les recherches qu'il faisait dès main. Ce discours, qui est une assez belle l'an 1723 sur Heiric d'Auxerre, nous possépièce d'éloquence pour l'époque, fut pro- derions aujourd'hui sur ces bomélies des noncé au jour de la fête du saint évêque. renseignements plus complets. En attendant, Du reste, ce mérile à part, il ne contient nous remarquerons que dans l'homiliaire rien de bien remarquable, et n'est pour de Paul Warnefrid, revu par Alcuin, il s'en ainsi dire qu'un abrégé très-succinct de la trouve treize qui portent le nom d'Heiric, et vie de saint Germain. A la suite viennent qui y auront été ajoutées après coun. Ces trois appendices au recueil des miracles. Le homélies sont les suivantes : Pour la fete do premier, qui n'est pas long, a été écrit après saint Etienne, premier martyr : Evangelicie les premières années du xi siècle par un hujus lectionis ; pour le jour de la Purification uioine auonyrue de Saint-Germain d'Auxerre. de la sainte Vierge : Ex verbis hujus sucre

[ocr errors]
[ocr errors][ocr errors]

lectionis; pour le mardi de la seconde se- titre de panegyrisle que celui d'historien,
maine de Carême : Repudiatis Dominus ; Il était religieux à l'abbaye de Fleuri, ou
pour la fête de la sainte Trinité : Positus in Saint-Benoit sur Loire, dès l'an 1004,
cæna Dominus; pour le cinquième dimanche époque à laquelle Gauzlin, fils nalurel de
après la Pentecôte : Dominus Deus ex lege; Hugues Capet, succéda con me abbé au
pour le douzième dimanche : Sensus hujus Savant Ahbon.
lectionis; pour le quatorzième : Familiare et Ce fut par les ordres de ce prélat, devenu
quodammodo proprium est : celle-ci est en même temps archevêque de Bourges,
fort longrie; pour le quinzième dimanche : qu'Helgaud éditia sur le domaine de Fleuri
Itinera Domini et Salvatoris nostri; pour le une chapelle en l'honneur de saint Denyset de
seizième : Dominus ad hoc homo fucius est; ses compagnons, wartyrs. D'abord bâtie en
pour le dix-huitième : Æternus atque in- bois et ruinée par un incendie, il la releva,
visibilis rerum conditor ; pour le vingt- la fit construire en pierre, el consacrer par
deuxième : Divina judicia quam sunt incom- Odalric d'Orléans, qui l'honorait de son
prehensibilia; pour le vingi-quatrième : Luca amitié. Helgaud était un homme de mérite
referente evangelista, enlin pour la fête des et de piété, qui sut gagner les bonnes grâces
apôtres saint Pierre et saint Paul: Herodes du roi Robert, els'en faire aimer tendrement,
major sub quo Dominus natus est. Mais outre aussi s'appliqua-t-il à lui en témoigner
ces homélies que nous venons de nommer, sa reconnaissance en se faisant l'historien
il y en a encore quatre autres qui nous de ses vertus.
paraissent être du même auteur, parce C'est à tort, suivant La Curne de Sainte-
qu'elles rappellent son style à s'y méprendre. Phalaye, qu'on a regardé ce moine comme
Ce sont celles pour le mercredi, le vendredi le simple abbreviateur de l'histoire qu'il
et le samedi de la seconde semaine de Ca- écrivit sous le titre suivant : Epitome vitæ
rême, et la seconde sur l'évangile di vingl- Roberti regis. Cet abrégé n'est que dans le
troisième dinianche après la Pentecôte. titre, que l'auteur a choisi ainsi, parce qu'il

ECRITS SUPPOSÉS. - A s'en tenir au texte n'entrait pas dans son dessein de parler des
de Possevin, on croirait qu'Heiric, qu'il guerres de son héros, ni des affaires politi-
appelle Henri, aurait écrit en vers la Vie de ques du royauine. Il laissait aux historiens
saint Alban, comme il l'avoue, à propos de le soin d'en transmettre le souvenir à la
certains vers de lui, traduits en français par postérité ; pour lui, il trouvait sa part assez
Rens Benoit, dans ses Vies des saints; mais belle d'avoir à retracer le tableau de ses
Bollandus, qui a examiné la chose de plus vertus. Aussi commence-t-il par relever la
près, a reconnu que cet écrivain francais dévotion du prince pour le sacrement de
n'avait fait qu'approprier à l'histoire de saint l'Eucharistie, devotiou telle, qu'il croyait y
Alban quelques vers du quatrième livre de voir Dieu dans sa gloire, plutôi que sous une
la l'ie de saint Germain par Heiric.

forme élrangère et une tigure empruntée. Il faut pas non plus s'arrêter à l'inscription avait grand soin de fournir les vases et les d'un manuscrit de Saint-Germain des Prés, ornements pour la célébration des saints qui accorde à notre auteur le traité du Com- mystères; il se faisait un plaisir de couvrir put, ou supputation des temps, par Helpéric d'or et d'argent les chasses où reposaient de Grandfel. Dans un autre manuscrit pro- les reliques des saints; il poussait la comvenant de la même bibliothèque et contenant passion pour les pauvres, jusqu'à leur laisser divers opuscules, on en trouve un intitulé: emporter en sa présence l'argenterie de sa De la position et du cours des sep! planèles chapelle. Un jour de jeudi saint, ayant fait sous le nom d'Heiric ou Henri, moine arréler douze hommes qui conspiraient d'Auxerre. Mais nous n'oserions alfirmer coutre sa vie, il les tit garder, nourrir splenqu'il y eut plus de fond à faire sur cette didement, communier le jour de Paques, inscription que sur la précédente, parce que puis après une condamnation à nori, proles copistes ont souvent confondu le nom noncée contre eux le lundi, il leur accorda d'Heiric avec celui d'autres écrivains qui son pardon par respect pour la nourrilure s'appelaient Helpéric ou Henri, comme on a céleste qu'ils avaieni reçue la veille. Comme euglieu ,de s'en convaincre plus d'une fois on le voit, tout le récit roule uniquement dans le cours de cet article.

sur la piété du prince, sur sa dévotion envers HELGAND, successeur de Rodulfe dans le les saints, sur ses jeunes, ses mortifications, titre d'abbé de Saint-Riquier, ne gouverna ses prières; sur sa charité pour les pauvres, ce monastère que quatre ans, et mourut en sur l'affection qu'il portait aux moines, :ut 863. Il dressa pour les gens du pays de les biens dont il les combla el surles grandes Pouthieu des lois qui étaient encore en fondations qu'il fit dans l'ordre de Saintvigueur au xi' siècle. Hariulphe, qui nous Benoit, et particulièrement à l'abbaye de apprend ce fait, suppose que dès le temps Fleuri, enfin sur quelques miracles qui lui d'Belgand les abbés de ce monastère por- furent attribués. Le sorte que c'est moins taient le titre de comte, en vertu duquel ils une histoire qu'une oraison iunèbre daus lo étaient obligés de défendre le pays contre goût de ce temps-là, et dans laquelle laules incursions des envemis. Ce ful à ce titre leur a fait entrer une foule de minuties et sans doute plutôt qu'à celui d'abbé qu'Hel- est descendu jusqu'aux plus petits détails. Le gand s'érigea en législateur.

tout est assorti à un style rude, obscur, saus HELGAUD, en Jalin Helgaldus, moine grace et sans naturel, et où les consounances français du «r* siècle, mériterait mieux le allectées tiennent lieu de bon goût. Cepen

Il ne

[ocr errors]

dant c'est un ouvrage ulile à consulter et ces aumônes. Cette lettre très-pathetiquecurieux à lire, à cause d'une foule de par- ment écrite a été publiée en latin au tome II ticularités qui dévoilent l'intérieur de la du Spicilége de Dom Luc d'Achéri. maison de nos ancêtres, et nous offrent une HÉLIE (Pierre), que l'abbé Lebeuf croit peinture aussi naïve que singulière de la mal à propos avoir été moine de Saint-Marsimplicité des moeurs à cette époque.

tial de Limoges, enseignait la grammaire Cet écrit est précédé du testament de et la rhétorique à Paris, dans le temps que Léodebode, fondateur de l'abbaye de Fleuri, Jean de Salisbery vint y étudier, c'est-à-dire et d'une notice sur cette fondation. Ces de l'an 1136 à l'an 1148. Il eut pour disciple deux pièces font conjecturer qu'Helgaud cet insulaire qui témoigne avoir beaucoup s'étail proposé de donner l'histoire de Fleuri profité de ses leçons. Arnoul, évêque de et de saint Aignan d'Orléans et d'y ajouter Lisieux, lui confia un autre élève de sa facelle du roi Robert, comme bienfaiteur de mille, dont ce professeur n'eut pas également ces deux monastères. Cette conjecture semble lieu d'être satisfait. Lejeune homme, ennuyé appuyée sur ce que dans la vie de ce prince, de l'étude, prit la fuite et s'en revint chez l'auteur rappelle ce qu'il avait dit de saint son père. Il y fut mal accueilli. Après avoir Aignan et de Fleuri ; après quoi il déclare été châtié comme il le méritait, on le renqu'il va commencer l'histoire du roi Rohert: voya avec une lettre du prélat, qui priait Nunc huic scripto addere curavimus Vitam Hélie de recevoir de nouveau le fugitif dans Roberti, ce qui forme comme une liaison son école et dans sa maison. Nous soupçonentre les deux parties de cet ouvrage dont nons avec assez de vraisemblance, que ce la première serait perdue.

jeune homme était Hugues de Nonant, neveu La Vie du roi Robert fut imprimée pour d'Arnoul, que son mérite éleva dans la la première fois en 1577, avec la Vie de suite à l'évêche de Coventry en Angleterre, Louis IX, par Guillaume de Nangis; puis après avoir été archidiacre de Lisieux. Il en 1596, dans la collection de Pithou, t. I'', sera parlé de lui plus amplement vers la tin el plus correctement dans celle de Duchêne, du siècle qui nous occupe. Pour en revenir 1. IV, en 1641. Vossius se trompe évidem- à son maître, Hélie ne se borna pas seulement, lorsque, sur la foi de Baronius, il al- ment à donner les règles de son art, mais il tribue à Helgaud une Vie de l'abbé Abbon, les consigna encore dans trois écrits dont le morl au commencement du xi° siècle ; les preinier est un commentaire sur les seize compilateurs si savants et si laborieux de livres de Priscien, qui traitent des partitions l'ordre de Saint-Benoit n'auraient pas man- oratoires. Il commence par ces mots : Ad qué d'en faire une mention expresse. Cette majorem artis grammaticæ cognitionem, et opinion, particulière à ces deux critiques, n'a pas encore vu le jour. On serait en droit manque donc de toute vraisemblance. Nous de regarder celte omission comme un défaut, croyons avoir montré en son lieu que l'ou- si le jugement du xii° siècle pouvait servir Frage en question appartient à Aimoin, dis- de règle. En effet l'ouvrage de cet auteur ciple d'Abbon.

fut en grande estime de son temps, et l'on HELICON. - Suidas parle d'un historien remarque qu'il faisait partie de ceux dont le grec, nommé Hélicon, professeur d'éloquence bienheureux Emon 1e", abbé de Werum dans à Constantinople, qui avait composé en dix la province de Groningue, eut soin de se livres un abrégé d'histoire ou de chronologie pourvoir, lorsqu'il vint éludier à Paris, vers universelle, commençant à Adam et se pour l'an 1170. suivan! bien avant dans le règne du grand Le second écrit de Pierre Hélie est un Théodose, c'est-à-dire jusque vers l'an abrégé de grammaire en vers héroïques. 395. Simler et Vossius assurent que cet ou- C'est le seul qui ait été publié ; il fut im. Vrage se trouve manuscrit dans les biblio- primé à Strasbourg avec le commentaire de thèques d'Italie.

Jean de sommersfeld un volume in-4° en HELIE, patriarche de Jérusalern, écrivit 1499. Il dibute ainsi. en 887 une lettre adressée au roi Charles le Gros, au clergé et aux seigneurs du Sicut ab esse rei solir rem promere dicunt royaume de France, pour implorer quelques Philosophi. secours en faveur des églises de son pays. Il leur marque que le prince, sous la domi- Le troisième est un Lexicon, ou dictionnaire nation duquel ils se trouvent, s'étant fait versifié des mols rares et inusités. Cet ouchrétien, leur a permis de rebâtir ou de vrage est resté dans l'obscurité; on n'en restaurer leurs églises, dont les unes étaient connaît même qu'un seul exemplaire manusruinées entièrement et les autres prêtes à crit, qui appartient à la bibliothèque du tomber. Pour le faire, dit-il, ils ont été obli- collége d'Erford. gés d'engager leurs terres et tout ce qu'ils HELIODORE n'est connu que par sa quapossédaient en biens; de sorte qu'il ne leur lité du prêtre et ses liaisons avec saint Hifiste pas même de quoi se procurer l'huile, laire de Poitiers. C'est déjà un grand préles ornements et les vases sacrés nécessaires jugé en faveur de son mérite que son union pour le service divin. Il fait donc un appel à avec un aussi saint et aussi savant évêque. ja charité du prince et de tous les Français, Pendant son exil en Phrygie, le saint docteur et les exhorte à donner quelque chose aux ayant pris un goût particulier à la lecture deux moines qu'il enverra do Jérusalem des ouvrages d'Origène, forma le dessein avec des lettres de créance pour recueillir d'en traduire quelques-uns et l'exécula en

« PreviousContinue »