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une même foi et les mêmes espérances. » sère et l'affliction, ce n'est pas parce que

Cécilius 'avait reproché aux chrétiens de Dieu les méprise, ni qu'il soit irop faible n'avoir ni statues, ni temples, ni autels, ni pour les secourir; mais c'est parce qu'il les sacrifices ; Octave se contente de répondre éprouve, comme on éprouve l'or dans le que l'homme est la véritable image de Dieu, feu. Les Romains ne sont parvenus à un si que le monde même est trop petit pour ren- haut point de gloire et de grandeur qu'afin fermer une majesté infinie, et qu'il est que, en tombant de plus haut, leur chute fat beaucoup plus convenable de lui édifier un plus profonde. Il n'y a que la verlu qui temple dans notre esprit et de lui dresser doive mettre de la différence entre les homun aulel dans notre cæur. Puis il ajoute : mes, et, par conséquent, c'est avec raison « Quoi que nous ne voyions pas do nos que les chrétiens ne tirent leur gloire que yeux le Dieu que nous adorons, il nous est de la pureté de leurs moeurs. Au reste, ils présent par ses cuvres ; non-seulement il méprisent également les pompes religieuses est auprès de nous, mais il est encore en et les spectacles, parce que lout ce qui canous. Rien ne lui est caché, pas mène nos che un artifice dangereux à l'innocence leur plus secrètes pensées. Nous ne vivons pas fait horreur. « Ainsi, poursuit-il, nous nous seulement sous sa puissance ; mais, s'il est éloignons de vos sacrifices, nous n'avons permis d'ainsi parler, nous vivons avec lui. pour vos libations que du népris, non par Pour Dieu, tout l'univers ne fait qu'un lieu. aucun sentiment de crainte, mais par l'énerLes rois de la terre ne voient ce qui se gie d'une liberté vraie, car bien que loules passe dans leurs états que par les yeux de les productions qui nous viennent de la leurs ministres; mais le monarque du monde main de Dieu ne changent point de nature n'a besoin de personne pour l'avertir. ) par l'abus que l'on en fail, nous resusons

Cécilius objectait : Il n'a servi de rien aus d'y prendre part, pour éviter de paraitre Juifs d'adorer un seul Dieu avec des tem- communiquer avec les démons à qui on les ples, des autels et un grand nombre de cé- offre, ou rougir d'élre chréliens. Nous somrémonies. « Vous êtes dans l'erreur, lui mes loin de méconnaître l'oeuvre du Créarépond Oclave, apprenez au contraire que leur, et nous goûtons le même plaisir que tant que les Juifs demeurèrent fidèles à ce vous à jouir des fleurs du printemps, el même Dieu que nous adorons, tant qu'ils respirer ce doux parfum qu'exbalent la rose s'appliquèreni à observer ses lois dans l'in- et le lis. Si nous n'en couronnons point nocence et la sainteté, ils en furent protégés. nos têtes, c'est que nous les réservons pour Faibles à leurs commencements, miséra- l'odorat et non pour nos cheveus. Nous ne bles et condamnés à la servitude, ils s'ac- répandons poini de fleurs sur la tombe de crûrent au point de devenir bientôt un peu- nos morts ; et pourquoi le ferions nous ? ple immense, riche, indépendant. Ni la mul- Qu'est-ce que cela fait à ceur qui ne soal iitude de leurs ennemis, ni le défaut d'armes, plus? Heureux, ils n'en ont pas besoin ; ni le besoin de fuir l'oppression, ne mirent malheureux , ce ne sont pas des fleurs qui obstacle à leurs progrès. Dieu les sauva, en les empêcheront de l'être. Nos obsèques à faisant concourir les éléments à leurs nous sont simples comme notre vie ; les triomphes. Consultez leurs annales, ou si couronnes, dont nous aimons à les order, vous l'aimez mieux, lisez les écrits plus ré- ne sont point tissues de fleurs sujelles à se cents de Flavius Josèphe et de Julien qui flétrir, mais de celles qui ne craignent point nous en ont laissé l'histoire, et vous verrez les ravages du temps, et que Dieu promel que c'est leur changement de meurs qui aux cours humbles et pacifiques; à eeus leur a attiré les calamités sous lesquelles ils qui, pleins de confiance dans ses largesses, gémissent aujourd'hui, calamités qui leur vivifient l'espérance par la foi, et anticipent avaient été prédiles bien longtemps avant leur béatitude à venir par la contemplation qu'elles vinssent les frapper. Ce sont eux des biens immorleis dont la résurrection qui les premiers ont abandonné Dieu ; il est les rendra possesseurs. Que Socrale déclare donc faux de dire qu'ils aient été conquis ne rien savoir, je ne vois dans ce sage, si avec leur Dieu ; c'est Dieu qui les a punis fort préconisé par un oracle imposteur,qu'un de leur désertion en les livraul à l'épée des pitoyable bouffon. Laissons à l'Acadértie ses Romains. »

douies éternels, à tous ces graves philosoIl montre ensuite que toutes les sectes phes leur orgueil, leurs basses flatteries, philosophiques ont cru, ainsi que les chré- leurs systèmes corrupteurs et leurs déciaiiens, que le monde devait finir un jour mations contre le vice, dans lesquelles iis par un embrasement général; que Pytha- se font le procès à eux-mêmes. Nous, ce gore et Platon ont admis la resurrection des n'est point par les dehors que nous aspirubs corps et l'immortalité de l'âme, que les à être sages; nous ne faisons point de grands poëles, aussi bien que les philosophes, ont discours, mais de grandes choses. Nous nous reconnu queles méchants souffriraient après félicilons d'être arrivés au but vers lequel cette vie des supplices éternels, el que ce ils lendaient sans pouvoir l'alteindre. que l'on appelle destin n'est autre chose Pourquoi manquerions-nous de recon que ce que Dieu réserve à chacun, selon naissance, et nous refuserions-nous à nousses mérites, el non une fatalité inévitable. mêmes de jouir du bienfait que la bonte 11 ajoute que la pauvreté, si reprochée aux divine avait réservé aux jours où nous s011chrétiens, leur fail honneur, parce qu'elle mes ? Sachons en profiler, en réglant nos est volontaire. S'ils se trouvent dans la mi- weurs sur notre foi; que la supersulio?

soit réprimée, l'impiété anéantie et la vraie Commode. Il eut l'avantage, au jugement religion en honneur. »

d'Eusébe, de découvrir et de signaler mieux L'entretien fini, Cécilius reprit avec cha- que personne les erreurs de Marcion. Son leur : « Je n'attendrai point la sentence de livre contre cet hérésiarque se voyait encore notre arbitre. Oclave et moi, nous sommes du temps de saint Jérome; mais il est perdu également victorieur : lui, il triomphe de depuis longtemps. moi, et moi de l'erreur où j'étais. Je crois à On lui attribuait encore, à cette époque, la Providence ; je me rends à Dieu, et je quelques autres ouvrages, dont les critiques confesse que la religion des Chrétiens, au habiles refusaient de le reconnaitre pour nombre desquels je me range dès à présent, l'auteur. est la seule qui enseigne la vérité. »

MODESTE, abbé du monastère de SaintLe style de ce dialogue est très-pur et Théoduse, gouverna l'Eglise de Jérusalem très-élégant. Il y a beaucoup d'érudition et pendant la captivité du patriarche Zacharie, de solidité. Cependant quelques critiques emmené prisonnier par les Perses en 614. modernes trouvent que c'est moins l'ouvrage Quoiqu'il n'eut que le titre de vieaire, Phod'un théologien qui a étudié les matières tius ne laisse pas de lui donner celui d'ardont il parle, que la production d'un homme chevêque de Jérusalem, parce qu'il en remdu monde. En effet, dom Ceillier, en avouant plit les fonctions. Non-seulement il prit que l'auteur combat le culte des faux dieux soin de la ville, où il fit rétablir les églises avec autant d'ardeur que d'habileté, et que brûlées, mais du diocèse tout entier et de c'est toujours adroiteinent qu'il fait retom- tous les monastères du désert. Il avait fait ber sur l'idolâtrie les reproches que ses sec- trois discours dont il ne reste que des erlateurs adressaient aux Chrétiens, ajoute traits : le premier sur les femmes qui achequ'il parait moins instruit des dogmes de tèrent des parfums pour embaumer le corps nutre religion que de la mythologie païenne. de Jésus-Christ; le second, sur la mort do Si Octave, poursuit-il, persuade Cécilius et la sainte Vierge, et le troisième, sur la féle lui fait abandonner la religion de ses ance. de la Rencontre, comme on disait alors , tres, c'est moins en lui prouvant la vérité c'est-à-dire, sur la Présentation de Jésusde nos mystères qu'en lui découvrant la Christ au temple. Il avançait, dans le prefausseté des mystères du paganisme. Mais mier, que Marie-Madeleine, du corps de lacelle réserve faite, nous pensons que c'est quelle Jésus-Christ chassa sept démons. à tort que Dupin et ceux qui l'ont suivi re- avait vécu vierge et souffert le martyre à prochent à noire auteur une tendance vers Ephèse, où elle avait été trouver saini Jean le matérialisme.

l'Evangéliste, après la mort du Sauveur. Ce dialogue a été longtemps regardé com. Mais il ne rapportait ces faits que sur des me le vio livre du traité d'Arnobe : [Ad- histoires qui avaient cours de son temps. Phoversus gentes. Baudoin reconnut l'erreur des lius hésite à lui altribuer le second, parco premiers éditeurs, et publia cet ouvrage sous que le style lui en parait différent: il trouve le nom de Minutius Félix, Heidelberg, in-8", qu'il était fort long et qu'il ne renfermait 1560; il a été souvent réimprimé depuis. rien de remarquable. Le troisième expliquait Les meilleures éditions sont celles de Nico- d'une manière figurée la loi qui ordonnait las Rigault, avec des remarques, Paris, in-4•, d'offrir en sacrifice des colombes ou des 1643 ; de Jacques Onzel, Leyde, in-8°, 1672; tourterelles pour la purification des feipmes. de Jacques Gronovius, ibid., in-8°, 1709; MODUIN, élevé sur le siége d'Autun, dans de J. Davis, Cambridge, in-8°, 1712; et de les premières années du ix° siècle, ful un J. Goth. Linuner, Langensalza, in-8°, 1773. des prélats les plus tidèles et les plus attaLe Dialogue de Minutius Félix a été traduit chés à Louis le Débonnaire. Il avait été en français par Perrot d'Ablancourt, Paris, élevé dans l'Eglise de Lyon, et il était abbo in-12, 1660, puis plus élégamment par l'abbé de Saint-Georges, en cette ville, lorsqu'on le Gourcy, dans son Recueil des anciens apo- le choisit pour gouverner l'Eglise d'Autuu. logistes du christianisme ; et entin, de nos On voit qu'il obrint en celle qualité une jours, par M. l'abbé de Genoude, dans un charle de Louis le Débonnaire, dès l'an 815. Recueil du même genre, Paris, in-12, 1842. Il assista, en 835, au concile de Thionville,

Il existait, au temps de saint Jérôme, un où l'on fit le procès aux évêques qui étaient traité De fato, qui portait le nom de Minu- entrés dans la révolte contre ce prince. Il tius, mais dans lequel les critiques ne re- ne nous reste des écrits de Moduin qu'un connaissaient pas son style. Pierre-Antoine poëme en vers élégiaques, qu'il adressa à Bouchard a publié sur Minutius une Disser- Théodulphe, évêque d'Orléans, en réponse Intion, suivie du catalogue des éditions et à celui que ce piélat lui avait envoyé luides traductions qui avaient paru de son dia- meme de sa prison d'Angers. On reconnait, logue; Kiel, 1683.

en le lisant, que l'auteur s'étail appliqué Aucun écrivain, grec ni avec soin à la poésie et qu'il avait du talent syrien, tie fait mention de Mochimus; mais pour ce genre d'écrire. Aussi fut-il lié

d'aGennade nous apprend qu'il était originaire mitié avec les meilleurs poëtes de son temps, de la Mésopotamie, qu'il fut prêtre d'An- c'est-à-dire avec Théodulphe, Walafriú Lioche, et qu'il composa un excellent traité Strabon, et Florus, diacre de Lyon. Ce dercontre Eutychès. Il ajoute qu'on lui attribuail nier, dans un de ses poëmes, relève la naisencore d'autres ouvrages qu'il n'avait pas lus. sance, le savoir et l'éloquence de Moduin. MODESTE florissait sous Marc-Aurèle er On croit qu'il mourut en 838 ; du moins DictionN. DE PATROLOGIE. Ill.

43

MOCHIMUS.

est-il certain qu'il ne vécul pas au delà de Il croit qu'Adam ne savait pas que Dieu de 843, puisqu'en cette année Allée occupait vait accorder un royaume céleste à ceux qui le siége épiscopal d'Autun. On trouve son observeraient ses commandements; que ce ouvrage imprimé à la suile du Recueil des fut un véritable serpent qui tenta Eve, el poésies de Théodulphe, publié par le P. que Satan avait auparavant demandé à Dieu Sirinond, et dans le tome XIV de la Biblio- la permission de la tenter par l'entremise thèque des Pères.

de cet animal; qu'il n'est pas fait mention MOISE-BAR-CEPAA, c'est-à-dire, fils de des anges dans le second livre de la Genèse, 'Pierre, embrassa de bonne heure la vie re- jusqu'au moment de leur apparition à Agar

. ligieuse dans le monastère de Sergius, sur de peur que les Juifs ne les adorassent le Tigre. Il ful tiré du cloitre pour être fait comme des dieus ; que la Divinité n'abanévêque, et prit alors le nom de Sévère. I! donna ni le corps de Jésus-Christ pi son remplit les fonclions épiscopales en diverses âme dans le teinps de sa passion, pas même Eglises ; ce qui fait qu'il est qualifié, tantôt' dans le tombeau et dans les enfers; que évêque de Berthraman et tantóide Beth Céno. l'âme du bon larron fut transferée avec cel. On place sa mort en 913.

les de tous les justes, arrachées aus enfers, Traité du paradis. – Il a composé en dans le paradis même d'où Adam avait été Syriaque un Traité du paradis, donné en chassé, et qu'elles doivent y rester jusquà la latin par Masius, imprimé d'abord à Anvers, résurrection générale. en 1569, et ensuite dans les Bibliothèques Dans la seconde partie, il donne des sides Pères. C'est un assez gros commentaire goifications mystiques à tout ce que l'Ecri. sur ce que la Genèse dit du paradis.

ture rapporte du paradis terrestre, et, dalis Il examine, dans le premier livre, s'il y la troisième, il répond aux objections des 'avait deux paradis, un ierrestre et un spiri- héréliques, dont les uns, comme Simon le tuel. Il adopte le sentiment qui n'en admet Magicien, accusaient le Créateur d'impuisqu'un seul; mais il croit qu'en dehors du sance, sous prétexte qn'il n'avait pu colisens littéral, on peut espliquer le paradis server Adam dans l'état où il l'avait erét, dans un sens mystique. Toutefois il con- et les autres, avec Théodore et Nestorius, mence par le sens littéral. Quoique l'Ecri- soutenaient que le péché d'Adam n'étail pias ture ne marque pas le jour de sa création, la cause de la mort de l'homme. Bar-Cépila il pense qu'il fut créé le troisième jour, puis- enseigne donc que, si Adam est tombé de que c'est alors que Dieu dit : Que la ierre l'état dans lequel il avait été créé, ça éle produise des herbes et des arbres, portant par un effet de son libre arbitre et non par des semences et des fruits. Le paradis fut la faute du Créateur. L'arbre de vie n'a fourdonc créé avant l'homme pour qui Dieu né au préjudice d'Adam, que par l'abus l'avait fait. Bar - Cépha dit, d'après saint qu'il en a fait en mangeant du fruit qui lui Basile et d'autres anciens interprètes, tait interdit. Encore que le premier bomb: que le paradis terrestre fut créé dans une ait été mortel de sa nature, c'est-à-dire com région siluée à l'orient, et que c'est pour posé d'un corps sujet à la dissolution de ses .cela qu'en priant nous nous tournons parties, Dieu, néanmoins, l'aurait rendu vers l'Orient, pour contempler notre an- immortel par sa grâce, s'il n'eût point péche. cienpe patrie et la rechercher. D'autres S'il avait été créé immortel, comme le dit plaçaient le paradis terrestre au delà de Julien d'Halycarnasse, il aurait conserré J'océan. Après qu'Adam en eut été chassé, son immortalité, même après le péché, aast il fut longtemps sans fixer sa demeure; it que les mauvais anges. L'auteur dit bellevint enfin sur la montagne de Jébus où, ment qu'Adam est devenu mortel par son plus tard, Jérusalem fut balie, y mourut et péché, et que c'est par ce péché que ja y fut enterré. Cet auteur juge de l'étendue mort est entrée dans le monde. Il produit du paradis terrestre par celle du fleuve qui divers exemples lirés des livres saints, pour J'arrosait, lequel était si vaste, qu'il se divi. montrer que Dieu a souvent puni les peches sait au sortir de là en quatre grands fleuves. des pères dans les enfants. Moïse montre Il pense qu'il a subsisté jusqu à l'avénement beaucoup d'érudition dans cet ouvrage es de Jésus-Christ, et que c'est là qu'Enoch et une grande lecture des Pères grecs et sy Elie ont été transférés, de même que les riens. ames des justes morts avant le Sauveur. AUTRES ÉCRITS. On cite, sous le nom

Les interprètes ne s'accordaient pas sur de Moïse-Bar - Cépha, un Commentaire sur Ja nature de l'arbre de la science du bien et l'Ancien et le Nouveau Testament, Il fait lai. du mal. Les uns disaient que c'était le fro- même mention de l'amplificalion qu'il ava! ment, les autres la vigne, quelques-uns, le faite sur l'Evangile de saint Maithieu. I tiguier. Ce dernier sentiment lui paraît le composa encore une liturgie imprimée dafin plus probable, parce qu'il est à présumer le tome II des Liturgies orientales , par Reque nos premiers parents couvrirent leur naudot, et un Commentaire sur la liturgia nudité des feuilles mêmes de l'arbre qu'ils syrienne. Son Traité de l'ame est cité dans avaient sous la main. Or, l'Ecriture dit qu'ils la première partie du Traité du paradis

, e se servirent à cet effet de feuilles de figuier. son Traité des sectes, dans la troisième pare Il cite ua discours de Philoxène de Ma- tie. On a de lui, dans les manuscrits dula bage, sur l'arbre de vie, et soutient, contre tican, une explication des cérémonies usicet écrivain, que la désobéissance d'Adam tées dans la tonsure des moines, et plasieurs dui causa la mort et à tous ses descendauls homélies sur les principales fêtes de l'ilnée, entre autres sur la Dédicace de l'Eglise, Saba,où il remplissait l'office de grand chantre. sur l'Annonciation du prélre Zacharie, sur Poussé par une sainte curiosité, il visita enl'Annonciation de la sainte Vierge, sur la suite les solitudes de la Syrie et de l'Egypte, . tentation de Jésus-Christ et sur la guérison et vint même jusque dans l'occident étudier miraculeuse du lépreur. C'est avec regret les règles des cenobites qui s'y étaient étaque nous sommes obligés de ranger Bar- blis. De retour dans sa retraite, il composa Cépba parmi les sectateurs des monophy- un ouvrage intitulé le Pré ou le Verger spirisites.

tuel, qu'il adressa à Sopbrone, son disciple MONTAN, hérésiarque du ir siècle, était et son compagnon de voyage, élevé depuis pé à Artaban , bourg de la Mysie. Il embrassa à la dignité de patriarche de Jérusalem. C'est le christianisme, croyant parvenir aux pre- le recueil des vies des saints solitaires de mières dignités ecclésiastiques; mais trompé son temps. On y trouve des particularités dans celle attente, et dévoré d'une ambilion intéressantes, des pensées et des maximes excessive, il résolut de se faire passer po'ır d'une haute sagesse; mais celle compilation prophète. Ayant attiré à son partie deux da- est défigurée par des récits apocryphes, que mes de Phrygie, nommées Priscille et Maxi- les légendaires n'ont pas manqué de copier mille, qui abandonnèrent leur mari pour en les rapportant. Moschus partagea, ditle suivre, il débuta par annoncer qu'il était on, quelques-unes des erreurs de Sévère le prophète que le Saint-Esprit avait choisi Acéphale, et mourut en 620. Son ouvrage a pour révéler aux hommes les vérités fortes été longtemps conservé en manuscrit. Il en qu'ils n'étaient pas en état d'entendre au a paru d'abord une version italienne dont temps des apôtres.

l'auteur est inconnu ; la traduction latine La sévérité de sa morale et l'amour du par Ambroise le camaldule a été imprimée merveilleux lui firent un grand nombre de dans le lome VII des Vies des Saints de Lippartisans, qui l'appelaient le Paraclet. poniani, et elle forme le ro livre des Vies

L'Eglise d'Orient condamna, vers l'an 172, des Pères de Rosweyde, qui y a joint de Jes erreurs de Montan, et l'orgueilleux sec- courtes votes. Enfin le texte grec, divisé en taire, loin d'être touché des charitables aver- 219 chapitres, a été publié par Fronlon le tissements des pasteurs légitimes, persista Duc, dans le tome II de son Auctuarium, d'où dans son schisme et y entraîna ses disciples. il a passé dans le lomo XIII de la BibliothèLes premiers montanistes n'avaient rien

que des Pères. changé aux articles du Symbole ; mais, sé. MUCIEN est cité avec éloge par Cassioduits par l'idée d'une plus grande perfection, dore, qui se servit de lui pour traduire ils avaient ajouté à la rigueur des péniten- en latin les trente-quatre homélies de saint ces prescrites par les canons. Ils refusaient Chrysostome sur l'épitre aux Hébreux. Nous d'admettre à la communion ceux qui étaient avons encore cette traduction, imprimée à coupables de quelques crimes, soutenant Cologne en 1530. On croit généralement que que nul n'avait le droit de les absoudre ; ils ce Mucien est le même qui écrivit contre condamnaient les secondes noces comme des les évêques d'Afrique, qui s'étaient séparés adultères ; ils avaient établi jusqu'à trois ca- de la communion du Pape Vigile, après qu'il rêmes fort rigoureux et des jeunes extraor- eut condamné les trois chapitres. Il les traidinaires ; entin ils enseignaient qu'on ne tait de schismatiques, et employait contro doit point fuir les persécutions, mais au eux les mêmes raisonnements dont saint contraire les rechercher et braver les fers et la Augustin s'était servi contre les donalistes. mort. Montan vécut, dit-on, jusqu'en 212, Nous n'avons de cet ouvrage que ce que l'on sous le règne de Caracalla; et plusieurs his- en trouve dans la réponse que Facundus en toriens prétendent qu'il mit fin à son exis a publiée, car on ne doute point que Mucien tence en se pendant, ainsi que Maximille. dont parle Cassiodore ne soit le même que Ses disciples, qui ont subsisté plus d'un Mucien contre lequel Facundus a écrit. Le siècle en Asie, et particulièremeot dans la changement fait dans une leltre de son nom Phrygie, avaieut pénétré jusqu'en Afrique, peut être venu de l'inadvertance des copuisqu'ils séduisirent Tertullien qui se sé- pistes. para d'eux à la fin, mais, à ce qu'il parait, MUNIO, qui de trésorier de l'Eglise de sans condamner leurs erreurs. Ils se divi- Compostelle devint évêque de Madognedo sèrent en deux sectes ; les uns suivirent.les en Galice, et qui fut en même temps chapeopinions de Proclus, et les autres adoptèrent Jain et secrélaire du roi Alphonse vii, a Jes erreurs du sabellianisme. Montan avait travaillé de concert avec Hugues, archidiaJaissé un livre de Prophéties, qui ne nous cre de la même Eglise, au premier livre de est point parvenu. Miltiade et Apollonius son Histoire de celle Eglise, qui est regardée ont écrit contre les montanistes, mais, com- comme un des plus curieux monuments de me nous l'avons remarqué, il ne nous reste l'ancienne histoire d'Espagne. Jace, qui de leurs ouvrages que les fragments conser- nous apprend celte particularité, leur donne vés par Eusebe dans son Histoire.

pour continualeur Girald, dont nous avons MOSCHOS (JEAN), moine grec, surnommé rendu comple dans le lome II de ce DictionEucratès, florissait sous les règnes de Tibère maire. (Pour plus amples renseignements, et de Maurice. Il embrassa la vie religieuse voir son nom à la page 1083.) dans le couvent de Saint-Théodose de Jérusa- MUSANUS s'était rendu célèbre dans l'Elem, et il babila successivement les bords du glise, dès le temps de Marc-Aurèle, par un Jourdain et le nouveau monastère de Saint- , Yiscours très-éloquent contre l'hérésie des encratites, qui ne faisait alors que de naitre. célébrer les sainls offices avec pius de ma-
Il l'avait adressé à quelques chrétiens qui jesté. Il y inséra des leçons lirées de l'Ecri-
avaient abandonné l'Eglise pour embrasser ture avec des répons, des versets ou capitu-
le parti de celle nouvelle secte. Nous n'a- les des psaumes, convenables au temps el
vons plus cet écril, mais il existait encore aux leçons pour toutes les fêtes de l'année.
du temps d'Eusébe qui place Musanus parmi Gennade ajoute que le mérile de cet ouvrage
ceux dont les ouvrages ont contribué à trans- était généralement connu, parce qu'il devait
mellre aux siècles suivants' la pureté de la tout embarras. C'est à ce travail de Musée
foi et la véritable, tradition des apôtres. qu'on fait remonter l'origine du Bréviaire.
Théodoret décerne également à Musanus le Sous l'épiscopat d'Eusthale, Musée com-
titre de défenseur de la vérité. Il vivait en- posa un Sacramentaire qu'il dédia à ce pré-
core en 204, si l'on en croit la Chronique jat. C'était un assez gros volune et un es.
d'Eusébe.

cellent ouvrage dont Gennade loue la mé.
MUSÉE, prêtre de Marseille, 'florissait vers thode et le style. Il était divisé en plusieurs
le milieu du Ve siècle. Il avait acquis par parties, suivant la différence des offices, des
une étude assidue une parfaite connaissance leçons et des psaumes qui se chantaient dans
des saintes Ecritures, et, malgré le mauvais l’Eglise. On y trouvait des prières que les
goût qui régnait alors, il conservait toute la anciens appelaient Contestationes , et qui
pureté de l'ancienne éloquence. Vénérius, étaient, à proprement parler, ce que nous
évêque de Marseille, et Eusthale ou Fustase, appelons aujourd'hui préface de la messe,
son successeur, faisaient une estime parti- avec celle différence qu'elles étaient plus
culière de son mérite. Ils le chargèrent ilu longues qu'elles ne le sont maintenant. Quel-
aninistère de la parole, et, en cette qualité, ques savants croient, mais sans rien spéci-
Musée fit plusieurs homélies ou discours au tier, qu'il se troure quelque chose de l'ou-
peuple, qui étaient entre les mains de lous. vrage de Musée dans le Sacramentaire de
les fidèles, lorsque Gennade écrivait. A la saint Grégoire. Musée mourut sous les em-
prière de l'évêque Vénérius, Musée dressa, pereurs Léon et Majorien, c'est-à-dire, su
pour l'office de l'église, un lectionnaire qui plus tard en 461. Il ne nous reste rien de
servit beaucoup à instruire le peuple et à ses ouvrages

FIN DU TROISIEME VOLUME.

TABLE

DU TROISIÈME VOLUME DU DICTIONNAIRE DE PATROLOGIE.

H
Critique et jugement.

Relation des miracles de saint les

Harmix, notice.

9 Hariclone, notice.

24 main.


Relation des miracles dus a l'inter-

Chronique de saint Riquier. 24 Actes des évêques d'Auxerre. 45

vention de saint Vaast.

9

Miracles de saint Riquier. 28 Homélies.

HATMON D'ALBERSTADT, notice. 10

Vie de sainte Mauguille.

28 Eerils supposi's.

Commentaire sur les psaumes.

11

Poésie.

29 HELGAND, notice.

Sur le Cantique des cantiques.

Vie de saint Arnoul.

29 Lois.

Sur les grands prophètes.

11 HARMONIUS, nolice.

32 HELGAUD, notice.

Sur les Evangiles.

11 Harmore, notice.

32 Vie du roi Robert.

Sur les Actes des apôtres. 13

Indication sur ses écrits. 53 Hélicon, notice.

Sur les Epilres de saint Paul, ete. HARTMANN, notice.

34 Chronologie.

13 Ses écrits.

35 Hélie, police.

Sur l'Apocalypse.

13 Halton,

55 Lelire.

De la variété des livres.

Lettre au pape Jean IX. 36 HÉLIE (Pierre), nolice.

Histoire du christianisme

Actes du concile de Treuer. 37 Ses écrits.

Du corps et du sang de Jésus-Christ. HSBRETMI OU HÉBRELME, no ice. 37 HÉLIODORE, notice.

15 Translation de saint Indaièce. 38 Ses écrits.

Critique et jugement.

17 Ecrit qui lui est attribué. 39

HÉLIODORE, prêtre, notice.

Haimon, archidiacre de Châlons, no-

Critique et jugement.

59

De la nature des principes.

lice.

17 HÉCELIN, notice.

39

HÉLIX, notice.

Lellres.

18 Vie de saint Aquilin II. 39 HELLADICS, notice.

Abrégé de la Panormie d'Yves de Heddi, notice.

40 HELMOD, notice.

Chartres.

18 Vie de saint Wilsrid.

40 Chronique des Slaves.

Haimon, moine de Richenon , notice. Vies de Cata et de Tumberl. 40 HÉLOISE, notice.

18 MÉGÉSIPPE (Saint), potice.

Ses écrits.

Vie de saint Guillaume.

18

Histoire ecclésiastique.

10 Ses lettres,

HALINARD, notice.

18

Autres écrits qui lui sont altrbuis. Première lettre.

Ses lettres.

20

41 Deuxième lettre.

Critique et jugement.

2: Heiric, notice.

42 Troisième lettre.

HALITGAIRE, nolice.

21 Ses écrits.

42 Problèmes d'Héloise.

Pénitentiel.

21 Poëme sur la vie de saint Germain. Critique et jugement.

De la vie des prêtres

23

43 Helpéric Ou HILPÉRIC, notice.

01

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