Page images
PDF
EPUB
[ocr errors]

Dijon, sera ouverte avant la fin de votre session actuelle. »

« Le canal de la Saône au Rhin, qui joindra Marseille et Amsterdam ; ce canal, jugé digne de porter le nom de NAPOLÉON, se continue sur deux points, entre Dóle et Besançon et entre Mul.. hausen et le Rhin. On travaille au grand canal du Nord, qui ne fait qu'un seul fleuve de l'Escaut , de la Meuse et du Rhin, et qui vivifiera des pays privés de communications. »

« Une conception des plus beureuses a déterminé la vente du canal des Deux-Mers, de ceux du Centre, d'Orléans et de Loing: les fonds en seront versés à la caisse d'amortissement, pour servir aux immenses constructions des canaux dont je viens d'avoir l'honneur de vous entretenir : ceux-ci seront vendus à leur tour pour de nouvelles créations du

même genre. »

Ainsi , sans surcharges extraordinaires, sans sacrifices, la France acquerra l'avantage d'être traversée en tous sens par des rivières artificielles qui réuniront celles que la nature s'est plu à nous donner. »

« Ainsi, les contrées les plus éloignées communiqueront entre elles par la navigation ; et ce grand système de routes par eau, combiné avec celui des routes par terre , embrassera toutes les contrées, tous les produits, tous les objets de commerce. La circulation la plus active, due à ces nombreuses ramifications de veines et de vaisseaux , portera la vie du centre de la France aux extrémités les plus élojgnées, et, par une heureuse réaction , y rapportera les mêmes principes de vie , d'abondance et de prospérité. »

[ocr errors]

1

1

MARINE. Quoique le gouvernement ait borné pendant cette campagne, les opérations maritimes, cepen: dant une escadre armée à Toulon, comme par enchantement, et conduite avec habileté, a su dejouer, par de savantes mancuyrés, les combinaisons de l'ennemi; en approvisionnant Corfou pour plus de deux ans, en hommes, en artillerie, en munitions de guerre et de bouche. Après avoir par-là rendu inutile l'expédition dont étoit menacée cette barrière de l'Adriatique, la flotte de l'amiral Ganthéaume a opéré heureusement son retour, malgré les difficultés d'une navigation orageuse , en affrontant toutes les tem, pêtes. »

« Les Colonies ont été de même approvisionnées avec succès par des divisions de Frégates et de Corvettes qui , en remplissant un objet important, ont eu, comme l'escadre de Corfou, l'avantage de s'emparer d'un grand nombre de bâtimens ennemis, richement charges. »

« Dans l'Inde; des prises évaluées à 15 millions , ont été le résultat des croisières de nos frégates ; une seule y a succombé, mais après un combat glorieux contre les forces supérieures. »

« Nos Corsaires, dans toutes les parties du monde, et surtout dans les mers de l'Inde et de la Guadeloupe, se sont montrés redoutables à l'ennemi, »

« Mais c'est moins par ce qu'elle a fait, que par ce qu'elle pourra faire avec le temps , que notre na-. rine doit être envisagée.

« Dix vaisseaux de ligne construits dans les chantiers d'Anvers , et armés depuis plusieurs mois , attendent leur destination. »»

« La flotille de Boulogne, entretenue, et équipée, est encore prête à entreprendre les opérations pour lesquelles elle fut créée. »

« Douze vaisseaux de ligne et autant de Frégates ont été lancés depuis un an. Vingt-cinq autres vaisseaux et vingt frégates, en construction, attestent, l'activité de nos chantiers. »

« Nos ports sont entretenus et réparés ; la création de celui de Cherbourg avance de manière à promettre que son bassin pourra contenir des escadres ayant deux campagnes. »

« La Spezia va devenir un second Toulon, la réunion à la France de presque tout le littoral de la Méditerrannée, assure, pour nos arsenaux et nos équipages,des denrées, des bois et des hommes.Venise

Ancône, Naples, tous les moyens de la Hollande et de l'Italie sont en mouvement. »

Comme MM. les agens forestiers concourent par leurs travaux aux approvisionnemens tant des chantiers des constructions civiles, que des arsenaux maritimes , ils ne peuvent voir qu'avec intérêt l'emploi si utile du produit des forêts confiées à leur administration.

SECTION II. AMÉLIORATIONS.

S. II. Procedés.
Nouvelle Méthode d'Exploitation des Bois.

M. Douette - Richardot, cultivateur à Langres, département de la Haute-Marne, a fait connoître , dans un ouvrage qu'il a publié, sous le titre de Pratique de l'Agriculture, une nouvelle méthode d'exploiter les bois , qui consiste à les couper entre deux terres. Sans nous prononcer pour ni contre cette méthode , dont nous n'avons pas été à même de vérifier les résultats , nous devons la faire connoitre , ainsi que les succès avantageux qu'elle pa

roit avoir eus. Il seroit bien important de répéter dans plusieurs endroits et sur différentes espèces de bois, les expériences de M. Richardot, et d'en rendre compte, afin de fixer les idées sur une innovation, dans l'art des exploitations, qui peut intéresser essentiellement l'amélioration des forêts, et mériter , par conséquent, l'attention du gouvernement. Nous nous empresserons de publier les mémoires et les notes qui nous seront adressés sur cet objet.

Les travaux de M. Douette-Richardot ont été examinés par une commission nommée par la société d'Agriculture du département de la Haute-Marne composée de deux préposés forestiers et d'un ingénieur des ponts et chaussées. Ces commissaires ont rendu compte de leur vérification, dans un rapport détaillé et bien circonstancié, qu'ils ont fait à la société sarante qui les avoit délégués (1).

Le bois où M. Richardot a pratiqué sa méthode d'exploitation, contient environ 50 hectares : il est peuplé de taillis et de quelques futaies de différentes espèces et de différens ages. Le chêne et le charme y dominent.

Le sol y est montueux, pierreux, la terre sablonneuse; elle se refuseroit à toute autre production qu'à celle du bois.

Pour établir des moyens de comparaison, M. Douette a fait exploiter une partie de taillis et de futaie selon sa méthode, et une autre partie suivant la méthode ancienne.

Les commissaires ont remarqué dans les taillis

(1) Ce rapport, accompagné de notes, se vend chez MagCEANT, libraire, rue des Grands-Augustins, no. 20.

dont la coupe avoit été faite entre deux terres : 1o. que le plan de la section formée par la coupe , est à 5 pouces ou 14 centimètres au-dessous du niveau du sol; 2°. que les racines latérales tiennent à la base de la souche par leur écorce inférieure, et par une partie du corps ligneux;30. que les brins du tailiis s'élèvent aux points où la circonférence de la base se joint aux racines ; 4o. que ces brins sont au nombre de douze à quinze ; 5°. qu'ils ont 4 mètres (12 pieds environ) de hauteur, et 17 centimètres (6 à 7 pouces) de tour; 60. qu'ils sont ågés de 6 ans ; 7°. qu'ils sont droits, très-adhérens à leurs racines et très-sains.

Pour en comparer la force avec celle des brins qu'ont produits les souches de la même espèce et du même âge, coupées au-dessus du niveau du sol, suivant le mode ordinaire, dans un terrain de même nature, les commissaires en ont examiné plusieurs qui ont repoussé sur des étocs de charme de 4 à 6 pouces de hauteur, et ils ont reconnu , 1o. que ces brins sont au nombre de trente à cinquante ; 2°. qu'ils ont 2 mètres environ de hauteur et i centimètres (4 pouces) de tour; 30.. qu'ils sont également âgés de 6 ans; que la plupart de ces brins se desséchent; 4o. que le tronc qui les porte est altéré ; que la partie des rejets qui, à l'extrémité inférieure, tient à la souche, est viciée, et n'exige qu'un foible effort pour être séparée du tronc.

Il résulte de-là, ajoutent les commissaires, que chaque brin de taillis produit par les racines d'un arbre coupé entre deux terres, est d'un volume beaucoup plus considérable que celui d'un brin produit par une souche coupée à quatre ou six pouces audessus du sol; que les rejets sortis d'une souche élevée ne réunissent pas, comme ceux qui résultent de

« PreviousContinue »