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coupe entre deux terres , tous les caractères qui pro mettent des arbres vigoureux.

Comme ils n'ont pas vu de souches coupées parfaitement à fleur de terre , ils n'ont

ils n'ont pu en comparer le produit avec celui de la coupe entre deux terres; ils ont remarqué seulement que celles qui ont été coupées à trois ou quatre pouces , présentent un résultat plus avantageux que celles exploitées à huit ou dix pouces de hauteur.

Le chêne a été l'objet d'expériences semblables que la commission a répétées sur un grand nombre de tronics.

Ils ont vu que, pour l'exploitation de cet arbre, on a suivi le même procédé que pour celle du charme; que M. Douette a fait enlever la souche en la separant des racines à 4 pouces au-dessous du sol, que les racines latérales sont presque toutes adhérentes à la base du tronc, base qui forme le sommet de la racine pivotante.

On a eu pour résultat constant dans un taillis de 6 ans, que les brins , au nombre de 8 à 12, partent de la section des racines et s'élèvent verticalement à 3 ou 4 mètres de hauteur, sur un diamètre de 5 centimètres ( 2 pouces); que du centre des jeunes souches, sort un rejet qui forme le prolongement de la racine pivotante, et qui a une hauteur de 5 à 6 mètres ; il présente moins de circonférence à sa base, que les brins qui partent des racines latérales ; mais il est très-propre à fournir un beau baliveau (1).

(1) On sent bien que le brin qui forme actuellement le prolongement du pivot, ne le formoit pas à son origine, puisque les racines ne s'allongent plus à l'extrémité où elles ont été coupées; mais ce brin est sorti obliquement au-dessous de la section de la racine pivotante qui se trouve au centre d'une

Examinant ensuite des souches coupées à 4 ou 5 pouces de hauteur , on voit qu'elles sont couvertes d'un grand nombre de rejets d'un pouce de diamètre à leur base, et de 2 mètres environ de hauteur. Ces rejets forment un buisson très-toufsu , qui s'éclaircit par le dépérissement successif d'une grande partie des brins dont il est composé.

D'où il suit que la coupe entre deux terres a la même influence sur la reproduction du chêne, que sur celle du charme.

Sur les troncs qui s'élèvent hors de terre , le nombrs des brins est beaucoup plus grand, mais le volume de chacun est plus petit que dans un taillis coupé entre deux terres.

Après avoir comparé les brins séparément , il s'agissoit de les comparer en masse, et de savoir si leur volume total'étoit plus petit dans un cas que dans l'autre.

Cette question n'a pu être décidée sur des taillis de 5 à 6 ans, mais elle l'a été sur des taillis de ro à

II ans.

Les commissaires ont reconnu dans un bois exploité depuis 10 ans suivant l'ancienne méthode , qu'une partie des rejets venus sur des souches de chêne hors de terre, ont une direction verticale , que les autres sont foibles , penchées vers la terre ei forment ce qu'on nomme des traînasses ; qu'il en est déjà mort un grand nombre ; que par - là les brins de taillis bien-venans sont réduits à dix ou douze sur chaque

circonférence dont les racines latérales forment les rayons, et ce même brin paroît aujourd'hui, par l'effet de l'accroissement vertical qu'il a pris , ne former qu'un seul corps avec cette racine , comme l'écusson avec le sujet anquel il est uni depuis quelqnes années. ( Notes des Rapporteurs).

souche , nombre à-peu-près égal à celui des brins qu'on trouve à la place d'une souche exploitée d'après la méthode de M. Douette.

Ainsi, en comparant les dimensions des rejets résultant de chacune de ces exploitations, on a le rapport exact des produits et de la valeur respective des taillis.

Les brins qui ont repoussé entre deux terres , ont une hauteur de 6 à 7 mètres (18 à 21 pieds), et une circonférence de 24 à 33 centimètres (9 à 12 pouces), prises à 15 centimètres de hauteur.

Ceux qui ont repoussé sur des souches coupées hors de terre, ont une hauteur de 4 à 5 mètres (12 à 15 pieds), et une circonférence de 19 à 24 centimètres ( à 9 pouces);

D'où il résulte que, dans l'espèce de chêne et à l'âge de 10 ans, le volume de taillis qui couronne une souche coupée hors de terre , ne forme pas la moitié du volume d'un taillis reproduit par les racines d'une souche exploitée entre deux terres le nombre de brins étant égal de part et d'autre.

Même recherche faite sur des charmes et des érables de même âge, a donné même résultat, quant à la force des brins; mais le nombre de ces brins étoit plus grand sur les deux essences que sur le chêne, dans la proportion de 5 à 3.

Les commissaires rendent compte de plusieurs autres expériences et remarques qu'ils ont faites. Nous renvoyons le lecteur au rapport qu'ils en ont rendu ; nous ajouterons seulement, pour terminer cet article, qu'ils ont reconnu, 10. qu'il étoit important, dans la coupe entre deux terres, de laisser, en faisant enlever la souche, les racines se communiquer entr'elles, au moins par une petite partie du

corps ligneux et par l'écorce inférieure; 20 qu'il

faut laisser la racine pivotante ; puisqu'elle contribuie comme les autres à la reproduction, en la dégageant toutefois de sa partie cariée ;, 30. que la méthode de M. Richardot pourroit être avantageuse dans l'exploitation du hêtre comme dans celle des autres bois, parce que, dans cette essence, la hauteur des pousses est ordinairement en raison inverse de la hauteur de la souche, et que des souches qui avoient été exploitées au niveau du sol et ensuite recouvertes de terre ou ombragées par des arbrisseaux, des mousses et des feuilles , ont donné de plus belles pousses que celles qui ne réunissoient point ces cira constances; 49. que le noyer qui ne repousse pas, exploité suivant la méthode usitée, pourroit produire des rejetons s'il étoit coupe suivant la nouvelle méthode ; 5oque les taillis venus entre deux terres, ont une valeur double de celle des taillis exploités sur souche, les uns et les autres âgés de dix ans et placés dans les mêmes circonstances , mais que cette proportion ne sera pas constante dans tous les åges futurs de ces taillis , tandis que la valeur des premiers sera toujours supérieure '; 6o. que. la méthode, qui a été enseignée aussi , de recouvrir de terre la souche. coupée au niveau du sol, ne donneroit point un résultat aussi utile

que de M. Richardot; 7o que la saison la plus convenable à cette dernière méthode, est l'hiver ayant que la sève n'éprouve de mouvement sensible ; 80. que les frais qu'entraine ce mode sont compensés et au-delà par l'augmentation des produits du bois.

Les commissaires ont examiné aussi les plantations de M. Douette-Richardot, et en ont rendu in-bon- témoignage. Leur rapport est terminé par une lettre transmissive de ce rapport, à la société d'agriculture.

celle

On lit aussi , dans la petite brochure que nous annonçons, la réponse et les observations de la société, et des notes excellentes rédigées par les commissaires, sur la partie de leur rapport qui regarde la coupe entre deux terres. Nous ne pouvons qu'engager nos lecteurs à se procurer cette brochure.

S. VI. Ouvrages nouveaux.

10. Des Bois propres aux constructions navales.

Manuel à l'usage des Agens forestiers et mari

times, contenant les lois , règlemens et instructions relatifs à la disposition et à l'usage des

bois de marine; Aceompagné de vingt-sept figures gravées et en

luminées , réduites sur celles données par l'administration générale des forêts, à la suite de

ses instructions officielles du 20 messidor an XI. Suivi d'un Dictionnaire des principaux termes

d'Architecture navale ; Par GOUJON (de la Somme ), ancien juriscon

sulte , éditeur du Mémorial forestier ( 1).

Au moment où les chantiers de la marine sont en si grande activité, nous croyons utile de rappeler au public l'ouvrage dont il s'agit, qui' a ,paru il y a quelques années, et dont l'empressement avec lequel on vient de l'accueillir pour le service de la Toscane, prouve de nouveau l'utilité.

Ce Manuel, quoique plus particulièrement offert à MM. les agens forestiers, ainsi qu'aux fonction

( 1 ) Prix 3 fr. , et 3 fr. 5o c. franc de port par la poste; se trouve à Paris chez DEMONVILLB, libraire , rue Christine, et chez ARTIUS-BERTRAND, libraire , rne Hautefeuille , 08. 23.

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