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naires chargés de diriger , de concert avec eux, l'exploitation des bois de marine, ne sauroit être étranger aux propriétaires particuliers ; c'est même dans le rapport avec l'intérêt de la propriété privée, que l'auteur a considéré le droit de disposer, au profit de l'Etat, des bois des particuliers propres aux constructions navales : il a donc regardé comme important de fixer les idées à cet égard.

il a fait remarquer d'abord que l'ordonnance de 1669 établit en faveur de la marine une double réserve, l'une qui s'applique aux forêts domaniales, l'autre concernant les bois des particuliers ; mais que rien, dans les termes de cette loi , ne garantissoit aux propriétaires le paiement de la valeur de leurs bois, avant que l'enlèvement en fût fait.

La loi du 9 floreal an XI, en remplissant cette lacune, assure ce paiement préalable, et porte que l'enlèvement ne sera pas retardé plus d'un an après la coupe : ce délai passé, elle autorise le proprié. taire à disposer de ses bois.

L'art. 6 du titre 1er. de la loi du 29 septembre 1791 en rendoit à chaque propriétaire la libre disposition ; les lois et règlemens postérieurs sont revenus aux vrais principes, en rétablissant l'ancien droit de recherche pour le service de la marine dans les bois des particuliers, et en assurant aux propriétaires de ces bois le paiement de la valeur des arbres qu'ils fourniroient.

Tel est, quant à la partie réglementaire, l'esprit dans lequel ' l'idée du Manuel a été conçue, l'auteur pense qu'il est peu de classes de propriétaires dont cet ouvrage ne doive fixer l'attention.

Il l'a divisé en trois parties :

La i". contient les lois , arrêtés et instructions concernant cet objet de service, No. 3.

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et

La 26., les planches qui facilitent l'intelligence du mode d'emploi des bois pour les constructions navales.

La 3.., le dictionnaire des noms sous lesquels les diverses pièces de service sont désignées.

La 14 partie rappelle les titres XXI et XXVI de l'ordonnance de 1669 , et donne littéralement le texte des articles de ces titres qui concernent les bois de marine. La loi du 9 floréal an XI s'y trouve aussi.

Viennent ensuite les arrêts du conseil du 21 septembre 1700 et du 23 juillet 1748, les arrêtés du gouvernement, les décisions du ministre , les circulaires et instructions de l'administration générale des forêts, le tout relatif à ce genre de service.

La seconde partie , formée de 27 planches, en contient 23 figurant les bois sur pied, sous les différentes formes qu'ils ont reçues de la nature, et qui les rendent propres à l'usage de la marine.

Trois autres planches représentent le bâtiment de mer, d'abord dans une position qui met à même de distinguer, dans la charpente , les pièces que les arbres doivent fournir; puis dans un degré de construction plus avancée, mais ne formant encore par l'assemblage de toutes les pièces réunies , que ce qu'on peut appeler le squelette du vaisseau, et ce qu'en termes de marine on nomme sa carcasse; puis enfin, le bâtiment est présenté tout-à-fait achevé, et c'est, dans ce dernier état, une frégate prête à recevoir ses agrès.

La dernière planche fait voir l'arbre à terre, dépouillé de ses branches, et sous la main de l'équarrisseur qui le travaille.

La troisième partie forme un dictionnaire des termes reçus pour désigner les principales pièces de

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construction auxquelles s'emploient les bois de marine; et comme ces termes ne sont pas familiers à tout le monde , on a cru nécessaire d'en faciliter l'intelligence par des définitions prises dans les auteurs qui ont écrit sur cette partie.

L'ouvrage est terminé par trois tableaux indiquant les proportions que doivent avoir les pièces de construction des différentes espèces, d'après les tarifs arrêtés, tant à Brest le 16 novembre 1765, qu'au bureau de la marine le 15 thermidor an 7, (août 1799.)

La facilité que présente ce Manuel à toutes les personnes qui peuvent avoir des rapports avec la marine, pour le choix, la délivrance et l'emploi des bois destinés à son service, nous détermine à croire que le public ne verra pas sans intérêt rappeler cet ouvrage dont il est déjà en possession.

Mémoire sur l'amélioration des départemens du

Golo et du Liamone (ile de Corse), par M. DURAND ( d'Agde , département de l'Hérault.) (1). M. Durand, qui s'annonce comme ayant habité l'ile de Corse, dit avoir conservé de ce pays et de ses habitans des souvenirs qu'il voudroit, s'il est possible, faire contribuer à la prospérité de cette partie intéressante de l'empire, et ce sentiment la , dit-il, porté à faire hommage à S. A. Em. Mgr. le Cardinal Fescu , du mémoire dont nous allons rendre compte.

(1) A Paris, chez Bossange , Masson et Besson

rue de Tournon, no. 8; et chez Arthus-Bertrand , libraire, rua Hautefeuille , n. 23. (Petit ouvrage in-89.144 pages)

L'auteur commence par dire qu'une fausse opinion sur le climat de cette ile et sur le caractère de ses habitans, a toujours éloigné les spéculateurs industrieux de tenter des entreprises utiles à la fois à eux'mêmes et au pays ; que les vues adoptées jusqu'à

présent pour l'amélioration de la Corse, ont été trop rétrécies, et que ce n'est qu'en embrassant un plan plus vaste , qu'on peut en espérer des succés; qu'il faut, pour ainsi dire , déblayer cette terre pour laquelle la nature s'est montrée si prodigue; que les montagnes couvertes d'antiques forêts offrent aux arsenaux de l'empire des ressources infinies; qu'enfin la nature de ses côteaux, de ses plaines , la force de la végétation, la douceur du climat, permettent d'en obtenir , pour nos manufactures, nombre de productions que la France tire de l'étranger : d’ou M. Durand conclut que la Corse pouvant offrir les productions' du nord et du midi de l'Europe, est susceptible de devenir une des para ties les plus florissantes de l'empire.

Le mémoire qui suit cette introduction embrasse différens objets d'utilité publique, dans le détail desi quels nous ne suivrons pas l'anteur: il traite, en effet, de l'agriculture, des écoles à établir pour en propager les procédés, des terres communales, des bestiaux, des desséchemens, de la population, de la conscription militaire, des productions de la Corse, de la PÊCHE, des FORÊTS, des salines', des eaux minérales , des mines et carrières , du commerce, des routes, de la compagnie d'Afrique et de son commerce, des manufactures, des forges à fondre le fer, et des maisons de charité.

Nous nous bornerons à parler de ce qui concerne plus particulièrement l'objet de ces Annales, la pêche et les forêts.

La pêche, dit M. Durand est une source de richesses pour la Corse ; les rivières, les étangs et la mer lui fournissent du poisson en assez grande quantité, non-seulement pour ses besoins, mais pour augmenter ses moyens

de commerce. Les rivières renferment des truites et des anguilles d'un goût exquis.

Les étangs voisins de Bastia fournissent en profusion des huîtres, des muges, des aloses , et beaucoup d'autres poissons.

Toutes les espèces de poissons connues dans la Méditerranée, non-seulement se trouvent autour de la Corse , mais plusieurs d'entr'elles, le thon surtout, semblent s'être plus particulièrement fixés sur ses rivages.

Les Génois avoient des madragues (1), qui furent détruites pendant les guerres; le Roi , à l'époque de la réunion de la Corse, céda le privilege des madragues au prince de Conti, que le dérangement de ses finances empêcha de profiter de cette faveur.

M. de Marbeuf étoit parvenu à rétablir cette pêche: les établissemens qu'il avoit formés ont été détruits pendant la révolution.

La Sardaigne, retire, dit-on, plus d'un million chaque année du produit de ses madragues. La Corse, aussi avantageusement placée, ne pourroit-elle pas obtenir les mêmes avantages, quand le Piémont et le pays de Gênes ont un si grand besoin de poisson salé (2). La pêche du thon fourniroit, d'ailleurs, en

(1) Espèce de filet , particulier à la pêche du thon. (*) L'auteur annonce que ce besoin est tel, qne c'est sur la réclamation de MM. les Préfets des départemens du Piémont et de la Ligurie, qu'est intervenue , l'année dernière , la loi qui dispense de tout droit de donaue, le poisson salé velland de Sardaigne.

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