Page images
PDF
EPUB

elle ne pres

de conséquences également fausses ! car il n'est pas vrai

que l'ordonnance prescrive de réserver la majeure partie des bois en futaie; il n'est pas vrai qu'elle soit un obstacle à ce qu'on' coupe les futaies , lorsque les arbres sont parvenus à leur maturité. Donc, sous ce rapport comme sous aucun autre, il n'est pas exact de dire qu'elle soit la cause du dépérissement des forêts, ni de la perte d'une grande partie de leurs produits.

L'ordonnance de 1669 veut que l'on réserve un nombre déterminé de baliveaux par arpent de futaie et par arpent de taillis, mais nulle

part crit de faire des futaies pleines, que dans les bois des communautés de religieux et d'habitans; encore n'est-ce pas la majeure partie des bois de ces communautés qu'elle ordonne de mettre en réserve; elle ne demande la réserve

que
du
quart

de ces bois, et l'on ne peut qu'applaudir à la sagesse de cette disposition, qui a pour but de fournir des bois de construction pour les maisons, et d'assurer des secours en cas d'incendie et autres accidens extraordinaires. On doit souhaiter le maintien d'un usage aussi utile, et celui des articles de l'ordonnance qui défendent d'abattre le quart en réserve , l'autorisation du gouvernement. C'est aux agens forestiers à juger de l'âge auquel les coupes en devront être faites.

M. Fanon entre ensuite dans le détail des inconyéniens attachés au système des futaies en massif; il dit qu'elles ne sont pas coupées en temps utile qu'on laisse pourrir les arbres sur pied; que ces futaies ne croissent plus quand elles sont exposées à l'air; que les arbres cèdent aux efforts des vents, à cause de la foiblesse de leur tige, relativement à ļeur hauteur, et contractent ainsi une courbure qui

sans

[ocr errors]

rend les couches ligneuses excentriques d'un côté, et occasionne par conséquent la rareté des pièces de longueur; « car, en supposant , dit-il, un chène « de 80 pieds de hauteur, si l'excentricité de ses « couches commence à 20 ou 25 pieds, on est forcé « de le scier à cette longueur, pour tâcher de re« trouver une seconde ligne droite, au bout de la

quelle il faut encore faire la même opération; de * sorte que les plus grands arbres ne fournissent « que de courtes pièces. »

Ce reproche pourquoi ne pas l'appliquer bien mieux aux futaies sur taillis, qui sont continuellement balottées par les vents; et certes, il n'est pas fondé en parlant des futaies en massif; car ce mode d'aménagement est présenté comme le plus propre à favoriser la haute crue des arbres,

D'après ce premier aperçu, continue M. Fanon, « on ne peut disconvenir qu'il eût été difficile , pour « les auteurs du projet des futaies en massif, de « trouver un moyen plus directement opposé au but

qu'ils se proposoient. Je ne calculerai point ici la « perte des revenus annuels dont ce genre d'exploi« tation a privé l'Etat depuis plus d'un siècle, ni

celle que l'immensité des parties de nos plus a, belles forêts , devenues stériles par ce désastreux « système, doit lui causer encore; le Gouvernement « en connoît bien l'étendue ».

Ce n'est point à l'ordonnance qu'il faut attribuer le vice des exploitations, c'est à l'insouciance de quelques anciennes maitrises qui ont négligé l'aménagement des forêts. On se ressentira encore longtemps de cette négligence funeste, attestée par

l'état de dépérissement de nos plus importantes forêts , ou il s'en fait des coupes à des époques trop éloignées et de manière à faire manquer une partie du recru.

On voit dans quelques coupes, des troncs coupé's à deux, trois, et quatre pieds de terre. Çertes, ce n'étoit point le væu de l'ordonnance, qui prescrit positivement de couper les souches, le plus près de de terre que faire se peut.

Nous convenons qu'elle n'admet pas le mode d'exploitation qui soit , physiquement parlant, le plus avantageux pour les futaies en massif, c'est-à-dire celui par éclaircies à des époques successives , et tel qu'il est si bien décrit dans l'instruction sur la culture des bois par M. Hartig. Mais ce mode tout avantageux qu'il est pour ceux qui exploitent par eux-mêmes, n'est-il pas sans inconvénient pour l'administration, et peut-on l'appliquer en grand dans nos forêts , ou l'on a tant de peine à prévenir , ou à vérifier les abus dans les exploitations ? On pouvoit le tenter et on l'a fait pour quelques portions de bois, mais il seroit peut-être dangereux d'en faire usage dans de grandes étendues des forêts, et sous des agens des talens desquels on ne seroit pas assuré.

Revenons à l'ouvrage de M. Fanon. Il y est dit que

la méthode des futaies sur taillis, est sans contredit la meilleure, et la pius productive. L'auteur devoit faire une distinction, et ne pas proscrire ainsi les futaies en massif , sur toute espèce de terrains. Car il est prouvé qu'il y a de l'avantage à former des futaies pleines sur les bons terrains, et qu'il faut au contraire exploiter en taillis, les bois situés sur des fonds médiocres, ou de mauvaise qualité. D'après les expériences faites

par

l'auteur allemand venons de citer , un arpent de futaie , essence de hêtre, en bon terrain et bien conduit peut, dans l'espace de 120 ans, procurer un produit en nature, et en argent, presque double de celui d'un arpent de taillis. Joignons à cela l'avantage d'avoir du fort bois de

que nous

construction , et d'excellens bois de chauffage. On ne peut donc partager l'opinion de l'auteur, et proscrire, comme il le fait , les futaies en massif , dans tous les endroits indistinctement.

Il indique ensuite les terrains qui conviennent aux différentes espèces de bois, et l'inconvénient qu'il y a de planter les arbres à racines pivotantes dans un sol qui manque de profondeur, et il trouve la

preuve

de cet inconvénient dans les plantations exécutées par M. Pannellier d'Annel, dans la forêt de Compiegne. Il n'est pas de l'avis de cet économiste , qui , vouloit que les taillis ne fussent pas coupés avant 20 ans, ni après 40 ans. « L'expérience, dit M. Fanon, démontre " qu'il y a des terrains, ou passé 10 à 12 ans, le bois « cesse de croître, et que si on attendoit au terme de << 20 ans, non-seulement le produit de 8 années seroit a en pure perte pour le propriétaire, mais que

le « taillis dépériroit, et cela parce que le terrain en « est si pauvre, qu'il ne peut fournir de substance ec à un plus grand volume que celui auquel les troa chées sont parvenues à cette époque. »

Tout ce que dit l'auteur , relativement à l'inconvénient de planter les arbres à racines pivotantes dans les terrains sans profondeur, et d'y réserver des futaies , est exact, et l'ordonnance elle - même prescrit de faire les quarts de réserve dans les meilleurs fonds et lieux plus commodes. Mais si son opinion sur la nécessité de couper les taillis à io ou 12 ans dans les mauvais terrains, semble juste pour les bois des particuliers , elle seroit dangereuse pour les bois des communes ; l'expérience ayant démontré qu'à cet âge les baliveaux sont trop foibles, résistent difficilement à l'effort des vents et du givre, et ne peuvent, par la suite, fournir de belles pièces de service; c'est par cette raiso

il dit que

que les sables

très-peu

que tous les règlemens portérieurs à l'ordonnance, ont défendu d'exploiter les taillis des ecclésiastiques et des communautés, avant 25 ans.

Plus loin, il combat l'opinion de M. de Buffon qui dit, dans sa partie expérimentale relative au bois, qu'il faut bien se garder de planter le chêne avec le hétre, parce qu'ils poussent tous deux de grosses racines dans la profondeur du sol. Mais tout le monde a reconnu l'erreur où étoit tombé ce grand homme, et l'on sait que le hêtre et le chêne s'accordent très bien ensemble, parce que le hètre enfonce moins ses racines que le chêne, et qu'il trouve à la surface du sol les sucs que l'autre va chercher dans sa profondeur.

Après avoir parlé du mélange qu'il est avantageux de faire des arbres dans les plantations, pour les plus mauvais terrains, tels

purs, dont la superficie n'offre que

de matière vé gétale, l'expérience n'a fourni jusqu'à présent que le bouleau qui y réussisse assez bien.

Le catalogue des arbres qui , d'après M. Fanon , réussissent dans les mauvais fonds sableux, est bien court, il nous semble qu'il auroit pu y ajouter le Robinier qui vient si bien dans les mauvais sables , comme on peut s'en convaincre au bois de Boulogne; Le Pin sauvage qui vient partout; le Pin mariti

l'on cultive avec succès dans les sables des bords de la mer ; le Genévrier commun, qui croit dans les lieux sableux, incultes, arides, secs, pierreux, sur les collines et les montagnes; le Châtaignier qui réussit dans les terres légères, dans les lieux secs et stériles, sur les rochers, les pierrailles, et les sols sablonneux; les Peupliers d'Italie et de la Caroline, qui se contentent d'un terrain sablonneux et humide; les différentes sortes d'Erables, commun , plane , et Sycomore, qui toutes trois sont peu délicates sur

me que

« PreviousContinue »