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la nature du terrain , et sont très-propres , surtout
les deux dernières , à former des plantations près de
la
mer;

le Mahaleb , ou bois de Ste. Lucie , et le Saule Marceau, qui ne connoissent pas de mauvais terrains, et qui viennent très-bien dans les craies de la Champagne ; enfin plusieurs autres arbres et arbrisseaux que l'on multiplie avec succès dans les dunes, les landes, et tous les endroits dont le sol n'est qu'un sable pur, légèrement recouvert d'un peu de terre végétale.

L'auteur avoue cependant que le Peuplier d Italie a réussi près de Villers-Cotterets, dans un sable blanc et coulant, qui n'étoit formé que des détrimens et des scories les plus fines des grès dont le terrain est rempli, et sur lequel on ne trouve que quelques touffes de bruyères ; mais il pense que si on vouloit meubler de semblables terrains, il ne faudroit le faire que dans les parties les plus unies et les plus basses, parce

que les vents dispersent dans les grandes sécheresses , laisseroit à decouvert les racines de ceux qui se trouveroient plantés sur les terrains en pente.

Cette opinion sait voir qu'il ignore l'art de fixer les sables, et de les rendre propres à la culture du bois. Il n'eût pas eu la crainte qu'il manifeste sur la mobilité des sables , et la dénudation des racines des arbres dans les pentes sablonneuses, s'il eut eu connoissance des moyens qu'on employe pour raffermir ces sols mouvans. On doit l'engager à les lire, dans le mémoire de M. Brémontier ingénieur en chef des ponts et chaussées, sur les dunes de Bordeaux, et dans les ouvrages de MM. Hartig et Burgsdorff. Il verra qu'on peut , quoique difficilementil est vrai, fixer les sables, soit en les recouvrant avec des branches d'arbres, soit en les arrêtant par des haies ou des clayonnages, et en y plantant des boutures des peupliers d'Italie et de la Caroline. On les fixe encore dans les départemens du

que ce sable que

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nord, au moyen de plantation en Oyat (espèce Festuca ,) et dans ceux du midi, en employant le Tamarisc d'Elimus. Quand les sables sont fixés, n'importe par quel moyen, on y sème du Pin sauvage, du Pin maritime ou du Bouleau.

On pourroit relever encore plusieurs endroits de l'ouvrage ou l'auteur n'a pas donné des preuves de connoissances bien étendues, sur l'économie forestière. Il prétend

par exemple , qu'il n'y a que le Chêne et le Hère qui se sement sur

place, et que tous les autres arbres doivent être en pépinière pour enlever le plant, après la seconde année. D'après cela , le Bouleau, le Charme, le Châtaignier, les Erables , l'Acacia ; toutes les sortes de Pins et de Sapins, ne pourroient être semés sur place. Le contraire est trop évident pour le démontrer.

Comme M. Fanon ne suit aucun ordre dans ses dissertations , et que d'un paragraphe à l'autre, il passe brusquement à une question différente de celle qui précède , et sans nulle liaison avec elle, il revient encore au système des futaies en massif, et rapporte à ce sujet l'opinion de M. de Buffon sur l'ordonnance de 1669, en disant que ce grand observateur ne paroît pas avoir été à portée de remarquer l'alteration des bois , causée par une trop longue attente; que cependant il a pense que cela devoit

nécessaire ment arriver , puisque M. de Buffon dit: « que la plus * sage des ordonnances, est celle qui établit la réserve « dans les bois des écclésiastiques , et gens,

de main« morte, que nous devons souhaiter qu'on ne se « relâche point à cet égard, que ces réserves sont un « bien réel pour l'état,

qu'elles ne sont point sujettes à « l'inconvénient des baliveaux, et qu'on en auroit « mieux senti les avantages, si le crédit plutôt que « besoin, n'en eût pas disposé, qu'on préviendroit ces

le

CC

« abus, en établissant un temps fixe pour les coupes de «« ces réserves; que ce temps devroil ètre plus ou moiris « long suivant la nature des terrains , et leur profon « deur; que cette attention est absolument nécessaire; « qu'on en pourroit régler les coupes à 50 ans, dans les a terrains de 3 pieds et demi, et à 100 ans dans un a terrain de 4 pieds et demi, et au-delà ; il ajoute :

je donne ces termes d'après les observations que

j'ai faites au moyen d'une tarrière haute de cinq « pieds , avec laquelle j'ai sonde quantité de terrains, « ou j'ai examine en même temps, la hauteur, la gros(( seur et l'âge des arbres; cela se trouvera assez juste u pour les terres fortes et pétrissables; dans les terres

légères et sablonneuses, on pourroit fixer les coupes « à 40,60, et 80 ans ; on perdroit à attendre plus « long-temps, et il vaudroit infiniment mieux garder # du bois dans les magasins, que de le laisser sur

pied dans les forêts, où il ne peut manquer de e s'altérer à certain âge. »

On voit que M. de Buffon avoit un peu plus de respect pour l'ordonnance de 1669, que M. Fanon, et que ce célèbre écrivain lui rend justice sur les avantages qu'elle procure à l'état, pour les réserves qu'elle prescrit dans les bois des ecclésiastiques et des communes. Quant à son opinion sur la nécessité de les couper avant qu'elles dépérissent, elle ne trouvera de contradiction de la part de qui que ce soit, pas plus

de la part de M. Fanon. On termine l'analyse de l'ouvrage, en disant qu'il contient des erreurs, ainsi qu'on vient de le démontrer , et

les vérités qui s'y rencontrent, ne sont pas neuves, comme l'annonce cependant l'auteur.

que de la

et que

ANNALES FORESTIÈRES.

FAISANT SUITE AU MÉMORIAL FORESTIER.

No. III.

PREMIÈRE PARTIE.

RÈGLEMENS.

SECTION Icre, LÉGISLATION.

la

S. Ier. Décrets impériaux. Nous diviserons ces décrets en deux classes, première comprenant ceux relatifs aux brevets d'invention concernant la carbonisation ; et la seconde, ceux qui autorisent l'établissement de nouvelles usines.

1 ere. Classe , Brevets d'invention.

Extrait du décret impérial donné à Bayonne le 24 avril 1808, contenant proclamation des brevets d'invention, de perfectionnement et d'importation , délivrés pendant le premier trimestre 1808.

Le sieur Bordier, propriétaire à Nemours, département de Seine et Marne, auquel il a été délivré, le 7 janvier 1808 , un certificat de sa demande d'un brevet d'invention de dix années, pour la carbonisation du bois avec distillation d'acide

pyNo. 3.

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roligneux et de goudron, a été breveté définitivement. '

Extrait du décret impérial donné à Bayonne le 17 juillet 1808, contenant proclamation des brevets d'invention et de perfectionnement, délivrés pendant le deuxième trimestre de 1808.

Les sieurs Callias frères , auxquels il a été délivré, le 29 avril 1808, l'attestation de leur demande d'un certificat d'addition et de changemens à leurs procédés pour la carbonisation de la tourbe dont le brevet d'invention leur a été délivré le

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nivôse

an 9.

2. Classe. Etablissemens d'Usines. Décret impérial qui autorise le sieur Weidel , maitre de forges, à construire une platinerie dans l'ile de Monminon, située sur le cours de la rivière de Finch, au-dessous de la dernière des roues à eaux des forges et fonderies qu'il possède à Hayange, département de la Mozelle. (Fontainebleau, 13 novembre 1807.)

Décret impérial qui autorise le sieur Theyssièrı de-Miremont à construire une fonderie à Vizille, arrondissement de Grenoble (Isère), pour le traitement des minerais de plomb et de cuivre. (Palais des Tuileries, 18 août 1807:)

Décret impérial qui autorise le sieur Defleury à établir dans sa forge, située à Thonance-les-Moulins, arrondissement de Wassy (Haute-Marne), une usine dite martinet, qu'il a acquise des proprietaires de la forge de St.-Dizier. (Palais, des Tuileries , 18 août 1807.)

Décret impérial qui autorise le sieur Wautier, maitre de forges à Maubeuge, à faire construire dans

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