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LA VIE ET LES FÊTES DE NOTRE-SEIGNEUR

ET DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE
DES SAINTS DE L'ANCIEN ET DU NOUVEAU TESTAMENT
DES BIENHEUREUX ET DES VĖNĖRABLES SERVITEURS DE DIEU

LES PLUS RÉCENTS
ET DES PLUS ILLUSTRES CONFESSEURS DE LA FOI

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13, RUE DELAMBRE, 13

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1892
Wo12

GRANDE

VIE DES SAINTS

SEIZIÈME JOUR DE JUN.

Saint Jean-François Régis, de la Compagnie de Jésus. Saint Cyr et sainte Juliite, martyrs.

Saint Ferréol ou Fargeau, prétre. Saint Ferrution ou fergeon, diacre, martyr à Besançon. - Saint Antide, évèque de Besançon, martyr. Sainte Actinée et sainte Grécinienne, vierges et martyres. Sainte Lybie, sainte Léonis et sainte Eutropie, martyres. Saint Sembin ou Sumblin, évèque de Nantes. - Saint Tycon, évêque d'Amathon!e. Saint Aurée et sainte Justine, martyrs. Saint Aurélien, évêque d'Arlrs. Saint Loup, évêque. Sainte Alepa, vierge et martyre. Saint Domnole, archevêque de Vienne. — Saint Élhère, archevêque de Vienne. Saint Aubert, évèque d'Avranches. - Saint Sécard, évêque de Luna, martyr. – Le B. Rolland et ses compagnons, martyrs. Saint Popor, archevêque de Trives. -- Saint Gerhard, archevêque de Saltzbourg. Saint Beunon ou Bennon, évêque de la Misnie, apòtre des Slaves. Sainte Lutgarde, vierge et abbesse. La vénérable Mère de Combé, fondatrice des Filles du Bon-Pasteur. Mémoire de la très-sainte Vierge. – Martyrologe romain. - Additions des autres martyrologes. - Martyrologe de la dernière persécution.

SAINT JEAN-FRANÇOIS RÉGIS,

DE LA COMPAGNIE DE JÉSI'S . Ce n'est point dans les actions d'éclat que consiste la vraie veriu; elle est dans le coeur, et s'allie avec les devoirs d'une vie commune qu'elle fait remplir avec une fidélité et une

| Tiré de sa vie, écrite en français par le P. Daubenton, jésuite, et de celle que le P. Croiset a donnée, t. I Voyez aussi le P. Neuville, qui a publié un abrégé de la vie du même Saint, avec la relation de deux nouVeaus miracles opérés par son intercession.

Terveur qui ne se démentent jamais. Une pareille vie n'est pas sans combats, et l'on y trouve souvent la matière d'un martyre plus rigoureux que celui qui se consomme par les flammes. Nous avons une preuve de cette vérité dans la personne du grand serviteur de Dieu, Jean-François Régis.

Il naquit le 31 janvier 1597, au village de Foncouverte, dans le diocèse de Narbonne. Son père, nommé Jean Régis, sortait d'une branche cadette de la noble maison de Deplas, établie dans le Rouergue. Madeleine Darcis, sa mère, était ille du seigneur de Ségur. Ils tiraient principalement de leur vertu la distinction dont ils jouissaient parmi la noblesse du Bas-Languedoc. Ils eurent plusieurs fils, dont l'ainé fut tué au siège de Villemur, dans une sortie que fit la garnison des huguenots. François, dont nous donnons la vie, était un des plus jeunes.

A l'âge de cinq ans, il entendit sa mère parler des peines éternelles que les damnés souffrent en enfer; ce discours fik sur lui la plus vive impression. On ne lui vit jamais de goût pour les amusements de l'enfance; il refusait, dans un age où l'on est passionné pour le plaisir, de se livrer à des jeur innocents avec ses compagnons d'étude. On lui donna pouf précepteur un de ces hommes qui sont d'une humeur brusque et chagrine. Le jeune Régis, aussi timide que modeste, eut beaucoup à souffrir sous un tel maître; il supporta toutes ses peines, sans laisser échapper la moindre plainte. Les jésuites ayant ouvert des classes publiques à Béziers, il fut un des premiers que la réputation des nouveaux professeurs y attira. Sa gravité croissant avec les années, il ne paraissait point dans les promenades, qui étaient fort fréquentées par les étudiants. Avare de son temps, il se permettait à peine quelques moments de récréation. Les dimanches et les fêtes, il ne s'occupait que d'exercices de piété tant à l'église que dans sa chambre. Souvent il se renfermait dans une chapelle, où il répandait son cæur en présence de Jésus-Christ, et on l'y vit plusieurs fois les yeux baignés de larmes. Les jeunes gens de son âge faisaient d'abord de sa conduite lo sujet de leurs railleries ; mais à la fin ils en devinrent les admirateurs.

Il avait une tendre dévotion pour la très-sainte Vierge, et cette dévotion augmenta encore lorsqu'il eut été reçu dans une de ces pieuses associations qui ont été érigées en l'honneur de la Mère de Dieu dans les colleges des jésuites. Il avait aussi une confiance particulière en la protection de son Ange gardien; il crut toujours lui être redevable du bonheur qu'il avait eu d'échapper à un grand péril, et jamais il ne cessa de lui en témoigner sa reconnaissance.

Les exemples de piété qu'il donnait influèrent sur ses compagnons d'étude. Il leur parlait de Dieu d'une manière si touchante et si persuasive, que plusieurs renoncèrent à leurs désordres, pour s'appliquer sérieusement à la pratique de la vertu. Six des plus fervents s'associèrent à lui ; ils vivaient ensemble dans la même maison, s'assujettissaient à certains exercices, et formérent une espèce de séminaire. Régis était la règle vivante de leur conduite; ils le révéraient comme un saint, et l'écoutaient avec respect comme leur maître dans la vie spirituelle.

Régis vécut de la sorte jusqu'à l'âge de dix-huit ans, que Dieu l'éprouva par une maladie dangereuse. Sa patience et ses pieux discours touchèrent singulièrement tous ceux qui venaient le visiter. La santé lui ayant été rendue, il fit une retraite pour se décider sur le choix d'un état de vie. Il se sentit un désir ardent de travailler au salut des âmes dans la Compagnie de Jésus; mais il ne voulut pas s'en rapporter à lui-même : il communiqua les vues qu'il avait à son conlesseur, qui, après un mûr examen, le confirma dans ses résolntions. Le P. François Suarez, provincial des jésuites, étant alors venu faire la visite du collége de Béziers, Régis demanda avec instance à entrer dans la Compagnie, ce qui lui fut accordé. Il se rendit avec joie à Toulouse, et y commença son noviciat le 8 décembre 1616. Il était dans la dixnettvième année de son âge.

Comme son temps ne se trouvait plus partagé entre la

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