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Si la mine est précieuse, on devra exploiter, en commençant dans le bas, par tranches successives s'étendant indéfiniment suivant la longueur et la largeur de la couche et d'une petite épaisseur, au moyen de galeries que l'on remblayera. L'ouvrier en exploitant la tranche qui touche le mur s'appuyera sur le mur, et en exploitant les tranches supérieures sur les remblais des tranches inférieures. L'exploitation d'une tranche devra toujours être de quelques mêtres en avant sur celle de la tranche supérieure. Cette méthode ne diffère de la méthode par ouvrage en travers, qu'en ce que les galeries d'exploitation sont menées parallèlement au mur et au toit, au lieu d'être percées en travers de l'un jusqu'à l'autre.

On peut aussi abattre d'abord une portion de la tranche la plus voisine du toit par galeries croisées en laissant des piliers, puis enlever une portion des tranches inférieures sous ses pieds en échelonnant les ouvriers sur des gradins; de cette manière , on évite de remblayer. Mais le procédé serait impraticable si le toit n'était pas solide. Quelquefois on abandonne une bande de minerai pour former un faux toit plus consistant que le toit naturel.

Cette méthode, appliquée à l'exploitation des couches de houille, ne l'a pas été, que je sache, à celle des couches de minerai : elle pourrait l'être toutefois avec avantage. 2° Exploitation souterraine des substances salines , pier

reuses, etc. Les grès ou autres pierres exploitées se trouvent ordinairement en bancs ou en couches. On les exploite toujours par piliers et galeries.

Quelquefois les travaux prennent un immense développement surtout auprès des grandes villes ou des grandes fabriques. On sait que la ville de Paris est bâtie au-dessus de vastes souterrains qui ont fourni les matériaux de sa construction et ont été remblayés avec les ossements de ses habitants. Les carrières souterraines , aux environs de Bordeaux, sont également très étendues et remontent à une haute antiquité. Les premiers chrétiens se sont cachés dans les catacombes de Rome. Les Français et les Autrichiens se sout batius à la jueur des flambeaux dans

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les immenses carrières de Maëstricht. Enfin, nous ferons mea. tion des belles carrières aux environs de Dudley, en Angleterre, d'où on extrait toute la pierre calcaire qui sert à la fabrication du fer dans le Stafforshire et que parcourent d'immenses canaur souterrains.

Le sel se rencontre dans la nature dans quatre états différents

A l'état de sel gemme constituant des bancs épais compasés entièrement de sel massif; 2o A l'état de mélange intime avec différentes roches ; 3o A l'état d'efflorescence à la surface du sol; 4" En dissolution dans les eaux.

Les bancs de sel gemme sont toujours exploités par piliers galeries comme les pierres de construction. Rien de plus imposant que ces immenses excavatior:s qui, percées dans une masse très solide ont parfois jusqu'à 200 pieds de hauteur et dont le plafond est soutenu par des piliers d'un éclat et d'une blancheer qui éblouisserat.

Je citerai parmi les mines de sel que j'ai visitées et qui m'un paru les plus intéressantes celles de Vielizka et Bochnia Gallicie et celles de Norwich en Angleterre. J'ai assisté à un? fête donnée dans les mines de Vielizka á une Altesse german:que. Aucune description ne peut en donner une idée juste La mine entière était illuminée, les eaux tranquilles d'un grand lac souterrain qui s'est formé au fond de l'une des plus grandes excavations réfléchissait l'éciat de mille bougies, plusieurs pa tits bateaux remplis de joyeux navigateurs glissaient à la surfat" de ce nouveau Styx , une foule inimense remplissait les galeries Mais ce qui surtout fut admirable, ce que personne n'a entendu s'il n'a été à Vielizka, c'est une messe exécutée dans une église creusée au milieu même du hanc de sel par un magnifique orchestre , et chantée par des chaurs tels qu'on ne peut en entendre ailleurs qu'en Allemagne.

Près de Hall, en Autriche, ou exploite de la manière suivante le sel disséminé dans des bancs d'une argile salifère qui compose toute une colline en alternant avec des bancs de gypse et de calcaire.

On commence par pousser au milieu de la colline une galerie horizontale en partant du jour. Sur cette galerie s'embranche d'autres galeries ou plutôt d'autres bouts de galeries percées da distance en distance en descendant dans l'ainas salifère afin d'en étudier la richesse. A l'extrémité de celles de ces galeries qui ont conduit aux plus riches dépôts, on creuse une espèce de chambre ou grande excavation qui prend le nom de salon. Par une nouvelle galerie inclinée on établit une communication entre ce salou et une galerie parallèle à la grande galerie partant du jour mais placée à un niveau moins élevé et débouchant égaleinent

. dans une vallée voisine. On bouche la dernière galeric inclinéc iu moyen d'une forte digue et on remplit le salon d'eau douce couduite par des tuyaux établis dans la grande galerie supéieure, cette cau ne tarde pas à dissoudre le sel en attaquant es parois de l'excavation et notamment le plafond qui se déaclic par suite de l'humidité dont il est pénétré, le fond est vientôt préservé par les terres insolubles qui s'accumulent. Dès que l'eau contient une quantité suffisante de sel on ouvre un rovinct qui fermait un canal en briques traversant la digue et cette an épurée par des filtres d'une ingénieuse construction s'écoule lans la grande galerie iuférieure d'où elle se rend aux chaudières l'évaporation.

On établit plusieurs étages de salon les uns au-dessus des aul'es et on s'arrange de manière à ce qu'ils ne se communiquent pas lorsqu'ils viennent à s'élargir.

A Bex en Suisse on exploite une roche calcaire imprégnée ou nélangée intimement de petits fragments de sel. Le calcaire réluit en morceaux est entassé dans de grandes chambres creusées iu milieu même du rocher et ces chambres sont remplies d'eau louce qu'on y laisse pendant un certain temps dissoudre le sel et que l'on conduit ensuite à la surface pour les évaporer.

On exploite aussi à Bex des sources d'eau salée.

Tout l'art d'exploiter ces sources consiste à les cerniei de manière à les réunir et à les isoler des eaux douces qui pourraient en diminuer la richesse. L'eau salée est ensuite concentréc par évaporation naturelle sur des bâtiments de GRADUATION royez aussi article SEL), puis évaporée dans des chaudières.

On tire aussi une grande quantité de sel des eaux de la mer.

On trouvera à l'article Sel la description des procédés suivis dans ce cas.

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3. Exploitation souterraine des combustibles fossiles. Les différents combustibles fossiles autres quc la tourbe, l'anihracite et le lignite, étant exploités par les mêmes procédés que la houille, nous ne nous occuperons ici que des méthodes suivies pour l'exploitation de la houille véritable.

Nous rappelerons d'abord ce que nous avons dit plus haut que la houille se trouve toujours en couches plus ou moins inclinées jamais en filons.

L'épaisseur et l'inclinaison du gite exercent pour les couches de houille comme pour les gîtes métallifères la principale fluence sur le choix du mode d'exploitation.

Plusieurs circonstances forcent à modifier dans certains cas pour l'exploitation des couches de charbon les procéder suivis pour

celle des minerais métallifères. Telles sont : la rareté des matières stériles pour remblayer , matières que le gile, souvent composé entièrement de houille compacte, est loin de fournir en aussi grande abondance que le gite métallifere; ia nécessité quelquefois d'un aérage très vif pour chasser l'air inflammable qui tend à remplir les travaux; la nécessité de se procurer la houille en gros blocs pour les besoins de l'industrie, la nécessité d'abattre rapidement les massifs , afin que la pressim du toit et l'act de l'air ne détériorent pas le charbon, enfi le danger des inflammations spontapées dans quelques cas.

A. Les couches étant peu ou moyennement épaisses d'ur demi mètre à 3 ou 4 mètres environ) et inclinées sous un ang quelconque.

On suit pour les exploiter deux marches principales :

La première consiste à pousser, à partir du puits ou de la ga lerie à travers bancs qui atteint la couche, des galeries de toute sa hauteur, avec ou sans remblais derrière soi, en laissant subsis ter pour soutenir le toit des massifs ou piliers de charbon que plus tard on abat en totalité ou en partie, ou que l'on abandonne dans la mine.

L'abattage des massifs ou piliers se nomme dépilage et s'o père toujours plus facilement que le percement des galeries. puisque les massifs ou p:liers se présentent toujours dégagés sur plusieurs faces. La largeur des massifs et des galeries dépend de

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la consistance du toit, de celle du charbon, etc.; on donne aux galeries la plus grande largeur possible, afin de diminuer le nombre des entailles et d'augmenter le volume des blocs qu'on abat.

La seconde marche consiste à tout enlever devant soi et à remblayer par derrière en se ménageant un chemin à travers les remblais pour revenir au puits ou à la galerie d'extraction.

Chacune de ces méthodes générales est susceptible de modifications importantes que nous allons indiquer.

Quelque soit la marche adoptée, on commence toujours par percer , à partir du puits d'extraction , une galerie suivant la direction et souvent une galerie suivant l'inclinaison, qui servent à explorer la couche jusqu'à une grande distance du puits principal d'extraction.

On divisc ensuite quelquefois la couche en massifs ou piliers par des galeries croisées ; mais cette subdivision de la couche n'a pas toujours lieu comme pour les minerais métallifères , nous en verrons plus loin la raison.

A Liége, en Belgique, on pousse dans les couches de larges galeries d'exploitation (tailles) T,T, parallèles entres elles et séparécs par des murs de charbon M, M’, et on les remblaye derrière soi en se ménageant un chemin à travers les remblais (fig. 451). La direction des tailles dépend, comme

fig. 451. dans les gîtes métallifères, de l'inclinaison du gîte et en outre de la direction des fissures naturelles du charbon.

On n'abat le charbon que le jour, et la nuit des ouvriers poussent à l'extrémité de chaque taille des trous de sonde en patte d'oie, a, a', pour explorer la couche et reconnaître les vieux travaux ou les cavités naturelles remplies d'eau ou de gaz au milieu desquels on exploite.

Lorsque l'eau pénètre tout d'un coup dans la galerie par un trou de sonde, on la laisse s'écouler, ou si elle est en très grande abondance on bouche le trou avec des tampons en bois, on ferme la taille par une digue et on abandonne cette partie de la unine.

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